5. Qui a capturé la maman de Kai-Mook en Birmanie ?

On trouve souvent le nom de «Soest Zoo» dans les registres généalogiques des éléphants captifs. En fait, il s’agissait d’un centre de transit, que gérait Jan van den Brink.
Celui-ci a importé un grand nombre d’éléphants, en particulier dans les années 90, en provenance du Myanmar (Birmanie). Quelque 22 animaux ont été vendus en 1989, et 7 autres en 1990. En tout, ce trafiquant a fait capturer puis a revendu 67 éléphants sauvages !

Jan van den Brink affirmait que chacun d’eux avait été élevé en captivité, ce qui semble très peu probable. Si peu crédible même que l’Environmental Investigation Agency, basée à Londres, a interpellé les
autorités néerlandaises à propos de ce trafiquant notoire et a exigé de la Commission de la Communauté européenne, officiellement chargée d’administrer les directives européennes sur les zoos et celles de la CITES, d’interdire totalement toute importation d’éléphants en provenance de Birmanie.

Néanmoins, M. van den Brink a continué à alimenter en toute impunité les zoos européens de ses jeunes éléphants birmans, lesquels constituent aujourd’hui près de 80% du cheptel de pachydermes captif en Europe. Sans ces importations en matériel génétique frais acheté aux militaires fous de la junte du Myanmar, les zoos européens auraient eu de graves problèmes de consanguinité et n’’auraient pu exposer autant d’’éléphants captifs aujourd’hui. Kai-Mook ne serait jamais née si sa mère n’avait été capturée par lui.

En octobre 1996, peu après sa mort, les installations de transit et quarantaine de Van den Brink ont été fermées par le gouvernement néerlandais. Mais la fille de Frans, Mareille Kip-Van den Brink, assistée de son mari Ernst Jan, continue d’exploiter une société de vente d’’animaux vivants, connue sous le nom d’’Ekipa.

Un individu qui aurait importé plus de 59 éléphants depuis la Birmanie, (22 en 1989, 7 en 1990, les autres 30 vers la fin des années 90).

Ce serait grâce à lui que les zoos d’Europe ont un pool génétique en éléphants captifs correct : il en aurait importé plus de 80% du matériel d’élevage.

Malgré les dénégations du trafiquant, la plupart de ses éléphants ont été prélevés en pleine nature. Les autorités hollandaises ont déjà été sanctionnés pour cela par l’Environmental Investigation Agency, qui exigea également de la Commission européenne qu’elle interdise toute importation d’éléphants en provenance de  Birmanie.

Où en est-on à ce niveau aujourd’hui ?
La Birmanie a signé le traité CITES en 1997, lequel contrôle le commerce d’animaux ou de plantes sauvages en voie d’extinction. L’éléphant d’Asie figurant en Annexe 1 de ce traité bénéficie donc en principe d’une protection rapproché et toute exportation
depuis la Birmanie à des fins commerciales est désormais interdit. Cela dit, quand on voit comment réagit la CITES au commerce d’orques ou de dauphins pour les delphinariums, il ne faut pas se faire trop d’illusion.
Face à beaucoup d’argent, aucun traité ne tient…

La situation des éléphants en Birmanie (rapport 2006)

Pas tout à fait la forêt birmane…

 

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