Les Bélugas captifs et la préservation de l'espèce
Naluark , l'étalon
24/10/2011
Un béluga mâle vient d'être amené par avion depuis le Mystic Aquarium de Chigaco jusqu'au John G. Shedd Aquarium.
Naluark, 2.100 livres, 13 pieds de long, est déjà le père de trois enfants.
Son transfert au départ de l'Illinois vise à ce qu'il s'accouple avec l'une des deux femelles prisonnières au Connecticut.
Le voyage s'est opéré à l'aide de deux camions successifs puis d'un vol en avion, à l'intérieur duquel Naluark a été suspendu dans un conteneur rempli d'eau adapté à sa taille.
Il a rejoint aujourd'hui Keela et Naku dans le bassin "Côte Arctique" du Mystic Aquarium.
Celles-ci ont été choisies prioritairement par l'Association des Zoos et Aquariums pour l'élevage de bélugas captifs, du fait qu'aucune d'entre elles n'a encore n'a encore enfanté.
Keela est née en 1981.
Si elle n'a jamais donné naissance à un bébé, en revanche, elle eut le triste privilège d'être la première femelle béuga sur laquelle l'insémination artificielle fut expérimentée en 2005.
Naku, pour sa part, n'a pas subi ce traitement. Elle est donc encore vierge.
A leur côtés se trouvaient déjà Juno un mâle de dix ans., prêté par le SeaWolrd d'Orlando en janvier 2010, également dans le cadre d'un programme de reproduction, apparemment infructueux. Face à l'énorme Naluark, né en 1986, le petit Juno risque bien de devenir le souffre-douleur du bassin.
Pour rappel, les bélugas de l'aquarium de Chicago disposent de trois piscines interconnectées, agrémentées
de rochers, de courants d'eau glacée et d'un décor végétal imitant celui des régions polaires. Cet établissement se vante bien entendu d'exhiber ses baleines blanches dans les plus vastes bassins de tous les Etats-Unis .
On ne s'étonnera pas qu'outre les shows habituels, l'aquarium propose également des "contacts" avec les bélugas ainsi que des simulations de dressage, très appréciées par le public.
Ce qu'on omet de dire, en revanche, c'est que ces quatre cétacés ont tous été capturés en mer dans des conditions effroyables puis séparés à jamais de leur famille et de leurs amis.
On regrettera l'acharnement avec lequel
tant le parc marin du Connecticut que celui de Chicago essayent de préserver l'espèce en milieu artificiel, alors qu'il suffirait de protéger davantage les derniers lieux sauvages où vivent encore les bélougas, soumis tout à la fois à pression des "chasses traditionnelles" et à l'appétit du gain des grands delphinariums.
Certes, le brutal changement climatique actuel menacent gravement leur habitat polaire. Mais l'on sait, pour en avoir vu nager
un dans le Bosphore (il s'agissait d'un béluga militaire déserteur) ou pour les voir endurer le soleil égyptien, qu'ils peuvent malgré tout supporter d'autres températures que glaciales.
Le tout est de les laisser s'y habituer progressivement et nul doute qu'en deux ou trois générations à peine, leur peau d'un blanc de neige deviendra progressivement plus jaune, comme celle des anciens de leurs tribus. On peut rêver.
Mais pour certains, le choix est clair : il faut laisser crever la nature sauvage, car
elle est gratuite et ne rapporte rien à court terme, et multiplier au contraire la détention d'espèces menacées au zoo et en delphinariums, en vue de les domestiquer, de les priver de toute culture et de les rendre aussi lucratifs que possible !
Voir : menaces sur les bélugas

Cette démarche a un prix : depuis son ouverture, le Mystic Aquarium a déjà perdu six de ses bélugas, parmi lesquels Inouk en février 2010.
Ceci pour des raisons aussi diverses qu'exotiques : gastroentérite, rupture d'anévrisme , septicémie, ulcération gastrique ou choc anaphylactique (réaction allergique brutale, due à la chute des défenses immunitaires).
L'eau des bassins ne doit pas être très saine mais le stress, au contraire, semble extrêmement intense... .
Quant au
Shedd Aquarium, outre ses dauphins du Pacifique manifestement capturés au Japon, il atteint un score supérieur, mais en moins de temps que l'aquarium de Chicago : huit bélougas morts en moins de dix ans !
La palme revient cependant au Seaworld de San Diego, exportateur de Juno, avec ses dix-sept cadavres de baleines blanches enterrées près de son enceinte, parmi les innombrables dépouilles d'orques et de dauphins qui encombrent ses pelouses.
Est-ce bien cela que l'on appelle la "protection de l'espèce"
?

Pour rappel, la naissance de Tiqa, le bébé de Qila, à l'Aquarium de Vancouver, fut acclamée par toute la presse en extase en juillet 2008. Pas de chance ! Le 9 septembre 2011, l'enfant, lors d'un accouchement déjà difficile, mourait de pneumonie. Bizarre pour un béluga, pourtant habitué aux coups de froid.... C'était le troisième bélouga né captif à mourir à Vancouver.

Nunavik, né en 2009 au Shedd Aquarium
des oeuvres de Naluark et de Puiji.
est aujourd'hui orphelin :
Ce 28 octobre 2011, sa maman Puji est morte à 25 ans d'une brutale "infection d'origine inconnue"(sic) !