30 juin 2011
Le piège de la naïade des glaces :
calmer deux bélugas dans le piège des dresseurs !
La plongeuse russe Natalia Avseenko a récemment plongé dans une eau à -1,5 °C pour interagir avec des bélugas «sauvages».
Ce dernier terme est en réalité bien inadéquat, lorsque l’on sait à quel niveau se situe l’intelligence de ces grands cétacés, dotés de langages, de cultures et d’une vie sociale d’une formidable complexité.
En dépit de leur disparition progressive, due à l’excès de captures pour les parcs d’attractions aquatiques, à la chasse dite « traditionnelle » relancée auprès des jeunes générations d’Inuit nourris au
Hamburger à l’instigation des industriels japonais de la chair de baleine, mais surtout au réchauffement climatique qui détruit leur environnement, de nombreuses «sociétés bélougas », composés parfois de milliers d’individus, subsistent encore aujourd'hui dans leur milieu naturel au large du cercle polaire et jusqu’au Canada.
Rien ne dit qu’une fois dûment protégés, ces cousins du narval ne puissent progressivement s’adapter à un monde sans glace, comme nous le prouve par ailleurs l’usage qu'en font les militaires américains ou russes dans toutes les mers du monde.
Avant cet essai extraordinaire, nul ne pouvait prédire la réaction des bélugas.
En général, ces animaux craignent l’homme – on les comprend - et peuvent protéger leur famille de façon musclée.
La plupart du temps, néanmoins, ce sont des êtres doux, gentils et surtout curieux des choses nouvelles, appréciant par exemple que le Dr Belkovich leur passe le dessin animé « Gaspar le petit fantôme » par le biais d’une télévision immergée.
En ce froid mardi du 14 juin 2011, les bélugas n’ont donc pas manqué de faire bon accueil à la ravissante Natalia Avseenko.
Pendant plus de dix minutes, la championne du monde d'apnée âgée de 36 ans a nagé dans les flots glacials de l'océan Arctique ( - 1,5 degré centigrade !), un exploit qu'elle doit à la pratique intensive du Yoga.
De fait, c'est grâce à des exercices de respiration méditative (Prânayâma) issus de cette science millénaire qu'elle a appris à « sceller » son souffle et à réguler sa température corporelle.
Le contrôle de la respiration constitue, rappelons-le, le quatrième des huit paliers de l’Ashtanga-Yoga, selon le système de
Patanjali.
Utilisé par la plupart des apnéistes, il permet de fixer une grande quantité d’oxygène dans les globules rouges du sang, à la manière des cétacés.
Le Pranayâma suit directement les «postures» bien connues (Asânas) et précède le "contrôle des sens" (Pratyâhara), lequel permet de rassembler vers le centre du soi les sensations physiques et de garder l’esprit calme et silencieux, libre de toute angoisse de noyade.
Suivent la concentration, puis la méditation et enfin, "l'enstase" ou Samâdhi.
Sans de tels outils, une personne inexpérimentée et nue de surcroît, ne pourrait guère survivre plus de quatre ou cinq minutes (même avec des bonbonnes) dans des eaux aussi froides.
Natalia, elle, est à même de retenir son souffle dans une mer inférieure à zéro degré centigrade durant… dix minutes et quarante secondes !
Cet exploit nous valut dès lors le ravissant spectacle d’une belle sirène dénudée ondulant aux côtés des cétacés amusés.
Sa tenue d'Eve se justifiait par le fait que les cétacés ne supportent pas le contact et l'écho que leur sonar renvoie des fibres synthétiques des combinaisons de plongée.
Ce que la presse s'est bien gardé de vous dire, néanmoins, c’est que le but ultime de cette démonstration visait essentiellement à "apprivoiser" mais surtout à calmer deux bélugas d’ores et déjà prisonniers, avec d’autres cétacés, dans un enclos marin établi dans la région de Murmansk Oblast, à l’extrême nord-est de la Russie.
C'est là que, non loin des rivages, se tient une succursale du sinistre holding "Utrish Dophinarium".
Les baleines blanches, isolées de leur groupe y sont d’abord «cassés» et dressés avant d’être
revendues dans tous les delphinariums du monde, où leur espèce ne fait pas long feu.
Comme quoi, sous l'apparence de merveilleuses images, se cache une vérité bien plus sinistre...

Pour en savoir plus :
Retour Belougas
Belougas à St Petersburg
Retour dauphins russes