Conférence internationale sur les delphinariums

Le 14 Novembre 1998 au Centre Culturel de Woluwé-Saint-Pierre à Bruxelles

Iris

14 novembre 1998

 La conférence organisée par Planète Vie RNS et Delphus dans le cadre d’un cycle sur « l’Economie et le Vivant » a réuni environ quatre cent cinquante personnes ce samedi 14 novembre à Bruxelles.

Parmi eux figuraient de nombreux représentants de la Protection Animale belge désireux de s’impliquer dans cette action, ainsi qu’un public de plus en plus concerné par les conditions de détention des dauphins en aquarium.

Deux grands absents dans ce débat :

– pour ce qui est de la vie, les dauphins, qui ne purent se déplacer et furent représentés par les groupes associatifs spécialisés en cétologie (Cetacean Freedom Network, Cetus et Delphus)

– pour ce qui est de l’économie, les représentants des delphinariums belges (Bruges et Anvers), qui n’ont jamais répondu aux invitations envoyées depuis le 23 juin 1998 (3 lettres, 1 recommandé, 1 dossier de presse)

La conférence fut introduite par la présentation de deux films, illustrant :

– pour le premier, la dénonciation du Marineland en France (FR3 et SOS Grand Bleu)

– pour le second, l’activité de Ric O’Barry qui lutte partout dans le monde pour libérer les dauphins prisonniers.

Ric O’Barry, l’ancien dolphin trainer de la série Flipper et le plus grand spécialiste en matière de réhabilitation des dauphins, a enchaîné par un exposé et la projection de diapositives sur son centre de réhabilitation.

Il en a expliqué les différentes étapes, permettant progressivement aux animaux captifs de retrouver l’ensemble des comportements qui leur sont propres en milieu naturel. Se nourrir de poisson vivant, mais aussi et surtout sans doute, se déshabituer de l’homme.

Si la réhabilitation compte 100% de réussite, il ne faut pas la confondre avec remise en liberté.

Seuls les dauphins qui, au terme d’une période de réapprentissage de plusieurs mois sont devenus totalement autonomes, retrouveront la liberté.

Pour les autres, la détention dans un vaste enclos, grillagé et situé en bordure de mer, représente une amélioration formidable de leurs conditions de vie par rapport aux aquariums.

Mr Ric O’Barry a également déclaré à la Presse qu’il disposait d’un lieu pour accueillir Iris et Ivo, sans doute auprès de la célèbre Stephania, « quelque part dans les Caraïbes ».

Cet endroit deviendra à l’avenir une véritable Ambassade des Dauphins qui, comme toutes les ambassades, prendra soin des citoyens de la Nation Cétacéenne en difficulté et leur permettra de retourner chez eux !

Rappelons aussi qu’au même moment, la seconde chaîne de la RTBF diffusait la très belle série française « Le Monde Bleu » mettant précisement en scène…Ric O’Barry et la delphine Stephania !

 

Tous les orateurs se sont prêtés ensuite, dans la bonne humeur, à un échange d’idées très ouvert au cours du débat. Ils répondirent selon leurs compétences respectives aux questions que leur posèrent tant le public, que les deux modérateurs, Philippe Soreil et le docteur Dr Yvan Beck Président de Planète Vie – RNS et Advisory Director Belgium pour la WSPA, Société Mondiale pour la Protection des Animaux et principal initiateur de la campagne actuelle.

* Maître Guy Adant, expert juridique, nous expliqua les conséquences essentielles de la Loi du 14 Août 1986 relative à la Protection Animale, ainsi que les nouvelles directives européennes concernant les Zoos que notre pays vient de ratifier.

La Loi préconise désormais que les besoins écologiques et physiologiques élémentaires des animaux soient préservés, ce qui n’est manifestement pas le cas dans les delphinariums.

Il s’agira donc à l’avenir de faire appliquer ces nouvelles directives dans toute leur juste rigueur.

* Monsieur Dochy représentant du Ministère de l’Agriculture, défendit, comme on s’en doute, les positions de son Ministre avec un courage certain et une grande amabilité. Remercions-le d’être venu !

Rappelons que les responsables du Zoo d’Anvers et du Delphinarium de Bruges n’ont même pas réagi à nos invitations !

* Monsieur Sidois, Président de SOS Grand Bleu (France)nous rapporta la lutte que son association mène actuellement contre le Seaquarium d’Antibes et contre l’ouverture d’un nouveau elphinarium à Port Saint Père, près de Nantes.

* M.Gauthier Chapelle, biologiste marin, et Président de l’association franco-belge Cetus expliqua comment un whale-watching intelleigent et respecteueux del’écologiue remplaçait admirablement, particulièrement au plan pédagogique, n’importe quel delphinarium.

De tels voyages sont aujourd’hui de moins en moins coûteux et se doivent donc d’être encouragés. Mr Chapelle rappela également tout l’intrêt de faire mieux connaître au public belge l’existence de cétacés au large de notre Mer du Nord.

* Le Docteur Gérard Lippert, vétérinaire et océanologue, décrivit toutes les maladies que les dauphins sont susceptibles de souffrir en delphinarium.

Il dressa également un tableau très sombre des dégâts psychologiques (comportements sexuels aberrants, autisme, suicides, agressivité) crées par de telles conditions de captivité.

*Mr Michel Atlas , représentant de l’association Human Dolphin Institute plaida dans le même sens que Mr Gauthier Chapelle et assura avec une grande compétence la traduction simultanée des propos de Ric O’Barry.

* M.Yvon Godefroid, journaliste et correspondant du réseau international Cetacean Freedom Network revint rapidement sur les extraordinaires capacités intellectuelles et morales cognitives des cétacés et sur leur vie sociale d’une très haute complexité.

Il s’étonna de ce que les Zoos actuels ne tiennent aucun compte des avancées de l’éthologie cognitive contemporaine et défendit l’idée que les dauphins devaient être envisagés non pas comme des esclaves mais comme des partenaires avec lesquels l’humanité pourra paisiblement découvrir les ressources renouvelables tapies au fond de nos océans.

Le compte-rendu détaillé de toutes les interventions et divers textes législatifs relatifs aux delphinariums peuvent être obtenus au sécrétariat de Planète Vie

 

Décisions prises lors de la Conférence du 14 Novembre 1998

L’extension de l’action associative aux niveaux national et international 

Le sort réservé à Iris et Ivo relève d’un débat public, contrairement aux décisions à sens unique que prend actuellement la direction du Zoo d’Anvers.

Iris et Ivo, depuis leurs années passées en Belgique, sont considérés par une part importante de notre population comme « citoyens belges », ou tout au moins comme patrimoine.

 

Le refus de tout dialogue n’appartient qu’à la direction du Zoo d’Anvers. Monsieur Daman, son directeur, a sans doute d’excellentes raisons pour adopter une telle attitude. Qu’il sache néanmoins que cette position ne nous affecte aucunement, et que nous sommes toujours disposés à donner tout le bénéfice moral de la réhabilitation de IRIS et IVO au Zoo, s’il en exprime la volonté.

Dans cette attente nous envisageons une série d’activités – tant sur le plan national qu’international – selon les axes suivant :

1- Action associative et sensibilisation du public belge

a- Projet de lettre à envoyer à tout le réseau associatif de protection animale belge

b- Projet de lettre à envoyer au Dr Frese, Directeur du Zoo de Duisburg

c- Projet de lettre à envoyer au Ministre de l’Environnement allemand

 

2- Action associative et sensibilisation du public étranger :

L’action associative internationale

1- L’Allemagne

Nous incitons tout groupe associatif et toute personne à diffuser – parmi leurs adhérents et leurs proches – et à envoyer dans les jours et les semaines qui suivent les lettres en annexe. Ce courrier est destiné à son Excellence l’Ambassadeur d’Allemagne en Belgique, au directeur du Zoo de Duisburg et au Ministre de l’Environnement allemand afin de faire pression pour qu’ils refusent toute possibilité de transfert de IRIS et IVO vers l’Allemagne.

Nous participerons à l’organisation de manifestations d’opposition à ce transfert, en Allemagne, devant le Zoo de Duisburg. Des contacts sont déjà pris en ce sens, notamment avec le groupe de Rock « Kid Moses » qui prévoit d’y organiser un sitting.

2. Le projet de Manifeste international IRIS et IVO

Nous incitons tous les scientifiques internationaux spécialisés en milieu marin (cétonautes et éthologues) à prendre position et transmettre leur avis par toute voie de communication sur la détention des dauphins en aquarium.

Nous insistons pour qu’ils donnent leur opinion sur ce qu’ils pensent des aspects éducatifs et scientifiques tels que les proposent les delphinariums pour continuer leur activité.

Sur base de ces documents nous diffuserons un manifeste international, qui au travers d’IRIS et IVO, affirmera l’opposition de scientifiques de renom international à l’utilisation commerciale de dauphins captifs, sous une couverture soi-disant scientifique.

3- L’extension du débat sur INTERNET, au travers de tous les sites concernés

– le relais de CFN

– la pétition online sur Planète Vie-RNS

 

Ric changed Belgian public opinion

 

 

3. Action médiatique

 

L’ensemble des groupes impliqués dans la campagne « Sauvez Iris et Ivo » soutenus par leurs membres, invitent tous les médias belges à ouvrir les débats quant à la captivité des dauphins.

Nous demandons notamment aux chaînes de télévision nationale, privées et publiques, flamandes et francophones de contacter les responsables du Zoo d’Anvers et de les inviter à un débat contradictoire.

 

 

4. L’Action juridique

 

L’arrêté royal paru dans le moniteur du 13 novembre ne prévoit aucune disposition particulière pour les delphinariums, sinon qu’ils sont assimilés aux autres zoos.

De plus, il ne donne aucune précisions pratique quant au principe primordial édicté dans la loi-cadre, relatif aux « besoins physiologiques et besoins éthologiques » des dauphins. »

Cette loi se doit donc d’être amendée et nous y oeuvrerons dans le cadre juridique et poltique approprié.

 

Par ailleurs, la conclusion de Mr Dochy, le représentant du Ministère de l’Agriculture, selon laquelle – dans l’esprit du législateur « voir l’animal vivant est indispensable à l’éducation des populations » – sera donc le centre du débat de société.

 

Faut-il garder, dans des espaces qui ne leur sont aucunement adaptés, des espèces qui ne peuvent exprimer leur comportement naturel et qui, au contraire, y développent des troubles comportementaux bien répertoriés (stéréotypies, autisme, mortalités périnatales,…suicides)?

Maladies que l’on camoufle, dans le cas des dauphins, par des spectacles dénaturés. L’animal n’existe plus dans cette optique, sinon comme jouet livré au plaisir égoïste des hommes.

Quelle forme de respect éveille-t-on par cette forme d’éducation chez les enfants?

Comment l’appliqueront-ils au monde de demain?

 

Le cadre de la loi nous invite à explorer différentes pistes pour en dégager des moyens de pression éventuels,

 

1- la légitimité de la détention (propriété de l’animal)

2- la légitimité des spectacles

3- la légitimité des transports

 

et cela, dans le cadre des lois nationales et internationales.

Nous pensons notamment à la CITES et la Convention de Berne, toutes deux signées par la Belgique.

Ces textes devront être lus avec vigilance, et mis sous l’oeil critique d’experts internationaux reconnus – comme ce fut le cas en France – quant à la légitimité des arguments éducatifs et scientifiques avancés par les delphinariums.

Nous rappelons encore un fois que le dauphin n’est pas une espèce menacée.

 

Si le dialogue que nous recherchons à obtenir avec le Zoo d’Anvers nous est refusé, une action en justice est prévue.

 

Comment les tirer de là ?

 

5. Le Fond IRIS et IVO :

– S’intègre dans une vaste réflexion humaniste, quant aux relations entre l’homme, l’animal, et l’environnement.

Ses axes principaux sont développés dans les conclusions de la Conférence de Woluwé-Saint-Pierre.

 » Le projet de réhabilitation des deux dauphins du Zoo d’Anvers a pour finalité d’offrir à Iris et Ivo, après tant d’années de captivité, la possibilité de retrouver leur milieu d’origine.  La mer.

Mais aussi d’inclure cette action dans une réflexion plus vaste sur le milieu marin source de toute vie d’une part, et sur les rapports harmonieux entre l’homme, les espèces animales et l’environnement.

L’aspect éducatif des textes de loi en matière d’agrément quant à la détention d’espèces animales doit amener le public à réfléchir ses rapports avec les autres êtres vivants dans le respect de ce qu’elles sont. Pour ouvrir le XXI ème siècle au dialogue, à la coévolution et au partenariat, plutôt qu’à l’exploitation sauvage de notre planète.

L’effort consenti par l’opinion publique belge pour mener à bien cette opération prouvera sa volonté de changement, et son désir de voir appliquer les lois dans le respect du sens que véhiculent les mots. »

– L’argent récolté est destiné en priorité à participer aux frais de réhabilitation des deux dauphins du Zoo d’Anvers et sera offert à Monsieur Daman, dès qu’il en manifestera le désir.

Cette initiative s’appuiera sur une large sensibilisation du public, dans laquelle les différents médias (radio, télévision et presse écrite) joueront un rôle essentiel.

Radio Contact, qui a toujours pris la défense de son animal fétiche, organisera dès décembre un rendez-vous journalier avec Philippe Soreil sous la forme d’une minute « Sauvez Iris et Ivo ». Ce sera l’occasion de découvrir un message original et éducatif sur les dauphins.

 

– La collecte de fonds se fera par le biais de donations (particuliers et sociétés) mais aussi par l’organisation de manifestations diverses (conférences, spectacles,…) ou par la vente de supports créés à cet effet.

Les sociétés qui s’occupent de réhabilitation des dauphins s’y associeront par leur propre réseau de collecte de fonds
(fundraising).

 

– Ce fond permettra encore, au-delà du cas particulier d’Iris et d’Ivo, de participer à un projet plus vaste dont les bases ont été envisagées lors de discussions engagées avec le Ministre Gosuin, Monsieur Simonet – Directeur du port de Bruxelles – et le Secrétaire d’Etat de la région de Bruxelles Capitale, Monsieur Eric André.

Il s’agirait – en bref – d’y créer un espace éducatif, mis à la disposition des écoles, où serait développée toute cette réflexion sur le cycle de l’eau, le milieu marin, et le respect des équilibres qui les caractérisent. Dont bien entendu l’approche des animaux dans leur environnement.

Ce projet, vaste et global, nécessitera une participation de nombreux secteurs impliqués dans ces questions. Nous nous y employons.

A l’initiative de
Cetacean Freedom Network – Cetus – Delphus – Planète Vie RNS

Avec l’aimable soutien de
Radio Contact, les Hôtels Bristol et Virgin Airlines

 

 

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