Adieu l’artiste ! Mamie l’éléphante euthanasiée

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Mamie l’éléphante au Zoo de Knoxville

 

KNOXVILLE Tennessee (USA)
Mars 2006

Une éléphante africaine âgée de 45 ans du nom de «Mamie» a été mise à mort par des vétérinaires du Zoo de Knoxville le 10 mars 2006, du fait de la brusque détérioration de son état de santé.

Comme bon nombre de ses semblables en captivité, Mamie souffrait atrocement d’arthrite articulaire et d’infections au pied depuis près de 15 ans. Au cours des dernières semaines, la douleur est devenue si violente que la malheureuse a fini par développer de graves problèmes neurologiques, qui la désorientait et la faisait tomber lorsqu’elle tentait de se déplacer.

Mamie était née libre en Afrique.
Elle y fut capturée puis amenée au Zoo de Knoxville en 1979, après avoir séjourné au Zoo de Buffalo (New York).

Ses talents de peintre n’ont cependant été reconnus par ses nouveaux propriétaires qu’aux alentours de 1997, lorsque Mamie a commencé à se servir d’un morceau de craie. On sait qu’en milieu naturel, les éléphants dessinent souvent d’étranges signes sur le sable. Dans le cas présent, on s’est empressé de remplacer son bout de craie par un pinceau et notre artiste s’est aussitôt mis à produire des oeuvres à la chaîne, vendue chacune 35 dollars.

Dérivatif aux douleurs qui la rongeait déjà ? Peut-être.
Mamie ne
peignait qu’en présence de ses amis éléphants et choisissait ses couleurs avec le plus grand soin.
Son œoeuvre lui valut d’ailleurs la Une de CNN – à l’instar de Ruby, une éléphante euthanasiée au Phoenix Zoo à 25 ans ! – tandis que d’innombrables fans lui adressaient des messages des quatre coins du monde, afin d’’encourager ses talents mais aussi de la soutenir dans sa lente agonie. 

Alors que sa santé se détériorait peu à peu, Mamie est restée au fond de sa stalle capitonnée avec des sacs de sable, sur lesquels elle pouvait appuyer son grand corps et soulager ainsi les souffrances incessantes que lui causaient ses articulations.

Sa dégradation physique était telle qu’elle ne pouvait même plus se servir de sa trompe pour manger et devait pousser sa nourriture avec le pied dans sa bouche. Ses soigneurs, désespérés, ont finalement du se résoudre à procéder à cet acte terrible quand il concerne une être aimé : l’euthanasie.

Notons que les éléphants libres – pour autant qu’il en reste – ne souffrent jamais de telles pathologies : outre qu’ils meurent plutôt vers 70 ans que dans la quarantaine, ce sont aussi les rois des marcheurs au long cours qui couvrent, du moins jusqu’il y a peu, des distances gigantesques sur des routes qui leur appartiennent.

En captivité, l’éléphant reste sur place presque toute la journée, de sorte que ses articulations et ses pieds s’infectent rapidement. Il faudrait à ces derniers géants survivants du Tertiaire, des enclos infiniment plus vastes et surtout, une vie sociale infiniment plus riche que celle dont ils disposent aujourd’hui, éparpillés par petits groupes – voire seul ! – dans une multitude de zoos du monde.

Force est tout de même de reconnaître que le Zoo de Knoxville a fait un certain effort à ce niveau : l’enclos des pachydermes est muni de trois bassins extérieurs, d’arbres artificiels qui « ressemblent à des vrais », d’un «trou à boue» pour s’y rouler; et d’une vaste « étable » de 9.800 pieds équipée des planchers capitonnés chauffés en hiver et d’abreuvoirs automatiques.

C’est là que le corps de Mamie a été laissé pendant quelques heures, juste après son décès.
Et c’est là que, selon un usage nouveau dans les Zoos qu’il convient de saluer, les soigneurs ont permis à ses deux amies, Jana et Edie, de lui rendre un dernier hommage.
Tonka, le mâle du groupe, n’était pas invité….

Si Edie, encore toute jeune et fraîchement arrivée au zoo, ne semble pas avoir manifesté beaucoup d’émotions, Jana la matriarche dominante, a pour sa part poussé sa tête par la fenêtre pour voir sa compagne défunte.

D’un délicat mouvement de trompe, une dernière fois, elle a caressé le corps de la pauvre Mamie, selon les rituels de deuil propres au Peuple Éléphant depuis des millénaires…

Un oeuvre peinte de Mamie

Lire l’article en anglais

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Lundi 20 Mars 2006 14:13
ZURICH – L’éléphante Chhukha, qui vivait au zoo de Zurich, a dû être euthanasiée. Le pachyderme de 39 ans souffrait d’arthrose. Ses douleurs avaient fortement augmenté durant les dernières semaines.  L’animal avait énormément de peine à se lever. Chhukha avait longtemps dirigé la meute des éléphants zurichois. Avec ses 4500 kilos, elle était la plus lourde, a indiqué le zoo. Ce dernier avait reçu l’animal à l’âge d’un an comme cadeau du roi du Bhoutan. De plus en plus d’éléphants captifs sont euthanasiés  à cause de leurs souffrances articulaires.  Peut-être serait-il temps de cesser  de les isoler dans des espaces  ridiculement étroits et de les confier à de vastes sanctuaires naturels ?


L’article d’elephant.com

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