Zoo d'Anvers : pour quoi faire ?

ommaire


introduction

l'accueil fait aux grands singes en 2005

Les éléphants du zoo d'anvers en 2005

 Un petit kinkajou un jour est devenu fou

In memoriam : les dauphins d'anvers

 

Kai-mook 2012 : au de-là du conte de fée

Anvers 2012 : un si petit monde

Anvers 2011

Retour Zoo


introduction

Le Jardin Zoologique de la ville d'Anvers fut fondé le 21 juillet 1843. 
C'est donc aujourd'hui l'un des plus anciens zoos d'Europe mais aussi l'un des plus richement fournis en animaux exotiques. 

Dès la fin de la deuxième guerre mondiale, son directeur de l'époque, Walter Van Den Bergh, décida une réorganisation radicale du site. Celui-ci devint un jardin zoologique modèle, conforme aux dernières normes scientifiques, éducatives, culturelles et esthétiques de cette première moitié du 20ième siècle. 

Les animaux occupèrent dès lors des espaces un peu plus vastes et plus lumineux que le passé.
Parmi les réalisations les plus remarquables de cette période d'après-guerre, notons le bâtiment des anthropoïdes (1958) et le vaste complexe jubilaire érigé à l'occasion du 125e anniversaire du Zoo, intégrant tout à la fois des enclos pour rapaces, un bassin réniforme pour les dauphins et le complexe du Nocturama (1968), enfin renouvelé en 2005. 
A ces initiatives, il faut ajouter le nouveau bâtiment des reptiles construit en 1973 et un édifice pour petits singes érigé en 1978. 




Pas vraiment un décor naturel pour les petits singes du Zoo... 
L'environnement a cependant été modifié en 2011 :
moins de singes, plus d'espace et d'enrichissement environnemental.
Mais où sont partis les prisonniers "excédentaires" ?


Rappelons que la Société Royale de Zoologie d'Anvers gère également le domaine privé de Planckendael à Muizen, sorte de "colonie de vacances" pour animaux captifs, qui détient aujourd'hui une collection très rare de singes bonobos

Force est d'ailleurs d'admettre, pour qui l'a visité depuis plus de quarante ans, que les progrès du Zoo d'Anvers au niveau du bien-être animal sont impressionnants. 
On n'y trouve plus désormais de lion solitaire enfermé dans une cage à barreaux circulaires à quelques mètres du public, ni d'hippopotame solitaire au fond d'une bauge obscure, ni de loups psychotiques tournant en rond sans fin dans leur enclos grillagé ni même d'ours bruns jetés au fond d'une fosse. 
Pas à pas, des améliorations se mettent en place avec le visible souci de satisfaire les besoins éthologiques élémentaires des animaux - dans la mesure où les budgets le permettent – et donc de prolonger leur vie. 
Est-ce à dire que tout y est parfait ? 

Peut-on dire que le Zoo d'Anvers fait vraiment oeuvre utile en ce qui concerne la sauvegarde de la biodiversité et de l'éducation des enfants ?
A-t-on le droit d'affirmer, comme le proclame le Zoo lui-même tout autant que la presse belge, que les créatures conscientes enfermées dans ces cages vivent une vie de patachons, nourris, blanchis, logés et vaccinés ? 

Ou bien plutôt cette "attraction familiale" ne sert-elle qu'à faire tourner une machine économique puissante et internationale, qui vit de l'exposition publique d'animaux en cage, en bassin, en terrarium ou en volière tout en se dissimulant sous les atours d'organismes pseudo-scientifiques aux noms ronflants, tels que l'AZA et ses divers clones européens ? 

Ce zoo n'offre-t-il finalement au public que son visage le plus séduisant en annonçant régulièrement au public les naissances de mignons bébés singes, koalas, pingouins ou harfangs des neiges... tout en gardant secrets les drames, les maladies, les morts, les escapades, les automutilations de ses détenus mais aussi et surtout l'échec patents des réinsertions d'animaux sauvages en milieu naturel ? 
 




Qu'est-il devenu ? 
Ils étaient deux au départ. Puis plus qu'un seul.
Sa fosse a été réaménagée.
Et son cadavre évacué sans un mot.
C'est que l'on meurt beaucoup, au zoo d'Anvers !
Sans parler des "vieux" et des enfants en surnombre...
S


Ces questions sont importantes, car aujourd'hui encore, les parcs d'attractions exhibant des animaux en cage ou en enclos  - tel Paradisio, Bellewaerde, Aywaille ou les Grottes de Han - se multiplient à vive allure dans notre pays, avec l'approbation enthousiaste des pouvoirs publics.   

Les delphinariums, de leur côté se livrent à des opérations de capture de plus en plus audacieuses et illégales. C'est dire si le marché de la  bête captive» n'a jamais connu une si belle expansion ! 

Il semble qu'à l'heure où toute vie sauvage s'effondre sous les coups des Humains, le besoin de ceux-ci de contempler les derniers spécimens d'une faune qu'ils détruisent eux-mêmes tous les jours de toutes les manières, n'a jamais été aussi vif. 


Il ya aujourd'hui plus de tigres captifs que de tigres libres.. Mais dans quelles conditions vivent-ils ? Photo YG 2004


Au vu de nos connaissances éthologiques nouvelles, nous savons pourtant parfaitement bien que ces attractions d'un autre âge ne sont plus tolérables au niveau éthique, pas plus que ne le sont les zoos humains. La souffrance que les animaux peuvent éprouver du simple fait d'être privés de leur liberté est réel et constant. Leur activité principale en cage est de trouver un moyen de s'échapper. 

A ce stade, nous accédons donc au coeur du problème, qui a pour nom l'Anthropocentrisme et qui consiste en une étrange déviation de l'esprit humain, incapable d'accepter le fait que d'autres que lui, c'est à dire des non-humains, puissent être aussi conscients que lui et ressentir les mêmes sentiments. 

Le même consommateur occidental pourra protester bec et ongles contre le massacre des dauphins japonais à Taiji et continuer à manger son steak sans se demander comment est mort l'individu (de race porcine ou bovidée) dont il est en train de dévorer le cadavre. Et cet individu conscient et sensible est mort de façon pénible, croyez-le bien ! 
Un amoureux des chats pourra regarder sans frémir ni ressentir la moindre culpabilité une panthère captive dans les yeux, alors que cette malheureuse ne souffre pas moins qu'un chat en cage d'être enfermée dans un si petit enclos. 

Le site du Zoo d'Anvers met en avant, bien sûr, les nombreux programmes de conservation animale qu'il finance sur le terrain, telle par exemple la protection des bonobos  au Congo. 
Des efforts sont également entrepris pour rendre la captivité moins pénible aux détenus - lire notamment les dernières expériences menées à ce niveau,  toujours avec les bonobos à Planckendael -   et nous ne pouvons que nous en réjouir ! 

Sans le financement de ces grands Zoos d'Occident - les USA et la France, notamment, ne sont pas en reste pour financer de beaux programmes de protection des habitas naturels -  de telles initiatives ne seraient même pas imaginables mais elles sont aussi, il faut insister sur ce point, une sorte de "raison d'être" a posteriori de ces structures de loisir à visée commerciale. 
 
On ne peut s'empêcher de ressentir un certain malaise en comparant ces deux discours : d'un côté, le Zoo prétend défendre le droit des animaux à vivre libres dans leur biotope d'origine et de l'autre,  il les expose derrière des barreaux comme des "mannequins de  vitrine" soumis chaque jour de chaque année de leur vie misérable au passage incessant de milliers d'humains.  

Aujourd'hui- nous explique Jean Ziegler dans son dernier ouvrage, L'empire de la Honte- de nouvelles féodalités se sont constituées, infiniment plus puissantes, plus cyniques, plus brutales et plus rusées que les anciennes.  
Ce sont les sociétés transcontinentales privées de l'industrie, de la banque, des services et du commerce. (....) 

Ces maîtres de l'Empire de la Honte organisent sciemment la Rareté. 
Et celle-ci obéit à la logique de la maximalisation du profit. Plus un bien est rare, plus son prix est élevé. L'abondance et la gratuité sont les cauchemars des cosmocrates qui consacrent des efforts surhumains à en conjurer la perspective. Seule la rareté garantit le profit. 
Organisons-la ! 

Les cosmocrates ont notamment horreur de la gratuité qu'autorise la nature. 
Ils y voient une concurrence déloyale insupportable. Les brevets sur le vivant les plantes et les animaux génétiquement modifiés, la privatisation des sources d'eau doivent mettre fin à cette intolérable gratuité". 

Si la vie d'un ours ne vaut pas cher face à l'avancée des prospecteurs de pétrole en Alaska, ni celle d'un orang-outan face aux exploiteurs de bois exotique en Indonésie, dès qu'ils sont prisonniers, ces mêmes animaux sauvages génèrent en revanche du profit.     

Peu importe aux marchands que les ultimes Bonobos, les derniers Gorilles du Bassin du Congo tombent sous les balles des militaires. Mais ils investissent des sommes considérables pour reconstituer une pseudo-forêt tropicale à l'intention des grands signes captifs au Zoo de San Diego. 


Au vu de telles considérations, que l'on ne vienne pas nous dire que les Zoos permettront un jour de repeupler les savanes africaines ou le jungles d'Asie !  On sait en effet que dès la première génération, les valeurs culturelles et les aptitudes à survivre s'effacent au terme d'un séjour trop prolongé au Zoo et d'une fréquentation trop rapprochée avec les gestionnaires humains. Que dire alors des malheureux chimpanzés qui parviennent malgré tout à naître en cellule ? Comment pourront-ils jamais savoir quel fruit de la jungle il faut manger ou non, à quel moment de l'année et dans quel lieu précis de leur territoire ? 

On nous fabrique là des animaux pseudo-domestiques totalement coupés de leurs cultures, de leurs savoirs et de leur environnement.  Peut-on imaginer ce que deviendrait un Humain qui serait né et n'aurait vécu que derrière les barreaux d'une petite cage ? Comment pourrait-il, à l'âge adulte, réintégrer le monde social ? Comment pourrait-il se marier ? Elever ses enfants ?  Se débrouiller simplement dans la rue pour acheter son pain ou rouler en voiture ? 

Car nos parlons bien ici d'espèces dotées d'intelligence et de savoirs propres, tels que les éléphants, les singes, les dauphins ou les grands félins. A ce niveau de développement cognitif, la comparaison "homme-animal" est parfaitement pertinente. Mais qui le relève ? Qui le dénonce ? Qui dit le massacre de ces cultures que se transmettaient depuis des millénaires ces nobles et beaux mammifères ? 
 

 

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L'accueil fait aux grands singes 


 


C'est toujours la grande foule devant l'enclos des Grands Singes, ces frères presque jumeaux de l'Homme et à ce point semblables à lui qu'ils suscitent immanquablement la moquerie, le malaise ou le dégoût de certains.

Les plus hilares des visiteurs sont en effet les plus religieux : juifs orthodoxes à chapeau rond, jeunes filles islamistes voilées et autres pourfendeurs du Darwinisme se tordent littéralement de rire devant ces horribles caricatures de l'Homme, prétendument fait à l'Image de Dieu.

Les autres- ceux qui savent ce que savent ces singes et à quel point ils nous sont semblables - souffrent au contraire de les voir traités comme des objets d’exposition, privés de soleil, de verdure et de toute occupation intelligente.   

Il faut le savoir  : au Zoo d'Anvers, les primates hominiens - gorilles, chimpanzés et orang-outangs - sont confinés dans un pavillon complètement clos et sec, sans aucune ouverture sur l'extérieur, qui comprend deux parties...


 * La première est presque souterraine : on y accède par un escaler puis on circule dans un long couloir, carrelé de blanc comme dans un hôpital. Sous nos yeux se succèdent une série de cellules, fermées par une vitre du côté visiteurs mais reliées les unes aux autres par l'arrière et menant à trois espaces distincts 'exposition extérieurs, qui constituent la seconde partie de l'ouvrage.
 

La cellule carellée est toujours la même depuis 1950. On a juste rajouté des copeaux de bois au sol vers 2001...Copyright photo archives Zoo d'Anvers  La même cellule...et le même désespoir. Photo YG


La cage est la même que celle que j'ai connu quand j'étais gosse,
le regard désespéré est le même aussi, humain, trop humain.
En voyant son premier orang-outan au zoo de Londres ,
la Reine Victoria se serait exclamée : "How disgusting ! This animal looks like a Human !" .
En bref, la situation des gorilles et autres grands singes n'a pas vraiment changée  au zoo d'Anvers depuis les années 50, où la Sabena importait par milliers des "exemplaires animaux" destinés à mourir - surtout pendant le voyage - vite et à être remplacé aussi rapidement. Aujourd'hui,
Ce n'est plus la Reine Victoria qui est choquée.
Mais les Croyants, juifs, chrétiens radicaux ou musulmans,
qui ne supportent pas l'évidence : ils sont des singes comme les autres !
Alors, ils rient, se moquent et donnent des coups de pied dans les vitres...

Grotesque et prétentieuse humanité, qui se donne le droit d'enfermer des innocents
pour la seule raison qu'ils ne sont pas de leur race... 



* Ceux-ci sont des sortes de vastes vérandas closes, surmontées d'un plafond de grillage et ici aussi, séparées du public par un simple vitrage que protègent du soleil trop vif des auvents en bambou.
Ces espaces sont aménagés pour les besoins de la population simiesque qu'ils enferment : perches verticales suspendues au plafond, agrès, trapèzes, copeaux de bois répandus sur le sol, morceaux de concombre semés ici et là pour simuler une forme de "foraging", bout de tissu et même fausse termitière en béton pour faire plus africain.
 

Hiver comme été, la même pénombre, le même ennui.. Photo YG En revanche, il fut un temps où ils pouvaient sortir. Ici, des bonobos, soit morts, soit partis à Plackendael. Photo Archives Zoo 1950

Nul doute que depuis quelques années, le Zoo a fait un gros effort pour accueillir de façon plus décente ses primates, et qu'il s'informe des avancées des techniques d'enrichissement environnemental appliquées dans d'autres zoos d'Europe.

Gorilles, chimpanzés et ourang-outangs disposent d'espaces à peu près similaires mais aucun d'entre eux ne peut sortir au grand air. Seul le toit ouvrant de ces salles permet au vent et au soleil d'entrer un peu et aux singes d'aller chercher du doigt un petite feuille morte entre les mailles du grillage. La pluie peut également les rafraîchir parfois.

Il est midi. Un chimpanzé assis dans la paille se gratte pensivement l'avant bras, un autre dort couché sur le flanc, un quatrième médite tout en haut sur un tronc suspendu. La journée se passe ainsi sans rien faire. Que faire en effet ? 

Les troncs et les agrès, ils les connaissent par coeur, bien sûr, et rien ne vient troubler l'atroce monotonie de ces journées toujours identiques.

Seule diversion, les apparitions brutales de visiteurs goguenards, qui frappent la vitre du pied et font des grimaces.
Le grand mâle dominant à la fourrure de jais ébouriffée se fâche, il se jette contre la vitre et secoue les poteaux suspendus, mais en vain : dehors, le rire augmente, les humains ouvrent tout grand la bouche en montrant leurs canines, le singe s'excite plus encore.

Lire en 2012 : 4 gorilles dans la brume


Les chimpanzés du Zoo d'anvers (2005)

Maaike avait été offerte en cadeau par Mobutu au Roi Baudouin. Quelques décennies plus tard, et après avoir frôlé l'euthanasie, cette malheureuse guenon tente de prendre un peu le soleil près des vitres de son pavillon clos. Photo. YG mai 2005



En 2005, les chimpanzés vivants au Zoo étaient les suivants :

1. Shirley, femelle , née en 1978. Capturée en nature.

2. Judy, femelle, née en 1977. Capturée en nature.

3. Chita, mâle, né en 1987. Capturé en nature.

4. Jamie, mâle, né en 1989. Lieu d'origine : zoo de Dublin.

5. Siri, femelle, née à Anvers en juillet 1991

6. Tuma, mâle, né à Anvers en avril 1992

7. Tambuzi, mâle, né à Anvers en octobre 1992.

8. Arnold, mâle. Age inconnu. Capturé en nature. Longtemps utilisé pour des tests sur l'hépatite par des chercheurs de la KUL. Isolé à Plackendael avec Philip puis réintroduit dans le groupe d'Anvers grâce à l'intervention de Gaia (lire ci-dessous).

9. Maike
Capturée en nature vers 1983. De retour elle aussi après bien des mésaventures et très fatiguée.

10 (?) : Khah, une femelle née en 1978 et capturée en nature semble avoir disparu.
Elle était pourtant bien présente en 2003 et là, plus de nouvelles...


Maaike aimerait tellement qu'on la laisse un peu dormir tranquille... Elle est si fatiguée..  Photo YG Mai 2005

Il y a d'autres façons d'accueillir les grands singes. Ici, au Monde Sauvage d'Aywaille, c'est presque le bonheur en été ! Mais où vont-ils en hiver ? Dans la casemate bétonnée sur la gauche ? La place des chimpanzés est en forêt tropicale et nulle part ailleurs ! Photo YG 2005

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Les gorilles du Zoo d'anvers (2005)


En 2005, il y avait trois gorilles présents derrière les vitres des cages.
Il s'agissait de Victoria, une femelle, née au Zoo le 9 juin 1968
Elle
cohabite aujourd'hui avec le mâle Kumba, né libre au Cameroun en 1973 puis déporté au Zoo d'Anvers en 2002, ainsi qu'avec la femelle Amahoro, née libre en 1990, arrachée à sa famille et déportée au Zoo à l'âge de 4 ans.

En 2005, le Zoo indiquait encore sur son site la présence de Mukisi.
Ce grand mâle dominant est pourtant mort en toute discrétion vers 2000, à l'âge de 43 ans.
Victoria et Mukisi ont donné naissance à Isabelle, une petite gorille morte en 1995. Détail piquant : son père était aussi son grand-père.

Lire le rapport très complet sur les gorilles en 2012

  


Gorille en 2005 Photo YG

 

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Les Orang-outans du Zoo d'anvers(2007) 



Que sont-ils devenus ?

En ce mois de juin 2007, les visiteurs ont été très déçus de la disparition d'un couple pourtant célèbres, les deux orangs-outans de Bornéo, le mâle Tuan (
né en septembre 1978 au Keulen Zoo ) et la femelle Astrid (
née à Rotterdam en janvier 1983).

Le premier a été expédié au Zoo de Chester, grand fournisseur d'éléphants pour Planckendael tandis que la seconde s'est retrouvée au zoo d'Osnabrück en Allemagne.

"C'est une décision très cruelle" ont déclaré deux habitués du zoo, "Tuan et Astrid ont vécu ensemble pendant 13 ans et maintenant ils sont séparés. Ils s'aimaient profondément tous les deux. Que ressentiriez-vous si votre partenaire, avec qui vous avez vécu ensemble pendant si longtemps, vous était arraché brusquement ? "

Après l'interdiction de regarder les grands singes dans les yeux et la disparition de tout échange complice que l'on pouvait avoir avec eux, la disparition des deux orangs-outans démontre un fois encore la froideur du traitement que le Zoo impose à ses détenus.
Ces deux orangs-outans vivaient à Anvers, il est vrai dans des conditions inacceptables, comme c'est encore le cas aujourd'hui pour les gorilles et les chimpanzés.

Pourquoi les a-t-on séparé ? L'histoire ne le dit pas. Pas plus qu'on ne souvient qu'une certaine Ralfina, ancienne compagne de Tuan, donna naissance à la célèbre
Wattana, le 17 novembre 1997, devenue depuis artiste experte en macramé. Ainsi qu'à quelques autres enfants (?), dont le destin fut moins glorieux.   
Curieusement, une dépêche du Soir datée du 23 décembre 1998 déclare :

"Si le zoo d'Anvers doit se séparer de ses dauphins, il a le plaisir d'accueillir Zowie, un petit orang-outan qui vient de naître. C'est la première fois, depuis 1995, qu'un orang-outan naît au zoo d'Anvers. Ralfina a en effet donné le jour, la semaine dernière, à un petit qui a été nommé Zowie. La naissance s'est déroulée sans problèmes.
Le groupe de quatre orangs-outans que compte désormais le zoo d'Anvers fait partie d'une sous-espèce originaire de Bornéo, particulièrement menacée. L'événement est d'importance puisque les femelles de cette sorte de singes ne donnent naissance à un jeune que quatre ou cinq fois au cours de leur vie. Elles ne deviennent fécondables qu'à l'âge de neuf ou dix ans, et les jeunes restent environ huit années auprès de leur mère.
Comme Ralfina n'était pas habituée à son nouveau rôle maternel, les employés du zoo ont veillé à ce que les contacts entre la mère et le petit se déroulent de manière harmonieuse".

Le stagiaire de service qui a pondu ce texte a perdu de vue la naissance de Wattana, en 1997, également rejetée par sa mère et qui arriva très mal en point, avec un bras cassé, au Zoo de Stuttgart, avant de partir au Jardin des Plantes de Paris puis de se retrouver à Apenheul.  Là, enfin, en 2010, entourée de femelles sages, elle a réussi à prendre soin de son enfant. Quant à Zowie... Plus aucune trace.


La relocalisation de Tuan au Chester Zoo ne fut pas une sinécure. Le grand mâle a du être d'abord anesthésié afin de subir un dernier examen médical.
Puis il fut placé dans un container et envoyé en Angleterre. Comme d'habitude, le public fut assuré que sa gardienne favorite viendrait lui rendre visite.
Chris Herzfeld nous explique en effet dans son livre "Wattana, un orang-outan à Paris
que leur soigneur préféré est pour ces grands singes une sorte de "leader charismatique", un ami, un modèle, auquel ils sont très attachés.

Mais voilà ! Le sacro-saint "programme d'élevage international", fondement ou prétexte de l'existence des zoos actuels, fut appliqué sans tenir aucun compte des sentiments de nos deux captifs.


Tuan joue désormais le rôle d'un étalon (une fils et une fille sont nés de ses oeuvres en Angleterre) afin, dit-on, de contrecarrer la disparition des orangs-outans sauvages gravement menacés à Bornéo. Même si, est-il besoin de le rappeler, jamais aucun de ses enfants ne verra jamais la forêt ni ne connaîtra la liberté.
Au contraire de celui d'Anvers, le zoo de Chester a reconstitué, pour le regard des visiteurs davantage que pour les singes eux-mêmes, le décor d'une jungle indonésienne.

L'espace dont Tuan dispose est indéniablement plus vaste et mieux aménagé qu'en Belgique et comme le déclarait au moment de son départ le porte-parole du Zoo d'Anvers :
"ll va se faire de nouveaux amis".
Voire.
Les grands singes n'oublient jamais et le souvenir de sa compagne à jamais disparue occupera sans doute sa mémoire jusqu'à sa mort.


Astrid avec son nouveau compagnon en Allemagne


Astrid, pour sa part, a rejoint un mâle en Allemagne et là encore, on attend d'elle qu'elle engendre beaucoup de petits captifs.
En a-t-elle eu à Anvers ? Mystère ! Si les naissances sont annoncées, les décès font rarement la une.
 
Le départ de ces deux grands singes roux a cependant permis d'offrir un peu plus d'espace aux chimpanzés. Mais pour eux non plus, pas plus que pour les gorilles, la situation est loin d'être idéale. Quant à la conservation de l'espèce, les résultats en terme de naissances laissent songeurs.

Tout comme les éléphants, les orques ou les dauphins, les grands singes ne se reproduisent pas aisément sur commande. Même si des enfants naissent, peu d'entre eux survivent très longtemps et la plupart ne sont jamais élevés par leur propre mère. Quant à les relâcher un jour,c'est évidemment impossible.

En d'autres termes, on les conserve en bocal jusqu'à ce que la consanguinité les détruisent.
En 2002, il y avait 869 orangs-outans en captivité dans 215 établissements distincts.
Vu leur taux de reproduction très faible - et malgré une longévité parfois appréciable - on doute que l'espèce puisse réellement survivre bien longtemps, même en zoo.  Les orangs-outans sauvages auront, quant eux, disparu depuis longtemps.   
 


Les premiers orang-outangs du Zoo d'Anvers dans les années 50. Que sont-ils devenus ? On ne savait presque rien de leurs besoins vitaux ni de leur intelligence.../ Photo archives personnelles YG.

les cultures des grands singes

Ces grands singes que les zoos rendent fous !



 

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lES eLEPHANTS

Pamela Carzon avril 2007 Photo copyright

Est-ce ainsi que vivent les éléphants ?
L'étalon Alexander vient d'être introduit au zoo d'Anvers, aux côtés de trois  femelles adultes et d'une enfant. Rappelons que les éléphants  mâles sont très dangereux et qu'ils ont déjà  écrasé la tête de nombre de leurs gardiens, au point que le Zoo de Londres à renoncé à en détenir.

Qui est cet étalon du nom d'Alexander ?


Juin 2009
Naissance de kai-Mook
au zoo d'Anvers



La situation des éléphants d'anvers/planckendael en 2012
 

Malgré ses efforts louables pour améliorer le sort de ses détenus, et le bonheur certain des éléphantes captives adultes de pouvoir élever un enfant, le zoo d'Anvers vient tout de même de faire un joli coup de pub, qui multipliera ses entrées du simple au centuple. Un bébé ! Enfin !
La question se pose en effet :
A quoi bon élever des clones d'éléphants, si ce n'est pour faire du bénéfice, comme ce fut le cas pour pour Knut, l'ours polaire à Berlin ?

La place des éléphants est dans la savane, au sein de zones protégées où ils peuvent vivre libres selon leur coutumes, leur intelligence et en usant de leur langage propre, pas dans un mouchoir de poche cerné par des barrières électriques !

Au lieu d'encourager des initiatives lucratives de ce genre, que l'on protège les derniers éléphants d'Afrique et d'Asie in situ ou que l'on crée des sanctuaires suffisamment vastes et verdoyants afin que les éléphants puissent y recréer leurs vraies valeurs sociétales et vivre selon leurs cultures, tout en marchant sur de longues distances, seul remède à ce mal qui les tue tous (outre le désespoir) : l'arthrose des pattes...  

Lire nos dossiers "Eléphants captifs"

 

Enfants en prison

Quel serait l'avenir de ce bébé s'il devait vivre dans un enclos coupé du monde, avec juste quelques femmes pour prendre soin de lui Sa vie durant ?  Serait-il jamais capable de réintégrer la vie réelle ? De s'adapter à la société de ses semblables, de nouer des relations enrichissantes ? C'est tout le problème des zoos qui détruisent la culture ancestrale d'un individu, mais préserve son corps... 

 


2005-2006
Bombay et les autres...

Bombay était devenue folle.. ici, en 2001, en pleine crise de zoopychose. Photo YG

Cet article a été rédigé bénévolement pour la revue "Veeweyde" (Juin 2005)

Daisy et Dina partent à Maubeuge


BOMBAY EST MORTE AU ZOO D'AMIENS...

Bombay est morte au Zoo d'Amiens le 17 février 2005.
Cette éléphante de 58 ans fut capturée quelque part en Asie durant sa prime enfance.
Depuis lors, sa vie n'a plus été qu'une longue errance de cage en cage, de roulotte en roulotte, loin de ses parents et de sa forêt natale. Les dernières étapes de son voyage sont connues : livrée par le Cirque Busch au Zoo d'Anvers, elle y demeura cinq ans avant d'être une nouvelle fois déplacée vers la France en juillet 2003, suite à de graves conflits entre son amie Jana et Dumbo, une autre dominante. 

Comme la plupart des éléphants captifs qui se balancent sans fin dans un enclos sans eau, sans sable, face à une grille électrique renforcée, Bombay souffrait affreusement du manque d'exercice. La station debout maintenue pendant des heures sur le béton cause immanquablement chez ces grands marcheurs des infections aux pattes et des crises d'arthrose.
La botte orthopédique qu'on avait fabriquée pour Bombay à Anvers n'a donc pas suffi.
Dévorée de douleur, la malheureuse a du être euthanasiée par ses propres soigneurs, sous le regard désespéré de
Jana


Pourtant, Bombay a eu de la chance, puisqu'elle s'est éteinte à un âge relativement avancé.
Selon une récente étude de la "Royal Society for the Prevention of Cruelty to Animals" (RSPCA), conduite sur plus de 500 éléphants de zoos et de cirques en Europe, ces pachydermes ne vivent en moyenne qu'une quinzaine d'années, alors qu'en liberté, ils peuvent atteindre 70 ans ou plus.

 A l'instar des dauphins, les éléphants sont des êtres dotés de cultures et d'une très haute intelligence. Ils honorent leurs défunts, respectent leurs aînés, prennent soin de leurs blessés et communiquent entre eux à l'aide d'un langage complexe composé d'infrasons.  

La captivité prive donc les éléphants de ce tout qui constitue l'essentiel de leur existence.
Alors qu'en pleine nature, ils parcourent quotidiennement des dizaines de kilomètres pour se nourrir, chercher des puits souterrains ou retrouver d'autres tribus le long de sentiers balisés depuis des siècles, les éléphants des zoos souffrent de solitude et d'un ennui profond, les conduisant parfois aux portes de la folie. 

Eux qui vivent normalement au sein de vastes sociétés sous la guidance d'une matriarche, se voient enfermés en petits groupes mal assortis, ce qui génère nombre de conflits mais aussi d'insondables chagrins : il arrive souvent qu'un transfert de zoo à zoo sépare à jamais des amis de longue date, sans que nul ne s'en soucie.

 Les femelles qui mettent un bébé au monde ont le plus grand mal à l'élever correctement, faute d'être entourée par d'autres mères de leur clan et d'avoir appris d'elles les gestes de la maternité. 63% des 120 éléphants d'Asie nés captifs en Europe entre 1902 et 1992 sont morts avant l'âge de huit ans. Seuls 44 d'entre eux, soit 37%, ont vécu assez longtemps que pour atteindre la maturité sexuelle. En 170 ans, le Zoo de Londres - qui a renoncé aujourd'hui à garder des éléphants - n'a enregistré qu'une seule naissance. Il s'agissait d'un bébé mort né.
Dumbo, la rivale de Jana au Zoo d'Anvers, a été transférée en 2004 au Zoo de Rotterdam pour se faire engrosser par le mâle Alexandre. Première tentative : un enfant mort-né du nom de Siam en 1986. Ce n'est pas à ce rythme que l'on repeuplera l'Asie avec une nouvelle génération d'éléphants, par ailleurs privée de toute culture...  

 Comme ceux des cirques, les éléphants des zoos peuvent être aussi victimes de violence. Enchaînés le soir dans leur stalle étroite, éprouvés par le froid et l'air humide, ils sont contraints d'obéir aux ordres grâce à un système de récompenses et de punitions.

Ces bons colosses d'une force peu commune se montrent donc parfois très agressifs... On connaît ces récits de pachydermes brutalisés un jour qui patientent cinq ans ou dix ans avant de se venger brusquement d'un soigneur distrait et de l'écraser sous leur lourde masse. C'est en ces tragiques circonstances qu'est décédé Jim Robson, un gardien du Zoo de Londres, piétiné par son éléphant le  20 octobre 2001. Ce fut aussi le sort de Darren Cockrill au Zoo de Port Lympne (février 2000) ou de Richard Hughes au Chester Zoo, huit mois plus tôt, pour ne citer que des accidents récents survenus au Royaume-Uni.


Un incommensurable ennui, une vie sociale réduite à sa plus simple expression... YG 2005


Pas plus que les dauphins, les orques ou les grands singes, les éléphants n'ont leur place dans un zoo.
Tout cet argent dépensé pour attirer les visiteurs serait bien mieux utilisé s'il était investi dans la protection "in situ" des derniers éléphants d'Afrique ou d'Asie, aujourd'hui abattus à la mitrailleuse pour leur ivoire ou transformés en clowns-mendiants devant les bordels de Bangkok.

On sait qu'il existe aux Etats Unis de vastes sanctuaires verdoyants où des éléphants rescapés des zoos peuvent enfin se baigner dans un lac - plaisir suprême chez ces êtres privés de glandes sudoripares - marcher sur l'herbe ou se rouler dans le sable chaud. On souhaiterait que de telles structures s'ouvrent en Europe mais surtout qu'une réglementation globale puisse interdire à terme la détention de tout pachyderme dans un enclos ou dans une cage. 

A défaut, il faudrait au moins leur permettre de bénéficier de promenades quotidiennes ou de participer à des travaux utiles. Sait-on que des expériences ont déjà été menées pour leur enseigner le langage gestuel ? Sait-on que les éléphants adorent dessiner - ce qu'ils font déjà en milieu naturel en esquissant des croquis sur le sable - et même produire des oeuvres d'une grande beauté, telles celles créées par l'éléphante Siri ?  

Même si elles sont loin d'équivaloir à la liberté, ces "activités d'enrichissement  environnemental" auraient au moins le mérite de soulager dans l'immédiat le désespoir insondable de ces ultimes géants du Tertiaire. 


Les deux dernières éléphantes du Zoo bénéficient tout de même d'un petit lac où se rafraîchir les pieds et d'une séance d'arrosage. Il est clair que l'équipe soignante fait de son mieux...mais pourquoi garder là ces malheureux ? Photo YG 2005


Pour en savoir plus :

Eléphants captifs : un mal-être profond

Les éléphants de cirques

Voir aussi l'histoire du Cirque Berolina d'où provient l'une des deux éléphantes d'Anvers. 
L'autre est issue du Cirque Busch.
Comme toujours, le zoo est la voie de garage finale pour ces malheureux pachydermes épuisés, rongés d'arthrose, qui ne parviennent plus à exécuter leur numéro de cirque sous la menace constante de leur tortionnaire de dresseur. 

 


Daisy et Dina partent à Maubeuge

Birma la solitaire

Bombay et jana, amiens 2003

On dresse aussi les éléphants des zoos

Un pneu pour tina

Maggie en alaska

Tout savoir sur les éléphants captifs et ceux qui en font commerce (data-base 1)

Tout savoir sur les éléphants captifs (data-base 2)

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mars 2010

Attaque du renne au zoo d'anvers

Eh oui ! Les cervidés n'ont pas la chance de partager beaucoup de comportements avec nous, aussi les considère-t-on comme des "sous animaux", comme les moutons, les porcs, les sangliers, etc., à la différence du grand singe ou du dauphin. Et pourtant, ça pense et ça ressent, un herbivore. Souvenez-vous que les éléphants sont le paradigme en la matière !

Mais regardons cette vidéo. 
Admirez comme on tape à coups de pelle sur le museau du renne !  
Admirez comme le personnel du zoo semble formé à ce genre d'évènement alors qu'une simple injection de calmant, administré par un agent du zoo spécialement formé à ce type d'incidents, bien plus fréquents qu'on l'imagine - aurait pu apaiser ce mâle qui - ô surprise venant d'un cervidé élevé depuis des millénaires par les Lapons en toute amitié - en a lui aussi plus que marre d'être confiné dans un zoo ! 
En voilà un qui ne fera pas long feu.

C'est que ça meurt beaucoup, au Zoo d'Anvers, mais dans le silence et la discrétion !

Comme le dit justement Gaia à propos de cet évènement:
« Lorsque l’on regarde les images, on sent bien que la soigneuse veut se venger, corriger l’animal. Sa réaction est disproportionnée. Ce sont des professionnels, ils travaillent tous les jours avec des animaux sauvages, ils ne peuvent perdre leur sang-froid. C’est une faute grave. La direction doit prendre une mesure pour sanctionner un tel comportement. (…) il s’agit de maltraitance directe. L’été dernier, nous avons fait notre rapport annuel sur les zoos en Belgique et c’est vrai qu’Anvers n’est pas adapté pour des animaux sauvages. Les espaces sont trop petits, les animaux se trouvent à côté de la gare…Il ne faut pas s’étonner qu’ils connaissent des problèmes de comportement. Et qu’un animal s’en prenne aux soigneurs ».


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