Au zoo, les chimpanzés vivent plus vieux qu’en liberté

Jojo, mort à 60 ans plutôt qu’à 45

Flo, morte à 13 ans plutôt qu’à 60. Cherchez l’erreur…

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 Au zoo, les chimpanzés vivent plus vieux qu’en liberté
Pourquoi pas les dauphins ?

20/2/2012

Le plus vieux chimpanzé d’Europe, baptisé Jojo, est mort dans la nuit de dimanche à lundi à l’âge de 60 ans dans un parc zoologique de Nancy où il vivait depuis 1963, a indiqué dans un communiqué la mairie de cette ville.

Jojo s’est éteint de mort naturelle. Il bat ainsi le record de longévité car il fut le plus vieux chimpanzé d’Europe, alors que le plus vieux chimpanzé africain est décédé en 2008 à l’âge de 63 ans », indique la mairie.
Bien connu des Nancéiens, Jojo était une figure du parc de la Pépinière où il séjournait depuis bientôt cinquante ans.

Né le 28 juin 1951, il avait été confié à la ville par le propriétaire d’une ménagerie de Bangui (Centrafrique).
D’abord en couple avec Catherine, morte en 1964, Jojo avait ensuite vécu avec Judith, de 1984 à 1995.

« Jojo fut la mémoire d’un certain mode de présentation des animaux sauvages aujourd’hui abandonné », souligne la mairie de Nancy, qui précise que l’animal restera « le premier et le dernier chimpanzé de la Pépinière ». Une excellente décision !

L’espérance de vie d’un chimpanzé libre est en moyenne de 45 ans. Celle d’un captif est de 60 ans. La durée de vie de Jojo n’a donc rien d’exceptionnel.
(D’après un article du « Point »)


 

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Cheetah, Tarzan et Jane

Cheetah, le célèbre chimpanzé compagnon de Tarzan incarné par Johnny Weissmuller, serait mort quant à lui à 80 ans. Voilà qui serait un record s’’il avait effectivement atteint cet âge canonique. Mais des doutes persistent quant à sa réelle identité, car le rôle a été tenu par de nombreux enfants-singes. …

«C’est avec une grande tristesse que la communauté a perdu un ami très cher et un membre de sa famille le 24 décembre 2011 ».
L’’annonce vient du Suncoast Primate Sanctuary, à Palm Harbor en Floride (États-Unis).

Leur célèbre chimpanzé Cheetah, qui avait accompagné à l’’écran Johnny Weissmuller en 1934 dans Tarzan et sa compagne, s’’est éteint la veille de Noël d’une insuffisance rénale. Il avait été recueilli par le sanctuaire au début des années 1960.
C’’était un singe atypique, qui appréciait regarder des matchs de football américain ou encore peindre avec ses doigts.

Selon Debbie Cobb, la directrice de la communication du refuge, «il savait si ma journée se passait bien ou pas. Il essayait toujours de me faire rire s’il pensait que je passais une mauvaise journée. Il était très sensible aux sentiments humains ».
Entre autres talents, il savait aussi marcher en gardant le dos droit, chose non habituelle chez les chimpanzés.

L’attachée de presse néglige cependant de préciser que Cheetah vécut l’enfer sur les plateaux de tournage et qu’il était battu comme plâtre par son dresseur dès qu’il commettait le moindre faux pas.  C’est encore le cas des chimpanzés utilisés pour le cinéma ou la publicité : des enfants maltraités, que l’on expédie, une fois adulte, dans quelque zoo ou cirque minable. Jane Goodall ne manque pas de dénoncer régulièrement cette situation.

 


 

Qu’en est-il de Flipper ? Là encore, le rôle a été tenu par plusieurs dauphins, à commencer par Mitzi !
Quant à Kathy, l’une des cinq titulaires du rôle, on se souviendra qu’elle se suicida dans les bras de Ric O’Barry…

Car bien loin de dépasser leur temps de vie naturel en captivité, les dauphins captifs meurent à 4 ans (Néa), 9 ans (Milo), 13 ans (Flo), 19 ans (Théa) , 22 ans (Amaya) au lieu de 45 à 50, voire 60 en liberté ?
Les orques captives meurent quant à elles à 1 an, 3 ans, 7  ans au lieu de 60 à 90.
Les bélugas captifs meurent à 1 an, 3 ans, 5 ans, 11 ans au lieu de 50. 

Cherchez l’erreur !
Du fait des soins médicaux qu’on leur prodigue, la plupart des animaux des zoos vivent plus longtemps que les animaux libres.
La plupart, sauf les cétacés et trop souvent, les éléphants, du fait de l’arthrose que suscite leur immobilité forcée.

Pourquoi ?

Parce que ni leur vie sociale extrêmement complexe, impliquant un grand nombre d’individus en interaction, ni leur environnement marin naturel, supposant des milliers de stimulations dont les bassins nus les privent totalement, ne peuvent être reproduits dans le cadre d’un cirque aquatique.
Jamais. D’aucune manière.

Les Chimpanzés – dont l’ADN ne diffère du nôtre que de
1% – peuvent en revanche considérer leurs geôliers comme des frères de race. Ce fut le cas de Washoe, dont l’histoire finit bien, mais aussi celui, bien plus tragique, de Nim, le chimpanzé qui croyait être un humain :

« Nim Chimpsky est un chimpanzé né en 1973, dans un établissement de recherche sur les primates dans l’Oklahoma. Il a été retiré à sa mère alors qu’’il n’’avait que dix jours pour être utilisé dans le cadre d’une expérience sur le langage des signes.
Ayant été élevé avec une famille humaine, il a appris à utiliser plus de 100 signes en langage des signes américain, la langue utilisée par les Américains sourds et malentendants. Mais il a été retiré à sa première famille humaine et remis à des enseignants avec qui il n’a jamais pu créer les mêmes liens. Il a grandi, s’’est renforcé et est devenu agressif, au point de mordre les professeurs qui s’’occupaient de lui.
Herbert Terrace, le psychologue de l’Université de Columbia qui dirigeait le projet, a décidé d’y mettre fin et a renvoyé Nim dans l’’installation qui abritait les primates dans l’Oklahoma.

C’’est là qu’on lui demanda de trier des photos d’’humains et de singes  placés devant lui. Nim Chimpsky a placé sa propre photo dans la pile des “humains. Il ne supportait pas d’être enfermé dans une cage avec d’autres chimpanzés. Il exprimait sa souffrance en faisant signe à chaque humain qui passait devant la cage (…).
Nim a souffert de diverses autres vicissitudes. Il  a bien failli être infecté par le virus de l’hépatite suite à une expérience médicale – jusqu’à ce qu’il soit finalement placé dans un refuge pour animaux, où il est mort en 2000″.

(Lire l’article complet)

Nim considérait l’espèce humaine comme sienne.
Pour les dauphins captifs, ce genre d’identification à l’Homme est inimaginable.

Il faudrait pour cela que celui-ci soit capable de partager ses capacités sensorielles et cognitives, chose impossible compte tenu de l’extrême différence anatomique qui existe entre nos deux cerveaux.
A la rigueur, le dauphin peut nous faire confiance quand nous le tirons d’un mauvais pas. Il peut reconnaître en nous une forme d’intelligence et à ce titre, s’intéresser à ce que nous sommes et à ce que nous faisons. Il peut s’attacher à nous comme un détenu s’attache à son geôlier, ou librement, comme ce pod de Tachetés qui a choisi Denise Herzing pour amie. Mais jamais, JAMAIS, il ne se sentira parmi les siens avec des êtres humains !

En outre, son intelligence supérieure, qui implique l’ensemble des potentialités mentales dont nous disposons et sans doute bien d’autres encore – lui rendent la vie en captivité particulièrement pénible.

C’est pourquoi, à l’exception de quelques cas très rares et malgré une formidable campagne de désinformation menée par les delphinariums pour nous faire croire que les dauphins ne vivent que jusqu’à 20 ans, ceux-ci meurent immanquablement plus jeunes – et infiniment plus malheureux – que leurs homologues en liberté !

C’est pourquoi, entre autres bonnes raisons, de plus en plus de cétologues de réputation internationale exigent aujourd’hui que soit mis fin à tout enfermement de cétacés à des fins lucratives et même scientifiques.