|
Bélougas |
sommaire
menaces
sur les bélougas |
les seigneurs des Glaces

Si les dauphins Tursiops et les orques sont les habitants ordinaires de la plupart des océans du monde, qu'ils ont conquis comme l'homme a pu le faire des terres sèches, peu de mammifères marins ont occupé les mers froides de notre planète avec autant de succès que les bélougas.
Ces baleines blanches sont chez elles partout tout autour du cercle polaire, en nombre restreint, certes, du fait des chasses folles dont ils ont fait l'objet et de la pollution des eaux qui les minent, mais avec une efficacité rare.
Tout chez elles, corps, mental, vie sociale et communications sonores, les préparent à vivre dans ce monde glacé des
banquise sous laquelle prospèrent poissons et invertébrés.
Là où la plupart des autres cétacés et même les phoques se refusent à
nager de crainte de se faire prendre à jamais dans quelque piège de glace, là commence le vrai royaume du bélouga !
Informations
extraites de l'ouvrage de Tony Martin "Beluga Whales" Worldlife Library
1997
Avec leurs grands corps boudinés de quatre ou cinq mètres de long d'une
blancheur éclatante, leurs masse pouvant atteindre deux tonnes, leur front bombé aussi mobile et expressif q'un visage, leur dos privé de tout aileron, ces cétacés font partie de la même famille que le narval et comme lui, peuvent pulvériser la couche de glace de la banquise d'un coup de tête et se créer une ouverture pour chercher de l'air en surface.
Les bélougas étaient naguère presque légendaires : seuls les explorateurs des pôles et les Inuits les voyaient apparaître brusquement en été, comme surgis de nulle part, sans que l'on comprenne le sens de leurs migrations et encore moins leur comportement étrange. Ils restent encore aujourd'hui parmi les plus mal connus des cétacés quant à leurs mœurs et cultures, car durant toute une partie de l'année, il est simplement impossible de les observer.
Nous savons néanmoins que les bélougas sont par essence des créatures grégaires qui se déplacent rarement seuls.
De vastes rassemblements sont observés tout au long de l'année mais les plus importants d'entre eux se tiennent en été sur les lieux de reproduction où des groupes de plusieurs centaines voire de plusieurs milliers d'individus se regroupent dans les estuaires des fleuves. Lorsqu'ils sont en train de se nourrir, les bélougas ont, en revanche, tendance à se disperser.
Comme les dauphins, les bélougas vivent au sein de "pods" ou "tribus" qui comprennent une "nurseries" composée de plusieurs femelles adultes, de leurs nouveaux-nés et d'enfants un peu plus âgés, ainsi que d'un groupe de mâles adultes au nombre de 8 à 16.
Il se peut que ces mâles adultes se tiennent en périphérie des femelles pour affirmer leur dominance ou nouer de relations sociales au sein du troupeau, car à cette époque de l'année, les mères se préoccupent de l'éducation des enfants et non de reproduction.
Ces nurseries sont souvent observées près des rivages de l'estuaire, organisées en petits groupes lâches, alors que pour leur part, les mâles adultes se constituent en groupes bien séparés et cohérents de célibataires.
Dans les eaux russes de l'océan arctique, les rassemblements de mâles peuvent atteindre parfois plus de 500 individus, tous adultes pour la plupart.
Au sein de ces assemblées, on trouve aussi des groupes mixtes composés d'une femelle et de un à trois jeunes, nouveaux-nés et juvéniles âgés de cinq ou six, constituant des unités familiales.
Les nouveau-nés restent tout près de leur mère, habituellement légèrement derrière elle, au-dessus, sur le côté ou juste
au-dessous d'elle. Une "tante" veille, comme chez les dauphins, au bon déroulement de l'accouchement et coopère à l'éducation ultérieure du bébé.
Ceux-ci naissent tout bruns ou tout gris et ne mesurent guère plus d'un mètre quarante de long. Ensuite leur peau vire au bleu-gris puis au blanc immaculé. Blanc qu'il faudra cependant entretenir : comme des serpents, les bélougas doivent frotter leur vieille peau jaunie sur des galets, au sein de baies traditionnellement dévolues à cet usage où ils se regroupent par centaines.
Pour téter, le jeune se place à angle droit par rapport à sa maman. On a souvent observé des femelles se tournant sur le côté et soulevant le delphineau à la surface sur le plat de leur caudale. Ces femelles sont
extrêmement soucieuses du bien-être de leur petit et attaquent tout quiconque les menacent.
En hiver, les bélougas voyagent le long des failles dans la glace et se nourrissent en grand nombre dans des lacs intérieurs permanents qui se créent au cœur de la banquise. Pour respirer, ils maintiennent ouvertes une série d'ouvertures dans la glace, qu'ils brisent d'un coup de tête même lorsqu'elle est épaisse de plus d'un pouce.
De vingt à trente bélougas peuvent utiliser le même trou à cette fin, attendant chacun sagement leur tour pour venir respirer. Lorsqu'un narval
arrive au même endroit, les bélougas vont prendre l'air ailleurs.
Les bélougas plongent couramment à plus de 550 mètres sous la surface. Lors
de ces descentes qui réclament une rétention de souffle de plus de vingt
minutes, les bélougas coulent doucement vers le fond. Ils y demeurent environ 5
à 10 minutes puis remontent à une vitesse également contrôlée pour
épargner leur oxygène.
Une fois parvenus sur le plancher marin,
nos baleines blanches glissent lentement sur le ventre et semblent se
pourlécher d'invertébrés et de poissons de toutes sortes. Sans doute, comme les cachalots,
les sucent-ils plus qu'ils ne les mordent, car les lèvres des bélougas sont
extraordinairement mobiles et capables de cracher de l'eau si nécessaire
!
Retour sommaire
Le langage des bélougas
![]() |
1. Les sons
Les bélougas ou baleines blanches sont, de tous les cétacés, ceux qui vocalisent le plus. Les baleiniers qui entendaient leurs échanges verbaux au travers de la coque de leur navire
ou même en plein air, les ont d'ailleurs nommé "les canaris des mers".
Ils furent aussi les premiers cétacés à être enregistrés.
Par rapport aux odontocètes de taille plus réduite, il semble qu'il y ait chez le bélouga une prédominance des fréquences basses et de séries pulsées dans les appels.
Les groupes sont généralement très bruyants, mais les animaux solitaires sont plutôt silencieux, spécialement lorsqu'ils se trouvent en
présence d'un épaulard, leur principal prédateur.
Leurs clicks pulsés s'organisent en série de 4 à 800 impulsions par seconde, soit en moyenne, 163, d'une durée de 0,7 sec.
On a pu observer un signal d'écholocation à double composante chez des animaux captifs (1,5 kilohertz et 60 kilohertz simultanément).
Compte tenu de son milieu de vie tout à fait particulier - le monde des glaces - le bélouga a du adapter son sonar au bruit environnant en élevant la fréquence et l'intensité de ses clics. La fréquence maximale a été décalée des 40-60 kilohertz habituels à 100-120 kilohertz. On suppose que le bélouga a décalé ses signaux jusqu'à une bande de fréquence où le bruit ambiant était bas et a augmenté dans le même temps son niveau de source.
Quant aux sifflements (mode tonal) ils se situent dans la gamme des 0,4-14,5 kilohertz. Les moyennes de fréquence se situent entre 2,73 kilohertz (minimale), 4,37 kilohertz (maximale) et 3,89 kilohertz (moyenne), avec des durées d'émission comprises entre 0,05 et 3,8 secondes (moyenne : 0,75 sec.).
Sept classes de sifflements ont pu être établies sur base de la modulation de fréquence de la note fondamentale. Les classes les plus communes étaient les sifflements non modulés de fréquence (~ 30%), les sifflements croissants en fréquence (~14%) et le sifflement "de haut en bas " (~15%).
55% des appels " bruyants " étudiés créent d'évidence une impression auditive de sifflements, le reste étant généralement considéré comme non structuré. Les fréquences entendues se situaient entre 5,8 et 2,3 kilohertz d'une durée de 0,05 à 2,25 sec.
Il apparaît que seul, le taux d'occurrence des sifflements de type " fréquence croissante " change de manière significative selon le type d'activités comportementales : ces sifflements sont le plus généralement associés aux interactions sociales.
Les tonalités pulsées " explosives " étaient pour leur part associées de manière significative avec des rassemblements compacts et stationnaires d'individus flottant près de la surface de l'eau, et les " squawks " avec des groupes en pleine interaction.
Bélougas et dauphins Tursiops utilisent par ailleurs leurs clicks d'écholocation de manière différente.
Le dauphin Tursiops maintient un intervalle entre ses clicks plus important que le temps
mis par le signal pour atteindre sa cible et en revenir, de sorte que des échos puissent être traités avant que les signaux suivants soient émis.
Chez le bélouga au contraire, nombre de clicks se suivent à une cadence si rapide que le son n'a pas encore le temps de revenir sous forme d'écho que déjà, de nouveaux signaux soient émis. Il semble que la vie sous la glace et les défis que pose cet environnement difficile soit l'une des raisons de cette pratique.
2. Parler bélouga : de nouvelles technologies au service de l'étude la langue des cétacés
Les chercheurs russes de l'Académie des Sciences étudient le comportement
acoustique des bélougas en Mer blanche depuis plus de dix ans, accumulant peu à peu les preuves que cette espèce dispose à tout le moins des rudiments d'un véritable langage composé de centaines de "fils sonores" identifiables et décrits comme des mots, fondées eux-mêmes sur un ensemble de 24 phonèmes différents.
Interspecies inc. s'est mis en contact avec l'équipe des chercheurs russes durant ces deux dernières années, afin de leur fournir des idées nouvelles quant à la manière de vérifier la pertinence de cette hypothèse.
Lire
aussi sur ce site :Le langage des dauphins
menaces
sur les bélougas
Les derniers groupes de bélougas récemment observés sont de taille réduite, composés de 500 individus ou moins et sont de ce fait très vulnérables à la chasse ou à la détérioration
biochimique de leur habitat.
Ils se trouvent pour la plupart dans les eaux canadiennes, du côté de Southeast Baffin, Ungava
Bay, St. Lawrence River et Cook Inlet. Les populations de l'East Hudson Bay et de la James Bay sont également menacées par l'exploitation dont ils font l'objet. Les derniers bélougas d'Ungava sont en voie d'extinction mais continuent à être chassés.
Diverses observations menées en 1990 et 1991 indiquent que les derniers groupes vivant entre le Canada et le Groenland ont diminué de plus de 30 % en moins d'une décennie.
On comprend que dans de telles conditions, la capture ou la chasse (!) des
ultimes baleines blanches vivant encore libres en société complète et qui
sont seules susceptibles de fournir des indications fascinantes aux chercheurs
de terrain, constitue une monstrueuse aberration.
Mais, on ne le sait que trop, les lois du Grand Commerce ne sont guère
raisonnables... ni très compassionnelles !
4 juillet 2003
Bélougas en captivité

Le 30 juillet 2009
Une bélouga captive sauve une nageuse chinoise
en
danger de mort !

L'un des fleurons des prisons pour cétacés captifs chinois, arrachés à leur
famille dans les pires conditions,
sert aussi, ô surprise, à des exercices d'apnée pour les plongeurs. Une chance
pour Mme Yang Yiun.
Un exemple d'empathie et de pardon; si rare chez les Humains, de la part de ces
malheureuses baleines blanches,
privées de liberté jusqu'à à leur mort !
http://english.dbw.cn/system/2008/09/01/000077889.shtml
Mme Yang Yun participait à un concours de plongée en apnée dans la région de Harbin, en Chine du nord-est. Cette compétition impliquait notamment que les participants devaient descendre sous sept mètres de fond dans une piscine et d'y demeurer aussi longtemps que possible sans aide d'aucun équipement de respiration.
Mn Yun, âgée de 26 ans, a pensé qu'elle allait mourir parmi les bélougas captifs qui partageaient cette "piscine arctique" après avoir tenté, à bout de force, de force de mouvoir ses jambes paralysées par les crampes dues au froid polaire régnant au fond de cette curieuse pisicine-delphinarium et incapable même de donner un coup de pied pour remonter à la surface.
"J'ai commencé à suffoquer et je suis redescendue à un niveau encore inférieur.
Là, j'ai pensé que c'en était fait pour moi et que j'allais mourir" déclara-t-elle plus tard. "jusqu'à ce que j'aie senti une force incroyable qui m'a repoussée jusqu'à l'air libre".Cette "force incroyable" était celle de Mila, une bélouga femelle qui avait remarqué la détresse de la plongeuse en perdition et avait serré ses mâchoires autour de sa jambe.
Utilisant son sonar hyper-sensible, Mila a conduit Mme Yun avec douceur jusqu'à la surface, à la stupéfaction des spectateurs et d'un photographe sous-marin qui a filmé la scène".
"Mila s'est aperçue du drame en cours avant même que nous l'ayons remarqué" a déclaré un organisateur du concours. "Il s'agit d'une orque extrêmement sensible, qui a l'habitude de travailler avec des humains et c'est grâce à elle que cette plongeuse a pu être sauvée!"
Comme quoi, alors qu'on leur faire subir les pires sévices en captivité, les bélougas parviennent encore à se montrer solidaires des humains qui leur font tant de mal !
Chez eux, la compassion et l'empathie sont des vertus majeurs et reconnaissons que quelques humains, quand ils tentent d sauver des dauphins échoués, par exemple, ou d'éperonner des baleiniers japonais, montrent à leur tout les mêmes capacités morales !Mais quelle différence tout de même entre le cerveau des cétacés et leurs façons de penser et les nôtres !
Il semble bien que le leur est plus "au point", mieux construit et plus rationnel que celui du prétendu et auto-proclamé Homo sapiens sapiens...
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/11275973
http://www.cogs.indiana.edu/spackled/CetaceanBrainEvolution.pdf
http://www.dauphinlibre.be/intelligence.htm#cerveau
Pour en VOIR plus
http://www.news.com.au/adelaidenow/story/0,22606,25856885-912,00.html
http://www.thesun.co.uk/sol/homepage/news/2560871/Beluga-whale-saves-drowning-divers-life.html
http://www.zigonet.com/baleine/un-beluga-sauve-la-vie-d-039-une-jeune-femme_art7401.htmlInfo reçue de :
Taffy Lee Williams
www.ny4whales.org
Mai 2009
Le bélouga Beethoven
en pleine dépression !

Le dernier bélouga du Zoo de Point Defiance nommé Beethoven parle moins depuis la mort de son seul ami, Qannik, décédé en mars dernier. Telle est la conclusion d'un groupe de chercheurs biologistes de l'Université de Puget Sound.
Ces étudiants ont noté l'émergence de comportements aberrants dus au stress manifesté par ce pauvre Beethoven, notamment des mouvements répétitifs tels que le fait de tourner en rond sans fin dans le sens des aiguilles ou de claquer des mâchoires de façon ininterrompue.
En termes "non scientifiques", le fait de perdre son unique compagnon est pour le bélouga, comme pour nombre d'entre nous, une source de désespoir intense. Surtout lorsqu'on sait à quel point la vie sociale de ces baleines blanches en voie de disparition est riche et complexe lorsqu'elles ont encore la chasse de vivre en liberté ou de ne pas se faire massacrer par des Inuits débiles, accrochés à des traditions d'un autre âge....Avant qu'il ne meure à son tour, on parle aujourd'hui de le renvoyer à San Antonio, haut-lieu de l'esclavage cétacéen.... dans le cadre d'un pseudo programme de reproduction (bien entendu !), compte non tenu des véritables besoins de ces génies aquatiques dotés de langage et de conscience de soi... et privés de tout espoir d'être jamais rendu à l'Océan, leur authentique patrie qu'ils n'auraient jamais du quitter !
http://blogs.thenewstribune.com/street/2009/04/22/say_goodbye_to_point_defiance_s_other_be
Mars 2009
4 Juillet 2003
Quatre ans après que Marineland Canada ait importé ses premiers bélougas de Russie, les gestionnaires de ce delphinarium se déclarent "extrêmement
heureux" des progrès de leur programme de reproduction. Trois cétacés captifs sont nés dans ses bassins au cours de la dernière année. Le
quatrième vient de mourir à la naissance ce vendredi 4 juillet 2003.
Pour rappel, le gouvernement canadien avait fort heureusement refusé à cet Aquarium de procéder à la capture de bélougas libres dans les eaux
fortement polluées du fleuve Saint-Laurent. Le Marineland s'est alors tourné vers la Russie, pays qui se taille désormais une belle réputation commerciale dans la vente de produits
illégaux telle que pornographie, prostitution de mineures, Ecstasy ou cétacés captifs.
En 1999, une opération de chasse-capture est donc menée par les trafiquants russes. Pour un prix extrêmement élevé, reconnaît Mr John
Holer, le responsable du Marineland, neuf femelles bélougas furent alors
arrachées de force à leur demeure naturelle au prix de grandes souffrances et
de séparations tragiques, des enfants étant laissés seuls, sans leur mère,
au milieu de eaux froides.
Les pêcheurs russes les jetèrent ensuite dans un avion cargo qui débarqua les
captives à Moscou.
De là, elles furent amenées jusqu'à la ville de Hamilton, Canada puis livrées par camion
au Marineland de Vancouver. Ces neuf femelles ont rejoint les trois mâles d'ores et déjà présent, qui avaient été capturés
quelques mois plus tôt.
Mr John Holer a promis que les enfants nés en bassin seraient maintenus à Marineland et qu'ils ne quitteraient pas leurs parents.
En revanche, les mâles seront sans doute expédiés vers d'autres bassins pour y renouveler le stock génétique
A ceux qui penseraient que la reproduction est un indicateur de bien-être chez
l'animal captif, rappelons qu'il n'en est rien.
Souvenons-nous par exemple que les orques du Marineland ou les dauphins de
Bruges produisent un nombre important de nouveaux-nés depuis des années, alors même qu'ils sont confinés dans des
bassins de béton nu minuscules, sans rien à faire de toute la journée.
Nombreux sont les animaux qui se reproduisent même dans les pires conditions de vie, comme le
font d'ailleurs les humains également. En fait, la captivité semble
exacerber la libido et le besoin de se reproduire, même si nombre e nouveaux
-nés sont souvent euthanasiés par leur mère dès la naissance. On constate
ainsi couramment que les dauphins captifs sont sujets à des crises violentes
d'hyper-sexualité et se livrent à des masturbations frénétiques, à
l'exemple des grands singes en cage.
* Lire à ce propos le dossier Zoo
Check Canada
* Bélougas captifs comme si vous y étiez : webcam
au bassin de Vancouver
(Merci à Réseau Cétacés
pour ce lien)
En 2002,
l'association anglaise WDCS avait déjà lancé à ce propos un vibrant appel :
Non à la capture des bélougas de la Mer Blanche pour l'industrie de la captivité
"Le Gouvernement russe a récemment fait connaître ses quotas de captures de mammifères marins prévues pour 2002 au sein de ses eaux territoriales.
Le Décret 1551 indique à cet égard un nombre de 1.500 captures autorisées de cétacés.
En principe, ces animaux ne sont pas censés être exploitables sur le plan commercial, mais des exceptions peuvent être admises lorsque ces prises servent à l'usage alimentaire des populations indigènes du Nord-Est de la Russie, où peu d'autres sources de nourriture
existent. Le Décret évoque également une autre exception bien connue, celle des captures menées dans un but " scientifique, culturel et éducatif", c'est à dire, plus clairement, à l'usage exclusif des delphinariums !
On le sait, la Russie est un exportateur important sur le marché des mammifères marins destinées au spectacles publics et elle mettre tout en oeuvre pour satisfaire les demandes sans cesse plus pressantes de l'Industrie internationale de la captivité, actuellement en
pleine expansion.
Nous ignorons le nombre exact de bélougas destinés à être gardés vivants pour les besoins des delphinariums, mais nous savons que la capture de cinq orques au moins a été prévue dans ce tableau de chasse. Celui-ci s'établira donc comme suit :
Bélougas:
Mer de Bering Ouest - 300
Mer d'Okhostk Nord - 400
Kamchatskaya Ouest - 100
Sakhalinskaya Est - 200
Mer de Barents - 500
Mer Blanche - 50
Orques :
Sakhalinskaya - 5
Le WDCS, qui lance aujourd'hui un appel vibrant en faveur de ces cétacés, estime que de tels quotas sont inacceptables dans le contexte actuel. La capture de 50 bélougas en Mer Blanche est tout particulièrement inadmissible, lorsqu'on sait que la population locale
de ces merveilleuses " baleines blanches " ne dépasse plus guère le millier d'individus.
En outre, les bélougas sont d'ores et déjà gravement menacés dans leur derniers refuges de l'Arctique tant par l'exploitation pétrolière, la chasse excessive, le trafic intensif de navires dans
leurs zones de reproduction que par le développement industriel et la pollution.
Nombre de ces populations locales ont déjà été presque totalement détruites lors de chasses antérieures menées par la Russie. Nous avons tout lieu de craindre aujourd'hui que les captures nouvellement annoncées ne déciment de manière dramatique les derniers
bélougas libres.
En 1999, la Commission Baleinière Internationale (IWC) avait conclu que sur les 29 populations de bélougas connues, quatre seulement pouvaient être considérées comme stables. De son côté, la Russie a toujours refusé de transmettre des données fiables
à propos de la situation réelle de ces cétacés dans ses eaux ou du degré de contamination toxiques dont ils sont victimes et qui peuvent rendre la consommation de leur viande dangereuse pour la santé humaine.
En 1999, suite à diverses protestations internationales à l'égard des quotas décidés à l'époque ( soit près 2.100 bélougas capturables et 13 tonnes de viande du même animal exportable vers le Japon) le Premier Ministre russe avait décidé la suspension de cette chasse
et des exportations prévues, arguant du manque d'informations fiables quant à la viabilité de ces populations et de
leur sensibilité à de telles opérations de chasse. En 2000, les captures et mises à mort ont donc été réduites à zéro mais dès
2001, les chiffres remontaient jusqu'à 1.900 prises autorisées !
Le WDCS a protesté en vain auprès du Gouvernement russe au sujet de ces quotas largement excessifs. En 2002, la question des bélougas sera évoquée une fois de plus lors de la prochaine réunion de la CBI par le WDCS. Cette organisation anglaise estime en effet qu'une prise massive de 50 individus en mer Blanche, où leurs effectifs sont estimés à 1000, soit un prélèvement de 5% de la
population essentiellement destinés aux delphinariums n'est manifestement pas supportable et risque de
nuire à la survie future de ces populations.
Ces captures violentes nuiront également aux observations scientifiques et au whale watching actuellement menés depuis les côtes russes, c'est à dire de manière non intrusive, et qui apportent un bénéfice croissant aux habitants de la région.
Merci d'écrire une lettre polie au Président de la Russie et à ses divers ministres concernés, en leur demandant de bien vouloir suspendre immédiatement les chasses comme il l'a fait en 1999 et en insistant sur le fait que les bélougas ne survivront pas longtemps à de
telles opérations, menées essentiellement pour satisfaire les exigences de l'industrie des delphinariums.
President of the Russian Federation, Vladimir Putin
The Kremlin
Moscow/ Russian Federation
Mikhail Mikhailovich Kasyanov
Chairman of the Government of Russian
Federation (Prime Minister)
Krasnopresnenskaja naberezhnaja 2
103274 Moscow Russia
fax: +7-095-206-07-66
Vladimir Alexeevich Grachev
The Chief of the Environmental Committee of the State Duma
State Duma
Okhotny Ryad 1
103009 Moscow Russia
fax: +7-095-292-6023
e-mail: gva@duma.gov.ru
Vitaly G. Artyukhov
Minister of Natural Resources of the Russian Federation
You can send an email at the following website:
http://ministr.mnr.gov.ru/index_e.php?2+2
Pendant
ce temps, la chasse au béluga continue à ête gérée comme une
"ressource économique" ainsi qu'en atteste le texte suivant :
"L'Alaska & Inuvialuit Beluga Whale Committee (comité sur le bélouga de l'Alaska et de l'Inuvialuit [AIBWC]) a été formé en 1988 pour faciliter et encourager une saine conservation, gestion et " utilisation " des bélougas en Alaska et dans l'Arctique occidental canadien.
Le comité est composé de représentants des communautés et des régions côtières de chasse au bélouga en Alaska et dans le delta du Mackenzie au Canada, de représentants d'organismes gouvernementaux américains au niveau fédéral et régional ainsi qu'au niveau de l'État, et d'autres membres tels que des chercheurs et des conseillers scientifiques.
Seuls les représentants des communautés de chasse au bélouga ont droit de vote sur les questions traitant de la chasse, tandis que le comité au complet vote sur les autres questions.
Des programmes de surveillance des prises sont planifiés et coordonnés lors de la réunion de printemps, mis en application par les chasseurs ou d'autres individus pendant la saison de chasse à la baleine, et ils font l'objet d'un rapport à la réunion d'automne.
Jusqu'à maintenant, le AIBWC a
1) établi des priorités de recherche sur le bélouga,
2) coordonné ou facilité le prélèvement d'échantillons en vue d'études génétiques, d'études sur la contamination, et d'études fondamentales de biologie,
3) subventionné des études sur l'A.D.N.,
4) fourni ses commentaires sur des mesures fédérales (p. ex., en rapport avec les activités d'exploration pétrolière et gazière) pouvant affecter les bélougas, leur habitat ou la chasse dont ils font l'objet,
5) rassemblé les données les plus complètes jusqu'à présent sur les prises en Alaska,
6) publié pour les résidents des côtes alaskiennes un bulletin de nouvelles traitant surtout des grandes questions concernant les mammifères marins, et
7) subventionné la présence de membres du comité aux réunions de la Commission baleinière internationale.
Le AIBWC a ratifié récemment l'ébauche de son plan de gestion du bélouga de l'Alaska, qui fait pendant au plan actuel de gestion du bélouga dans l'Arctique occidental canadien, et a entamé des pourparlers sur un plan de gestion mixte Inupiat-Inuvialuit, pour le stock baleinier commun en mer de Beaufort ".
| Et
pendant ce temps, imperturbable, la Bonne Presse (ici, à pur titre
d'exemple, le journal le Soir
de Bruxelles en date du 23 Juillet 2002) continue sa désinformation
systématique toute en faveur des zoos... On nous annonce donc, photo à l'appui, et avec des trémolos de bonheur dans la plume, la naissance d'un bébé bélouga dans ce cimetière pour cétacés qu'est le delphinarium de Vancouver. "Un bébé bélouga s'initie aux jeux aquatiques C'est dans la piscine-aquarium de Vancouver au Canada que Aurora, une baleine bélouga, appelée aussi baleine blanche, a donné naissance à ce petit bébé qui la suit comme son ombre. Le deuxième bébé , toujours à l'abri de son ventre, naîtra vingt quatre heures plus tard". (Photo AFP)
http://dossiers.lesoir.be/petitegazette/TousLesArticles/A_02BB38.asp |
Août 2003
Contact
rapproché avec les bélougas
au Mystic Aquarium
Août 2003
Article de presse
"Les
experts en vie aquatique nous ont ménagé une bonne surprise au Mystic
Aquarium(Connecticut USA). Pendant des années, ils nous avaient déjà permis de bénéficier du
spectacle rare de baleines blanches en captivité.
Aujourd'hui, ils nous offrent
la possibilité d'entrer directement en contact avec ces mystérieuses créatures
marines de l'Arctique.
Le Mystic Aquarium est indiscutablement l'un des meilleurs endroits au monde où
l'on peut observer des bélougas captifs mais pour s'en approcher plus encore, il
vous faudra vous déshabiller et vous désinfecter d'abord !
Kristine Magao est l'un des dresseurs qui supervise ce programme de "contact avec les bélougas". Elle nous en explique le principe :
- "Naku est une femelle adulte. Elle est âgée de 22 ans, mesure onze pieds de
long et pèse 1.400 livres.
En compagnie de Kela, une autre des six bélougas captives à l'Aquarium, Naku
va vous réserver tout plein des surprises !
Elle s'amuse,
par exemple, à éclabousser brusquement ses invités. Le programme de contact avec les bélougas permet à nos visiteurs d'avoir un
aperçu rapproché des dents de ce cétacé et d'observer de tout près la manière
dont elles mangent ou dont elle respirent. Voulez-vous jeter un coup d'oeil à l'intérieur de l'évent de Kela?"
Du fait de leur entraînement à la vie en captivité, ces créatures arctiques se
sont tout à fait adaptées au contact et aux manipulations humaines.
"Chatouillez- la sous le menton juste une fois" nous conseille Kristine,
et les petits cris de Naku confirment l'instruction.
Les bélougas émettent des sons en
réponse à plus de seize signaux énoncés par leur dresseur en langue gestuelle.
Chaque bélouga a appris à exécuter par ailleurs environ 60 "comportements " de natures
différentes.
Pour certains d'entre eux, cela prend quelques heures à mémoriser. Pour
d'autres, cela prend des années.
À la fin du programme, Kristine discute avec ses hôtes de questions d'environnement :
"Il faut que les gens prennent conscience de ce qui nuit aux équilibres naturels" dit-elle.
Pour les remercier, Naku serre les participants dans ses nageoires.
"Elle va mettre sa tête sur votre épaule, vous pouvez la serrer dans vos bras
vous aussi... " .
Le programme de contact direct avec les bélougas est offert par le Mystic Aquarium mystique jusqu'à fin
octobre 2003.
Propagande
sur le site du Mystic Aquarium
http://www.mysticaquarium.org/newthings/articles/belugacontact.asp
"N'avez-vous jamais rêvé de toucher une baleine? Dans notre programme de contact avec les bélougas, vous serez face à face avec l'une de nos baleines blanches d'un poids de plus de 1.200 livres.
Après environ 20 minutes d'explications sur les bélougas données par nos entraîneurs, vous chausserez des "waders " (sorte de bottes en caoutchouc qui remontent jusqu'à la taille) et vous pénétrerez durant vingt autres minutes dans la partie la moins profonde de la piscine des bélougas.
Les animaux viendront tout près de vous dans l'eau, vous les entendrez respirer, bondir hors de l'eau et vocaliser dans votre oreille. Vous pourrez les
toucher et même caresser leur langue. Vous pourrez voir également de tout près comment ces mammifères marins étonnants sont
constitués physiquement. Vous finirez par les connaître autant que nous car on vous apprendra même quelques gestes en langage signé qui vous permettront de leur donner des ordres.
Notre programme de rencontre avec les bélougas est une expérience qui marque une vie entière !
Vous vivrez un contact rapproché avec l'un des plus beaux mammifères de la nature, et ce ,de la manière la plus intime et la plus instructive possible.
Quand est-ce que je peux faire cette expérience?
Nous offrons ce programme de juin 2003 à octobre 2003 à raison de plusieurs séances quotidiennes à 10:40 du matin, 2:30 et à 4:30 de l'après-midi, sauf le mercredi où seulement les sessions de l'après-midi sont seules disponibles.
Que ce que cela coûte ?
Le coût par participant est de 110 US Dollars.
L'admission dans l'aquarium est de 16 US dollar additionnels pour des adultes, 15 pour les seniors et 11 US dollars pour les enfants de 3 à 12 ans. Les réservations sont fortement suggérées.
Mon enfant peut-il participer?
Pour participer à ce programme, vous devez mesurer au moins 5 pieds de haut. Il
n'y a pas d'autres limitations physiques.
Les enfants peuvent donc participer aussi longtemps qu'ils répondent à cette exigence.
(Comme à la foire... )
Comment dois-je m'habiller ?
Tandis que vous serez dans l'eau, vous porterez les "waders" que nous vous fournirons. Sous cet équipement, nous suggérons de longs pantalons et des chaussettes. Les bijoux et autres objets personnels ne sont pas permis.
Est-ce que je peux prendre des photos?
Si une autre personne vous accompagne, elle peut vous photographier tant que vous êtes dans l'eau. Vous pouvez également confier à notre personnel votre appareil-photo : nous serons heureux de prendre des photos pour vous !
Commentaire
Choquant ? Sans doute.
Ces femelles bélougas, nées pour vivre dignement au sein des glaces et
de leur famille, se transforment ici en prostituées de luxe, à 110 US dollars
la passe. Et comme toutes les prostituées, elles doivent accepter n'importe
quel client et mimer les gestes de l'amitié la plus tendre et la plus sincère,
alors qu'il ne s'agit que de pur dressage mené sous la contrainte. C'est le
principe même des "petting pools"
Mais en même temps, comme Mr Bouglione le rappelait en termes crus
lors d'une interview donnée au quotidien belge "Vers l'Avenir" ce 2 août 2003 :
«Les zoos sont des mouroirs. Allez voir un
peu où sont les animaux durant l'hiver. Ils deviennent neurasthéniques, on ne les fait pas
travailler ».
Pour Naku et Kela, ces visites doivent donc constituer une forme de distraction,
en dépit du rythme assez soutenu de trois séances par jour. Pour elles, c'est
toujours mieux que de crever d'ennui entre quatre murs nus.
Il est clair que
toute stimulation, tout apport de nouveauté ne peut être que le bienvenu en
cage ou en bassin.
Si on avait laissé Iris nager avec des visiteurs, comme elle
avait pu le faire à Anvers, elle vivrait encore aujourd'hui. La seule alternative à ce type de d'aménagements sordides et commercialement porteurs est évidemment de
libérer
tous les cétacés captifs et de cesser d'en capturer d'autres.
Quant à la petite leçon finale sur l'environnement et la conservation des espèces, elle est
particulièrement obscène dans ce contexte : la jolie dresseuse Karine oublie de nous dire que nombre de bélougas
sont encore régulièrement arrachés à leur habitat naturel par des trafiquants russes pour les seuls
besoins de l'industrie de la captivité internationale, ce qui déstructure gravement les dernières
tribus libres existantes et menace à terme l'existence même de l'espèce.
Samedi 8 avril 2004
NEW YORK AQUARIUMLast exit to Brooklyn...
Kathy, la doyenne des bélougas captifs, vient de mourir à New York
Une femelle bélouga du nom de "Kathy" vient de mourir à l'âge de trente-quatre ans au New York Aquarium.
Elle était l'une des "baleines blanches" parmi les âgées jamais détenues en captivité et s'est éteinte, selon ses geôliers, d'une infection bactérienne le 8 avril dernier, pendant la matinée.
Malade depuis de longs mois, devenue presque aveugle, tournant en rond sans fin dans son bassin minuscule derrière sa vitre de plexiglas, la pauvre Kathy allait de toutes façons être euthanasiée afin d'abréger ses souffrances.
"Mais elle est morte aussitôt après avoir reçu une première fléchette de tranquillisant, qui devait la préparer avant l'injection finale" a précisé froidement M. Fran Hackett, le porte-parole de l'Aquarium.
Triste fin pour ce Seigneur des Glaces, que l'on euthanasie comme un chien quand il a cessé de servir...
Selon le directeur de l'Aquarium, de toutes façons, les bélougas en liberté dépassent rarement l'âge de trente ans.
"A l'âge de 34 ans " ose affirmer cet homme que l'on supposerait tout de même mieux informé, "Kathy était donc très vieille ! C'était aussi un animal étonnant, l'ambassadrice de son espèce !".
L'affirmation est surprenante, sachant que selon le Smithsonian Institute, les bélougas peuvent vivre cinquante ans et plus, comme tous les cétacés de grande taille.
Kathy était née dans les eaux septentrionales du Canada.
En 1969, elle fut enlevée à sa famille à l'âge d'un an, au terme d'une opération de capture hautement traumatisante et sauvage pour rejoindre dès 1970 le grand aquarium de Brooklyn, à New York.
Malgré les conditions de détention atroces que cette malheureuse a du endurer pendant 32 années consécutives, elle n'en a pas moins réussi à survivre et même à donner naissance à deux enfants : la petite Nyci, qui fut le premier bébé bélouga capable de survivre plus de quelques jours en captivité et mourut à l'âge de 8 semaines, et puis Casey, qui vécut 8 ans.
En avril 2004, l'Aquarium ne possède donc plus qu'un dernier bélouga, désormais solitaire : il s'agit de Marina, âgée de 20 ans, dont on se demande ce qu'elle deviendra dans son bocal de plexiglas...
Quant aux derniers dauphins de ce Zoo de Brooklyn, l'un est mort de mort "mystérieuse" et l'autre a été expédiée dans un parc en Floride le printemps dernier.
Infos reçues via Réseau Cétacés et Taffy L Williams.
En savoir plus
Bélouga : fiche technique
http://animaldiversity.ummz.umich.edu/accounts/delphinapterus/d._leucas$narrative.html
Les
bélougas du saint laurent
http://ww2.mcgill.ca/biology/undergra/c465a/biodiver/2000/beluga-whale/beluga-whale.htm
Le drame des bélougas captifs
http://www.captiveanimals.org/aquarium/beluga.htm
Les
bélougas captifs de marneland canada
http://www.zoocheck.com/programs/marine/mland/MLbeluga.shtml
Apprentissage
d'un langage parlé chez le bélouga captif
http://schmoo.zoology.ubc.ca/~adpeters/Zoo502/Drafts/Vergara.pdf