Pourquoi les delphinariums doivent disparaître |
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Pourquoi les delphinariums doivent disparaître !
A l'origine : le cirque !
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Lorsqu'on
entend les zoos plaider avec fougue la valeur
pédagogique inestimable des delphinariums, il est
piquant de se souvenir de l'origine même de cette
étrange pratique : selon le bref historique donné par
le WDCS, la première tentative de maintenir des
cétacés en captivité a eu lieu en 1860, lorsque P.T.
Barnum a capturé et transporté deux bélougas jusqu'à
New York. Placés dans une piscine d'eau douce
inadéquate, les deux animaux moururent en quelques
jours. |
Le premier à leur apprendre des « tours » fut un certain Cecil M. Walker Jr du Marineland de Floride. Il remarqua qu'un dauphin lui envoyait systématiquement une plume de pélican dans sa direction. Cecil remplaça la plume par un ballon et ajouta à la piscine toutes sortes d'autres objets en caoutchouc, qui remportèrent un franc succès. (Caldwell and Caldwell, 1972a : 14)
Le premier spectacle (show ) de dauphins eut donc lieu avec Flippy, un dauphin Tursiops désigné à l'époque comme «le premier marsouin éduqué».
Ce fut un spécialiste de chez Barnum & Bailey Circus, Adolf Forhn, qui se chargea de son dressage (Hill, 1956 : 181).
Mais il n'y a pas que le public qui s'enflamma pour ces drôles de créatures.
Les scientifiques se pressèrent nombreux dans ce parc marin. Les premières études furent menées sur le comportement des dauphins, notamment par des primatologues du Yerkes Institute. Les expériences les plus bizarres (notamment : delphineau en caoutchouc ou sous forme de cadavre pour tester la capacité des dauphins à sauver des êtres vivants) furent tentées.
Les premières études sérieuses sur le comportement, le sonar et la biologie des Tursiops datent des années 60, dans le contexte de ces delphinariums, où la vie des captifs ne valait pas cher. On en capturait tant qu'on voulait au large.
Notty fut le premier dauphin acquis par la US Navy en 1960 en vue d'étudier ses déplacements et d'améliorer ceux des torpilles.
En 1963, l'organisme militaire Office of Naval Research réunit le premier congrès sur ces questions et finança les recherches de John Lilly. Celui-ci se fit plus tard le chantre de l'intelligence cétacéenne et de leur liberté mais massacra à l'époque sans le moindre scrupule des dizaines de dauphins en les anesthésiant ou en leur plantant des électrodes dans le cerveau à vif.
De l'avis même des auteurs de "Cetacean Societies. Fields studies of dolphins and whales", toute recherche valable a cessé dans les delphinariums à partir des années 70. Ce qui devait être découvert l'avait été, l'influence du dressage fut jugée perturbante et les spécialistes passèrent, dès cette époque, à l'observation des cétacés en mer.
Le feuilleton "Flipper" rendit pourtant les dauphins captifs populaires dans le monde entier et on les exporta en nombre de Floride. Dès 1966, les premiers shows commencèrent en Europe. En d'autres termes, les delphinariums sont donc une attraction de cirque d'origine purement américaine, dont la finalité première est de faire de l'argent en regroupant le plus grand nombre de spectateurs. Cette logique commerciale a conduit à la surenchère que l'on sait, amenant les zoos à capturer des orques, plus grandes et plus impressionnantes encore mais difficiles à garder en vie, dès 1961.
Pour en savoir plus à propos des rapports entre le cirque, les delphinariums et la captivité en général, visiter d'urgence l'excellent site anglais
The Captive Animals Protection Society (CAPS)
Autres références :
Captive Cetaceans: A Handbook for Campaigners
Review of the Scientific Justifications for Maintaining Cetaceans in captivity
LA
CAPTIVITE EST INUTILE

Quelles que soient les conditions
d'accueil que l'on réserve aux cétacés, quels que soient les
efforts déployés pour élargir encore la taille des bassins,
leur enfermement n'en reste pas moins, toujours, et dans tous les
cas, injustifiable éthiquement puisque inutile et cruelle.
Inutile, parce la contrainte et l'enfermement ne sont pas la
bonne manière de comprendre les dauphins.
En termes pédagogiques, le spectacle des delphinariums n'apprend
rien et ne donne des dauphins qu'une image caricaturale,
humiliante et tronquée.
Comme tous les animaux des zoos, ce ne sont plus là que de
tragiques "amputés de la vraie vie", des êtres
coupés de leur environnement, de leur culture et de leurs
proches. .
En termes scientifiques, les recherches menées sur des dauphins
captifs ne sont pas plus justifiables. Ces êtres libres ne nous
fuient pas. Ils sont curieux de nous et collaborent volontiers
s'ils se sentent en sécurité. L'enfermement n'a donc aucun sens
et fournit d'ailleurs de moins bons résultats que les contacts
inter espèces librement consentis.
1. Au plan scientifique
Recherches vétérinaires
Les delphinariums continuent à prétendre qu'ils jouent un rôle
important dans la recherche sur les cétacés.
En fait, lorsqu'on y regarde de plus près et que l'on considère
les études effectivement publiées par ces établissements, on
se rend compte qu'il s'agit principalement de recherches portant
sur le taux de mortalité, les techniques de dressage, les
maladies dues à la captivité ou les adjuvants médicamenteux
indispensables à la survie des individus maintenus de longues
années loin de l'eau de mer et du soleil. L'un des pôles
actuels est la recherche sur le maintien en vie des delphineaux
nés captifs !
Du fait de cet environnement totalement artificiel, même les
autopsies ne sont pas pertinentes, les cadavres de dauphins
captifs étant littéralement imbibés de substances chimiques
qu'on ne trouve pas dans la nature.
Quant aux grandes maladies virales infectieuses qui ravagent
certaines populations de dauphins libres (mobilivirus) , les
delphinariums sont incapables de trouver les moyens de les
prévenir.
Ainsi que le souligne avec insistance le WDCS, des informations de base peuvent sans
doute être obtenues sur la reproduction ou la maturité sexuelle
mais il est dangereux d'appliquer ces découvertes au cas des
dauphins libres, dont les conditions de vie sont tout à fait
différentes.
Le mode d'alimentation atypique des dauphins captifs affectent
sans doute leur courbe de croissance et leur taille adulte. Les
études comportementales sont elles-mêmes de peu de valeur,
puisqu'elles concernent des comportements routiniers,
névrotiques, sous haut contrôle de l'être humain et n'ont donc
que fort peu de rapports avec le comportement réel des dauphins
libres.
Conservation des espèces menacées
Le discours des delphinariums à ce propos est contradictoire :
malgré le fait que les dauphins Tursiops ne soient qu'une
"espèce menacée" et qu'ils relèvent toujours de
l'annexe II de la CITES autorisant leur exploitation commerciale
sous certaines conditions, leur détention est néanmoins
présentée comme une sauvegarde d'une espèce en voie de
disparition, façon panda ou okapi !
L'élevage
en bassin (dolphin
breeding) donne, on le sait, de piètres résultats, avec un taux
impressionnant de fausses couches et de delphineaux morts-nés ou
décédés dans les jours suivant leur naissance. Les zoos
persistent pourtant dans cette pratique, puisque
l'approvisionnement en dauphins libres fraîchement capturés
devient de plus en plus difficile. Rappelons enfin qu'au
regard des lois internationales sur la protection des espèces
menacées, les individus élevés en captivité devraient être
en principe réintroduits dans leur site d'origine. Et ce n'est
évidemment pas le cas de ces delphineaux nés en bassin, qui ne
le quittent que morts.
Certains établissements, comme le delphinarium d'Antibes ou
celui de Harderwijck prétendent enfin mener des recherches en
mer, en vue de la préservation des dauphins sauvages. Ils se
font fort également de recueillir les dauphins échoués, ce qui
n'est pas une bonne idée, puisque la plupart meurent dès qu'on
les place en bassin. Et que les autres, bien entendu, resteront
captifs leur vie durant !
Contacts inter-espèces et psychologie "animale"
Lorsqu'on voit l'importance des découvertes réalisées
par le Kewalo Basin Laboratory ou le Project Delphis, deux centres de recherches travaillant sur des
dauphins captifs, on saurait difficilement nier l'intérêt de
certaines recherches menées en captivité.
Mais il est vrai que ces laboratoires disposent de fonds
importants, que leur verse la US Navy à des fins de recherches
militaires. Ce qui explique également l'excellente santé des
dauphins, constamment stimulés par des expériences neuves et
bénéficiant en outre d'eau de mer naturelle. Aucun autre
delphinarium au monde ne mène cependant de recherches aussi
poussées dans des conditions aussi favorables... bien qu'il
s'agisse toujours d'une privation de liberté.
En outre, les temps changent : on n'écorche plus vivants les
condamnés à mort en vue de recherches anatomiques comme au
temps de la Renaissance et de la même manière, ces premières
approches contraignantes et cruelles fondées sur une captivité
devraient désormais appartenir au passé.
Aujourd'hui que l'éthologie cognitive nous confirme à quel
point les cétacés souffrent du manque de liberté, les mêmes
expériences psychophysiologiques pourraient être parfaitement
menées en milieu naturel, sans contrainte, sans douleur, en
coopération directe avec les sujets d'expérience. Les
résultats obtenus au terme de tels contacts se révèlent sans
doute moins abondants et systématiques que ceux que fournit
l'enfermement mais en revanche, leur contenu, spontané, vivant,
s'avère infiniment plus riche en informations éthocognitives.
Rien n'empêche dès lors d'imaginer que les recherches telles
que celles menées dans les bassins du Project Delphis ne le
soient directement en pleine mer ou le long des côtes ou même
au sein de petites baies abritées où les dauphins
pénétreraient volontairement et qu'ils quitteraient de la même
manière. D'ores et déjà, l'observation des dauphins libres (Voir ici
l'expérience de Wade Doak avec Rampal) représente une source inépuisable de
découvertes et de surprises. L'étude de leurs comportements et
de leur langage hautement sophistiqué n'a commencé que tout
récemment. Nous ne savons presque rien de la plupart des
cétacés.
Par ailleurs, l'apprentissage commun d'une langue intermédiaire
commune (modélisé notamment par le chercheur Wayne-Batteau, le
Projet Janus Bahamas ou les suggestions de Ken Levasseur),
l'investissement scientifique des points de rencontres
interespèces (Shark Bay, Mandurah, Panama City Beach, ainsi que les points de contact avec les dauphins
ambassadeurs, actuellement livrés aux seuls touristes)
permettrait de poursuivre ces investigations de manière plus
poussée encore, c'est à dire en collaboration avec les dauphins
mêmes. Les cétacés sont des êtres conscients, patients, et
souvent ravis de nous rendre service.
Pourquoi les obliger à faire ce qu'ils feraient volontiers sans
qu'on les y contraigne ?
2. Au plan pédagogique
Loin de leur faire découvrir la merveilleuse complexité de la vie cétacéenne, les delphinariums font au contraire croire aux enfants que le dauphin est un "spectacle", un "objet d'amusement", un "animal familier" gentil, serviable et quelque peu enfantin.
Il semblerait incongru qu'on
demande aux chimpanzés du Zoo de rouler à vélo, aux
éléphants de se tenir sur une balle géante ou aux loups de
faire le beau. Pourquoi le demande-t-on aux cétacés ? Parce
qu'ils mourraient d'ennui à rester sans rien faire ?
Parce que leur intelligence est si vive qu'il leur faut bien
s'occuper d'une manière ou d'une autre ? Et qu'autrement il
faudrait les soigner avec des antidépresseurs et des
tranquillisants, comme n'importe quel prisonnier dépressif et
dangereux ?
Dans ce cas, pourquoi ne pas leur proposer plutôt des
occupations à la mesure de leurs véritables capacités
cognitives ?
Pourquoi ne pas entretenir avec eux des relations amicales, des
jeux d'échange et de dialogue qui montrerait au public ce dont
il sont vraiment capables ? (On lira à ce propos les suggestions
très surprenantes de Roger Payne dans son livre "Among
Whales").
Très certainement pour la même raison qu'on ne donne jamais aux
chimpanzés du zoo des journaux illustrés, des poupées pour
jouer ou de poste de télévision : les visiteurs découvriraient
alors avec trop d'évidence notre terrible ressemblance avec ces
êtres pleinement évolués.
Par ailleurs ainsi que le rappelait un célèbre dompteur de
dauphins, Rocky Colombo, le fait que le bassin soit entièrement
vide, nu, dépourvu de tout décor, de tout rocher, de tout
algue, oblige le dauphin à s'intéresser à ce qui se passe
au-dessus de la surface. C'est là un stade difficile à obtenir
au début du dressage : naturellement, cet animal marin prête
davantage attention à ce qui se passe sous l'eau. Pour le
contraindre à faire des shows, quatre ou cinq fois par jour, il
faut donc que le dauphin s'ennuie. C'est une condition
nécessaire à sa docilité.
Dire bonjour avec sa nageoire, hocher la tête comme un humain,
attraper du poisson au vol, tirer un gosse dans une petite
barque, danser au rythme de la disco : toutes les prestations des
dauphins, pourtant tirées à l'origine de leur répertoire
naturel, visent à faire croire qu'ils obéissent avec bonheur,
qu'ils nous imitent, qu'ils n'ont de rêve que de nous ressembler
et de faire aussi bien que nous.
Vision paternaliste mielleuse et anthropocentriste, qui assimile
ces créatures libres et nobles à des toutous aquatiques...

Références
Captive Cetaceans: A Handbook for Campaigners
Review of the Scientific
Justifications for Maintaining Cetaceans in captivity
LA CAPTIVITE EST CRUELLE

De manière générale, on peut poser pour acquise l'impossibilité fondamentale de maintenir en captivité de façon acceptable des mammifères supérieurement intelligents dont la vie cognitive et sociale constituent l'essentiel de la réalité.
Les dauphins, les éléphants et les grands singes, en ce compris les hommes, sont tous des mammifères disposant d'un très haut potentiel cognitif. Leur durée de vie est importante et tous, ils bénéficient d'une enfance extrêmement prolongée, durant laquelle leurs parents se chargent de les éduquer et de leur transmettre leur propre savoir-faire.
Ce sont donc des "êtres de culture", vivant dans ce "troisième monde" (Popper & Eccles.1989) que tissent les inventions mythiques, les règles de filiation, l'identité sociale, le langage, l'émotion, les attachements amicaux durables et des valeurs morales telles que l'altruisme, l'encouragement au don ou le sens du bien commun (F. De Wall 1995).
Dans ce contexte où le regard de l'autre construit et renforce la sensation d'exister, l'isolement est ressenti comme une punition grave. Pour l'homme, l'emprisonnement à vie remplace souvent la peine de mort. Quand cet isolement devient total - en cachot, par exemple, ou en cellule de haute sécurité - les hallucinations surviennent très rapidement, puis la démence complète et la mort par suicide.
La simple observation clinique
nous apprend que les chimpanzés et les dauphins manifestent
exactement les mêmes réactions que nous dans les mêmes
circonstances.
Pour eux aussi, il est inconcevable de vivre loin des leurs, loin
de leur univers social familier mais également deleur
biotope.
Arraché de force à son univers sensoriel familier, un grand
mammifère est aussi démuni que n'importe quel homme enfermé en
cellule. A ce dernier, manquent les bruits de la rue, la musique,
les voitures, les lumières de la ville, le cinéma, les
promenades, les voyages, les paysages variés, les objets de son
quotidien et le gestes de son travail.
Que dire alors du vide atroce que
doit ressentir le dauphin ?
Son audition est surpuissante, sa peau ultrasensible, ses yeux
perçants sous l'eau et dans l'eau, il perçoit même les champs
magnétiques. Autour de lui, quand il vit libre, le grondement
des vagues, le pépiement des poissons, les rumeurs du tonnerre
et de la pluie en surface, la pression des plongées, la nuit des
grands fonds, les tremblements de terre sous-marins, le passage
des navires, les luttes avec les squales, la chasse, la
cueillette des invertébrés sous le sable, toutes les choses de
la vie...
En captivité, rien.
Plus un son naturel. Plus un rayon de soleil. Plus un seul bruit
de vague. Plus une algue et plus un poisson. Des murs, un fond,
des parois vitrées, des coups de sifflet et deux ou trois repas
par jour, et les mêmes gestes tous les jours....

Un insondable désespoir
IV. CONCLUSION et propositions concrètes
A l'heure de l'Effet de serre et
des menaces extrêmes qui pèsent sur la biodiversité, on peut
espérer qu'une conscience écologique globale puisse s'immiscer
peu à peu dans les esprits d'un bout à l'autre du monde, d'une
manière aussi irrépressible et nécessaire que s'imposa
naguère l'idée des Droits de l'Homme.
Un rapport neuf à la nature, de gré ou de force, devra
s'installer au risque de voir disparaître la race humaine
elle-même. Cette évolution ne prendra peut-être sa place que
dans vingt ou trente ans - au terme de quels terribles
cataclysmes ?- mais elle constituera de toutes façons le
prochain pas en avant de notre Humanité.
Le Great Ape Project énonce explicitement le concept de Equality beyond Humanity et c'est bien vers cet élargissement de notre intérêt et de notre compassion aux autres êtres intelligents mais cependant non-humains que nous mènent les recherches actuelles en éthologie cognitive.
En complet porte-à-faux avec ce que nous savons des dauphins aujourd'hui, les shows de delphinarium nous renvoient au contraire vers un mode de pensée digne du dix- neuvième siècle, où l'on couvrait les murs des bungalows de têtes de tigres empaillés et où l'on exhibait des Africains dans les enclos grillagés de l'Exposition Universelle...
Car la problématique de
l'esclavage n'est pas sans point commun avec celle des dauphins
captifs.
Pour les mêmes raisons commerciales, les trafiquants d'esclaves
ont toujours tenté de nier l'humanité de ceux qu'ils
exploitaient.
S'appuyant sur l'infime nuance que représente la couleur des
peaux, l'Occident colonialiste s'est complu à considérer comme
"moins humains" tous ceux qui n'avaient pas la peau
blanche.
Les Indiens disposaient-ils d'une âme ? Pouvait-on chasser
l'aborigène tasmanien comme du simple gibier ?
Les Bushmen devaient-ils être tenus en laisse, en tant que
"chiens pisteurs" ?
Dans tous les cas, il s'agissait bien sûr d'exploiter une
"force de travail" en toute conformité avec la foi
chrétienne ou d'autres valeurs morales. Dès que la révolution
industrielle a rendu inutile l'usage brute de la force humaine,
l'esclavage a disparu et le discours raciste a - au moins
officiellement - suivi le même chemin.
Reste le spécisme, la mieux enracinée de toutes nos illusions,
celle qui nous fait croire que, tout de même, "un animal
n'est qu'un animal". Mais qui sommes-nous nous-mêmes
? De purs esprits ?
Élever ses enfants, les nourrir, se nourrir, allaiter, faire
l'amour, découvrir, explorer, s'informer, apprendre, enseigner
aux autres son savoir, réfléchir, prévoir, supposer, s'amuser,
être triste, douter, être certain, trouver de nouveaux
chemins, maintenir sa position sociale, imposer sa présence,
séduire, vaincre, protéger, attaquer, aider, soutenir,
consoler, avoir faim, avoir peur, être heureux, se sentir seul,
retrouver des amis, se souvenir de son frère, de sa sur,
de sa mère et les rejoindre de temps en temps, rentrer chez soi,
quitter son clan, être aimé, être haï, être accueilli,
toutes ces actions, ces sentiments, ces attitudes naissent
d'évidence des mêmes mouvements émotionnelles et mentaux,
ressentis de la même manière, que l'on soit chimpanzé,
dauphin, éléphant ou humain.
RIEN ne justifie dès lors que l'on traite ces sujets conscients
comme s'ils n'étaient que des objets.
RIEN ne justifie qu'on en fasse commerce comme d'un bien meuble
et qu'on laisse, aujourd'hui encore, ces créatures pensantes aux
mains d'impitoyables gestionnaires de spectacles, de
vétérinaires complices, de trafiquants mafieux et de quelques
aventuriers sans scrupule et sans formation...
Il est temps que ce mensonge cesse et que l'on sache, une fois
pour toutes, que la captivité tue les dauphins et qu'elle les
fait souffrir leur pauvre vie durant...
Il est temps que cette pratique cesse, et d'abord en Europe, afin
de montrer l'exemple au reste de la planète.
Sur base des
éléments d'information qui précédent, nous exigeons
l'interdiction légale et définitive de tous les delphinariums
en Belgique, en Europe, puis dans le reste du monde, pour
les raisons suivantes :
Les cétacés
constituent une espèce animale à part, susceptible de rivaliser
voire même de dépasser l'être humain sur le plan de
l'intelligence et de la conscience morale. Il est important de se
souvenir à cet égard du prodigieux développement de leur
cerveau, plus riche en circonvolutions que le nôtre et de leurs
capacités cognitives et sociales tout à fait hors du commun.
Les cétacés sont avec les humains les seuls animaux à disposer
d'un langage verbal articulé complexe. Pour ces raisons, une
protection et un intérêt particuliers doivent leur être
accordés.
Or, ni au niveau
sanitaire (durée de vie raccourcie, maladies de peau,
sensibilité au chlore, etc. ) ni au niveau des
conditions d'accueil (environnement volontairement
appauvri pour permettre les shows, vie sociale aberrante ou
gravement carencée), les delphinariums ne sont
à même de garantir une vie décente à ces mammifères
marins hautement intelligents et socialisés dont le corps
est spécialement adapté à plonger à des grandes
profondeurs et à nager sur des grandes distances.
Le fait de
détenir de tels mammifères va donc directement à l'encontre
des prescriptions de la Loi du 14 août 1986, modifiée par les
lois du 26 mars 1993 et du 4 mai 1995, relative à la protection
et au bien-être des animaux et dont l'article 4 contient
des dispositions importantes : "Toute
personne qui détient un animal,..., doit prendre les mesures
nécessaires afin de procurer à l'animal une alimentation, des
soins et un logement qui conviennent à sa nature, à ses besoins
physiologiques et éthologiques, à son état de santé et à son
degré de développement, d'adaptation ou de domestication.
"
En outre, du fait de
l'incapacité de ces structures de contention
de "produire" du dauphin né captif de la seconde
génération, les captures en mer sont encore largement
pratiquées, tant au profit des pays européens que dans le
reste du monde. Les dommages éthologiques graves que ces
prélèvements provoquent sont désormais observables en Mer
Noire et dans les Caraïbes.
L'Europe est
considérée comme un référent en termes de
culture, d'humanisme et de démocratie.
A l'heure de l'effet de serre et de la destruction de la
biodiversité, il est grand temps que les pays membres de
l'Union Européens donnent l'exemple en matière de
protection animale et se distancient des normes américaines
(comme ils le font aujourd'hui en termes de gestion durable
des énergies) et qu'ils fassent clairement comprendre au
reste du monde - Asie, USA, Amérique centrale et du Sud -
que les delphinariums ne sont ni des institutions
scientifiques ni des "arches pour espèces en voie
de disparition" mais simplement des établissements de
loisirs cruels et inutiles qu'il importe de faire
disparaître au plus vite.
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Nous
préconisons donc un démantèlement progressif des
structures considérées. Cette phase suppose que les
dauphins actuellement captifs puissent être soit
réhabilités en mer, dans le cas des animaux récemment
capturés, soit déplacés vers de vastes lagons de retraite
ou baies marines, tels que disponibles dans le sud de
l'Europe et closes par un filet, dans le cas des dauphins ou
autres cétacés ayant séjourné trop longtemps en bassin
ou qui y sont nés.
Nous encourageons dans cet esprit la stérilisation de toutes les
femelles Tursiops actuellement captives, afin d'éviter
la perpétuation d'une nouvelle espèce de dauphins
domestiques à la santé fragile et au psychisme dominé par
l'homme, incapable de survivre en milieu naturel.
Nous exigeons la mise en place d'une commission
d'enquête européenne exclusivement dévolue à cette
question, sur le modèle du de la Commission britannique chargée
par le Ministère de l'Environnement d'enquêter en 1985 sur la
pertinence de maintenir des cétacés captifs en
Angleterre.
Nous
réclamons également que l'EAAM fournisse aux autorités
compétentes de la Communauté européenne la liste actualisée
de tous les cétacés captifs présents à ce jour dans
l'espace européen, ainsi que toutes les précisions nécessaires
sur leur origine géographique ou génétique (pour les nés
-captifs) leur état de santé et les conditions dans lesquelles
ils sont accueillis (taille, nombre et volume des bassins) de
captivité. Il exige enfin que soit modifier les règlements
de la CITES et que l'ensemble des cétacés bénéficient de
la protection de l'annexe I, de la CITES, qui interdit tout
commerce de l'animal, même pour des
raisons "scientifiques ou pédagogiques.
|
Références
Captive Cetaceans: A Handbook for Campaigners
Review of the Scientific
Justifications for Maintaining Cetaceans in captivity
Les Arguments des Delphinariums
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1." Nos dauphins sont
heureux, regardez comme ils sourient !" Faux Ils meurent aussi en souriant... 2. "Les
océans sont pollués et dangereux. Ici au moins, dans
leur bassin, ils sont bien à l'abri !" |
3. "Pourquoi
perdre son temps avec des histoires de delphinariums, qui ne
concernent qu'une poignée d'individus, alors que tous les autres
dauphins meurent en mer, qu'il faudrait protéger".
Faux
Aucune association concernée par le sort des dauphins ne
distinguent ces deux combats l'un de l'autre. la captivité n'est
sans doute qu'un facette mineure des mauvais traitements que nous
faisons subir aux cétacés, mais la sauvegarde des individus est
certainement aussi essentielle que celle des populations.
Hésiterait-on à sauver deux enfants birmans des pattes d'un
trafiquants d'enfant, en prétextant qu'il faut d'abord rendre à
toute la Birmanie la liberté et la démocratie ?
4. "Comment
osez-vous faire tant de chambard à propos de ces malheureux
poissons, alors que dans le reste du monde, (au choix)
a. les Droits de l'Homme sont foulés au pied
b. Les enfants tchétchènes, éthiopiens, indiens, etc. meurent
chaque jour par milliers"
Comment ?
En refusant de limiter le combat pour le respect des
créatures conscientes, quelles qu'elles soient, à notre seule
espèce humaine. La liberté est bonne pour tout le monde et
chaque passager conscient de cette petite planète devrait
pouvoir en bénéficier. La lutte pour la sauvegarde de
l'environnement et de la biodiversité n'est en rien
contradictoire avec les combats humanistes. Elle est même
convergente et l'on peut considérer que le WWF, Amnesty
International, M.S.F ou le WDCS font finalement le même travail,
en faveur d'espèces tragiquement solidaires dans leur misère
commune.
Par ailleurs, il est regrettable
que les associations humanitaires qui nous perçoivent souvent
comme des concurrents, oublient que le respect des droits de
l'homme n'aurait pas de sens dans un monde où, pour leurs
petits-enfants, tous les lions seraient des Rois Lions, toutes
les souris des Mickeys ou tous les éléphants des Jumbos
virtuels, et où ne vivraient plus le moindre animal sauvage, ni
le moindre cétacé. Est-ce vraiment cela que nous voulons ? Une
planète morte livrée aux hommes et aux bactéries, sous un ciel
noir privé d'oxygène ? Des Pokémons dans les zoos ?
4. "Les dauphins captifs ne peuvent être réhabilités.
Ils ont perdu le souvenir de la vie en mer et de la façon d'y
survivre".
Faux
De très nombreux cas de réhabilitations réussies nous
prouvent au contraire que si les dauphins sont assez intelligents
que pour apprendre des tours débiles dans un bassin, ils
n'éprouvent certainement aucun difficulté à ré-apprendre ce
qu'ils savaient déjà !

En
liberté : Le dauphin vit en moyenne
de 40 à 60 ans
En captivité : 53% d'entre les dauphins capturés meurent
dès les trois premiers mois de leur arrivée en bassin. L'âge
maximum annoncé par les delphinariums est généralement de 25
ans. 30 ans est considéré comme un âge avancé.
Peu d'enfants nés en bassin vivent au-delà d'une quinzaine
d'années.
En liberté :
Le dauphin mange du poisson vivant
En captivité : il ne mange plus que du poisson mort, en
quantité expressément insuffisante (afin quil soit plus
docile et réagisse mieux à la récompense-nourriture lors des
dressages)
En liberté : Le
dauphin vit au sein de structures sociales complexes, restant en
contact avec sa famille durant sa vie entière.
En captivité : Le plus
souvent isolé dans des bassins en béton nu. La plupart souffre
dun stress ou dun ennui permanent. Certains
dentre eux se tuent.
En liberté:
Le dauphin nage plus de 50 miles marins par jour, plonge
jusquà des profondeurs de plus de 100 mètres et parcourt
les océans durant toute sa jeunesse, à laventure.
En captivité : Il peut être légalement confiné dans un
espace de 24/24 pieds et de 6 pieds seulement de profondeur.
Aucun bassin au monde n'est assez grand pour lui ni ne permet de
reconstituer le moindre simulacre d'une vie naturelle.
En liberté: Le
dauphin vit dans leau salée, riche de multiples
oligo-éléments, de goûts subtils et dinformations.
En captivité : Il vit dans une eau traitée au chlore,
imprégnée du goût intense de ses propres excréments et de
ceux de ses compagnons et privée de tout mouvement de marée, de
poisson, d'algue ou de quoique ce soit de vivant. .
En liberté: Le
dauphin utilise le sonar pour voir et pour
communiquer.
En captivité : Il est
incapable duser de son sonar, du fait de la douleur que lui
cause lécho de retour sur les parois de béton du bassin
(effet miroir).
En liberté:
Les delphines mettent bas tous les deux ou trois ans à partir de
lâge de quatorze ou seize ans. Nombre de nouveau-nés mis
au monde en moyenne par un maman delphine: de 6 à 7.
en captivité: Plus d'un tiers des naissances en
captivité échouent.
Elever son enfant en bassin est extrêmement difficile, d'autant
plus que les jeunes mères, capturées le plus souvent avant
l'adolescence, n'ont pas eu le temps d'apprendre de leurs
aînées comment prendre soin d'un nourrisson.
Moyenne de naissance par delphine captive sur sa durée de vie
complète: moins d'une.
En liberté: Les
dauphins libres ne sautent pas au travers de stupides hula-hoops,
ne mendient pas leur nourriture et ne transportent personne sur
leur dos comme des ânes.
En captivité : Les
dauphins captifs se soumettent à ces humiliations parce
quils ont faim, tout simplement, et que leur régime
alimentaire est soigneusement contrôlée pour les affamer de
manière permanente. En cas de résistance grave, l'isolement est
utilisé.
Pour en savoir plus :
Dossier WDCS
Captive Cetaceans: A Handbook for Campaigners
Review of the Scientific
Justifications for Maintaining Cetaceans in captivity
Les
mots de la désinformation
1. Au delphinarium, les dauphins
n'ont jamais été capturés : ils ont été
"acquis".
2. Les dauphins captifs ne vivent
pas dans un bassin, mais dans un "environnement
contrôlé".
3. Les noms grotesques dont on
affuble les captifs - Pepina, Iris, Stormy, Monique, etc. - les
assimilent aux animaux de compagnie.
En revanche, aucun effort n'est jamais fait pour détecter leur
nom réel - leur "signature sifflée" - pourtant facile
à enregistrer ni pour s'en servir à l'aide d'un synthétiseur
lors des shows.
4. Les maladies sont toujours
physiques comme il convient à des animaux. Aucune mention n'est
jamais faite des dépressions lourdes ni des médications
pharmacologiques destinées à redresser l'humeur des mères
privées de leur enfant, notamment.
5. A un journaliste qui lui
demandait si les dauphins ne souffraient pas ne ne pus pouvoir
plonger plus de deux ou trois mètres, Mike Ridell, le Directeur
du Marineland d'Antibes répondit :
- " Pas
du tout ! Vivre en surface et jouer avec des ballons est une
expérience neuve pour eux et très enrichissante..."
Sauf que ce sont toujours les
mêmes ballons tout au long de l'année.
6. Fred Daman, le Directeur du
Zoo, lors du départ d'Iris et d'Ivo de leur cercueil d'Anvers
:
"Ils vont
retrouver une vraie vie de famille à Duisburg, et de nouveaux
compagnons".
Un an plus tard : des heurts
continuels, deux morts, et Iris qui n'a jamais quitté son bassin
latéral et se retrouve enceinte de son propre fils...
7. Au Dolfinarium de Bruges,
on annonce pendant le show :
"Les
dauphins vivent environ 25 ans..."
Juste le temps d'être adulte,
en somme et puis de mourir.
En mer, les vieux dauphins atteignent plus de 50 ans.
8. A Bruges, le delphinarium est décoré par
un village en planche, apparemment inspiré d'un port de mer en
Floride. L'endroit se proclame "Le Village des
Dauphins".
Ailleurs, d'autres prisons se nomment SeaWorld, Sea
Gulf, Gulf World, Marineland ou encore Paradise,
tous qualificatifs qui évoquent soit la vie de famille, soit la
mer libre soit encore le bonheur. Un peu comme le
"Ministère de la Paix" de Georges Orwell était en
fait celui de la Guerre...