Le Japon est un peuple fier !

2002

Le Japon, l’Occident et la Question Baleinière

Le Japon est un peuple fier, autonome, qui n’aime pas recevoir de leçons.
A raison, car sa culture est d’une richesse inouïe : la littérature, la philosophie, la peinture, la calligraphie, la musique et même la cuisine japonaises constituent sans conteste de véritables sommets de l’intelligence humaine et méritent notre plus grand respect.

En revanche, le fait de tuer une espèce animale aussi fragile et ancienne que le cétacé, le fait d’en capturer des centaines chaque année pour les delphinariums est un comportement qui nous choque et nous paraît dissonant par rapport à la sophistication subtile de la pensée de ce pays.

Il est un fait que les Japonais ont peu le sens de la protection animale et que les associations qui se chargent de
cette cause y sont rares. Mais c’est pourtant par elles qu’il convient de passer, ce sont elles qu’il convient de soutenir si nous voulons que notre action soit efficace et qu’il soit mis fin aux massacres abominables que l’on découvrira au fil de ces pages.

La plupart des Japonais considèrent en effet les protestations occidentales comme une véritables offense à leur intégrité nationale et à leurs coutumes et il ne sert donc à rien de les critiquer de front mais bien plutôt de comprendre leur mode de raisonnement pour mieux les convaincre.

Nous ne saurions trop conseiller à nos visiteurs de soutenir autant que possible le plus important groupe local, nommé  :
Iruka & Kujira (Dolphin & Whale) Action Network

On trouvera sur son site toute l’actualité sur les réunions de la CBI, les massacres de Futo et Taiji, les
vidéos les plus récentes mais exprimés selon la sensibilité japonaise. Le but de cette association est essentiellement de faire mieux connaître les cétacés à ses concitoyens et à les amener à découvrir les émerveillements d’un whale-watching respectueux. A visiter d’urgence, donc, et à encourager !
Lire aussi à ce propos le rapport rédigé par Karen Trevayne  lors d’une visite au Japon en mai 2002.

On assistera aussi avec sympathie à la naissance d’une nouvelle Coalition Anti-Baleinière, fondée en
prévision de la prochaine Commission Internationale dela CBI, qui se tiendra précisément au Japon au mois de mai 2002.

Kujira Hogo Renraku
Kyogikai : Anti-Whaling Coalition of Japan

On lira sur ces sites des déclarations assez surprenantes à nos yeux : les cétacés n’y sont jamais évoqués comme des êtres intelligents et sensibles mais uniquement comme des ressources financières ou autres. Leurs souffrances inouïes sur le pont des navires, lorsqu’on les scie vivantes, ne sont pas mentionnées ni le fait qu’il s’agisse d’une espèce bien plus ancienne encore que les premiers mammouths…

Manger de la baleine 
Au restaurant TARUICHI, dans le district de Shinjuku à Tokyo, on ne sert pas moins de 36 plats différents à bas de viande de cétacé : baleine frite, baleine crue, jambon de baleine, coeur de baleine, testicule de baleine, rein de baleine, et même crème glacée à la graisse de baleine !

Depuis près de 1000 ans, le Japon mange de la baleine. Pendant la guerre 40, toute une génération a été nourrie de viande de baleine, servie dans les écoles et seul apport de protéines fraîches à l’époque. Il y a donc un attachement profond à ce type d’alimentation, réputé sain ( à tort, puisque son taux en organochlorés et métaux lourds est élevé) et fortifiant, même au sein de la génération actuelle. Cette viande devenue rare est donc chère : le jambon de baleine coûte environ 150 dollars la livre, et un morceau de ce jambon de la taille d’une carte de crédit coûte environ 5
dollars. La chasse à la baleine occupe en outre une place de choix dans les récits et la mythologie des insulaires, qui fêtent encore régulièrement l’animal lors de cérémonies annuelles.

 Dans ce contexte, on comprend mieux pourquoi les Japonais acceptent si mal les critiques des autres nations. Ils considèrent choquant que l’on critique leur mode d’alimentation : se soucient-ils pour leur part des mangeurs de grenouilles ou des steaks de cheval en Occident ? Ce discours repose évidemment sur une double conviction :

1. Les traditions sont sacrées et se doivent d’être préservées à tout prix. 
Les chasseurs français qui massacrent leur dernières palombes à une telle cadence qu’ils ne pourront plus en profiter bien longtemps, raisonnent de la même manière. Peu importe si le gibier se fait rare ou s’il n’a plus le temps de se reproduire : la tradition, c’est la tradition et la chasse commence en juillet !
On se souviendra également des débats sur l’infibulation des jeunes femmes d’Afrique de l’Ouest ou sur la persistance des corridas en Espagne. Il n’y a guère, la mise à mort par le feu des sorcières ou l’exécution des criminels sur la place publique était également un spectacle traditionnel très prisé en Europe.

2. Les cétacés du Pacifique Sud et des côtes du Japon appartiennent de droit aux Japonais, en tant  res nullius librement exploitable et pure ressource alimentaire. 
Cette conviction est évidemment fausse.
D’abord parce que ce sont des mammifères hautement conscients d’eux-mêmes et dotés de libre arbitre. A ce titre, ces créatures intelligentes n’appartiennent à personne, si ce n’est à elles-mêmes.

Ensuite, parce que les cétacés sont une espèce en voie de disparition, dont la conservation relève aujourd’hui de la responsabilité de l’humanité entière. Les Japonais n’ont pas plus de droit sur elles que les Américains, les Togolais ou les Croates !

Mais voilà : ce genre de discours ne passe pas aujourd’hui dans l’esprit japonais et tout argument de ce type est aussitôt rejeté.
Selon l’organisation IKAN – et nous sommes d’accord avec elle – l’un des meilleurs moyens actuels pour convaincre le peuple japonais de l’importance des cétacés est de l’emmener en mer et de lui faire découvrir le « whale-watching » le long de ses propres côtes.

Au Japon comme ailleurs, une fois que vous avez vu un dauphin libre ou une baleine fendant les flots pour un immense « breaching », vous ne pouvez pas vous empêcher d’admirer leur beauté et très vite, vous passez dans le camp de leurs plus féroces défenseurs !

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