2004 : brèves nouvelles du zoo de Duisburg

Comment Ivo a-t-il pu sortir indemne du bassin mortel du Zoo d'Anvers ? (Ici en 1997)  Cela reste un prodige de la volonté de vivre...

Des nouvelles d’Ivo et des dauphins de l’Orénoque

1. IVO VA BIEN

A ceux qui s’inquièteraient encore du sort du dauphin Ivo (pas les gens du Zoo d’Anvers, bien sûr, je ne parle ici que des gens de coeœur qui se soucient vraiment du bien-être des cétacés), tout de suite, une bonne nouvelle !
Selon des sources fiables, appuyées par un courrier du Zoo de Duisburg lui-même, notre ami va bien, malgré la maladie de reins dont il souffre depuis 2002.
Il n’a pas non plus été expédié vers d’autres delphinariums en tant qu’étalon reproducteur comme on pouvait le craindre. Aucun autre décès n’a par aileurs été enregistré dans ce petit bassin allemand depuis celui de Duke.

Puisque nous vivons décidément dans un monde sans mémoire, surtout quand il s’agit de delphinariums, rappelons qu’Ivo est le fils de cette pauvre Iris morte de désespoir à Duisburg en mars 2003.
Mère et fils furent capturés dans le Golfe du Mexique puis expédiés sans ménagement vers les piscines du Zoo d’Anvers en 1981. Comment ont-ils pu supporter cet enfer, ce bassin ridicule en forme de rein qui a coûté la vie à plus de trente de leurs co-détenus ? On se le demande encore !

Iris et Ivo furent en tous cas les deux derniers survivants historiques de cet abattoir à dauphins, pas si
différent d’ailleurs de la plupart des delphinariums existant dans le tiers-monde et que l’exemple du Dolfinarium de Bruges en Europe confortent encore aujourd’hui dans leurs desseins criminels..

Lire à propos d’Iris et d’Ivo à Duisburg


Les deux Botos d’Amazonie en 2002. En 2015, Vader est mort mais Baby vit toujours…

2.Dauphins de rivière :
ramenez-le dans l’Orénoque !

En revanche, les choses empirent du côté des dauphins de rivière prisonniers à Duisburg. 

Ce sont là les derniers témoins encore vivants des terrifiantes razzias menées par le Dr Wolfgang Gewalt dans les années 60 et 70
aux fins d’alimenter de manière spectaculaire les geôles de son tout nouveau Zoo (à l’époque).

Pour capturer ses dauphins d’eau douce – combien sont morts pendant ces expéditions, nul ne le sait ! – soit il les aveuglait avec de fortes lampes, soit il attachait l’un des leurs à une branche au milieu de la rivière et attendait que ses compagnons lui viennent en aide pour les attraper !

Le défi de Gewalt était alors le suivant : toute forme de cétacé peut survivre en captivité si on sait s’y prendre.  C’est ainsi qu’il massacra, entre autres, 14 dauphins de Commerson et quelques bélougas en sus.

Ferdinand et son copain Yogi, le dauphin de Commerson, sont eux aussi les derniers témoins de ces campagnes d’approvisionnement particulièrement violentes et désastreuses.  Nos deux botos (ou Inias) originaires d’Amazonie sont aujourd’hui respectivement âgés de 40 et 30 ans. C’est pourquoi on les surnomme désormais « Papa » (Vater) et « Bébé »(Baby).
De manière tout à fait exceptionnelle, ils sont parvenus à survivre à l’enfer de Duisburg depuis 1975 !

Et depuis presque aussi longtemps, des activistes militants allemands tel Niki Entrup de l’association WDCS Allemagne tentent en vain de faire libérer ces malheureux enfermés dans une sorte d’aquarium glauque aux parois de fer rouillé.

Des propositions très concrètes ont pourtant été émises à de nombreuses reprises afin de ramener ces dauphins chez eux ou à tout le moins, de les déplacer vers une petite baie close en Amazonie où ils auraient pu s’éteindre en paix dans les eaux même qui les avaient vu naître.

Mais non ! Pas plus qu’elle n’a voulu aider Iris quand elle agonisait d’ennui et de désespoir, la Direction du Zoo n’a accepté cette solution. Elle a juste formellement promis – les documents écrits existent – qu’elle envisagerait à terme une amélioration de leurs conditions de vie.

L'Orénoque, d'où viennent nos deux dauphins de rivière et où ils pourraient retourner.. si seulement Duisburg le voulait !

L’Orénoque, d’où viennent nos deux dauphins de rivière et où ils pourraient retourner.. si seulement Duisburg le voulait !

Voir aussi les photos de botos libres

Les années ont passé et à ce jour, en septembre 2004, nous attendons encore que des travaux soient entrepris pour élargir leur minuscule aquarium.
Il est donc fort probable que le Zoo de Duisburg préfère voir mourir ces deux cétacés plutôt que d’engager des frais de réfection pour eux.
Ne sont-ils pas déjà morts, quelque part ?
Le plan du Zoo est, semble-t-il, de laisser les choses en l’état puis de replacer les Inias morts par des lamantins de rivière, ceci dans le même bassin métallique et obscur.

Il serait donc utile de relancer une petite campagne pour ces pauvres dauphins de rivière et d’exiger qu’ils soient ramenés dans leur rivière d’origine.  Il suffit d’écrire au Zoo :

– pour lui demander quand il se décidera à rapatrier ses deux Inias dans un lagon semi-naturel en Amazonie.

– pour lui faire part de votre épouvante devant les conditions d’accueil totalement illégales dans lesquelles ces deux animaux survivent depuis des décennies avec une détermination à vivre qui force l’admiration.

Nous savons par ailleurs que le Zoo de Duisburg a récemment livré son dernier bélouga et son dauphin de Commerson à Sea World aux Etats-Unis. C’est une bonne chose pour eux.

Rien ne s’oppose donc à ce que demain, tout de suite, les deux dauphins d’Amazonie puissent s’en retourner à la maison !

Lire aussi :
Ces dauphins roses qui volent dans les arbres… 

Un trou noir absolu....

Dauphin de rivière à Duisburg en 2004. Photo YG

Zoo de Duisburg

Iris et Ivo au Zoo de Duisburg