Cétacés captifs en Russie

Dauphin soldat russe avec son entraîneur. Photo Soviet Flot.

Афалина

SOMMAIRE

Dauphins et autres cétacés captifs en Russie

Nouvelles captures d’orques pour l’étranger en 2012

Bélugas russes pour les USA !

Orques russes

Gelendzhik: le pire delphinarium au monde !

Drame à St Petersburg !

Deux dauphins nés captifs libérés en Mer Noire !

Dauphins militaires russes : de nouveaux thérapeutes

Iran buys kamikaze dolphins

Dauphins soldats  2009

Bélugas russes

Dauphins de la Mer Noire : une espèce en danger !

Le Dauphin de la Mer Noire

Le langage des Dauphins de la Mer Noire

Techniques de chasse chez les Afalinas

L’Accord sur la conservation des cétacés de la Mer Noire

Commerce des dauphins de la mer noire interdit par la CITES

7 Novembre 2002 : Proposition refusée…

CITES Novembre 2002 : sauvez les dauphins de la mer noire

La XII conférence de la CITES : lettre au Ministre de l’agriculture

La XI Conférence de la CITES à Nairobi


ARCHIVES

15 novembre 2002

Victoire !
Le Commerce des dauphins de la Mer noire
est interdit par la CITES !

Dauphins de la Mer noire

Note 2014 : malgré la décision de la CITES, en 2012, la Russie continue à exporter joyeusement ses dauphins au
Pakistan

SANTIAGO, Chili

Les délégués de la conférence de la CITES ont voté ce jeudi l’arrêt complet du commerce des dauphins de la Mer noire, un animal recherché par tous les delphinariums du monde.
Revenant sur une décision antérieure, les membres de la CITES ont finalement approuvé la proposition de la Géorgie de réduire les quotas de captures annuelles à zéro. 

« Ce résultat est un succès remarquable pour les dauphins de la Mer noire, a déclaré Niki Entrup, du WDCS, « et la communauté internationale a vraiment fait un pas en avant pour aider cette espèce « 

Les défenseurs de la nature affirment qu’une exploitation croissante des dauphins de la Mer Noire depuis près de dix ans, principalement à l’initiative de la Russie, avait amené l’espèce au bord de l’extinction.

La Georgie avait déjà déposé sa proposition au début de la conférence mais celle-ci avait été rejetée par les états membres.
Aujourd’hui, l’espèce est placée sur une liste qui contrôle le commerce des animaux vivants sur base de quotas autorisés annuels. Ceux-ci sont réduits à zéro pour les dauphins de la Mer Noire.
La Russie et les autres états qui vendaient habituellement – y compris via Internet – des
dauphins de la Mer Noire ne seront désormais plus autorisés à délivrer des permis d’exportation pour des animaux de cette espèce.

 

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7 novembre 2002

Proposition refusée ! 

A l’attention de Madame Annemie Neyts-Uyttebroeck,
Ministre, adjoint au Ministre des Affaires étrangères, chargé de l’Agriculture
Rue des Petits Carmes 15
B-1000 Bruxelles
Tél. 02-501.83.11
Fax. 02-512.72.21
http://cmlag.fgov.be/fr/org/org_fr.html

Le 10 novembre 2002

Madame La Ministre,

Je me permets de revenir à mon précédent courrier en date du 29 juillet 2002, auquel vous n’avez malheureusement pas cru nécessaire de réagir et qui concernait la présence de notre délégation belge aux débats de la 12ieme Conférence des Parties à la Convention de la CITES, réunie à Santiago du Chili du 3 Novembre au 15 Novembre 2002.

Ce jeudi 7 novembre 2002, la proposition d’interdire totalement le commerce des dauphins de la Mer Noire, victime privilégiée de l’industrie mondiale de la captivité, vient d’être rejetée.

La Géorgie, l’un de six pays dont le littoral s’ouvre sur la Mer Noire, avait demandé à l’assemblée de la CITES, qui regroupe près de 160 nations, de proscrire le trafic international de cette espèce particulière de dauphin Tursiops, avant qu’elle ne disparaisse complètement et de la placer en annexe I.

La proposition de Mr.Irakili Matcharashvile fut l’une des premières à être abordées lors des débats qui s’ouvraient cette semaine à Santiago du Chili.
40 pays ont vote en faveur de la protection accrue de cette espèce, parmi lesquels la Roumanie, la Bulgarie et la Turquie, le Brésil, la Hongrie, Israël, Monaco, le Qatar et les Etats-Unis d’Amérique.
31 pays s’y sont opposés et 39 se sont abstenus, parmi lesquels le Danemark qui s’exprimait au nom des autres nations européennes.
Seule exception notable : la Grèce et le Luxembourg ont refusé de voter en bloc derrière le Danemark et se sont exprimés contre la protection des dauphins de la Mer Noire !

La proposition n’a donc pas recueilli les 2/3 des votes indispensables à son approbation, du fait de l’insuffisance prétendue des données scientifiques relatives à cette espèce. On le sait, les dauphins Tursiops sont très recherchés par les parcs marins, les delphinariums et les cirques ambulants, en raison de leur capacité à survivre plus longtemps en captivité et à apprendre rapidement diverses acrobaties.

Le commerce des dauphins Tursiops de la Mer Noire en vue d’alimenter ce type de spectacle a déjà été sensiblement réduit par la CITES, qui a classé cette espèce dans son Annexe II afin d’en limiter partiellement l’exploitation. Mais ces mesures ne sont pas
considérées comme suffisante par un certain nombre
de scientifiques. L’exploitation massive de ces populations de dauphins aux fins d’alimenter les delphinariums a commencé dans les années 90. La menace qui pèse sur ces dauphins est encore aggravée par la pollution extrême de leur habitat, qui réduit leur taux de reproduction.

« La situation en Mer Noire est vraiment tout à fait désespérée. Une population affaiblie par les captures se trouve aujourd’hui fortement affectée par un environnement dégradé « , a déclaré publiquement Mark Simmonds, l’expert scientifique du WDCS.
Les écologistes affirment par ailleurs que selon les plus récentes données scientifiques, les dauphins de la mer Noire sont bien une espèce distincte de la population qui vit en Méditerranée ou dans l’Atlantique Nord. Une protection spéciale est donc indispensable pour cette espèce mais une fois encore, divers pays financièrement impliqués dans le commerce de cétacés vivants récusent ces affirmations.

La Russie, par exemple, qui s’impose peu à peu comme le principal exportateur de cétacés captifs dans le monde, en même temps que Cuba, affirme haut et fort que les dauphins de la mer Noire ne sont jamais mieux portés et que leurs populations sont florissantes. « Les scientifiques russes ont interrogé des pêcheurs et des marins de la Mer Noire et 70 pour cent d’entre eux
déclarent que les populations de dauphins augmentent » affirme Valentine Iluashenko, un délégué russe à la CITES.

« Faux. Les dauphins de la Mer Noire forment de petites unités sociales et se multiplient à un rythme globalement identique à celui de l’être humain.
Epuisés par les chasses incessantes dont ils ont fait l’objet depuis la fin du 19ième siècle jusqu’aux années 80, d’abord pour leur viande puis plus tard pour leur huile, les dauphins doivent aujourd’hui faire face aux toxiques chimiques massivement déversés dans la mer noire et aux captures des delphinariums. Pour rappel, près de 120 dauphins de la Mer Noire ont été capturés puis mis en vente – parfois
directement sur Internet – au prix moyen de 20.000 dollars pièce  » rétorque Mark Simmonds du WDCS.

Du fait qu’une partie des documents relatifs à la spécificité génétique des dauphins de la Mer Noire n’a pas été remise aux membres dans les temps requis, il semble qu’un ultime vote reste encore possible dans le courant de cette semaine une semaine, si les parties le demandent.

L’intervention vigoureuse des délégués européens en ce sens est d’autant plus attendue que le Parlement européen s’est déjà prononcé pour sa part en faveur d’une protection totale des dauphins de la Mer Noire Procès Verbal du 16/03/2000 – Edition provisoire Cites (Convention sur le commerce international de la faune et de la flore en danger B5-0243, 0249, 0260, 0269 et 0275/00 http://www.europarl.eu.int/)

Je me permets dès lors de vous demander une nouvelle fois, Madame la Ministre, au nom de tous les amis des dauphins en Belgique et en Europe, de bien vouloir insister auprès de nos délégués européens et belges à la CITES pour qu’ils réclament un nouveau vote sur cette question et obtiennent enfin l’approbation de la proposition bulgare en faveur d’une protection totale des derniers dauphins de la Mer Noire.

D’avance, un grand merci !

Y.Godefroid

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5 octobre 2002
Nouvelle lettre de rappel
aux responsables politiques belges et français

 

Bonjour,

Je me permets de porter une nouvelle fois à votre attention ces trois importants dossiers de la WDCS  relatifs à la protection des Dauphins de la Mer Noire. Cette question sera en effet une nouvelle fois débattue à la prochaine Conférence des parties de la CITES (CdP12) http://www.cites.org/common/directy/e_directy.html qui aura lieu en novembre 2002 au Chili.

Au même titre que les dauphins de Cuba, les dauphins de la Mer Noire alimentent massivement les delphinariums du monde entier depuis les années 90 et sont de ce fait gravement menacés dans leur milieu naturel.

Pourtant, malgré un ensemble de données scientifiques évidentes et un avis favorable du Parlement Européen, le Gouvernement Belge semble ne pas mesurer l’importance de se positionner  en faveur d’un reclassement de ces dauphins génétiquement et culturellement spécifiques depuis l’Annexe II ( = commerce autorisé sous certaines conditions) jusqu’à l’Annexe I de la CITES ( = protection absolue).


Le 29 juillet 2002

A l’attention de Madame Annemie Neyts-Uyttebroeck,
Ministre, adjoint au Ministre des Affaires étrangères, chargé de l’Agriculture
Rue des Petits Carmes 15
B-1000 Bruxelles
Tél. 02-501.83.11
Fax. 02-512.72.21
http://cmlag.fgov.be/fr/org/org_fr.html

Madame La Ministre,

En tant que Ministre fédéral chargée de l’Agriculture, vous êtes également responsable des questions relatives au commerce international des animaux et des végétaux c’est-à-dire de la CITES. Vous n’ignorez donc pas qu’une nouvelle Conférence des Parties de la CITES (CoP12) se tiendra au Chili en novembre 2002.
Si le sort de nombreuses espèces animales et végétales y sera évoqué, j’aimerais aujourd’hui attirer votre attention toute particulière un dossier d’une extrême urgence, celui des dauphins de la Mer Noire (Tursiops truncatus ponticus).
Selon la CITES, en effet, les espèces gravement menacées par le commerce international se doivent d’être reprises sur son Annexe I, qui interdit formellement qu’ils fassent l’objet d’opérations commerciales. Or, jusqu’à présent, et pour diverses raisons souvent contestables, le dauphin de la Mer Noire a été maintenu en Annexe II, laquelle autorise l’usage de l’animal à des fins « scientifiques ou éducatives ».

Toutes les études sur le terrain attestent pourtant que les dauphins de la Mer Noire, génétiquement distincts de leurs homologues de Méditerranée, sont gravement affectés par le commerce intensif dont ils font l’objet afin de satisfaire les exigences sans cesse croissante de l’industrie du loisir.  Capturer un individu et le retirer du groupe auquel
il appartient est à la fois traumatisant pour le dauphin prélevé – qui s’en ira finir ses jours de manière lamentable dans quelque piscine chlorée d’Europe – mais aussi pour le groupe familial (pod) auquel on l’arrache.
Cet impact est d’autant plus dommageable que les groupes d’animaux sont restreints et disséminés en petites communautés isolées l’une de l’autre. Chaque individu a un rôle à jouer et sa disparition signifie trop souvent la fin du groupe lui-même et la mort de ses membres les plus vulnérables.

En outre, comme vous le savez, la Mer Noire est également devenue un lieu des plus pollués. La chasse directe, la sur-pêche, le tourisme et la navigation intensive ont déjà largement épuisé les dauphins de la Mer Noire depuis de nombreuses années. Aujourd’hui que l’industrie des delphinariums réclament sans cesse plus de nouvelles victimes, les exportations de dauphins vivants enlevés de la Mer Noire ont littéralement explosé, et ceci dès les années 90.

Selon un rapport d’Alexei Birkun (« The current status of bottlenose dolphins in the Black Sea » January 2002, publié par l’ACCOBAMS), des mesures de conservation urgentes doivent être prises en faveur de cette population relativement isolée. C’est également l’opinion de l’IUCN (World Conservation Union), de la Convention de Berne (Convention on the Conservation of European Wildlife and Natural Habitats), du Parlement Européen (résolution du 15 mars 200 exigeant le reclassement du Tursiops truncatus ponticus en Annexe I) ou encore de l’ACCOBAMS (Agreement on the Conservation of Cetaceans of the Black Sea, Mediterranean Sea and Contiguous Atlantic Area) qui invitait en février 2002 les parties membres de l’accord à suspendre tout commerce ou exploitation quelconque des derniers dauphins de la Mer Noire.

Je vous serai donc très reconnaissant de bien vouloir soutenir, lors des prochains débats de la CITES auquel vous-même ou vos services participerez, la proposition 12.3 visant à assurer une protection accrue à ces magnifiques mammifères marins menacés d’extinction.
Toutes les informations complémentaires à propos de ce dossier sont disponibles auprès du Whale and Dolphin Conservation Society, association anglaise dont je soutiens les actions remarquables à titre personnel et qui mène sans faillir depuis plusieurs années une campagne d’informations et de conservation concrète et courageuse en faveur des ultimes dauphins survivants de la Mer Noire.

En vous remerciant d’avance de l’attention que vous voudrez bien prêter à ce dossier, je vous prie d’agréer, Madame la Ministre, l’assurance de mes
sentiments les plus distingués.

Yvon Godefroid
Bruxelles

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Mai 2000

Nairobi
XI Conférence de la CITES

A l’heure où nous écrivons ces lignes, les débats se sont achevés à Nairobi et les votes définitifs ont été négatifs pour les dauphins de la Mer Noire. La Belgique et la Hollande ne semblent pas avoir soutenu le dossier.
On trouvera sur le site du WDCS un rapport  sur ces débats de Nairobi et sur l’évolution du sort de  « Tursiops truncatus ponticus » jusqu’à la prochaine Conférence dans trois ans.

Rappelons une dernière fois la nature du problème :
« Les pêcheurs turcs tuent les dauphins au fusil et au piège à une échelle qui ramène à des proportions dérisoires les massacres de dauphins par les Japonais dont on parle beaucoup plus. Selon la Fondation pour la défense des espèces en danger, plus de 90.000 dauphins ont été tués ces quinze dernières années. La plupart ont été étuvés pour en extraire de l’huile et les restes transformés en aliments pour volaille. Mais l’huile de dauphin est peu demandée depuis que la Communauté européenne a interdit les importations de produits baleiniers
(dauphins et marsouins inclus).
Entre l’Union soviétique, la Bulgarie, la Roumanie et la Turquie, 25000 dauphins disparaissaient chaque année en mer Noire dans les années 30. Puis l’inévitable se produisit. Le nombre des dauphins diminua de façon si catastrophique qu’en 1969 les trois premiers pays arrêtèrent ce bain de sang.
Néanmoins, les pécheurs de Trabzon et d’autres ports turcs de la mer Noire sont encore sortis en force tout l’hiver, harcelant les dauphins sur le trajet de leur migration vers l’ouest, le long de la côte ».

Sunday Times, Londres avril 1982.

« Le Grand Dauphin (Tursiops truncatus) est mondialement répandu dans toutes les eaux chaudes ou tempérées du globe. C’est également l’espèce la plus capturée et la plus vendue dans le contexte de l’industrie des delphinariums.

« Tursiops truncatus ponticus » est une sous-espèce de grand dauphin qui occupe de manière endémique la Mer Noire en Europe de l’Est. Cette étendue d’eau isolée en Europe de l’Est, est aujourd’hui particulièrement dégradée par la présence humaine. Du fait de cet isolement, les dauphins de la Mer Noire constituent une population spécifique distincte de celles que l’on trouve en Méditerranée ou dans les océans.

La proposition de reclasser les dauphins de la Mer Noire de l’Annexe II à l’Annexe I, actuellement débattue à la XI Conférence de la CITES à Nairobi, constitue une mesure préventive justifiée par les menaces qui pèsent sur  l’existence de ce sous-groupe, parmi lesquelles les captures aux fins d’alimenter le marché des delphinariums.
La CITES reconnaît, en vertu de ce principe de précaution, qu’en cas d’indécision, les parties choisiraient la solution la plus propice à protéger les espèces, lorsqu’il s’agit de reconsidérer le classement de certaines espèces d’une annexe à l’autre. Bien qu’il n’y ait que peu de données disponibles à propos de l’état actuel des populations de dauphins de la
Mer Noire, il est évident que ces dauphins sont extrêmement menacés, tant
à cause de la dégradation de leur habitat que du fait des captures incessantes dont ils font l’objet.

Ce n’est un secret pour personne que la Mer Noire est aujourd’hui l’une des mers intérieures les plus polluées au monde. Le manque de données récentes relatives à cette dégradation ou au commerce international ne peut être un prétexte à refuser d’engager des mesures pour protéger cette sous-espèce.
Compte tenu des informations jointes à la proposition et de l’évidente dégradation de l’écosystème en Mer Noire, le reclassement de Tursiops truncatus ponticus est non seulement justifiée mais également
nécessaire et urgent, selon le WDCS ».

Traduction d’un communiqué du Whale and Dolphin Conservation Society.

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Résolution du Parlement européen sur la convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES)
Procès Verbal du 16/03/2000

Le Parlement Européen vient de voter une résolution qui engage les états membres de la CITES :

* Point 10: à s’opposer à tout transfert du petit Rorqual (Balenoptera acutorostrata ) et de la Baleine grise (Eschrichtius robustus) de l’annexe I à l’annexe II aux fins de permettre une exploitation commerciale de ces deux espèces

* Point 11 : à supporter la proposition de transfert des dauphins de la Mer Noire (Tursiops truncatus ponticus) de l’annexe II à l’annexe I afin de les soustraire au commerce international, principalement destiné aux  delphinariums.

Cette résolution n’est pas obligatoire.

En voici le texte complet, qui vaut d’être lu avec attention.

Résolution du Parlement européen sur la convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES)

Procès Verbal du 16/03/2000 – Edition provisoire
Cites (Convention sur le commerce international de la faune et de la flore en danger)

B5-0243, 0249, 0260, 0269 et 0275/00

Le Parlement européen,

– vu la onzième Conférence des parties signataires à la convention sur le commerce international de la faune et de la flore en danger (CITES), qui aura lieu du 10 au 20 avril 2000 à Nairobi, Kenya,

A. considérant l’importance d’une convention acceptée et appliquée au niveau mondial réglementant le commerce des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction, pour éviter la surexploitation,

B. considérant que la CITES est actuellement, avec 148 signataires, la principale convention pour la conservation de la vie sauvage, et qu’elle vise à juguler ou réguler le commerce international qui pourrait être dommageable à une espèce ou provoquer son extinction définitive,

C. considérant que le commerce des espèces menacées est au centre de la relation entre la conservation de la biodiversité et le développement soutenable, et que cette relation doit faire la part des besoins des populations locales,

D. considérant que la surexploitation des espèces sauvages, la destruction de leurs habitats et le commerce illégal de la faune sauvage, d’animaux et de parties d’animaux, sont les causes principales de l’appauvrissement de la biodiversité de la planète,

E. considérant qu’il n’a pas encore été possible de réaliser pour toutes ces espèces l’objectif général de la
convention, qui consiste notamment à limiter le commerce transfrontalier de spécimens de ces espèces à des
niveaux acceptables pour leur survie,

F. considérant que le pangolin, mammifère d’Asie à peau écaillée, se nourrissant de termites, est menacé par la surexploitation, sa peau, ses écailles et sa viande étant utilisées dans la pharmacopée asiatique et faisant, de ce fait, l’objet d’un commerce international,
G. notant la situation critique dans le parc national de Kahuzi-Biega (Congo oriental) où des centaines de gorilles, pourtant protégés, ont été massacrés par des braconniers qui sont restés impunis, et constatant que, pour des raisons de sécurité, les rangers du parc ont été désarmés,

H. soulignant que la sensibilisation du public dans les pays consommateurs était et reste essentielle pour contrôler le braconnage et le commerce international illicite des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction,

I. considérant que plusieurs pays africains ont rapporté que les ventes légales d’ivoire au Japon ont eu pour conséquence une augmentation du braconnage et du commerce illégal de l’ivoire, que les anciennes routes commerciales de l’ivoire ont été rouvertes, que le prix de l’ivoire au marché noir augmente et que les pays africains ne peuvent faire face à l’augmentation des coûts liés à l’application de la loi,

J. considérant que la tortue de mer à écailles est une espèce gravement menacée, dont le déclin dans la plupart des régions des Caraïbes est dû au commerce illégal des carapaces, à la chasse dont elle est l’objet pour sa
chair, à la destruction de ses zones de nidation et des captures occasionnelles,

K. considérant qu’un nombre significatif de tortues de mer à écailles rencontrées sur leurs zones d’alimentation dans les eaux cubaines, proviennent de lieux de nidation situés dans d’autres pays où les populations sont épuisées;

1. invite tous les pays qui n’ont pas adhéré à la CITES à le faire sans retard;

2. invite les parties à la CITES à adopter et à mettre en oeuvre des sanctions appropriées contre les signataires qui n’ont pas engagé d’actions positives pour arrêter une législation permettant la mise en oeuvre de la CITES;

3. invite les parties à la CITES à renforcer leur coopération dans l’application de la convention en échangeant leur savoir-faire et en fournissant un soutien financier additionnel aux mesures de formation et d’aide technique;

4. demande instamment aux parties à la CITES d’arrêter et d’appliquer les interdictions globales du commerce intérieur des produits de tigre ou dérivés du tigre, et d’accroître significativement les ressources financières nécessaires à l’application de cette législation;

5. prie instamment les parties à la CITES d’aider le gouvernement indien, en lui apportant un soutien financier et technique approprié pour mettre en place des unités spéciales et une unité nationale de répression des atteintes à la vie sauvage;

6. invite la Commission et les États membres de l’Union européenne à renforcer leur coopération avec les pays exportateurs
d’espèces sauvages, car beaucoup ont une population rurale tributaire du commerce de ces espèces, et à soutenir les pays qui ont pu améliorer le niveau de conservation d’espèces de la faune et de la flore sauvages;

7. s’inquiète du bien-être des animaux dans des régions affectées par la guerre, notamment dans la région des Grands Lacs, et invite toutes les parties à éviter toutes nouvelles souffrances aux animaux et à prendre les mesures appropriées pour éviter les dommages inutiles infligés aux espèces sauvages;

8. demande instamment aux parties à la CITES d’intervenir énergiquement pour identifier, rechercher et sanctionner tout marché éventuel du commerce illicite des peaux de félins;

9. demande instamment aux parties à la CITES de soutenir le reclassement à l’annexe I de la convention, de toutes les populations d’éléphants d’Afrique et à
mettre fin au commerce international d’éléphants et de leurs parties, y compris l’ivoire;

10. demande instamment aux parties à la CITES de s’opposer à toute proposition visant à déplacer les petits rorquals et les baleines grises de l’annexe I à l’annexe II de la convention, dans le but d’autoriser le commerce international de spécimens de baleines;

1. invite instamment les parties à la CITES à soutenir les propositions visant à reclasser de l’annexe II à l’annexe I de la convention les grands dauphins de la Mer noire, afin d’interdire le commerce international de ces animaux;

12. invite instamment les parties à la CITES à soutenir le classement du requin pèlerin
à l’annexe II de la convention;

13. invite instamment les parties à la CITES à s’opposer aux propositions de Cuba et d’autres États de déclasser la tortue à écailles de l’annexe I à l’annexe II;

14. invite instamment les parties à la CITES, et notamment les États membres de l’Union européenne, de soutenir la proposition de l’Inde, du Népal, du Sri Lanka et des États-Unis d’Amérique visant à reclasser les
pangolins indiens, chinois et malais de l’annexe II à l’annexe I, afin de mettre fin au commerce international de leurs parties et produits dérivés;

15. demande à être soutenu spécialement par la Commission européenne et les États membres de l’Union européenne sur
toutes ces questions;

16. charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission et aux parties à la CITES.

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Une espèce en danger
Les dauphins de la Mer Noire !

Dauphins de la Mer Noire enfermés à Moscou

Dauphins de la Mer Noire enfermés à Moscou

 

Jusqu’à ce jour, les deux principales organisations internationales de défense de la nature, le WWF et GREENPEACE, se sont toujours gardé de dénoncer officiellement la détention de cétacés à des fins d’exhibition publique, arguant de ce qu’une telle pratique ne menaçait pas la survie des espèces concernées.

De récentes informations viennent clairement contredire ce fait.  A la demande de l’association anglaise Whale and Dolphin Conservation Society, une enquête a été mené sur un vaste trafic de dauphins Tursiops capturés en Mer Noire.
Cette enquête, intitulée « Dolphin Traders » et qui couvre les années 96 à 99, a été réalisée par Doug Cartlidge (ancien dolphin-trainer, Président d’ECO/UK) et Niki Entrup (Allemagne).

Ce réseau de trafiquants a son siège en Ukraine mais il dispose également de relais en Russie, Georgie et Bulgarie, ainsi que de puissants appuis de la part de plusieurs laboratoires scientifiques de l’ex-Armée Rouge.

Ce commerce n’a rien de secret et son leader incontesté, Michael Reshetnikov, Président Directeur Général de la société russe Zoolex donne tous ses prix sur son site Web aujourd’hui subtilement délocalisé : http://zoolex.hypermart.net/.
Pour 38.000 livres, il vous sera livré une baleine à bec et pour 16. 000 livres, une loutre de mer, en principe rare et très protégée. Une « garantie de survie de 15 jours » est assuré pour chaque animal.

Cette société et d’autres trafiquants associés moins connus puisent aujourd’hui abondamment dans le réservoir à dauphins libres que constitue la mer Noire.
Depuis des siècles, en effet, une abondante population de tursiops y prospère, qui a développé toute un ensemble de techniques de pêche originales. Le cétologue russe Vladimir Bel’Kovich (USSR Academy of Sciences) les a notamment observés et décrits. (in « Dolphin Societies », by Pryor and Norris)

En moins de dix ans, plus de cinquante deux (52 !) dauphins tursiops ont été arrachés à ce biotope non-protégé afin d’être vendus à des delphinariums.
L’Argentine, Chypres, la Hongrie, Israël, Malte, la Turquie, la Roumanie, l’Inde et Bahreïn ont ainsi commandés à bas prix des dauphins en provenance d’Ukraine. Certains d’entre eux sont morts de sécheresse sur un tarmac d’aéroport, d’autres ont crevé lamentablement au fond de bassines métalliques ou se voient encore aujourd’hui exhibés dans des cirques ambulants. D’autres enfin, trop abîmés par le voyage (un « bassin de regroupement » à Belgrade sert d’étape) ont été renvoyés en Russie pour y mourir sous une ultime vivisection « scientifique ».

Ce commerce a encore augmenté en 1999. De l’avis des scientifiques cités dans le rapport du WDCS, de graves perturbations affectent désormais toute l’organisation sociale des dauphins locaux.
Dans ces sociétés complexes où les individus sont étroitement relié par des liens familiaux, le rôle de chaque individu s’avère déterminant. La disparition brusque d’une mère et de son enfant (cas de capture le plus fréquent) perturbe en profondeur l’équilibre du groupe. Chaque femelle mature est en effet impliquée dans la recherche collective de nourriture et dans les soins donnés aux petits, chaque mâle est nécessaire à la défense du groupe et aux chasses
collectives et chaque delphineau, enfin, représente enfin la promesse d’une génération neuve génétiquement diversifiée.

Doug Cartlidge et Niki Entrup lancent donc un cri d’alarme au strict plan écologique : au rythme où se déroulent les captures actuelles, une menace très réelle pèse sur les dauphins tursiops de la Mer noire.

Les dauphins de la mer Noire sont par ailleurs soumis à d’autres menaces : la pollution, l’excès de pêche et les modifications sévères de leur habitat les ont déjà gravement affaiblis.
Cette vulnérabilité a d’ailleurs été officiellement reconnue par un rapport du « Global Environmental Outlook » (GEO) dépendant du programme environnemental des Nations Unies. Ce rapport cite la Mer Caspienne, la Mer Noire et la Mer d’Azov comme particulièrement menacées par la présence humaine. (UNEP, 1997:68).
Dans le même esprit, « l’Accord relatif à la conservation des cétacés de la Mer Noire, de la Méditerranée et des Aires Atlantiques contiguës » (ACCOBAMS) se conclut par cette résolution :

« Les parties signataires prendront toutes mesures nécessaires pour atteindre et maintenir un statut de conservation favorable pour les cétacés de ces régions. A cette fin, les parties s’engagent à éliminer, là où cela n’a pas déjà été fait, toute capture délibérée de cétacé et à coopérer pour assurer à ceux-ci un réseau de zones protégées ». (Article 2, 1 of the Agreement).

Enfin, lors d’un symposium intitulé « First International Symposium on Marine Mammals of the Black Sea », et qui s’est tenu du 27 au 30 juin 1994 à Istanbul, des représentants de l’Ukraine et de la Russie ont adopté une résolution, s’engageant en substance : « à renoncer à toute capture de mammifères marins à des fins commerciales dans les zones concernées » (Ozturk, 1996).

La politique actuelle des états sus-cités va totalement à l’encontre des conclusions de l’ACCOBAMS. Toutes les recommandations des organismes internationaux ont été ignorées, ce qui met désormais sérieusement en danger la survie même des dauphins de la mer Noire.

Il est évident que des menaces du même ordre, mais moins bien étudiées, pèsent également sur les orques, les bélougas ou les globicéphales, eux aussi régulièrement capturés en milieu naturel. Les gestionnaires de delphinarium prétendent s’auto-suffire par l’élevage en bassin mais cette assertion est un mensonge : de plus en plus de dauphins « frais » sont achetés à des trafiquants (le Brésil s’apprête à rouvrir de nouveaux bassins) et l’ensemble des petits cétacés se doit donc d’être protégé de ces pratiques d’un autre âge par tous les organismes de défense de la nature.

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Iran buys kamikaze dolphins

Wednesday, 8 March, 2000

Dolphins have been put to military use since the 1960s.
Dolphins trained to kill for the Soviet navy have been sold to Iran – but what they will do in the Persian Gulf is a mystery. Dolphins and other aquatic mammals were trained by Russian experts to attack warships and enemy frogmen, but when funding for the project ceased, many were moved to a private dolphinarium to perform for tourists.
Their chief trainer, both in military and civilian life, was Boris Zhurid, who began his career as a submariner before graduating from a medical academy.

Starving animals
Earlier this month he sold the entire collection to Iran, because he could no longer afford to feed it.
« If I were a sadist then I could have remained in Sevastopol, » Mr Zhurid told the Russian newspaper, Komsomolskaya Pravda.
« But I cannot bear to see my animals starve … We’re out of medicine, which costs thousands of dollars, and have no more fish or food supplements. »
Sevastopol-based journalist, Arkady Volondyn, told the BBC that the biggest problem came during the winter period, when there were no tourists.
In total, 27 animals, including walruses, sea lions, seals, and a white beluga whale, were loaded with the dolphins into a Russian transport aircraft for the journey from Sevastopol, on the Crimean peninsula, in the Black Sea, to the Persian Gulf.
Three cormorants were also among the cargo.

Training
Four of the dolphins and the white whale underwent training with Mr Zhurid at a Pacific naval base, before being transferred to Crimea in 1991.
The animals were trained to attack enemy frogmen with harpoons attached to their  backs, or to drag them to the surface to be taken into captivity. They could also undertake kamikaze strikes against enemy shipping carrying mines that would explode a ship on contact with its hull.
The dolphins could allegedly distinguish foreign and Soviet submarines by the sound of their propeller.
According to research by the Whale and Dolphin Conservation Society, numerous ex-Soviet military dolphins have been sold to aquariums around the world. Many have been kept in poor conditions on arrival, and others have died en route.

But Mr Zhurid said Iran had built a new oceanarium to his specification, and that he would be continuing his scientific research there.

‘Mercenaries’
Komsomolskaya Pravda points out that Mr Zhurid’s research was primarily of a military nature, and describes the dolphins as « mercenaries ».
« In essence, Iran has bought our former secret weapon from Ukraine on the cheap, » the Russian newspaper wrote.
It also pointed out that the USA has in the past raised objections to some Russian military sales to Iran.
Mr Zhurid remained vague on the role he and the animals would play, but he said: « I am prepared to go to Allah, or even to the devil, as long as my animals will be OK there. »

From BBC News online, today:
http://news.bbc.co.uk/hi/english/world/middle_east/newsid_670000/670551.stm

 

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