Comprendre les dauphins
Dialoguer enfin d'égal à égal ? 
http://www.guardian.co.uk/environment/2011/may/16/lets-talk-dolphin
Denise Herzing, fondatrice du Wild Dolphin Project et Thad Starner, un chercheur en Intelligence artificielle à l’Institut de technologie de Géorgie à Atlanta, ont oeuvré de concert sur un nouveau défi.
S'inspirant d'une idée déjà bien ancienne mais jamais mise en oeuvre, leur ambition est de «co-créer » un langage commun avec des dauphins sauvages, permettant aux deux espèces les plus intelligentes au monde d'enfin communiquer entre elles.
Denise et Thad commenceront à tester
leur système sur les dauphins tachetés sauvages de l’Atlantique (Stenella frontalis).
Dans un premier temps, les plongeurs fourniront aux cétacés l’un des huit« mots »inventés par l’équipe pour signifier "algues" ou "surfer sur la vague de proue", par exemple.
Le logiciel testera ensuite la bonne réception des dauphins à ces sons artificiels et déterminera s'ils sont capables de les imiter.
Ce qui ne fait certainement aucun doute !
Une fois que le système informatique pourra reconnaître lui-même ces sons reproduits par les sténelles, il s'agira d'utiliser ces sons pour déchiffrer un problème beaucoup plus ardu, que le Dr Bastian et le Dr Vladimir Markov ont déjà abordés, sans évoquer une cohorte d'autres chercheurs à savoir : procéder à l'analyse des clicks et sifflements des dauphins, afin de pouvoir en extraire les principales caractéristiques des «unités fondamentales» (autrement dit, le vocabulaire et la syntaxe) du langage des dauphins tachetés.
Les dauphins sont des Martiens pour nous.
Leurs systèmes sensoriel, culturel et affectif sont fondamentalement différents des nôtres.
Il y a cependant des convergences : l'amitié, l'amour des enfants, le soutien aux malades et aux vieux , la coopération efficace...
Et cette étrange propension des dauphins à tenter de communiquer avec nous, de nous rencontrer et de nous respecter, malgré tout le mal que nous leur faisons subir.
Seuls les cétacés captifs ou gravement menacés - pensons aux cachalots, avant l'invention du harpon explosif et des
navires en fer - s'attaquent à l'Homme.
En mer, aucun cas d'agression n'a jamais été enregistré, même de la part d'orques "transients", qui bouffent du phoque ou du marsouin, comme nous des steaks de boeufs.
Mais si nous pouvions un jour vraiment dialoguer d'égal à égal (bien qu'au niveau mental, ils nous soient certainement supérieurs), et entendre ce qu'ils ont à nous dire, cela signifierait sans doute, à terme, la survie de leur espèce et la fin du massacre que les barbares brutaux que nous sommes leur imposons.
Lorsque je nageais avec eux, en un temps où ce genre d'activité n'était pas encore devenue un commerce, j'enrageais de ne pas pouvoir comprendre ce qu'ils essayaient de me raconter. Ils n'arrêtaient pas de communiquer, physiquement , verbalement et peut-être encore sur bien d'autres modes...
Les dauphins parlent, ils pensent, ils s'adressent à
nous et nous ne comprenons que dalle !
Laisser les choses en l'état, refuser de les rencontrer sur ce terrain, c'est admettre que ce ne sont là que des "animaux" pour le plus grand bonheur des Cartésiens anthropocentristes.
Bien sûr, il ne s'agit pas de faire comme Louis Herman ou la US Navy et de leur inculquer un langage artificiel créé par l'Humain à sens unique , mais bien au contraire, de se montrer humble et de tenter de percer le mystère de leurs dialogues. On n'y est toujours pas arrivé avec l'écriture Maya ou Pascuane ... mais
c'est le genre de défi qui vaut 100 fois un séjour sur la Lune ou sur Mars !
Comme dit en substance Denise Herzing :
"Si l'homme parvient à faire comprendre à Flipper qu'il souhaite qu'il fasse trois sauts de suite, Flipper, lui, ne peut pas lui répliquer qu'il préfèrerait en faire plutôt cinq ! ".
Ken Levasseur avait plein d'idées sur la manière de casser ce mur du son et du sens qui nous sépare, sans nuire aux dauphins libres et sans les emmerder.
Il est clair qu'il ne faut pas laisser ça aux touristes mais à une poignée de scientifiques respectueux du bien-être des cétacés, aussi honnêtes, compétents et droits dans leurs bottes que ceux qui envoient des sondes sur Europe ou Titan, sans autre bénéfice attendu que "plus de connaissances".
Nous en savons déjà si peu sur le psychisme des autres Terriens (grands singes, éléphants, loups, etc...) et moins encore sur celle des habitants des Grands Fonds, que les
cachalots, familiers des 3000 mètres en plongée, connaissent pourtant bien. Il serait grand temps de dialoguer avec eux aussi : ils auraient tant à nous apprendre !
Obsédés par notre propre "grandeur", nous savons oublié que d'autres formes de vie, d'autres façons de percevoir et de penser infiniment exotiques, existent encore et toujours sur cette petite planète bleue couramment désignée sous le le nom de Terre ...
Mais allez savoir comment les habitants des alentours d'Alpha Centauri ou d'autres systèmes planétaires extra-solaires la nomment ...
Dexter Cate Third Phase Alternative to Dolphin Captivity
ake
Projet SETI