Cachalot : intelligence, vie sociale et langages

Cachalot :
intelligence, vie sociale et langages


Pourquoi les cétacés sont aussi des personnes

Les cachalots s’interpellent par leur nom !

Comment une maman cachalot apprend à son enfant à tuer des calamars géants

Nations et langages chez les cachalots

Le plus grand cerveau du monde

La langue codée des cachalots

Le cachalot a-t-il fait la preuve de son intelligence ?

Cachalots voleurs de morues en Alaska

Cachalot ambassadeur

Pour en savoir plus

Dialogues de cachalots

Les cétacés usent de vrais langages

La chasse du cachalot !


Septembre 2015
Une nouvelle étude confirme  que les jeunes cachalots parlent le langage des plus anciens
par le biais d’un apprentissage culturel

Pod of Sperm Whales off Sri Lanka

Pod of Sperm Whales off Sri Lanka


 L’intelligence du cachalot

Les cétacés ont un cerveau complexe pour une cognition qui ne l’est pas moins !

Chaque cachalot porte un nom


La vie quotidienne d’un Cachalot à l’île Maurice

Les créatures abyssales peuplent le quotidien du cachalot

De toute la puissance de ses larges poumons, «Le Terrible» ( // / //// / // en dialecte cachalot), un mâle sexagénaire, respire vite, très vite, gorgeant son sang d’’oxygène et d’azote. Semblable jusqu’’alors à une bûche de dix-huit mètres de long flottant à la surface des eaux sous les rayons du Dieu Soleil, il bascule d’’un seul coup, son gigantesque crâne carré orienté vers les fonds et sa caudale immense se déployant sur le ciel.

Il plonge. Poumons vides, il chute à la verticale, droit vers son terrain de chasse.
Peu à peu, la lumière d’’en haut s’’atténue. Il fait de plus en plus froid. La nuit devient totale. La faune marine se
modifie. A son approche, certains poissons ouvrent désormais des mâchoires hérissées de crocs pointus, d’’autres font jaillir des feux d’’artifice bioluminescents, d’’autres encore allument comme des lanternes des photophores éblouissants suspendus devant leurs gueules démesurées.
Lentement, défilent autour de lui des guirlandes translucides et brillantes comme des sapins de Noël, composées de milliers d’’étranges créatures associées en perles de collier.

De très loin, // / //// / // perçoit encore les «codas» – si semblables aux signes du Code Morse – émis par ses fidèles «bachelors», compagnons de route depuis l’’enfance, mais aussi les rires et les bavardages de sa petite tribu de femelles et d’’enfants, qu’il vient de rejoindre depuis les pôles glacés du Nord jusqu’’aux flots tièdes de l’’île Maurice, et qui s’’amuse parmi les vagues.

Mais «Le Terrible» est à l’’affût. D’autres questions agitent son formidable cerveau, dont la puissance de calcul dépasse d’’au moins cinq fois celle d’’un petit singe humain. De façon lente et régulière, il pulse des clicks à large spectre, scannant de son sonar les fonds benthiques qui se rapprochent. Il cherche une proie, car il a faim.

La plongée en apnée jusqu’à 3.000 mètres peut durer plus de 2 heures

Puis brusquement, l’’Autre apparaît.
C’est un calamar immense, dont les tentacules longs d’’une centaine de mètres s’’agitent dans le sable du plancher océanique, sous la pression d’’enfer de trois kilomètres d’’eau qui lisse sa peau ridée. Un monstre. Une créature au corps rouge sang qui le rend invisible, un Kraken que Jules Vernes lui-même n’’aurait imaginé dans ses plus horribles cauchemars.

// / //// / // se couche sur le sol nu, peuplé d’improbables méduses et de crabes gris sur lesquels tombent sans fin les flocons de la neige abyssale. Sa victime l’a repéré. Le cachalot glisse vers elle. Et soudain, Il fait feu, tirant une fois,
deux fois, une salve de clicks explosifs que le calamar encaisse comme autant de balles de mitrailleuse.
Le céphalopode tente de riposter. Il jette sur le cétacé un premier bras sans fin grêlé de ventouses, puis deux puis huit, afin de le traîner vers son bec acéré, de le mordre et de le tuer.

Trop près. Trop tard. Une nouvelle salve ultrasonore assomme le terrifiant Architeuthis et pulvérise ses centres cérébraux.
Le monstre frémit une dernière fois de tout de son corps interminable puis meurt. Dès lors, toujours en apnée depuis plus de trois quart d’heures, le vieux cachalot suce le corps flasque et gélatineux de sa proie et l’’avale tout entier.

L’’air commence à manquer. // / //// / // remonte en direction de la surface, sans se soucier des paliers de décompression.
Telle une bombe, iI jaillit hors des vagues chargées d’’embrun, soufflant le gaz carbonique engrangé dans ses veines puis pompant l’air marin avec force de son évent latéral.

Une belle proie ! Deux de ses compagnons de route remontent à leur tour, à plusieurs kilomètres de distance. Eux aussi ont fait une chasse fructueuse. Attentif, il écoute leurs récits, leur répond, usant du dialecte propre à leur Clan puis il rejoint ses femmes et ses enfants, son dos encore souillé de restes de tentacules. Ils dansent, ils jouent, font des rondes, se parlent et se caressent. Ils s’’aiment. Ils sont heureux.
«Le Terrible» se repose enfin, digérant les trois cent kilos de viande qu’’il vient d’’ingurgiter.
Demain, il plongera à nouveau. Juste un jour ordinaire pour un cachalot, simple Terrien parmi les Terriens.

Chaque année, diverses nations baleinières (Japon, Islande, etc.) persistent néanmoins à chasser illégalement ce paisible Géant des Mers, malgré le fait que son espèce, de plus en plus indispensable à la biodiversité marine – vu la croissance exponentielle des céphalopodes et des méduses géantes directement liée aux changements climatiques et à la surpêche – ait été amenée au bord du gouffre de l’extinction totale durant les siècles derniers au terme d’un véritable génocide.

Une bonne nouvelle pour conclure : les Cachalots ne sont (pour l’’instant) plus chassés dans les Mascareignes depuis 1979 et sont «théoriquement» protégés par la Commission Baleinière Internationale depuis 1986. Tout l’’Océan indien constitue donc pour eux un Sanctuaire inviolable malgré certaines pressions de bouchers japonais…. Jusques à quand ?


 

Merci à Nicolas Rainer d’avoir publié mon article dans son remarquable supplément au journal le plus lu de toute l’île Maurice (L’Express).
Les cachalots ont plus que jamais besoin de supporters ! Massacrés depuis des siècles et aujourd’hui encore, leur formidable intelligence leur a néanmoins permis de survivre en s’adaptant aux pires situations. Mais combien de temps tiendront-ils encore, ces stupéfiants « éléphants des mers » au cerveau gigantesque ?

YG

Cétacés de l’océan indien : nouveau rapport WDCS

L’Océan Indien :  sanctuaire pour les derniers cétacés libreS….en 2008

Retour sommaire


 

Nations et langages chez les cachalots


Paroles de cachalots

Aujourd’hui, la preuve vient d’être faite que certaines espèces de cétacés peuvent s’exprimer en divers dialectes selon les régions du monde qu’elles habitent. Cette découverte ne manque pas de conforter, bien évidemment, l’hypothèse que ces animaux, tout comme les humains, disposeraient de plusieurs nationalités et de plusieurs cultures s’étendant sur d’immenses territoires marins.

Une nouvelle étude canadienne démontre en tous cas que si un cachalot isolé voyage couramment sur de très vastes distances et rencontre à cette occasion d’autres individus de la même espèce mais s’exprimant en un autre dialecte, il ne formera néanmoins de liens sociaux forts qu’avec ceux qui partagent sa propre culture.

« Nous avons pris l’habitude de croire que le comportement des animaux non-humains est déterminé par leurs gènes et par les conditions de vie de l’endroit où ils sont nés, et nullement par une quelconque  » culture « , rappelle le professeur Hal Whitehead, biologiste à l’Université de Dalhousie. « Ce que nous avons découvert contredit cette idée : les cachalots appartiennent à des « clans vocaux » qui présentent nombre de parallèles avec les groupes linguistiques que l’on trouve chez l’homme « 

Jusqu’à présent, l’équipe de Hal Whitehead a déjà découvert l’existence d’au moins six groupes distincts : l’un résidant dans les Caraïbes et cinq autres dans le Pacifique sud, les territoires de ces derniers se chevauchant par ailleurs.

L’une de ces nations semble occuper un espace compris entre l’Est du Pacifique sud et la Nouvelle-Zélande, alors qu’une autre existe seulement aux alentours des îles Tonga.

L’équipe de l’Université de Dalhousie navigue dans ces régions du Pacifique sud depuis 1985, enregistrant avec soin les vocalisations des cachalots à l’aide de microphones. L’indice principal prouvant qu’il existe bien différents groupes culturels est le fait que les cachalots parlent de manières distinctes.

Les cachalots plongent à des profondeurs impressionnantes afin d’aller chasser le calmar. Puis ils reviennent en surface pour se reposer et socialisent par groupe de deux douzaines d’individus qui bavardent entre eux.  Ainsi, les membres d’un clan vivant non loin des îles Galapagos s’expriment verbalement à l’aide d’une longue série de déclics régulièrement espacés.  Ceux appartenant à un groupe voisin utilisent une toute autre série de clicks, assortie cette fois d’une petite syncope à la fin de la phrase.  Un troisième groupe, enfin, communique à l’aide d’explosions sonores beaucoup plus courtes, et ainsi de suite…

Les cétacés parlent entre eux au sein de ces clans. Mais il semble que les groupes qui n’utilisent pas le même dialecte évitent de se mélanger et de socialiser. Peut-on dire que cette étude sur les cultures cétacéennes met à mal notre distinction traditionnelle entre l’animal et l’homme ?

« Je le pense » affirme Luc Rendell, un doctorant de l’Université de Dalhousie qui a participé à cette enquête. « Nos résultats suscitent des discussions plutôt chaudes parmi des scientifiques, on s’en doute car nous pensons les cétacés se débrouillent pour survivre essentiellement grâce à leurs acquis culturels. La chose la plus impressionnante est la taille importante de ces entités sociales, de ces clans linguistiques : nous n’en avons sans doute trouvé que cinq sur toute l’étendue du Pacifique Sud mais il faut bien se rendre compte que nous parlons ici de près de 100.000 cétacés, soit une bonne dizaine de milliers d’animaux pour chaque clan » ajoute le chercheur,
qui précise « Cela signifie qu’une même culture a été transmise d’une génération à l’autre par des milliers d’animaux vivant à des centaines de kilomètres l’un de l’autre et qui ne se rencontreront peut-être jamais. Dans le même temps, des cachalots utilisant des dialectes différents partagent parfois les mêmes zones du même océan mais n’interagissent jamais ensemble ».

Les chercheurs sont évidemment très prudents lorsqu’il s’agit de désigner ces différents groups de sons sous le terme « langage « , puisqu’ils ignorent encore s’il existe ou non l’équivalent d’une grammaire ou d’un vocabulaire au sein de ces modes d’expression.

Génétiquement, il n’y a aucune différence significative entre ces différents groupes de cachalots. Ceux-ci vivent partout dans les océans, là où se trouvent des failles profondes et les chercheurs qui les observent découvriraient sans doute d’autres groups dialectaux s’ils poursuivaient leur travail sur l’ensemble des océans de la planète, dans l’Océan Atlantique ou dans le Pacifique Nord, notamment.

Par ailleurs, certains indices laissent à penser que les cétacés peuvent parfaitement apprendre la culture et les dialectes d’un autre groupe que le leur. Il y a de cela quelques années, des scientifiques ont ainsi pu constater que des baleines à bosse, qui avaient émigré de l’ouest à l’est de l’Australie ont rapidement enseigné aux baleines présentes sur place à chanter d’une nouvelle manière.
« Cela a du leur faire l’effet d’une révolution culturelle «  conclut Luc Rendell, dont l’étude vient d’être publiée par le journal scientifique anglais « The Proceedings of the Royal Society »

Traduit de « Whale culture: Distinct dialects » by  Tom Spears.
Ottawa Citizen Saturday, December 21, 2002
CREDIT: Chris Bangs, Associated Press

Lire aussi :
Les cachalots s’interpellent par leur nom !


 

Cachalot :
le plus grand cerveau du Monde

Cliché d'après "Smarter than man ? Intelligence in whales, dolphins and Humans" by Fichelius and Sjolander 1974

Cliché d’après « Smarter than man ? Intelligence in whales, dolphins and Humans » by Fichelius and Sjolander 1974

 

Cerveau et vie sociale

Le cerveau d’un cachalot est d’environ 60% supérieur en masse absolue à celui d’un éléphant.
D’un poids moyen de 8, 2 kilos pour un corps de 15 mètres, l’encéphale sphérique du cachalot est proportionnellement plus lourd que celui de tous les autres cétacés. Il est aussi le plus complexe : son cortex frontal est plus riche en circonvolutions, en scissures et en « gyrus » divers que celui de n’importe quel autre mammifère au monde, en ce compris l’être humain ! 

Un cerveau d’une telle taille ne s’explique pas aisément : le requin baleine, qui est énorme, se contente d’un cerveau de poussin. Quant à la chauve-souris, tout aussi habile que le cachalot en matière d’écholocation, son crâne est gros comme une noisette. Rien n’indique que cet organe ait à traiter les données acoustiques de manière singulière. Les zones sensorielles sont relativement réduites en regard des zones associatives situées sur l’avant et les côtés du crâne et dévolues, comme chez l’homme, au langage et à la réflexion.

De l’aveu même du biologiste A.A. Bezin, affecté aux autopsies sur les baleiniers russes «le cerveau du cachalot est tel que l’on peut dire de cet animal qu’il pense et qu’il est capable de faire preuve de hautes capacités cognitives».

Pourtant, la vie quotidienne du cachalot paraît simple et ne semble guère exiger de compétences cognitives exceptionnelles. La nourriture abonde encore dans l’océan et, à l’exception de l’homme et de certaines orques voyageuses, le cachalot ne connaît pas d’ennemi.

Eduqué par sa mère et son clan féminin au sein de petites crèches bien protégées, le jeune cachalot fait l’objet de soins tendres et attentifs. Vers 15 ans, à la puberté, les juvéniles de sexe mâle quittent le giron maternel.

Tandis que les femelles restent groupées par familles sur la ligne d’Equateur, eux remontent en bandes vers le Nord ou le Sud, au gré de leur fantaisie et au prix de nombreux risques.
Ils y séjournent durant quelques années, le temps d’acquérir la taille et le poids qui feront d’eux des adultes, c’est à dire à l’âge de …35 ans puis s’en retournent vers les tropiques. Ils y retrouvent leur famille puis s’en vont en visiter d’autres, lutinant au passage de jeunes femelles exogamiques.

Pour quelques uns d’entre eux, les plus énormes, les plus vieux, les retours se font pourtant toujours plus brefs, plus rares et bientôt, ils demeurent à jamais dans ces retraites polaires, achevant leur vie centenaire sous les glaces des banquises…
Que peuvent faire là-bas ces « polar bulls », durant ces décennies de solitude absolue dans la nuit boréale ? A quoi occupent-ils donc leur temps ? Dorment-ils ? Méditent-ils ? Nul ne le sait.

En fait, on sait peu de chose des cachalots.
Les premières études sur le terrain n’ont commencé qu’avec Hal Whitehead, il y a de cela quelques années.
Jusqu’ici, les études se fondaient uniquement sur les autopsies menées à l’occasion des échouages et sur les rapports insoutenables des scientifiques présent sur les baleiniers. Ces anecdotes ne livrent qu’un aspect de la vie des cachalots mais elles attestent à coup sûr de dévouement, du courage, de la formidable « humanité » des ces géants des mers.

Si le cachalot est un être bon, doux avec ses semblables et soucieux de les aider, il peut aussi se montrer féroce.
Seul parmi les autres cétacés, il n’hésite pas à attaquer l’homme pour défendre les siens.
Le cas était fréquent lors des grandes chasses du 19ième siècle, où des Moby Dick furieux venaient rageusement heurter du front les coques en bois de baleiniers et achevaient les matelots en les assommant à coups de queue. Aujourd’hui, bien sûr, une telle bravoure est inutile face aux harpons explosifs et aux coques en acier.

Hal Whitehead, bien entendu, ne tue pas ses sujets d’étude. Il navigue sur un petit voilier, il les observe et il les enregistre. C’est qu’à l’instar du dauphin, le cachalot parle, lui aussi. Il s’exprime en une langue qui ressemble à Code Morse.
Les clicks très réguliers ne servent qu’à l’écholocation tandis que les plus explosifs ne sont utilisés que pour assommer les proies. Mais lorsqu’il salue l’un de ses congénères ou lui transmet une information, le cachalot émet ses clicks de manière différente.

Ceux-ci s’alternent alors en séquences – longues, brève, distantes, rapprochées – qui font sens et dont le bruit peut rappeler le son d’une trompette, d’une porte qui claque, d’une foule qui applaudit ou d’une mitrailleuse qui crépite ! On l’entend de tout en bas, sous mille mètres de fond, échangeant, saluant, désignant certaines choses à l’aide de certaines phrases et selon certains dialectes régionaux, mais personne à ce jour n’a encore compris toutes les nuances de ce type de communication.

Le cachalot danse, également : en groupe près de la surface, son corps rigide dessine des figures lentes en forme de rosace, il s’inverse, se place en oblique, ne laisse paraître que son museau, bref, il crée de la sorte tout un alphabet d’attitudes insolites, dont là encore, le sens qui nous échappe.

Enfin, certains baleiniers racontent que lorsqu’un cachalot est touché à mort par un harpon, il se redresse toujours une dernière fois hors de l’eau vers le ciel et qu’il fait face au soleil, toujours, avant de rendre son dernier souffle…

En fait, tout nous échappe de la vie du cachalot.
L’essentiel de son temps, il le passe dans un autre monde, aussi étrange pour nous qu’une autre planète, là où l’homme ne va pas, où il ne peut pas survivre et où seul, de temps en temps, un bathyscaphe caparaçonné d’acier ose descendre.
Dans la nuit de Abysses…

Le monde des ténèbres

Les grands fonds sont le plancher de cette planète. C’est un monde plat et pâle, parfois fendu de fosses, territoire continu, infini, identique, partout inchangé depuis l’aube des temps et où survivent encore des espèces vieilles de plusieurs millions d’années.

Dans la nuit des grands fonds, il fait froid, l’eau y est très salée, les courants infiniment faibles, l’obscurité totale, la pression effroyable, plusieurs centaines de fois celle que nous supportons à l’air libre.
Les animaux se déplacent peu dans cette glu d’encre : puisqu’ils ne disposent que de peu d’oxygène, ils économisent
leurs mouvements et ne chassent qu’à l’affût.
La plupart d’entre eux ont des allures de monstres : mâchoires démesurées hérissées de crocs pointus, corps luminescents qui se dilatent autour de leur proie, photophores éblouissants suspendus devant la gueule, guirlandes translucides insensées qui dérivent avec lenteur…

La faune la plus commune y est de petite taille, mais selon les rares chercheurs qui se sont aventurés si bas, des créatures géantes y pulluleraient, qu’ils ont entraperçu sous forme d’ombres immenses.

Le calmar géant Archytheutis y a ses aises, en tous cas. On a découvert sur le corps de certains cachalots ses tentacules interminables – plus de 100 mètres parfois –attestant de féroces combats menés au fond de la nuit.
Existe-t-il encore d’autres monstres de la sorte ?
Les nouveaux engins d’exploration sous-marine nous le diront bientôt.

Le cachalot ne craint pas ces conditions inouïes ni ces titans de l’infra-monde.
Lorsqu’il descend sous 2.000 mètres, voire 3.000 – gardant son souffle pour plus d’une heure ! – sa peau ordinairement fripé se tend comme celle d’un tambour. Il coule au plus profond et se couche, pense-t-on, pour guetter sa proie et l’avaler d’une seule succion.
Son système d’écholocation lui permet de voir dans les ténèbres mais pas les pieuvres, justement, dont la masse molle est perméable au sonar et donc invisible. Comment fait-il pour les attraper ? On ne le sait pas encore.

Pour lui, ces Abysses ne sont pas seulement un terrain de chasse giboyeux  mais c’est aussi son monde, son univers le plus familier, le lieu où il passe le plus clair de son temps, entre 500 et 1000 mètres pour les chasses ordinaires.
On peut imaginer que la conjonction d’une telle réalité vécue avec la puissance de calcul d’un cerveau géant ne peut rester sans conséquences.  Quel est le «monde mental » d’une créature aussi puissamment armée de neurones dans un milieu aussi exotique, aussi suprêmement étranger à celui que nous connaissons ?

Quel usage y fait-elle de son cortex phénoménal, de son rhinencéphale capable d’abriter la mémoire de l’ordinateur Big Blue, de son langage codé ? Quelles pensées inouïes, quels concepts, quelles intuitions inaccessibles à notre compréhension, ces structures cérébrales surdéveloppées produisent-elles ? Ont-elles gardé le souvenir des temps anciens, des légendes de cette ère Tertiaire où nous n’étions encore que de petits singes proconsuls ?

Pour la science actuelle, rappelons-le, et selon la récente théorie des cordes, nous vivons tous au sein d’un monde doté de onze dimensions, mais notre perception n’accède qu’à quatre d’entre elles, à savoir trois d’espace et une de temps. Notre vision du monde est donc incomplète : c’est celle d’une race faite pour la forêt, munie d’une bonne vision des couleurs et du relief, mais affligés, par exemple, d’une audition bien inférieure à celle des cétacés. Il en est sans doute de même aux niveau des compétences cognitives supérieures.

Ainsi, un chat comprend mal pourquoi son maître passe tant de temps assis devant l’ordinateur ou un livre à la main. Pour lui, ces comportements n’ont aucun sens et il trouve bien ennuyeux que les humains se livrent à de tels passe-temps.
Pourquoi ? Parce que son cerveau est nettement plus petit que le nôtre, nettement moins riches en circonvolutions et en structures associatives. Outillé de cette manière, le chat ne saurait concevoir des notions telles que l’écriture ou l’informatique.

De la même manière, on peut supposer que devant ce corps énorme immobile à fleur d’eau, devant ce léviathan paisible et paresseux qui ne fait rien apparemment d’autre que nager, manger et se reproduire, nous autres humains, ultimes surgeons dans la course à l’intelligence, nous ne puissions jamais comprendre les profondeurs abyssales de la «Conscience Cachalot».

Retour sommaire


Le cachalot a-t-il déjà fait la preuve
de son intelligence ?

Un texte extrait de l’ouvrage « Smarter than man ? »
(« Plus intelligent que l’homme ? »)
de Karl-Erik Fichtelius and Sverre Sjolander
Publié chez Random House, Ballantine books, New York, 1974

« Nous ne possédons aucune preuve définitive de ce que le cachalot soit intelligent au sens où nous l’entendons.
En fait, notre connaissance des cétacés est très incomplète. Tout ce que nous pouvons faire à ce stade, c’est rapporter une anecdote étonnante concernant le comportement des cachalots, comportement que l’on peut qualifier d’intelligent, à supposer qu’une telle chose soit possible.

Dans son ouvrage « La Croisière du Cachalot », publiée en 1897, Frank T. Bullen raconte un incident survenu à la fin du dix-neuvième siècle. L’observation a été faite à partir d’un baleinier qui rentrait d’une longue expédition.
Tout le navire était couvert par les carcasses des cachalots harponnés puis tirés hors de l’eau. La chasse avait été manifestement fructueuse et plus aucune autre prise n’était envisageable. Il n’y aurait plus eu de place pour cela.

« C’est alors qu’une troupe de cachalots a commencé à s’ébattre autour du bateau, apparemment consciente du fait qu’aucune chasse n’était plus à craindre de notre part «  écrit Bullen, qui précise que l’équipage tout entier fut témoin de cette scène mystérieuse.

« Toute la troupe fit cercle autour du navire puis se mit à exécuter les plus étranges mouvements que l’on puisse imaginer. C’était comme si une impulsion commune les habitait tous en même temps.

Les cachalots dressèrent leurs têtes carrées au-dessus de la surface et demeurèrent un long moment dans cette position. Solennellement, leurs corps montaient et descendaient, dans un mouvement de va et vient vertical continu, semblables à d’énormes rocs noirs mobiles et dotés de vie au milieu des vaguelettes éclaboussées de soleil.

Tout à coup, avec un ensemble parfait, les cachalots inversèrent leur position.
Leurs immenses caudales s’élevèrent alors en direction du ciel, agitées simultanément d’un même mouvement rythmique, comme autant de machines synchronisées l’une à l’autre.

Leur calme était parfait et chaque mouvement de ces grands mammifères put être longuement observé par chacun.
Parfois, un cétacé passait si près des flancs du bateau que nous pouvions voir de quelle manière sa mâchoire inférieure, généralement invisible, s’articulait à la tête ».

Ce spectacle, qui dut être en effet une expérience fantastique, se prolongea plus d’une heure, jusqu’à ce que tous les animaux disparaissent brusquement d’un seul coup, comme sur commande.

Le récit de Bullen a eu lieu en 1897, à une époque où les êtres humains massacraient déjà les cétacés depuis plus deux siècles.
On peut dès lors se demander pourquoi les cachalots ont réservés cette prestation surprenante à un baleinier qui rentrait au port chargé de son lot de victimes.
Sans nul doute, les cétacés se rendaient certainement compte de la présence du bateau. Au-delà de ce fait, il existe peut-être une explication qui peut rendre compte de leur comportement sans faire appel à l’intelligence, mais pour notre part, nous ne la connaissons pas.

En revanche, si l’on part de l’hypothèse que le cachalot est un être intelligent doué de raison et de sens social, nous pouvons mieux concevoir le sens de cet étrange comportement.
Il est possible que, d’une façon ou d’une autre, les cétacés aient compris que cette fois, ils ne seraient pas attaquées ou du moins, que ce danger était moindre.

Ils ont pris le risque d’offrir aux humains un spectacle gratuit et ceci dans le but d’attirer leur attention sur le fait que les cachalots n’étaient pas des poissons ordinaires et stupides, mais bien des créatures hors du commun, privées certes de ces mains qui créent les harpons, mais dotées d’autres qualités, comme celle d’être capable de coopérer de manière parfaite.

Le futur nous apprendra si cette explication n’est pas trop imaginative… à moins que ce ne soit le récit même de Bullen, qui aurait inventé cette scène.  On pourrait aussi se demander si le comportement curieux des cachalots qui se regroupent en étoile, ainsi qu’on a pu l’observer plusieurs fois, ne relève pas du même registre d’explications ».

Un texte extrait de l’ouvrage « Smarter than man ? »
(« Plus malin que l’homme ? »)
de Karl-Erik Fichtelius and Sverre Sjolander
Publié chez Random House, Ballantine books, New York, 1974

Merci à Gauthier Chapelle de me l’avoir fait connaître.

Retour sommaire


Le Langage des cachalots

Texte traduit de l’ouvrage
« Sperm Whales »
de Jonathan Gordon
aux éditions World Life Library Scotland 2001

« Les clicks de cachalots ne semblent pas être très directionnels, en ce sens qu’ils ne sont pas semblables à ceux des dauphins, qui sont produits selon un faisceau directionnel, un peu comme une lampe de poche acoustique.

Lorsque le cachalot observe un objet qui se trouve en surface, un bateau ou un nageur par exemple, alors il émet lui aussi des faisceaux de clicks rapides dans une direction précise. Ceux-ci ressemblent plutôt à des grincements, mais il est probable que ces grincements puissent être directionnels aussi.

Il semble en fait que les cachalots disposent de deux modes d’écholocation.
Les clicks non-directionnels, produits de manière lente et régulière, constituent un système d’écholocation omnidirectionnel, de longue portée et d’acuité basse, destiné à la navigation et découvrir la présence d’objets de grande taille au sein des vastes espaces tridimensionnels où le cachalot trouve sa nourriture.

Les trains de clicks rapides et directionnels, semblables donc à des grincements, constituent au contraire un système écholocatif d’acuité haute et de portée courte, émis sous forme de rayon et nettement plus semblables aux clicks des dauphins et orques.

Les cachalots communiquent également en utilisant leurs clicks.
Au niveau le plus fondamental, pouvoir entendre d’autres baleines émettre de tels sons cliqués sur une distance de plusieurs miles permet de maintenir la cohésion du groupe et à ses membres d’échanger des informations sur la nourriture disponible.

Les cachalots émettent aussi clics selon des modes très caractéristiques et stéréotypés, que l’on appelle « codas ». 

De telles séquences semblent adaptées à la communication directe entre individus. On les entend le plus souvent lorsque des groupes de cachalots se rassemblent en surface pour quelque temps, afin de se reposer et de socialiser entre eux. Les codas varient selon le nombre de clicks émis et leur mode de distribution.

On peut les considérer comme une sorte de code morse. Si à cet égard, les codas représentent une forme de langage simple, nous sommes cependant bien loin d’en comprendre le sens. Quelques études nous ont livré des aperçus fascinants sur cette forme de langage.
Par exemple, il semble bien que la structure des codas suivent un certain nombre de règles.
L’intervalle entre deux clicks au sein d’un même coda peut être soit normal soit long, c’est à dire d’une durée double de la normale.

Certains types de coda paraissent très populaires mais même ces codas d’usage fréquent varient d’une population à l’autre.
Aux Galapagos, par exemple, le coda à cinq clicks (///// ou //// /) prévaut, alors que dans les Açores, c’est le coda de type régulier qui est le plus commun (/ / / / /).
En Mer des Caraïbes, le coda habituel est composé de deux clicks à longs intervalles puis de trois, de type normal (/ / ///).
Au large du Sri Lanka, par contre, c’est la structure (// /)qui l’emporte. Curieusement, il n’existe apparemment qu’un seul type de coda dans toute la Méditerranée, de type (/// /) : c’est le seul en tous cas qui ait été enregistré.

Les codas prennent souvent la forme d’échanges entre les membres d’un groupe de cachalots.
Parfois, les cétacés se répondent avec le même coda, parfois avec un coda différent.
Les recherches menées aux Galapagos ont montré que ces échanges pouvaient être très structurés. Certains codas, tel
le coda à cinq-clicks, par exemple, tendent à être utilisés pour démarrer un dialogue, alors que les codas à huit clicks sont émis à la suite des codas à sept clicks mais rarement le contraire.

Les cachalots pourraient donc disposer d’une forme sophistiquée de communication vocale, au sein de laquelle l’information est véhiculée par le nombre et le type d’organisation des clicks. La plupart des autres mammifères communiquent vocalement en modifiant leurs appels sonores, mais le cachalot est le seul à utiliser un système aussi peu commun. Pourquoi ?

L’environnement océanique dans lequel les cachalots doivent échanger leurs massages est très réverbérant et peut distordre les signaux acoustiques jusqu’à ce que leur sens soit perdu.
Les codas, pour leur part s’assimilent à une forme simple de communication numérique et sont de ce fait beaucoup moins susceptible de distorsion. Ils conviennent donc parfaitement pour échanger des informations complexes sur de longues distances dans un environnement difficile.

Les « clangs » sont l’un des sons parmi les plus impressionnants que les cachalots peuvent émettre.
Il s’agit d’un bruit extrêmement fort qui annonce généralement l’arrivée d’un mâle âgé rendant visite à un groupe de femelles.

Ces clics tonitruants et qui résonnent au loin sont émis selon un rythme très lent, à raison d’un son toutes les cinq secondes.
Ils retentissent sous les eaux de manière si puissante qu’il ne peut s’agit là que d’une forme de manifestation de puissance destinée à impressionner les femelles et à mettre en garde les autres mâles.

Tous ces clics sont produits à l’intérieur de l’énorme tête du cachalot.
Cette structure démesurée se compose de deux grands corps adipeux et contient également un réseau des conduits aériens. Le passage nasal gauche est constitué par un large tube droit que le cachalot utilise pour respirer. Ce tube va directement de l’évent aux poumons.

Le passage nasal droit rejoint le tube nasal gauche juste au-dessous de l’évent et va vers les poumons lui aussi, mais selon un chemin moins direct. Il s’aplatit et se boursouflé en poche en divers endroits pour former des sacs aériens.
Ces sacs servent notamment de réflecteurs ou  » miroirs  » sonores, du fait de l’air qu’il contienne. Les plus importants d’entre eux sont le sac frontal qui s’étend sur l’avant du crâne en forme de parabole et le sac distal, très en l’avant de la tête. Juste derrière le sac distal, le tube nasal droit traverse une valvule puissamment musclée qui ressemble à un museau de singe, d’où son nom. On pense que c’est là que sont produits les clicks.

Texte traduit de l’ouvrage
« Sperm Whales »
de Jonathan Gordon,
aux éditions World Life Library Scotland 2001

Lire aussi :
Sperm whales share patterned clicks to communicate

Retour sommaire


Février 2004

CACHALOTS VOLEURS DE MORUE
Une nouvelle forme d’adaptation à la présence humaine

La morue charbonnière

La morue charbonnière

Les cachalots ont le plus gros cerveau du monde et on leur reconnaît une vive intelligence.

Ceux qui vivent dans le Golfe de l’Alaska viennent d’en fournir une nouvelle preuve en laissant des pêcheurs humains faire tout le travail pour eux au moment des repas.
Ils démontrent ainsi que, loin d’être des animaux d’un autre âge incapables d’évoluer comme le sont hélas le koala, le panda ou même l’éléphant d’Afrique, les cachalots sont au contraire capables de s’adapter rapidement aux modifications de leur environnement et à la présence envahissante de l’Homme sur tous les océans.

Après avoir fait l’objet d’un formidable génocide baleinier qui a failli décimer la totalité de ces bons géants marins et magré les chasses sporadiques qui se poursuivent aujourd’hui – les Japonais chassent ENCORE le cachalot ! – cette espèce courageuse est parvenue à remonter la pente et à regarnir peu à peu ses effectifs.

Aujourd’hui, les cachalots sont à nouveau « relativement » nombreux et souvent, on les retrouve massés dans les lieux où on les protège et où se pratique le whale-watching.
Reste à savoir à présent s’ils pourront résister à des ennemis pires encore que les féroces baleiniers, à savoir: la pollution chimique et sonore des eaux des océans, un autre fléau d’origine humaine…

Des chercheurs enquêtent aujourd’hui sur un phénomène que les pêcheurs locaux soupçonnent depuis longtemps, à savoir que les cachalots seraient capables de décrocher de leurs hameçons attachés à une longue ligne de pêche, ces morues charbonnières (« sable fish » ou « black cod » en anglais) dont ils font un festin.

Personne ne comprend non plus pourquoi les cachalots, ces grands mangeurs de calamars, se sont intéressés aux morues charbonnières, dont la chair grasse, huileuse, est devenu un produit d’importation important sur le marché japonais.

Biologistes et pêcheurs commerciaux se sont donc associés sous l’égide du North Pacific Research Board et grâce à un financement de 200.00 dollars, ceci afin d’en savoir plus.

« Nous ne voulons pas que les pêcheurs perdent de l’argent », a expliqué M. Jan Straley,  un spécialiste des cétacés chargé de mener les recherches dans le Golfe « mais ce comportement provoque aussi une certaine perte en termes biologiques, car nous ignorons combien de ces poissons sont  ainsi dérobés. Mon premier intérêt est d’ordre scientifique, j’aimerais comprendre comment les cachalots s’y prennent ! « .

Pour récolter la morue charbonnière, les pêcheurs immergent une ligne longue de deux miles (1 mile = 1,609 km ) avec des hameçons munis d’appâts tous les 3 à 6 pieds (1 pied = 30,48 cm).
L’extrémité de chacune de ces lignes est ancrée dans le fond marin le long du plateau continental, tandis que l’autre bout est attaché à une bouée en surface. Au terme de 8 à 12 heures, on remonte la ligne et avec elle, souvent, plusieurs centaines de poissons gras.

Durant ces dernières décennies, certains cachalots du Golfe ont observé le manège.
Ils ont apparemment compris que les pêcheurs allaient rechercher de la nourriture depuis les grands fonds jusqu’à la surface et appris comment décrocher délicatement de leur hameçon des morues de 20 à 30 pouces de long (1 pouce = 2,54 cm).
Pas mal pour des créatures de 35 tonnes nettement plus grandes qu’un autobus !
Leurs prélèvements ne sont pas d’ailleurs minces : c’est près de 20 à 25 % de la prise globale qui est perdue pour les pêcheurs.

Les cachalots trouvent leurs proies grâce à leur audition extraordinaire.
Ils percoivent leur environnement par le moyen de leurs clicks écholocatoires. Cela ne les empêche pas, cependant, de s’empêtrer parfois dans les dispositifs de pêche ou de s’y blesser gravement, selon les témoignages de pêcheurs et de biologistes marins.

Les découvertes de Straley et de ses associés suggèrent que les cachalots mâles patrouillent le bord du plateau continental, où les fonds descendent de 1.200 à 3.000 pieds (1 pied = 30,48 cm), dans l’attente des bateaux de pêche.
Ils les accompagnent aussi quelquefois à distance, relevant la tête hors de l’eau de temps en temps et observant les navires de leurs yeux gros comme des ballons.

« C’est sûr qu’ils reconnaissent le bruit des moteurs quand les navires s’approchent  et que les lignes se déroulent.
C’est un peu comme la cloche du dîner pour eux ! » a conclut Linda Behnken, la directrice de l’association des
pêcheurs de l’Alaska Longline, qui coordonne l’étude. « Chacun sait que ces baleines sont futées et là, elles le prouvent !  » a-t-elle ajouté.

D’après une dépêche de l’agence Reuters et d’un article du Daily-News Miner (Anchorage, Alaska )

Retour sommaire

 


 


Bibliographie

Voyage to the Whales

Sperm Whales : Social Evolution in the Ocean

Les Clans des Cachalots

Sperm whales share patterned clicks to communicate

Les informations en français concernant la vie sociale et les cultures des cachalots sont malheureusement extrêmement rares, pour ne pas dire inexistantes.
L’article en français de Wikipédia est truffé d’erreurs et totalement obsolète

Retour sommaire