Birma l’éléphante qui ne voulait pas quitter Maubeuge

Birma était seule mais s’est battue pour ne pas quitter sa prison

 Birma l’éléphante qui ne voulait pas quitter Maubeuge

 

25 janvier 2006 

Près de 15 personnes ont du se mobiliser pour déplacer Birma, une jeune éléphante de 21 ans capturée en Birmanie en 1984, depuis le Zoo de Maubeuge (Nord de la France) jusqu’au Zoo de Chester (Nord de l’Angleterre)  dans le cadre d’un «échange européen de pachydermes».
Jusqu’au dernier moment, Birma s’est accrochée aux barreaux de sa cage, ultime bastion de sécurité concevable pour cette petite éléphante solitaire et psychologiquement brisée dont il est difficile de connaître l’origine exacte.

Birma, déportée à Maubeuge en 1988, a été arrachée de force de sa prison puis traînée en marche arrière avec des chaînes pour la forcer à entrer dans un conteneur obscur, lequel fut soulevé ensuite par une grue pour être amené sur un bateau battant pavillon néerlandais.

Elle va donc rencontrer d’ici peu les neuf autres éléphants du Zoo de Chester, parmi lesquels un mâle, bien sûr. Puisque telle est la mission des zoos : faire se reproduire des éléphants comme du bétail.

Un vétérinaire et un soigneur du zoo de Maubeuge resteront sur place à ses côtés pendant une semaine, le temps que Birma s’acclimate peu à peu-  on le souhaite ! – à son nouvel environnement.Voilà qui est en soi une bonne nouvelle.

Pour cette jeune éléphante qui n’a que trop longtemps souffert de son isolement, l’insertion au sein d’un véritable groupe social ne manquera pas de constituer un vrai bonheur. A l’instar des dauphins ou des grands singes, ou même des Humains en prison, on sait que les proboscidiens souffrent atrocement de la solitude et de l’absence de contacts sociaux, au point de s’en laisser mourir ou de devenir fou.

On aura de bonnes raisons, en revanche, de s’inquiéter du sort de Daisy et Dina, les éléphantes du Zoo d’Anvers qui seront pour leur part déportée à Maubeuge.
Même si leur enclos actuel est totalement obsolète (pas d’eau, pas de sable, aucune occupation et un groupe social réduit à son minimum absolu), tout laisse croire que leur situation sera à peine meilleure à Maubeuge en avril 2005 qu’à Anvers aujourd’hui. 

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Dumbo, Daisy et Dina. Dumbo est aujourd’hui à Planclendael. Photo YG

L’enfermement des animaux ne s’y fait pas en effet de manière optimale, si l’on en juge par l’enclos du tigre ou du lion. En outre, Daisy et Dina n’y seront toujours que deux, ce qui ne constitue pas un groupe social digne de ce nom chez les éléphants.

Et l’on se souviendra hélas, d’un précédent transfert qui s’est soldé par la mort atroce et prématurée de l’éléphante Bombay et jette un doute sur la capacité des zoos français à prendre soin des pachydermes.

Daisy et Dina. Photo YG

Rappelons enfin, pour l’anecdote, que deux éléphants en provenance du Zoo de Chester se trouvent d’ores et déjà au Parc animalier de Bellewaerde (Flandres), dûment dressés par Alan Roocroft, un spécialiste de San Diego, qui traîne derrière lui une sinistre réputation de tortionnaire d’’éléphants…

Alan Roocroft s’est en effet rendu tristement célèbre vers 1993 auprès du public lorsqu’on apprit qu’il utilisait des méthodes disciplinaires excessivement violentes pour dresser l’éléphante africaine Dunda au Wild Animal Park de San Diego.
Les gardiens du zoo ont reconnu que sur son ordre, Dunda avait été enchaînée par chacune de ses pattes, puis tirée à terre, couchée sur le sol et frappée à la tête à coups de manches de hache.
Ces tortures se sont poursuivies durant une longue période de temps.

Roocroft continue cependant à défendre de type de dressage musclé à l’égard des éléphants rétifs, si l’on en croit son propre livre «Managing Elephants» où il raconte ses expériences.

L’actuel « soigneur » des éléphants de Bellewaerde – qui a sans doute sévi en bien d’autres zoos d’Europe – n’hésite
pas à affirmer que « lorsqu’il faut administrer une punition à un éléphant, celle-ci doit être assez puissante et faire usage de coups porté à l’aide d’un outil lourd afin que la douleur soit bien ressentie. C’est pourquoi la manipulation des éléphants demande la présence d’une équipe importante de huit à dix personnes pour pouvoir surmonter la force de l’éléphant lui-même ».

Bonne chance donc aux éléphants de Bellewaerde.

 


2017

Birma toujours vivante au Touroparc Romanèche !

Après un  bref séjour au zoo de Chester, où les choses se sont très mal passées entre Brima et le reste du troupeau, Birma a encore été déplacée !  Elle se trouverait aujourd’hui avec une « ancienne » d’Amiens, l’éléphante Laxmi au Touroparc Romanèche.

Birma et Lakshmi au Touroparc


Jana et Praya, les éléphantes du Zoo d’Amiens


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