Bruges, le plus grand delphinarium
du Monde, vraiment ?
http://www.dhnet.be/dhjournal/archives_det.phtml?id=834214
Un article du journal très populaire en Belgique, la Dernière Heure, prêterait à sourire s'il ne s'agissait pas, manifestement, d'une publirédaction masquée.
L'auteur de cet inénarrable article n'a pas du visiter beaucoup de delphinariums ni s'informer longuement sur la réglementation belge et européenne, ou sur les derniers "couacs" affectant la Commission pour le bien être des dauphins à Brugge, laquelle est d'ailleurs mort-née, comme pas mal de jeunes dauphins captifs.
Tout de même, une bonne nouvelle : il y a ENFIN un vétérinaire à demeure.
Nos débats - à 99% néerlandophones - de la première et seule séance de cette commission plombée a donc porté UN fruit. Un seul. Mais pour le reste, pas de lagon, pas de lumière, aucun frais vraiment investi pour soulager la captivité des dauphins encore vivants de ce parc géré par une multinationale espagnole.
Résumons : on apprend donc, sous la plume de l'enthousiaste Philippe Boudart que le delphinarium de Bruges est le plus grand du monde. Ah bon ?
Faux : celui de Valences le dépasse largement en termes d'espace et de profondeur et ne parlons pas de celui de Dubaï.
Ce qui n'empêche pas les bélougas d'y crever de désespoir ni les importations "secrètes" de dauphins frais de se succéder au nez et à la barbe de la CITES, via le Portugal et les pays africains, Sénégal ou Guinée Bissau, notamment.On y apprend aussi que la loi a changé et que désormais plus aucun delphinarium ne pourra plus être ouvert en Belgique.
Faux : Non seulement la fameuse "proposition de résolution de loi" déclamé par Thierry Giet, député fédéral et chef de groupe PS à la Chambre, à l’issue du vote intervenu en séance plénière (jeudi 23 juin vers 23h00), n'a jamais été mise en application, mais en plus, elle a disparu de tout site belge officiel, y compris de celui de Gaia !
Ô Politique, quand tu nous tiens...
La détention des animaux dans les zoos et les delphinarium restent donc toujours soumises à la loi de 1998, réservant des conditions de vie scandaleusement minimalistes aux animaux captifs et faisant mine d'ignorer que les delphinariums ne sont en rien des zoos, mais bien des cirques aquatiques, des parcs d'attractions et des centres d'élevage destinés à l'exportation.
En outre, selon les normes européennes relatives à la libre circulation des biens et des services, et les delphinariums étant des entreprises commerciales comme les autres, la "pseudo-loi Giet" était de toutes façons sans valeur.N'importe quel opérateur, style Aspro Ocio ou Compagnie des Alpes, pourrait venir installer un bassin plein coeur des Ardennes, à supposer qu'il respecte la loi belge de 1998.
Valencia
* On apprend par ailleurs que des efforts pédagogiques ont été faits, tant pour les petits aveugles que pour les membres de Handicap International et de Dream4kids. Parfait ! On est heureux pour eux !
Tous ces pauvres gosses apprendront donc qu'un dauphin est fait pour sauter dans un cerceau et obéir au coup de sifflet. Et qu'il sourit tout le temps. Et que ces yeux pétillent. Excellente leçon pédagogique, qui leur prouvera que, comme le dit la Bible ou le Coran, l'Homme est maître de toutes les créatures de la Terre, et qu'il leur fait faire ce qu'il veut quand il veut !
Il suffit pourtant d'assister à TOUS les shows sur une seule journée (6 en moyenne, si vous avez la patience de subir ces spectacles répétitifs), de voir le seau plein de fragments de poissons mors bourré de vitamines et d'antidépresseurs posé au pied des dresseurs afin de récompenser chaque " scène", pour comprendre que ce "bonheur" apparent des dauphins n'est tissé que de faim programmée et d'un ennui insondable.
Même les dresseurs, dont nous ne contesterons pas qu'ils prennent le plus grand soin de leurs détenus, doivent parfois s'emmerder sec, à refaire sans cesse les mêmes gestes, à entendre le même discours vociféré par les baffles vociférants ! Mais cela, personne ne le dira aux bambins, visiteurs d'un jour.
Poissons bourrés de médicament avant le shows. Antibes
Priorité aux Humains, comme toujours !
Qui se soucie d'ailleurs de savoir ce que ressentent les ENFANTS cétacés, tels Duke, Milo, Halyn, ou tant d'autres qui meurent avant dix ans lorsqu'on les arrache à leur mère et à leur fratrie, à des fins d'obscures transactions entre parcs d'attractions ?
Après tout, selon la vision néo-libérale de la Dernière Heure, ce ne sont que là que des "animaux" comme des vaches des porcs ou des vers de terre. Qui s'abaisserait, parmi ces jolis messieurs en costard et cravates qui jouent en Bourse ou ces Flamingants autistiques, à essayer de comprendre q'un dauphin libre, autant qu'une baleine vivante, un bélouga ou une orque en pleine forme, ces sommets de la chaîne alimentaire marine, permettent à l'Océan de survivre et nous assurent donc notre propre survie ?
Un film - quatre fois en flamand, deux fois en français, Dank u, beste vrienden van de Vlaamse Belang and de NV-A - est sensé les informer sur les dauphins "du dehors", ceux qui nagent encore en mer libre.
Là, c'est un bon point, sauf que lorsque les enfants (s'ils ne sont pas aveugles) abaissent leur regard, ils ne voient que de pauvres avortons nés captifs et les derniers pauvres "fondateurs" capturés en mer telles Roxanne ou Puck, dont la vie a été brisée, la culture foulée aux pieds, les besoins les plus élémentaires niés, les relations sociales et affectives pulvérisées par d'incessants transferts.
Quelle contradiction ! Les "vrais" dauphins sont des captifs, ceux en image sont en liberté, comme s'il s'agissait d'une fiction, à la manière des tyrannosaures de Jurassic Park....
Car ce qu'il apparaît dans l'article publi-rédactionnel enthousiaste et vibrant de M. Boudart, c'est qu'une fois de plus, tout a été fait pour séduire le public, en associant d'ailleurs les shows de dauphins à un tas d'autres attractions amusantes, roller-coaster ou manèges, destinées aux enfants !
Mais qui a tenu compte des dauphins eux-mêmes, ces êtres dotés de conscience, d'intelligence, de vie sociale et affective ?
Pourquoi la Dernière Heure n'a-t-elle pas consacré une foutue ligne à la mort du petit Milo, à peine âgé de neuf ans, privé de sa mère et de son petit frère ? Pourquoi n'a-t-elle pas raconté le supplice de Linda, capturée en mer, arrachée à sa mère, à ses meilleures amies d'enfance ainsi qu'à ses compagnons de cellule, après vingt ans passés auprès d'eux, pour se retrouver déportée en Italie dans un paquebot de métal avec dernier son fils Mateo, abandonnant son premier né Milo ?
Pourquoi le mystérieux suicide de Tex, le père de tous ces "nés captifs" présents à Brugge in Vlaanderen n'est-il évoqué nulle part sur le site du quotidien, pas plus que les circonstances de sa capture au Texas ?Parce que les delphinariums, c'est du fric, du pognon, du bénéfice immédiat qui ne tient aucun compte des générations à venir.
Et que dans ce Monde Néo-capitaliste en voie de décomposition environnementale suicidaire avancée au sein duquel nous sommes contraints de vivre, le Fric est une valeur plus sacrée que toute autre, autrement plus puissante que toute conviction idéologique, religieuse ou éthique, Droits de l'Homme y compris.
Geld über alles ! Langes Leben an den Gefängnissen für Wasserrinnen !
Linda, Béa, Matéo. Trios dauphins prisonniers à Gênes, Italie, loin de toutes leurs attaches.
Mais ils sourient bien sûr ! C'est physiologique, chez eux... Rien à voir avec leur humeur.Rappelons que toute la responsabilité de ces enfermements revient au Gouvernement flamand