Améliorer la vie des cétacés captifs ?

Photo Rob Harrison

Bjossa l’orque et Whitewings le dauphin bleu et blanc à l’Aquarium de Vancouver

Améliorer la vie des cétacés captifs :
une nouvelle stratégie commerciale ?

C’est à la mode : à Bruges comme à Vancouver ou à Nuremberg,  on réunit des commissions, on ne parle que d’élargir les bassins de quelques mètres, on filtre l’eau à l’ozone et non plus au chlore, on jette quelques ballons de plus dans la piscine et hop ! On se refait une bonne conscience à peu de frais et on rassure ainsi son public inquiet des «calomnies» diffusées par certains activistes sur leurs sites web. 
Mais le problème n’est pas là, et encore moins la solution.
Vous pouvez mettre des guirlandes aux cages grillagées des prisons ou diffuser de la musique douce dans les baraques des camps d’extermination : la privation de liberté restera une torture.  Et la place des cétacés ne sera jamais dans un bassin.

On lira ci-dessous le très beau message de Hélène O’Barry, à propos des projets d’expansion de l’Aquarium de Vancouver.
Cette entreprise commerciale est tristement connue pour avoir hébergé des dauphins capturés à Taiji, des bélugas malades, des orques dépressives qui lisaient des livres et autres dauphins bleu et blancs illégaux.

Aurore et sa petite Qila, mortes à une semaine d’intervalle.


 7 janvier 2007

A propos de l’élargissement annoncé
des installations de l’Aquarium de Vancouver

Toucher les bélugas à l’Aquarium de Vancouver !

 Un texte de Hélène O’Barry. Courrier au journal « Vancouver Sun »

« La pollution de nos océans, l’extinction des espèces animales et la destruction systématique de leurs milieux de vie, le massacre des dauphins et leur capture pour les shows…
La liste est sans fin.
Tous ces problèmes dérivent pourtant d’une seule et même source, à savoir : l’appât du gain, combiné à une absence fondamentale de respect pour la nature et pour ses habitants.
La chasse au rabattage au Japon, qui constitue le plus grand massacre jamais mené de façon délibérée sur des dauphins libres où que ce soit dans le monde, ne peut pas être distinguée de la question de la mise en captivité de ce même cétacé.
Cette horrible boucherie est soutenue et approuvée par l’ensemble des membres de l’Industrie de la Captivité, qui achètent des exemplaires « de qualité supérieure pour l’exhibition publique » aux chasseurs de dauphin, rendant de ce fait ce type de chasse extraordinairement profitable.

Si les dresseurs de dauphins ne soutenaient pas ces massacres annuels, ceux-ci seraient terminés depuis longtemps.
A cet égard, l’Aquarium de Vancouver, même s’il n’achète pas directement des dauphins aux tueurs japonais, n’en joue pas moins un rôle significatif dans ce commerce. Il contribue en effet activement à la popularité des spectacles de dauphins captifs, créant de ce fait une demande croissante en cétacés sauvages capturés ailleurs.

 Ces gens font partie d’une industrie qui ne pourra survivre qu’aussi longtemps que des dauphins continueront à être arrachés à leur milieu naturel.
Et ces captures sont mortelles. Nous avons vu des dauphins suffoquer jusqu’à la mort pendant que des dresseurs les
sélectionnaient, piégés sous l’eau dans les filets, incapables de respirer.
Les dresseurs qui se trouvaient sur place à Taiji afin de choisir les plus beaux spécimens destinés aux shows ou aux interactions en bassin n’ont jamais eu le moindre geste pour sauver ces malheureux.
Au contraire, nous les avons vu aider les chasseurs japonais à attacher une corde à la caudale des cétacés, afin de les amener sur
la plage.

Le personnel de l’Aquarium de Vancouver se devrait pourtant de dénoncer ces massacres et de dire à leurs collègues japonais de cesser de capturer, de torturer et de tuer des centaines de dauphins chaque année. Mais ils ne le font pas.
S’ils le faisaient, ils offenseraient leur propre profession toute entière.

Capture à Taiji en janvier 2017

On le sait : la plupart des delphinariums sont étroitement connectés entre eux par le biais de divers organismes internationaux.
Aucune de ces entreprises ne peut par ailleurs prétendre échapper à la pratique d’abus sur les animaux qu’ils détiennent, à savoir : la capture, le contrôle, la manipulation, l’emprisonnement et l’exploitation des dauphins.

Quelques delphinariums affirment aujourd’hui fièrement qu’ils ne détiennent plus que des dauphins de show élevés en captivité et qu’ils n’achètent plus de dauphins attrapés en mer.
Ils utilisent la reproduction en bassin en tant qu’argument pour justifier l’emprisonnement des dauphins, comme si les individus nés captifs ne disposaient pas des mêmes besoins physiologiques que leurs homologues  sauvages et qu’’ils étaient destinés à supporter un
emprisonnement perpétuel dans un environnement anormal.
Pourtant, l’emprisonnement dans une piscine close viole gravement les exigences comportementales les plus fondamentales d’un dauphin, que celui-ci ait été capturé ou qu’il soit né dans cet environnement artificiel.

J’ai visité l’Aquarium de Vancouver.
Le show des dauphins nétait qu’une démonstration de la dominance humaine sur la nature, nous montrant des cétacés dressés à opiner de la tête lorsque leur entraîneur leur demandait au micro :
«Est-ce qu’on ne prend pas du bon temps, là, tous ensemble ?» ou à vocaliser  en choeur avec leur évent l’air de « Happy Brithday to you !»

Ces cétacés magnifiques – confinés dans une boîte de béton stérile – avaient été totalement privés de leur véritable identité, pour ne plus être que de sinistres clowns de cirque.
En milieu naturel, les bélugas plongent à des profondeurs de presque 2000 pieds. Certains nagent plus de 100 milles par jour.

Est-ce qu’un bassin de béton un peu plus grand fera une différence pour eux ?
On en doute.
Ces baleines blanches continueront à souffrir et à être exploitées chaque jour de leur vie.
Soyez sûr que quelqu’un, muni d’une calculatrice, a soigneusement calculé le moyen d’en tirer plus d’argent encore en élargissant quelque peu leurs bassins, car autrement, ces «améliorations» n’auraient jamais été programmées.

Nos enfants sont notre futur.
Tous les ans, des milliers d’enfants visitent des delphinariums tel que celui de Vancouver, et y apprennent une leçon dévastatrice : oui, on peut se permettre, au nom du loisir tarifé, d’enfermer dans un espace minuscule des êtres faits pour nager libres sur d’immenses distances, dotés d’un sens acoustique inouï et d’une haute intelligence.
Nos enfants apprennent cette leçon pendant qu’ils grandissent, et ceci, je crois, contribue considérablement à l’exploitation et à la destruction exponentielle de la nature ».

Helene O’Barry
Depuis Taiji
Courrier au Vancouver Sun
7 janvier 2007

 

L’industrie de la captivité va d’Antibes à Taiji, de Moscou à Orlando, de Pékin à Dubaï. C’est le même monstre économique qui massacre des familles entières.


L’Aquarium de Vancouver veut faire taire un film dénonçant la captivité