Importation de 18 bélugas russes aux USA

d’après un article de Brandon Keim


29/09/2015

La justice américaine refuse au Georgia Aquarium toute nouvelle importation de cétacés vivants

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Le Georgia Aquarium

La justice américaine vient de refuser définitivement au Georgia Aquarium le droit d’importer les 18 bélugas capturés en Russie à sa demande.
SeaWorld et les parcs associés n’auront pas non plus une part du butin. C’est une grande victoire morale qui coupe la route à de nouvelles importations de cétacés vivants pour des delphinariums mourants. Mais que vont devenir maintenant ces 18 cétacés enfermés depuis des années dans des enclos marins minuscules ? Iront-ils en Chine, au Japon ou pire encore, en Russie ?

Judge rules against Georgia Aquarium in its quest for beluga whales


12/10/2012
Bélugas russes : escale à Liège ?


Source : Earttintransition

Les avions cargo russes qui transporteront les 18 bélugas destinés aux cirques aquatiques américains feront escale à l’’aéroport de Liège, en Belgique.

Les cétacés – animaux MARINS, rappelons-le, guère conçus pour se déplacer par la voie des airs ! – y subiront de nouveaux transferts entre un conteneur et un autre, afin d’être répartis sur deux vols différents en fonction de leur destination. Ceci leur imposera un stress supplémentaire, et l’on frémit à l’idée des douleurs qu’ils ressentiront lors du décollage ou de la pressurisation des habitacles au niveau de leur système auditif hypersensible.

Ce type de transport et de manipulation, même s’’il respecte les règles établies, élève de façon dramatique le niveau des hormones de stress chez les cétacés et démultiplie le risque de mortalité plusieurs semaines après. L’’affirmation du Georgia Aquarium selon laquelle cette escale et ces transferts « ne pose aucun problème pour les bélugas » est  faux.
Chaque déplacement entre les conteneurs et les avions constitue un stress distinct pour eux dont l’’effet est cumulatif.

Le transfert de cétacés captifs par l’aéroport de Liège n’’est guère habituel.  Il ne s’impose ici que parce que les avions de transport américains ne sont pas autorisés à atterrir en Russie pour des raisons politiques. Par contre, il convient de noter que les avions russes ne respectent pas les normes américaines en terme de bruit ou de confort de vol.

Il va de soi que la Wallonie s’’honorerait de refuser de servir d’escale pour un tel transport de cétacés captifs. Nous vous invitons donc à interpeller les responsables de cet aéroport, dont vous trouverez ici la liste.

José Happart, Président, et Luc Partoune, Directeur Général de Liège Airport, peuvent être également contactés. Mais connaissant le goût immodéré de M. Happart pour la chasse et la destruction de toute vie sauvage, il y a bien peu de chances que cette demande soit prise en compte.

Belugas : capture et captivité

Permis d’importation


 

7/12/2012

La controverse fait rage à propos de
l’importation de 18 bélugas russes

La controverse fait rage à propos du projet du Georgia Aquarium de Géorgie d’importer 18 bélugas capturés au large des côtes de la Russie. Si le gouvernement américain approuve ce plan, ce sera la première fois depuis près de deux décennies que des cétacés sauvages seraient importés aux États-Unis.
En fait, 11 de ces 18 cétacés seraient aussitôt loués au trois géants du secteur, les SeaWorld, soit six pour le SW de San Antonio, 3 pour celui de San Diego et 2 pour celui d’Orlando.

Selon l’Aquarium, les cétacés sont nécessaires pour la recherche et l’éducation. Selon les défenseurs de la protection des animaux, cet argument ne tient pas devant le traumatisme infligé à des êtres intelligents, dotés de capacités émotionnelles, qui souffrent en captivité.

«Si nous laissons faire une chose pareille, cela signifie que nous allons avoir désormais ce problème tout le temps. Cette importation ouvrira la voie à bien d’autres», a déclaré Lori Marino, neurobiologiste à l’Université d’Emory et militante de haut niveau pour les droits de cétacés.

En juin 2012, Georgia Aquarium a demandé au National Marine Fisheries Service l’autorisation d’importer ces bélugas, arrachés à leurs pods entre 2005 et 2011 au large de la côte orientale de la Russie. Des baleines blanches sont régulièrement capturées dans cette région à destination des delphinariums du monde entier, à l’exception des USA.

Video capture

Ces quatre-ci sont expédiés de Russie vers le Huangzhou Polar Ocean Park en Chine. les conditions de transport des bélugas du georgia aquarium seront identiques.

Le Georgia Aquarium et ses détracteurs débattent quant à savoir si l’aquarium a commandé la capture de ces 18 bélugas ou bien si celui-ci s’est contenté d’acheter des cétacés déjà capturés préalablement, mais la question éthique essentielle reste la même : faut-il encore maintenir des bélugas en captivité ?

Environ 150.000 bélugas survivent en liberté. Ils sont considérés comme une espèce « quasi menacée ».
Ces malheureux sont encore chassés par les Inuits et d’autres peuples circumpolaires et souffrent par ailleurs du changement climatique et de la fonte des glaces de l’Arctique.
Cependant, leurs populations se reconstituent lentement.

Aux États-unis, un total de 31 bélugas vivent dans 6 delphinariums, alors que ceux-ci en détenaient encore 40 dans les années 1990.
Les responsables des parcs marins affirment que du fait de ce déclin (du à la surmortalité en bassin et à l’échec des reproductions ex-situ), la population captive menacée de consanguinité n’est pas viable et qu’elle a donc besoin d’une perfusion d’animaux frais pour survivre.

Si la population captive a sans doute diminué, les raisons de douter de l’éthique de la captivité se sont par contre multipliés.
Les espèces les mieux étudiées, y compris les dauphins et les orques, sont extrêmement intelligents – au point qu’on les considérere comme des « personnes » à part entière – et hautement sociales. En termes psychologiques, ils sont adaptés à des modes de vie actifs au sein d’un environnement marin riche et diversifié.

Pour les cétacés, les bassins d’un aquarium peuvent être comparés à ce qu’est une minuscule cage d’arrière-cour pour un tigre. Ces dernières années des entreprises comme SeaWorld, qui, avec le Shedd Aquarium de Chicago, est demandeur pour acheter une partie des 18 bélugas russes commanditées par le Georgia Aquarium, ont été vivement critiquées pour avoir gardé des orques captives dans des conditions qui les ont rendues littéralement folles.

Les opposants à la captivité insistent sur le fait que la durée de vie des animaux en bassin représente un indicateur-clé de leur bien-être: si la captivité n’était pas nocive pour eux, ils devraient vivre dès lors aussi longtemps ou même plus longtemps encore que dans la nature, ce qui est le cas des poissons d’aquarium ou des petits mammifères au zoo. Or, les chiffres concernant les cétacés captifs ne sont guère encourageants.
En moyenne, les orques et les dauphins Tursiops ont une durée de vie largement inférieure à celle de leurs homologues en liberté.

Flo, née captive, est morte à 13 ans le 6 janvier dernier au delphinarium de Bruges. Normal, quand un dauphin vit en mer de 40 à 60 ans ?

 

La raison pour laquelle les bélugas vivent aussi peu de temps en captivité n’est pas claire.
Le chargé de communications du Georgia Aquarium déclare que l’argumentation des opposants à la captivité ne tient simplement pas debout.
Selon Higley, les animaux vivant à l’état sauvage subissent une vie bien plus dangereuse, sans cesse menacée par le stress, les prédateurs et les perturbations écologiques.

«Après plus de 50 ans de maintien de bélugas en captivité, nous n’avons certes pas encore atteint une population autosuffisante.» reconnaît-il. Ajoutant cependant que « grâce à l’encadrement humain dispensé par des « organismes scientifiques agréés » tel que le Georgia Aquarium, ces animaux reçoivent les meilleurs soins vétérinaires, les aliments les plus nutritifs, ainsi que l’amour et le dévouement des experts ».

En ce qui concerne les chiffres qui sous-tendent l’argumentation des opposants, la demande du permis d’importation du Georgia Aquarium indique que le petit nombre d’individus en bassin permet de falsifier facilement les statistiques de mortalité.

Selon Highley, l’espérance de vie moyenne en captivité se situe en moyenne est entre 18 et 30 ans. Certaines études suggèrent une durée de vie comparable pour les bélugas sauvages, mais d’autres recherches les contredisent ce chiffre.
On estime aujourd’hui qu’un béluga peut vivre au-delà de 60 ans, comme les dauphins ou les orques, l’âge moyen ayant tendance  à augmenter avec la taille chez les cétacés. C’est ainsi que les orques peuvent vivre au-delà de 90 ans et les baleines boréales atteindre les 200 ans !

Caché derrière ces moyennes d’âge, cependant, subsiste un fait inquiétant. En captivité, près de la moitié des bélugas meurent aux alentours de huit ans, ce qui revient à dire que leur durée de vie moyenne représente moins de la moitié de celle qui serait la leur à l’état sauvage, selon l’Industrie ! .

« Cela explique pourquoi les aquariums ont besoin de nouveaux bélugas », déclare Courtney Vail, spécialiste à la Whale and Dolphin Conservation Society, « et soulève une question: pourquoi des bélugas captifs, qui ne sont pas menacés par la prédation, la pollution ou la chasse et font l’objet de soins vétérinaires constants, ne parviennent-ils pas à vivre plus longtemps ? Malgré toutes ces affirmations faites à propos de la qualité des soins vétérinaires et de la nourriture digne d’un restaurant quatre étoiles, ces cétacés ne vivent pas plus longtemps. Et l’on peut se demander également pourquoi, après toutes ces années à garder des bélugas captifs, on ne soit jamais parvenu à obtenir une population autosuffisante. »

Les capacités cognitives du béluga ne sont pas vraiment mises en valeur en captivité, pas plus que la sensibilisation à la conservation de son espèce.

Selon Vail et Marino, la vie trop brève de ces prisonniers est un symptôme de leur mal-être en captivité.

Le fait que les bélugas soient aussi intelligents et dotés d’une vie affective aussi intense que les dauphins, et dès lors capables de souffrir comme eux, n’a pas encore été scientifiquement mais
Lori Marino affirme que c’est le cas, selon toute probabilité.

« Bien sûr, personne n’a encore effectué sur eux le fameux test du miroir, prouvant que ces animaux ont pleine conscience d’eux-mêmes, comme nous l’avons fait avec les dauphins. Mais leur cerveau est très important par rapport à la taille de leur corps, plus de deux fois le volume auquel on pourrait s’attendre. Par ailleurs, sur le strict plan comportemental, leur vie sociale est aussi complexe que celle des dauphins ou des orques. Ils font indubitablement partie de ces mammifères marins incapables de s’adapter aux conditions de vie imposées en bassin »

L’opinion de Lori Marino au sujet de l’intelligence des bélugas est relayée par Lloyd Lowry, un expert des mammifères marins à l’Université Fairbanks en Alaska. Celui-ci a déclaré que la capacité des bélugas à penser, communiquer et résoudre des problèmes est parfaitement évidente. « Ils sont connus pour la variété de leurs émissions sonores, utilisées non seulement pour se saisir de leurs proies mais aussi se raconter des histoires», assène Lowry. «Ils sont conçus pour vivre plusieurs décennies, afin de pouvoir transmettre la sagesse qu’ils ont accumulé à leurs enfants et petits-enfants et leur permettre ainsi de mieux survivre. Je dirais même qu’ils excellent à comprendre ce qui se passe dans leur propre monde, et qu’ils entretiennent des relations importantes avec les autres membres de leur espèce.  »

Le Georgia Aquarium met aussi en avant le rôle des bélugas dans le processus de sensibilisation du grand public aux dangers qui menacent cette espèce.
William Hurley, le directeur zoologique de cette entreprise, a déclaré que « les bélugas maintenus dans des aquariums accrédités  constituent des ambassadeurs importants. »

« Je pense qu’il y a là un potentiel en termes de conservation», a déclaré Randall Reeves, l’un des biologistes spécialisé en mammifères marins qui a mené sur le terrain l’étude préalable aux
captures russes. « Celles-ci n’ont en rien menacée les populations de bélugas en Mer d’Okhoutsk. (Quant aux individus capturés et à leurs sentiments, M. Reeves ne leur accorde évidement aucune valeur). Cela dépend du contexte, de la façon dont les exemplaires prélevés sont présentés et pris en charge. Il y a beaucoup d’exemples de personnes qui se sont lancés dans la défense de l’environnement après avoir vu des animaux captifs » ose encore affirmer ce biologiste. « Sans doute, cela peut sembler déchirant pour certains mais si l’on voit les choses plus largement, la captivité est une bonne chose ».

Vancouver Aquarium photo

Les bélugas savent cracher de l’eau. Mais à part ça ?

« La vérité, c’est que nous profitons de quelques heures de distraction dans un parc à thème au détriment de ces animaux. » a déclaré Courtney Vail.
Courtney Vail et Lori Marino rappelle d’ailleurs que l’opinion publique commence à changer.
Les familles se détournent du spectacle de cétacés captifs, selon un sondage réalisé par la WDCS. Celui-ci indique une forte diminution de l’intérêt des gens pour les delphinariums au profit des films en IMAX et des reportages sur la nature à la télévision.

En attendant, les bélugas de du Georgia Aquarium sont toujours détenus dans un enclos au bord de la Mer Noire (dont le climat n’est pas, notons-le, celui de leur océan d’origine).
Si la demande américaine est approuvée, les cétacés seront expédiés par avion cargo en Belgique puis aux États-Unis.

En cas de refus, les bélugas pourraient être vendus à des aquariums en dehors des États-Unis, bien que Marino espère qu’ils vont être libérés. «La plupart d’entre eux ont été maintenus captifs dans cet enclos pendant seulement un an ou deux. Il y a tout lieu de penser qu’ils seraient parfaitement capables de retrouver la liberté «  a-t-elle conclu.

Le National Marine Fisheries Service tiendra une réunion publique sur ce projet d’importation de bélugas le 12 octobre 2012 à Silver Spring au Maryland. Les commentaires du public seront également acceptées en ligne jusqu’au 29 octobre.

Le lecteur belge est invité à contacter au plus vite le Service Publique Fédéral ayant le transport aérien en charge pour lui demander d’interdire tout transit de bélugas capturés sur le territoire belge. Passe encore que nous ayons fait transiter des prisonniers de Guantanamo depuis les USA vers des centres de torture en Pologne, mais pour les bélugas, NON !

info@wathelet.fed.be

http://www.mobilit.fgov.be

Pas de bélugas en bassin !

Georgia Aquarium

Belugas russes en Chine

Belugas russes en Espagne

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