Super-alliances chez les dauphins

Avril 2012

Super-alliances chez les dauphins

« Les dauphins viennent d’ajouter une nouvelle prouesse mentale à leurs capacités déjà connues que sont la conscience de soi et l’usage d’outils : comme chez les humains, les mâles forment des coalitions pour mener des combats entre groupes rivaux. (…)

Ces alliances à degrés multiples s’établissent parmi les mâles lorsqu’ils se battent pour s’unir avec des femelles.
Celles-ci ne sont pas confinées sur un territoire donné, comme chez les autres mammifères sociaux, mais se déplacent au contraire sur de vastes espaces qui se chevauchent.

Deux ou trois dauphins vont former une première alliance très soudée sur le long terme afin de maintenir et d’engrosser une seule femelle.
Ces paires ou ces trios vont à leur tour former une seconde alliance avec d’autres groupes de deux ou trois mâles au sein d’un ensemble de quatre à quatorze individus qui n’ont entre eux aucun lien familial.

Ce groupe de second niveau coopérera pour défendre ses propres femelles ou pour attaquer d’autres groupes et leur voler leurs femmes. De telles alliances peuvent durer plus de quinze ans.
Enfin, ce super-groupe pourra constituer une coalition de plusieurs groupes du même type, toujours afin d’affronter leurs concurrents organisés sur le même mode.

Nous aurons donc une alliance A alliée avec une alliance B pour attaquer une alliance C à certaines occasions, mais qui pourra s’allier à C pour attaquer une alliance C à un autre moment. Et là, cela devient vraiment très compliqué »

(Lire l’étude complète de Richard C. Connor)

Les dauphins de Shark Bay font également usage d’outils.

Chaque jour, la science contemporaine fondée sur les études menées sur le terrain (celles menées en delphinarium sont désormais de valeur nulle et ne servent plus que de prétexte pour justifier l’exploitation commerciale des cétacés) nous apprend que les cultures dauphins sont extrêmement semblables à celles des peuples premiers humains, tels que les Jivaros, les Papous, les Yanomami ou d’autres ethnies de chasseurs-cueilleurs qui survivent encore aujourd’hui sur les terres de notre planète.

Comme les dauphins, mais avec une violence accrue due aux armes et morts d’hommes à la clé, ces peuples protègent notamment leurs familles et lancent des guerres territoriales afin d’enlever les femmes d’autres clans.
On suppose que bien d’autres aspects de leur vie sociale sont comparables, mais encore ignorés, telles les croyances religieuses ou les rites funéraires, par exemple.

Au vu de ces nouvelles découvertes, mais aussi des recherches récentes révélant l’existence de langages, de conscience de soi et d’organisations sociales de haut niveau chez les cétacés, ceux-ci peuvent et doivent être définitivement classés dans la catégorie des « peuples premiers de l’océan ».

A ce titre, il est bien clair que toute forme de mise en esclavage ou de massacre gratuit de ces peuples constitue désormais un crime.
Combien de temps faudra-t-il encore attendre pour que cessent les spectacles des cirques aquatiques ou les chasses à la baleine, alors même que la science nous cire dans les oreilles : « Les cétacés sont des personnes ! »

Chaman Jivaro et enfants

Chaman Jivaro et enfants


Guerre des Gangs chez les dauphins !

Pour capturer les femelles des autres groupes et défendre les leurs, les grands dauphins sont capables d’organiser des complots en équipe.

« Comment les grands dauphins choisissent-ils leurs femelles ?
Les spécialistes ne sont pas sans savoir que ces animaux marins vivent en clan.
Mais, jusqu’alors, on ignorait quel était le « processus de recrutement » de nouvelles concubines au sein du groupe.
Une équipe de chercheurs a observé pendant plus de 30 ans les grands dauphins de la baie des requins en Australie.

Et leurs résultats prouvent une nouvelle fois l’intelligence de l’espèce : ils sont capables d’organiser des complots en équipe pour capturer les femelles des autres groupes et défendre les leurs.
Le Docteur Richard Connor, qui observe les grands dauphins depuis le début de l’étude, explique à la BBC que les dauphins savent défendre leurs intérêt.

Certains individus du groupe ont la charge d’aller rechercher et ramener des femelles fertiles. Leurs expéditions peuvent durer plus d’un mois. Mais lorsque les uns partent à la chasse, il n’est pas question que le groupe se laisse attaquer.
Certains animaux ont donc la mission de défendre leur propre femelles, et d’attaquer les adversaires au besoin.
En revanche, lorsqu’ils doivent se défendre ensemble, les dauphins ne sont pas rancuniers, et les frontières entre les clans s’effacent.
Ils savent s’allier pour protéger leurs femelles en cas de menaces plus importantes.

Dans un milieu où les mauvaises rencontres sont nombreuses, cette organisation bien rodée est le signe d’une grande intelligence, selon le Docteur Richard Connor.

Cela montre en effet qu’ils sont capables d’envisager des relations sociales complexes : ils ne sont pas seulement agressifs avec les inconnus, mais savent s’en faire des alliés, et même changer de camps si cela sert leurs intérêts. Et hormis les humains, les grands dauphins de la baie des requins sont les seuls animaux à agir ainsi ».


 

« Nous, Humains, sommes exceptionnels en ceci que nous formons des alliances avec d’autres groupes » conclut Richard Connor dans sa récente étude, et « .

Yanomamis prêts au combat

Etude originale en anglais

Article de synthèse en anglais


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