Le zoo humain : Carla Litchfield

un zoo humain en Australie !

Carla Litchfield

Janvier 2007

Trois femmes et trois hommes se sont installés dans un enclos du Zoo d’Adelaïde, au sud de l’Australie, dans le cadre d’une expérience scientifique d’une durée d’un mois dénommée « Zoo Humain ».

Comme n’importe quels autres grands singes captifs, les six homininés  se trouvent aujourd’hui exhibés derrière de vastes panneaux de plexiglas. Filmés en permanence par plusieurs caméras, ils vivent dans l’espace occupé naguère par des orangs-outans.

Les vétérinaires vérifieront leur santé et leur donneront des «jouets» adaptés à leur intelligence afin de stimuler leurs comportements naturels : puzzles, ordinateurs, agrès pour les exercices physiques, etc.

Les Singes Humains encagés seront par ailleurs nourris avec des aliments préalablement cachés, dans le but d’encourager leur capacité à chercher leur propre nourriture et de lutter contre l’apathie.

Contrairement à leurs homologues poilus, ces singes-là ne seront pourtant pas présentés nus, mais bien vêtus d’un maillot de bain. Ils pourront se baigner sous une douche s’ils ont trop chaud ou enfiler un survêtement s’ils ont trop froid.

Enfin, ainsi qu’il est d’usage dans la plupart des zoos, les visiteurs seront invités à choisir leur « animal préféré » puis à voter pour lui.

Quatre groupes de six personnes ont été choisis pour participer à ce projet d’une durée d’un mois, chaque groupe restant dans l’enclos pendant une semaine. Mais  – entorse à la réalité – tous auront le droit de retourner chez eux le soir venu.

Seule la ravissante Carla Litchfield, spécialiste en Psychologie Animale à la South Australia University d’Adelaïde, restera dans la « cage aux singes nus » durant toute la durée de l’expérience.

Cette jeune chercheuse pleine d’audace, qui est à l’origine de ce projet original, étudiera les interactions sociales survenant entre des humains soumis à des conditions de confinement extrême et placés sous le regard incessant de visiteurs.

L’enclos des orang-outans au zoo d’Anvers

Notons que le Docteur Carla Litchfield dispose déjà d’une excellente expérience professionnelle : elle a passé une année complète avec les chimpanzés sauvages en Ouganda et travaille aujourd’hui sur divers projets d’écotourisme destiné à sauver les grands singes africains dans leur milieu d’origine.

Elle est également un membre très actif du Grasp (Great Apes Survival Project), une instance mise en place par
les Nations Unies et qui lutte notamment contre l’usage dévastateur de la viande de brousse dans le bassin du Congo.

Pour Carla, il n’y a pas beaucoup de différences entre les chimpanzés nus et les chimpanzés velus, dont on sait qu’ils sont génétiquement presque similaires. Sa démarche vise aussi à modifier les conditions d’accueil faites aux grands singes dans la plupart des zoos et de les améliorer de façon radicale.

« J’ai toujours voulu savoir comment cela se passait pour eux », a-t-elle déclaré à la presse. «Séjourner tout un mois dans un enclos pour orang-outans me permettra d’appréhender les odeurs et les bruits que perçoivent nos proches cousins dans de telles conditions, mais aussi de comprendre l’effet que cela peut faire de se laisser dévisager chaque jour par des milliers de personnes ».

Ce « zoo humain » a donc plusieurs objectifs :

– Informer ses visiteurs à propos de la place réelle des Humains au sein du royaume animal,

– Sensibiliser à l’urgence d’une protection plus efficace des grands singes dans le monde et enfin,

– Réunir des fonds pour construire le plus vaste enclos de toute l’Australie à destination des chimpanzés du Zoo de Monarto dès l’année prochaine.

Une belle et bonne initiative que nous ne pouvons que saluer !

Merci à franck Dupraz de m’avoir signalé cette ‘info

L’enclos des grands singes au Zoo d’Anvers.
Il y a peu de chances qu’une pareille expérience ait lieu en Belgique avant longtemps…

Les zoos humains d’antan

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