12 pays de l’Union Européenne préfèrent les dauphins libres


Rudolph, dauphin ambassadeur le long de la plage à Ostende

2012-2013

12 états membres de l’Union Européenne préfèrent les dauphins libres

Alors que sous le dôme obscur du Boudewijn Seapark, tournent encore dans l’eau chlorée six Grands Dauphins blêmes, dont 3 furent arrachés à la mer(7 en 2015, dont 4 sauvages),  il est bon de se rappeler que le 8 juillet 2009, la Croatie a interdit le maintien en captivité de toutes espèces de cétacés à des fins commerciales, ce qui inclut les établissements publics tels que les delphinariums et aquariums.

La décision a été prise au terme d’une étude réalisée par l’Institut National de Protection de la Nature, qui a reconnu les effets néfastes des delphinariums et de la captivité sur ces espèces particulières d’animaux sauvages.

Les seules exceptions à cette règle sont concédés à la réhabilitation et au retour à leur environnement naturel des spécimens malades ou blessés.
Ce règlement a été adopté afin de répondre aux dispositions de l’ACCOBAMS (Accord sur la Conservation des Cétacés de la Mer Noire, de la Méditerranée et de la zone Atlantique
adjacente) Résolution 3.13. sur les programmes d’interaction avec les dauphins, adopté à la troisième réunion des Parties à l’ACCOBAMS à Dubrovnik en 2007.

La résolution souligne la prolifération continue des delphinariums dans la zone de l’Accord et demande aux Parties de prendre des mesures pour y remédier.

dauphins croates

Heureux dauphins croates !

Comme la Croatie, Chypres ou la Slovénie, la Belgique a le privilège d’accueillir le long de ses côtes un grand nombre de cétacés, qu’elle pourrait protéger mieux.
Elle est également membre anti-chasse de la CBI et de  l’ASCOBANS.
Il ne lui manque donc plus que des scientifiques indépendants de l’Industrie et des responsables politiques intelligents et documentés, assez courageux que pour s’aligner sur la position de douze autres Etats membres de l’’Union Européenne et refuser les delphinariums.
Lesquels, rappelons-le, violent systématiquement la Directive 1999/22 relative aux zoos.

Le delphinarium de Bruges : un archaïsme cruel

Les 12 pays qui n’ont pas les delphinariums sont l’Autriche, Chypre, la République tchèque, l’Estonie, la Hongrie, la Lettonie, le Luxembourg, la Pologne, la République d’Irlande, la Slovaquie, la Slovénie et le Royaume-Uni.

L’Autriche
La WDCS a mené une campagne avec succès contre la construction d’un delphinarium en 2009. Cette campagne médiatique nationale a mis en exergue la cruauté des captures, du confinement et du dressage de ces mammifères marins. Cela a conduit le gouvernement autrichien a refuser le projet de delphinarium.

En 2005, l’Autriche a interdit l’utilisation des animaux sauvages dans les cirques, en raison de problèmes lié au bien-être de ces animaux.
L’Autriche est membre de la CBI (Commission baleinière internationale) et soutient fermement le moratoire sur la chasse commerciale.

La loi autrichienne inclut les delphinariums dans la catégorie des zoos mais ne mais ne dispose d’aucune législation spécifique relative à la captivité des cétacés.

Chypre
Chypre possédait un delphinarium, le Ayia Napa Marine Park, situé dans le principal centre touristique de l’île.
En 1994, ce parc marin a importé quatre grands dauphins de la Mer Noire et deux otaries vendues par l’Académie des Sciences de Russie.
L’année suivante, une vigoureuse campagne menée par les activistes locaux se déclencha lorsque Ayia Napa Marine Park fit une nouvelle demande pour quatre autres dauphins de la mer Noire. Celle-ci fut refusée.

Par la suite, en 1997, un décret ministériel fut adopté
interdisant toute exhibition de cétacés et toute utilisation de cétacés à des fins commerciales à Chypre.
Enfin, après le décret soit entré en vigueur en 1999, le parc marin Ayia Napa dut fermer ses portes définitivement.

Malheureusement, la fermeture du parc marin est arrivée trop tard pour les quatre dauphins qui sont tous morts en 1998, quatre ans après avoir été déportés à Chypre. Le parc marin n’a jamais publié le moindre article scientifique à leur propos, et son seul but semblait n’être qu’un lucratif divertissement pour les touristes.
Étonnamment, après la fermeture du parc au public, les otaries ont été abandonnées et laissées sans nourriture, démontrant une fois encore quel genre de propriétaire était le gérant de ce parc marin. L’’un de ces animaux est mort peu de temps après, en septembre 1999. L’autre a été déclarée « bon pour le voyage » et rapatrié à l’Académie des Sciences de Russie.

Heureusement, tous les dauphins de Chypre sont désormais observés vivant en liberté le long des côtes de l’île en mer Méditerranée.
Chypre fait partie à l’ACCOBAMS (Accord sur la Conservation des Cétacés de la mer Noire, la mer Méditerranée au loin et la zone Atlantique adjacente) un outil de coopération destiné à la conservation de la biodiversité marine dans la mer Méditerranée et en Mer Noire.

Les deux dernières victimes du delphinarium chypriote

 

La République tchèque

Depuis 2004, date de son adhésion, la République tchèque est l’un des douze États membres de l’UE sans dauphins captifs et il n’existe pas aucun projet d’ouverture de delphinarium dans ce pays.
Depuis le 26 Janvier 2005, la Tchéquie est l’un des 89 pays qui sont parties à la CBI (Commission baleinière internationale) et anti-chasse. Tout delphinarium qui s’ouvrirait serait soumis aux règles légales régissant les zoos.

L’Estonie

L’Estonie est membre de la CBI (Commission baleinière Internationale) qu’’elle a rejoint en 2009. L’Estonie soutient vigoureusement l’interdiction de la chasse commerciale. Bien qu’il n’y ait jamais eu de delphinarium dans ce pays, tout établissement de ce type qui s’’ouvrirait serait soumis aux règles légales régissant les zoos.

La Hongrie

Même si en théorie, la détention de dauphins captifs relève de la compétence nationale de la législation sur les zoos, il n’y a pas de règlements particuliers prévoyant des normes spécifiques pour les delphinariums en Hongrie.

En 1992, cinq anciens dauphins militaires de l’ex-Union Soviétique ont été déportés en Hongrie pour y être exhibés.
Ils furent maintenus dans une piscine construite par un homme d’’affaires désireux d’’exploiter ce nouveau créneau commercial.

Très vite, deux des dauphins sont morts. Deux autres flottaient sur le flanc, totalement apathiques, tandis que le dernier continuait à exécuter des shows pour le public. Les spectateurs, choqués, ont contacté des militants du bien-être animal et ceux-ci ont fait appel à des vétérinaires indépendants pour examiner les cétacés.

La presse joua un rôle majeur en dénonçant largement les horribles conditions de détention des dauphins. Les journaux ont également révélé que pour raisons d’’économie, ces dauphins de la Mer Noire étaient plongés dans un bassin d’’eau douce (ce qui entraîne des troubles graves chez ces animaux marins).

Les trois dauphins survivants ont été confisqués peu de temps après ces révélations et, en dépit des souffrances qu’ils avaient enduré, furent renvoyés  en Ukraine, où on les avait capturés. Cette tragédie fut le point de départ d’une longue campagne pour obtenir une interdiction sur le commerce des grands dauphins de la Mer Noire – un but qui a finalement été atteint en 2002.

Depuis lors, il n’est plus question d’’ouvrir un delphinarium en Hongrie.

Dauphin soldat ukrainien

La République d’Irlande

En Irlande, il existe de nombreuses occasions de voir des dauphins sauvages, en particulier au large des côtes sud et ouest de l’’île. Le pays est également célèbre pour son grand nombre de dauphins « ambassadeurs », parmi lesquels Dony ou Fungie, le dauphin de Dingle qui interagissent avec les humains depuis de longues années (1984 pour Dingle).

L’’association Irish Whale and Dolphin Group est dédiée à la conservation des baleines et des dauphins dans les eaux irlandaises. Le Dolphin Shannon et Whale Foundation fournissent également des séances pédagogiques de sensibilisation  la conservation des dauphins libres et autres animaux marins dans l’estuaire du Shannon.

L’Irlande est membre de la CBI (Commission baleinière internationale) depuis 1985. Les delphinariums sont inclus dans la loi nationale sur les zoos mais il n’existe aucune norme spécifique relatives à la détention des dauphins. On imagine mal que les Irlandais puissent jamais accepter ce genre d’établissement sur leur territoire, compte tenu de l’énorme popularité des leurs dauphins solitaires.

Fungie, toujours en forme en 2015 !

 La Lettonie

La Lettonie se trouve à l’ouest de la mer Baltique, où les populations de cétacés sauvages tels que les dauphins ou les marsouins (cependant menacés) peuvent être observés toute l’année. Les petits cétacés de la mer Baltique sont inclus dans le traité ASCOBANS (Accord sur la conservation des petits cétacés de la mer Baltique, Atlantique Nord-Est, d’Irlande et la mer du Nord), qui vise à maintenir un état de conservation optimale pour ces  mammifères marins dans toute la zone de l’accord.

Malheureusement, la Lettonie n’est pas membre de la
convention, bien que ses eaux territoriales se trouvent dans cette zone.

La Lettonie est Partie à la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages), mais a récemment fait l’objet d’un examen pour le commerce de produits baleiniers en provenance d’Islande en mars 2010. Tout commerce de produits baleiniers dans l’UE constitue une violation du règlement de la CITES et de la législation européenne.

Il n’’y a jamais eu de delphinarium en Lettonie, même si la loi les inclut en théorie dans la catégorie des zoos.

Le Luxembourg

Fait intéressant, ce petit pays sans accès à la mer a rejoint la Commission baleinière internationale (CBI) en 2005 et depuis lors, ne cesse de prendre des positions résolues en faveur de la sauvegarde des baleines.
Semblable à d’autres pays privés de littoral, comme l’Autriche ou la Hongrie, le Luxembourg estime que les baleines et les dauphins ne sont la propriété de personne et doivent être pleinement protégés en tant que « patrimoine universel ».
Ce qui implique qu’ils ne doivent pas être non plus la propriété d’’un delphinarium.

Le Luxembourg est représenté au sein du Comité scientifique de la CBI, qui est également engagée dans la recherche de terrain sur les baleines et les diverses espèces de dauphins du détroit de Gibraltar.

La Pologne

La Pologne ne détient pas de dauphins en captivité et n’a jamais approuvé aucun projet de construction de delphinarium.

Il englobe toutefois delphinariums dans sa législation nationale sur les zoos, prévoyant même des normes spécifiques pour les dauphins, y compris la taille du bassin et de la qualité de l’eau. Espérons que la Pologne ne les mette jamais en vigueur.

La Pologne est un membre de l’ASCOBANS (Accord sur la conservation des petits cétacés de la mer du Nord et de la Baltique).
Des préoccupations particulièrement graves dans
cette région concernent les marsouins communs de la mer Baltique, dont la population est gravement menacée et qui s’est réduite à quelques 600 animaux. L’extinction totale de l’espèce est prévisible si aucune mesure sérieuse n’est prise sur les menaces qui affectent ces marsouins, parmi lesquels les « prises accessoires » lors des grandes pêches industrielles. Les Parties à l’ASCOBANS ont approuvé ce qu’on appelle le Plan de Jastarnia, qui consiste à s’engager dans le rétablissement de l’espèce. Reste à savoir si ces efforts porteront leurs fruits.

La Slovaquie

La Slovaquie est membre de la CBI (Commission baleinière Internationale) et ce, depuis 2005.  La Slovaquie soutient le moratoire mondial sur la chasse commerciale. La Slovaquie est également Partie à la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages) depuis son adhésion en 1993.
La CITES est un accord international conclu entre les gouvernements, qui vise à garantir que le commerce international des spécimens d’animaux et de plantes sauvages ne menace pas leur survie. Toutes les espèces de baleines et des dauphins sont citées dans les annexes I et II de la CITES.

Les delphinariums sont inclus dans la législation slovaque sur les zoos, mais il n’existe pas de normes spécifiques pour le maintien de ces animaux en captivité.

La Slovénie

La Slovénie constitue non seulement l’’un des douze États membres de l’UE sans dauphins en captivité, mais il est également l’un des deux États membres (avec Chypres) qui interdit explicitement leur exhibition publique.

Cette interdiction a été adoptée en réponse aux projets d’une compagnie privée qui prévoyait de construire un delphinarium dans le pays et qui fut suivie d’une résolution adoptée par l’Assemblée des Parties ACCOBAMS.

L’’ACCOBAMS a été signé par 29 pays en vue de la conservation des baleines et des dauphins en mer Méditerranée et en mer Noire. Son but est de
réduire les menaces qui pèsent sur les cétacés dans ces eaux et d’améliorer nos connaissances sur ces animaux.

Au lieu de les voir en captivité, vous pourrez observer les grands dauphins sauvages en toute liberté dans les eaux slovènes. Vous pourrez suivre également les efforts déployés par l’ONG locale, Morigenos, pour protéger ces dauphins et mieux les connaître.

Dauphins heureux en Slovénie

Le Royaume-Uni

Le Royaume-Uni est fier d’être l’un des 12 Etats membres de l’UE sans delphinarium.
Cette situation est principalement due à la mise en place de normes législatives extrêmement strictes destinées à protéger les cétacés en captivité au Royaume-Uni, tellement strictes, en fait, qu’elles ont conduit à la fermeture de tous delphinariums anglais dans les années 90.

La captivité a commencé en Grande-Bretagne en 1862 lorsqu’’un marsouin commun a été capturé au large des côtes de Brighton par un pêcheur local et emmené dans des conditions précaires au jardin zoologique de Londres. Ce marsouin est mort peu de temps après son arrivée, du fait des blessures reçues à la tête, ayant entraîné la cécité de l’animal, durant sa capture. Le zoo de Londres a continué à  recueillir sans cesse plus de cétacés, qui mouraient l’’un après l’autre au terme d’un bref séjour en captivité.

Durant les années 1960 et 70, les spectacles de dauphins étaient devenus l’une des formes les plus populaires de divertissement en Grande-Bretagne, avec plus de 30 spectacles en cours, exhibant plus de 300 dauphins. C’est durant cette période que la sensibilisation du public s’’est porté sur les aspects négatifs de la captivité, avec l’aide active des médias et le soutien de la population désirant mettre
fin à ces pratiques.
En 1972, les États-Unis ont également créé le Marine Mammal Protection Act qui a rendu l’approvisionnement en dauphins sauvages plus difficile et plus coûteux pour les delphinariums.

En 1989, une énorme pétition de plus de 4.000 signatures appelait à la libération du dauphin Rocky, enfermé au  Marineland Morecambe, et fut remise au gouvernement britannique. En 1991, le cas de Rocky est devenu l’objet de l’’un des appels parmi les plus médiatisées au monde pour une remise en liberté d’un dauphin captif. Cette campagne fut soutenue grâce à une formidable couverture médiatique, des manifestations publiques et l’appui de célébrités.

Ces mouvements d’’opinion ont conduit finalement à la fermeture de Marine Land et  à la mise en place du projet « Into the Blue ».
Ce programme de réhabilitation concernait no seulement Rocky mais aussi deux femelles captives, Missie et Silver.
Les trois dauphins furent transférés dans un  enclos de réhabilitation, puis relâchés dans les îles Turks et Caicos en septembre 1991.
En moins de quelques jours, Rocky a été aperçu en train de nager au sein d’un groupe de dauphins sauvages.

Au début des années 90, un supplément aux normes concernant les pratiques des zoos modernes édicté par le Secrétariat d’État a renforcé les régulations relatives aux cétacés captifs au Royaume-Uni. (Lire : Rapport Klinowska )
Ce furent les normes les plus strictes au monde jamais appliquées aux delphinariums. Pour y répondre, les coûts étaient à ce point énormes que tous les delphinariums existants ont fermé leurs portes en 1993. On espère qu’il en sera ainsi pour toujours.  La WDCS espère vivement le Royaume-Uni restera sans delphinarium.

Le Royaume-Uni est partie à l’’ASCOBANS (Accord sur la conservation des petits cétacés de la mer Baltique, Atlantique Nord-Est, d’Irlande et la mer du Nord), qui vise à maintenir un état de conservation favorable pour les petits cétacés dans toute la zone de l’accord.

Rocky, Missie et Silver à la veille de leur retour en mer

A ces pays membres de l’UE sans delphinariums, il faut encore ajouter la Croatie, membre de l’UE depuis lors, et  la Norvège.
En dehors de l’Europe, citons l’Inde, le Chili, le Costa Rica et le Nicaragua.

En conclusion, trois pays de l’UE sont en mesure d’inspirer le législateur belge :

– Chypres et la Slovénie car ces nations ont légalement mis fin à une pratique jugée non compatible avec la protection des dauphins.

– La Grande Bretagne, car lorsqu’elle a tenté d’adapter – comme le fait aujourd’hui le Conseil du Bien-être Animal belge – les normes d’accueil des dauphins captifs afin de satisfaire à leurs besoins les plus élémentaires, elle est arrivé à un résultat tel que ces normes sont devenues inapplicables. Et encore étaient-elles fondées sur les connaissances que nous avions alors des cétacés et qui ont encore bien évolué depuis 1991, rendant plus impossible encore la reconstitution crédible d’un milieu marin convenant aux cétacés.

Ce dossier a été réalisé sur base du document de la WDC
Make the European Union a dolphinarium-free zone

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