2006
OCEANOGRAFICO DE VALENCES
LES BELOUGAS NE VONT PAS BIEN !

Depuis desannées, ce malheureux Kairo attend - quoi ?- devant sa grille. BELUGAS EN CAUTIVERIO EN EL OCEANOGRÁFICO DE VALENCIA

Il y a trois ans...

Depuis trois ans, Kairo reste planté devant cette grille. Photo Copyright Caroline Vasik Julllet 2006

Aujourd'hui, juillet 2006 : un filet pour empêcher les visiteurs de jeter leurs mégots de cigarettes.
Mais des oiseaux morts gisent au fond d'un bassin qui pue. Pourtant, au même moment ,
au même endroit, les esclavagistes vont se réunir à Valences
pour gérer la détention de bélougas domestiques

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3/11/2006
Naissance d'un bébé bélouga à Valences

 

Ils y sont arrivés ! Un malheureux avorton blême a réussi à naître dans l'environnement sinistre et délétère de l'Aquarium géant de Valences.

A l'instar de la petite Lingga, de  May-Tegu ou de milliers d'autres bébés-animaux formatés pour l'exhibition et le spectacle, sa vie n'aura plus rien à voir avec celle des derniers vrais bélougas.

La forme de cette espèce sera préservée, sans doute, et son génome, mais sa culture, ses savoirs, son rapport au monde et à la conscience, tout cela sera lettre morte pour cet enfant né en prison.

Aux mêmes erreurs, les mêmes conséquences : vouloir à toute force faire se reproduire des animaux sauvages dépressifs dans un bocal ou dans une cage sans tenir compte de leurs besoins éthologiques réels ne peut que conduire à l'échec.

Yulka , "l'heureuse maman bélouga" de Valences, a été mise enceinte beaucoup trop tôt (8ans !) et toute seule, sans que sa mère, sa tante et ses amies aient jamais pu lui apprendre comment on prend soin d'un enfant.

Elle se montre dès lors en toute logique, bien incapable de nourrir son bébé. Son lait se tarit peu à peu, malgré les efforts de ses "soigneurs" pour le lui pomper de force avec un tire-lait et l'on peut craindre que le premier bébé bélouga né de manière "naturelle" en bassin en Europe ne tarde pas à s'éteindre d'ici peu.

Pour l'instant (fin novembre 2006), l'acharnement thérapeutique bat son plein à grands frais autour de ce malheureux enfant, qui n'a pas encore reçu de nom. 

Et si on utilisait plutôt tout cet argent et cette publicité pour aider les derniers vrais bélougas vivant encore libres dans nos mers polluées ?
Et si la Fédération de Russie cessait de capturer ces malheureux pour les vendre aux Chinois ou au Japonais ?

On peut rêver.
Mais hélas, "The show must go on" et tout est bon pour y parvenir... 
 

fin novembre 2006 : le bébé est mort

bélougas : un nouveau créneau commercial !

 

Les bélougas vivent normalement au sein de vastes sociétés de plusieurs centaines d'individus dans les eaux glacées de l'Arctique, qu'ils parcourent en tous sens sur des milliers de kilomètres. En captivité, par contre, leur univers confiné se réduit à quelques mètres cubes d'eau de mer chimiquement reconstituée. Ils y développent forcément des comportements stéréotypés tel que nager en rond ou « faire des huit» sans fin...

Ces créatures du pôle souffrent donc, comme tous les autres cétacés captifs, du manque absolu de stimulations environnementales et de l'écho des murs de béton qui renvoient leurs pauvres vocalisations de prisonniers solitaires.

Si la capture des bélougas est interdite au Canada depuis plusieurs années, il faut se souvenir qu'entre 1960 et 1990, plus de 64 bélougas ont été capturés dans les eaux canadiennes afin de participer à des shows commerciaux. En 1998, 50% d'entre ces captifs étaient déjà morts.

La Russie, par contre, s'autorise encore à capturer près de 1270 bélougas par an (chiffres 2005) dans ses eaux territoriales, tant pour la boucherie que pour le spectacle.
On sait aussi que les parcs marins sont libres d'importer ces «animaux » à partir d'autres établissements de loisirs.

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A l'aube de 4 juillet 2003, deux exemplaires de baleines blanches ou Bélougas (Delphinapterus leucas) sont arrivés ainsi, comme une sorte de cadeau, dans l'enceinte du prestigieux Océanografico de Valence, l'un des plus grands delphinariums du monde.

Il s'agissait de Kairo, un mâle âgé d'environ 16 ans, long de 4 mètres et lourd de ses 817 kilos.
Une jeune femelle du nom de Yulka, âgée de huit ans, l'accompagnait, mesurant pour sa part 3, 43 mètres de long et pesant 491 kilos. Ces deux malheureux cétacés provenaient de l'Aquarium Mar del Plata en Argentine.

Le mâle bélouga y avait été déporté à partir de Moscou, en date du 8 juin 1998. Il avait servi auparavant durant quelques années dans un Centre de Recherches Militaires, au prix de Dieu sait quelles souffrances...
La jeune femelle était arrivée, quant à elle, en Argentine fin 1999, mais l'histoire ne nous dit pas où ni comment elle a été capturée, ni par quelles épreuves elle a du passer.

Aujourd'hui, nos deux amis sont confinés dans un pavillon nommé "L'Aquarium de l'"Arctique".

Ils vivent là sous une coupole fermée, où le soleil ne pénètre jamais.
Il faut savoir que le mâle et la femelle sont séparés.

Kairo se tient en permanence devant l'entrée, à gauche, il flotte face à la paroi.
Sa caudale ne bouge pas, si ce n'est lors de rares instants, et il passe ainsi ses jours et ses nuits, sans fin, depuis des mois.
Le fait évident que ce malheureux souffre d'une grave dépression n'est pas reconnu par la direction de l'Oceanografico, ni par l'association
Delphus, laquelle n'a pas assez de louanges pour vanter avec passion les mérites de ce parc marin.

Il suffit pourtant de regarder les vidéos..

La petite Yulka, bien plus jeune, se montre encore à la fois joueuse et curieuse de tout et ne nage pas encore en cercle, comme c'est le cas chez les animaux de zoo devenus fous. Au contraire, elle va et vient dans son enclos, pénétrant parfois sous la voûte de la "grotte" et en ressortant à nouveau. Son petit bassin ne lui donne guère plus de possibilités...

Malgré le tumulte assourdissant provoqué par les millions de visiteurs qui défilent au pas de charge dans ce local clos et mitraillent avec leurs appareils photo la femelle bélouga, celle-ci pousse de temps en temps des cris déchirants, comme des pleurs de détresse.
Ravi, le public y répond à chaque fois avec de grands rires et des applaudissements. Quand la petite bélouga tente alors de leur faire comprendre qu'ils l'ennuient en leur envoyant de grandes giclées d'eau à coups de caudale, les gens rient plus fort encore !

C'est dans ce contexte lamentable que l'Oceanográfico prétend pourtant développer un projet de recherche bioacoustique, lequel aurait pour but d'étudier les échanges vocaux de ces deux bélougas. Ce type de recherche devrait, paraît-il, contribuer à l'amélioration du bien-être de ces "animaux" en captivité et au-delà, aider à la préservation des populations libres de baleines blanches.

Selon Francisco Torner, cette ligne de recherche, à laquelle prendra part également l'Université de Valence, est un "scoop" au niveau international, car peu de delphinariums sont capables de la développer, et que les conclusions que l'on tirera de ces travaux risquent d'être importantes.

Ces deux bélougas font donc l'objet d'études sur le "langage".
On enregistre leurs vocalisations, on leur jette un ballon et l'on voit s'ils émettent alors un son nouveau.

Bref, on les prend pour des crétins !
Il faut revenir
aux études menées en milieu naturel, notamment par Vladimir Belkovichpour se rendre compte à quel point il est scandaleux d'oser prétendre que le vrai langage des bélougas puisse être étudié dans de telles conditions.

Notons que 19 dauphins survivent également dans les «piscines de taille olympiques» de l'Oceanografico (dixit l'association Delphus) mais on ne connaît ni leur nom ni leur histoire ni moins encore leur origine précise. On pense que certains d'entre eux auraient été capturés directement dans les eaux cubaines.

Ce sont là des informations qui, de manière générale,ne figurent pas sur les sites des delphinariums et que les responsables de ces lieux de contention ne livrent que sous la contrainte de l'opinion publique...

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Lire aussi :

BELUGAS EN CAUTIVERIO EN EL OCEANOGRÁFICO DE VALENCIA

Lire nos dossiers a propos de Valence

Cétacés captifs en espagne

ADDA

Les Cultures Bélougas

Et pendant ce temps-là, Spooky amuse les foules aux USA (vidéo CBS)


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