Confinement et vie sociale des dauphins captifs

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Confinement et vie sociale des dauphins captifs

 

1. L’impact du confinement

Il faudrait accorder plus de considération au mode d’accueil des espèces aquatiques telles que les cétacés, ne serait-ce qu’en raison de leur mode de vie social et de leurs besoins physiologiques bien particuliers.
L’espace gigantesque qui constitue leur habitat ordinaire et la diversité de sensations qu’ils y trouvent contrastent de manière frappante avec les conditions de confinement dans un bassin minuscule que leur impose la captivité. Bien que subtile et moins apparente, la pire maltraitance que puisse subir les cétacés captifs réside dans ce confinement.

En liberté, les dauphins vivent dans un espace tridimensionnel. Ils sont capables de plongées profondes et nombre d’espèces passent moins de 20% de leur temps en surface. Dans leur environnement normal, les dauphins sont presque toujours en mouvement, même lorsqu’ils se reposent. Ils entretiennent des liens au sein de sociétés complexes, constituent des alliances étroites et sont connus pour communiquer entre eux de manière élaborée.

Les individus captifs sont dès lors arrachés à leur environnement social normal, empêchés de s’associer avec leurs semblables et condamnés à une vie d’emprisonnement complet. La captivité affectent les structures mentales qui définissent chaque animal en liberté et le dauphin captif n’offre que peu de ressemblance avec son homologue «sauvage».

Face à ces évidences scientifiques, les professionnels de la communauté zoologique ont suggéré à plusieurs reprises divers critères d’accueil et de soins pour les cétacés captifs, afin de leur assurer un minimum de bien-être. Les représentants du Zoo d’Atlanta ont par exemple recommandé ce qui suit :

« Le but du maintien d’une collection animaux captifs devrait être de fournir à chacun d’entre eux un environnement optimal pour sa santé et son bien-être. En plus de satisfaire aux besoins physiologiques, un tel accueil devrait inclure l mise en place d’un environnement vivant qui puisse offrir aux espèces considérées les stimulations appropriées et l’environnement social qui puisse permettre de reconstituer un groupe naturel… Si le Zoo parvient à mettre en place un tel environnement, les animaux devraient éprouver du bien-être, ce qui inclut une bonne santé physique égale ou supérieure à celle dont il bénéficierait dans la vie sauvage, avec une durée de vie et une qualité de vie équivalente, un taux de reproduction satisfaisant – si tel est l’intention du Zoo – et des comportements spécifiques à l’espèce en liberté. Tout comportement anormal devrait être absent ou rare « 
(Maple et al., cités par Norton et al. 1995).

L’auteur et philosophe Dale Jamieson conclut :
«Le fait d’accepter ou non d’imposer la captivité à un animal devrait reposer sur une analyse des conditions d’accueil fournies à chaque espèce, cas par cas » (cités par Norton et al. 1995).

Un biologiste de l’Université de San Francisco, le professeur Hal Markovitz (1990) a déclaré : « Je ne connais aucun mammifère marin détenu dans un zoo qui bénéficie de conditions naturelles d’accueil. En fait, il y a une contradiction inhérente au fait même d’utiliser ce terme dans le cas de la captivité ».
Maple et al ajoute :

«Les gérants de ces établissements ne doivent pas se faire d’illusions avec l’idée qu’ils pourraient jamais reproduire un environnement naturel dans le cadre de la captivité. Espérer y parvenir indique simplement le degré d’ignorance par rapport à la complexité et les intrications qui caractérise ces écosystèmes naturels ». (cité par Norton et al. 1995).

Sweeney lui-même a écrit : «Les problèmes relatifs à l’accueil des mammifères marins en captivité proviennent la plupart du temps du simple fait de montrer ces animaux au public dans un environnement confiné».

Les scientifiques considèrent que certaines espèces sont particulièrement mal adaptées à la captivité.
«Certains des plus petits et des plus actifs parmi les cétacés tel que le marsouin de Dall ou le marsouin des Ports, le dauphin d’eau douce Sotalia ou bien entendu, toutes les espèces pélagiques qui ont besoin d’espaces immenses».
Joseph Geraci (1986). (…)

«Un marsouin ou un petit dauphin nouvellement capturé est certainement terrifié et il n’est pas rare qu’il meurt d’un état de choc. Les dauphins tachetés sont particulièrement sujets à ce types d’accidents. Plusieurs delphinariums ont renoncé à capturer cet animal, tant il s’effrayait intensément » (Karen Pryor, 1975).

«Peu d’espèces semblent génétiquement incompatibles l’une avec l’autre mais pour diverses raisons, le dauphin commun ne coexiste pas toujours facilement avec le dauphin Tursiops de l’Atlantique ou d’autres grands dauphins ». Joseph Geraci (1986)

Walker (1986) a décrit ces dauphins communs comme étant « les plus délicats parmi les quatre espèces les plus communément captures mais aussi le plus difficile à maintenir en captivité ». Shallenberger (cité par Reeves et Leatherwood 1984) a décrit les globicéphales du Sea Life Park : «En captivité, ils peuvent devenir très agressifs et ne s’adaptent pas bien » (…)

Dauphins de Commerson et bélouga à Duisburg en 1998.

2. Structures sociales et compatibilité entre individus

« L’emprisonnement modifie le comportement de manière à ce point radicale que les animaux captifs ne sont plus guère représentatifs de la nature véritable de leur propre espèce.
Le psychologue Bob Mullan et l’anthropologue Garry Marvin (1987) ont tracé les grandes lignes des facteurs qui changent le caractère des animaux captifs, à savoir :

– Séparation d’avec l’habitat normal;
– Oisiveté imposée;
– Contrôle constant des humains;
– Perte d’une vie sociale équilibrée
normale ;
– Prise de drogues et de médicaments et contrôle de la fertilité;
– Enfermement en cage, laquelle constitue un environnement totalement étranger avec sa nourriture artificielle, ses bruits inusités, ses odeurs étranges et la présence non-naturelle d’êtres humains tout à proximité ou d’espèces animales étrangères.

L’un des soucis premier des structures pratiquant la captivité est de mettre en place des groupes sociaux aussi stable et équilibré que possible. Un vétérinaire spécialisé en mammifères marins, le Dr Joseph Geraci (1986) a écrit :

« Le comportement hiérarchique agressif de dominance, qui est normal en liberté, a peu d’occasions de s’exprimer dans le cadre de captivité, si c’est en perturbant le groupe ou en faisant du mal aux inférieurs. L’espace restreint intensifie un tel comportement. (…)  Il n’est pas rare qu’un dauphin dominant mène une attaque violente accompagnée de blessures sur un compagnon de bassin de rang inférieur « .

Sweeney (1990) a noté que « nous sommes à même de déterminer en quoi consiste la dynamique sociale naturelle pour nombre d’espèces de mammifère marin. Cette dynamique est importante quand nous regardons les mammifères marins en captivité, où des mécanismes sociaux du même type effet se retrouvent mais où, en raison du confinement propre à la captivité, certains aspects de cette dynamique ne peuvent s’exprimer ».

Bimbo

 

En août 1967, le parc marin Marineland a finalement libéré Bimbo le globicéphale, au terme de près de huit années de captivité. Bimbo avait agressé d’autres animaux et ses propres gardiens, il avait brisé une fenêtre d’observation et placé sous sédatifs. Le Dr. M.E. Webber, un médecin spécialisé dans les soins aux cétacés, a décrit Bimbo comme un « psychotique  » (cité par Valentry, 1969).
Corky, l’orque du même Marineland, a également brisé la fenêtre d’observation le séparant du public, ce qui a entraîné la perte de plus d’un tiers de l’eau du bassin.

Le chercheur Susan Shane, qui travaille à la fois au Texas et en Floride, a défini la flexibilité comportementale de l’espèce en montrant comment l’organisation de la vie quotidienne du dauphin varie d’un groupe à l’autre.
Le rapport qu’elle a co-signé à ce propos (et al, 1986) conclut que « le plus grand mâle domine tous ses compagnons de bassin. En milieu naturel, c’est une hiérarchie moins rigide de dominance qui existe entre les femelles, les plus grandes dominant les plus petites. La plupart du temps, les groupes en captivité comprennent des mâles obtenus lors de diverses captures en des lieux éloignés. Dans ce cas, les combat de mâles sont d’une extrême violence en période de reproduction, au point que désormais, les delphinariums font en sorte de ne laisser qu’un seul mâle par bassin. Ceci suggère donc que les rapports de dominance peuvent être établis de manière stable au sein de groupes captifs, éprouvant moins le besoin de se battre ».

Sweeney (1990) soutient ces conclusions et commente : « Lorsqu’un delphinarium se procure en même temps plusieurs juvéniles capturés en mer, il y a souvent des dysfonctionnements au niveau du comportement social. Cela tient au fait que ces individus ont été capturés à partir de groupes séparés et se voient obligés d’instaurer leur propre dominance au nouveau groupe dans lequel on les intègre ».
La dominance est exprimée par les dauphins captifs sous forme de coups, de morsures, de bousculades ou de coups de caudale à l’encontre des subalternes (Shane et al, 1986).

Selon Sweeney (1990), «L’agression se manifeste le plus souvent sous forme d’intimidation, avec des lacérations « en râteau » infligées à l’animal dominé ».

Sweeney note également «qu’en milieu naturel, les mâles n’ont pas l’habitude de socialiser très longtemps avec le groupe social composé de femelles. La situation en captivité affecte donc de manière profonde une telle organisation : les mâles adultes sont contraints d’interagir jour et nuit et de manière étroite avec le groupe social. Ces interactions forcés ont pour conséquence d’exacerber la dominance du mâle de tête. A en juger par les observations menées en bassin, il est clair que cette dominance d’un seul mâle est la source de nombreux problèmes comportementaux et sociaux, particulièrement pour les plus jeunes du groupe ».

Leslie Dieruaf, vétérinaire spécialisé en mammifères marins (1990) explique que « le déplacement d’un mammifère marin hors de environnement habituel vers un nouveau cadre de vie oblige l’animal à se réajuster au nouveau cadre social, ce qui déclenche chez lui une réponse biologique importante. Un tel changement ou n’importe quel modification de son environnement, peut être perçu comme une menace à laquelle il ne peut échapper ».

Les entraîneurs Gail Laule et Tim Desmond (1991) vont dans le même sens :

« Considérez l’impact que constitue pour ces mammifères marins un tel déplacement d’un groupe social à l’autre, d’un bassin vers une autre, d’un continent à l’autre. Le transport en lui-même est devenu relativement sûr. Mais quelles sont les conséquences sociales et psychologiques pour ces animaux ainsi déplacés ? Indubitablement, ces déplacements imposent un stress et une pression maximale sur les captifs relogés ailleurs aussi bien que sur le groupe social, soit quand il perd un de ses membres soit quand il est contraint d’en accueillir un nouveau.
Quel en est le prix pour ces animaux, en terme de santé ? Il est temps de se poser la question et d’entendre la réponse, si pénible soit-elle ».

L’intubation de l’ex-dominant Play Boy, en train de mourir au Zoo de Duisburg. Ivo le nouveau venu l’a vaincu par knock-out !

Dans la société des orques, où règne un grand esprit de parenté, la matriarche la plus ancienne est typiquement l’animal dominant.
En captivité, c’est également la femelle la plus âgée ou plus grande qui tient le haut du pavé chez les orques. Des exceptions existent cependant, tout particulièrement dans les bassins les moins bien équipés.

L’entraîneur Gail Laule (1991) a ainsi décrit ses expériences avec des orques au Marineland du Pacifique:

« Celui qui m’a le plus appris et qui m’a laissé l’impression la plus forte était Orky. Lui et Corky étaient destinés à la reproduction. Ils ont vécu ensemble dans un contexte terriblement inadapté, privé de tout bassin d’isolation ou pour soins médicaux. Leur rôle respectif était celui de mâle dominant et de femelle dominée, pour autant que ces mots puissent refléter la réalité complexe qu’ils recouvrent. En fait, c’est Orky qui m’a fait comprendre en quoi consistait le fait d’être dominant : ce n’est pas simplement un type de comportement ou une position donnée dans un ensemble hiérarchique, c’est une part essentielle de l’être même de cet animal».

Corky occupait donc un rôle social subalterne quand il (elle) fut brusquement transféré(e) à Sea World (San Diego) en janvier 1987. Pour avoir vécu près de 18 ans dans un petit bassin de 750.000
gallons au Marineland, ni Orky ni Corky ne connaissaient l’usage des couloirs reliant différents bassins ou celui du franchissement de « portes », telles qu’on en trouve en abondance à Sea World.

Sea World n’avait plus détenu d’orque mâle depuis presque un an et les rapports confirmaient que les orques de ce delphinarium vocalisaient beaucoup plus fréquemment. Personne n’accorda d’abord beaucoup d’attention au fait que l’orque dominante du lieu, appelée Kandu, passait son temps à harasser Corky.

Un jour, en 1989, Kandu s’est jeté sur Corky avec une telle violence qu’elle s’en est brisée la mâchoire. Devant un public médusé, le sang s’est mis à jaillir de son artère et
l’orque est morte d’hémorragie au bout de 45 minutes. Le show s’est poursuivi jusqu’à ce que les entraîneurs embarrassés se rendent compte que quelque chose n’allait pas. Kandu fut aussitôt retirée rapidement du bassin sous les yeux des spectateurs choqués.

Le bébé orphelin de Kandu, âgé de 11 mois seulement, fut néanmoins contraint de participer au spectacle dès le lendemain. Sea World déclara qu’il s’agissait là d’un comportement normal de dominance et tenta de faire interdire les articles de presse décrivant cet incident comme une altercation aux conséquences tragiques.

Pourtant, il est clair qu’aucun chercheur n’a jamais été témoin d’un conflit aussi violent en milieu naturel au cours des deux dernières décennies.

Kenneth Balcomb a ainsi déclaré que « les orques sauvages ne résolvent jamais leurs problèmes de manière agressive, ce n’est pas là une attitude normale. Puisqu’ils voyagent au sein de groupes familiaux ou Clans, ils ne manifestent donc pas de comportement agressifs. Si des orques issus d’un autre groupe surviennent dans les parages, ils se contentent généralement de les éviter. De toute évidence, cette dernière attitude est impossible dans le cadre étroit d’un bassin de confinement » (cité par Georgatos, 1989).

Orques libres

Bien que quelques échanges agressifs aient pu être observés entre les orques «résidentes» et les orques «voyageuses » (en anglais : « transient », celles qui voyagent loin des côtes sans territoire localisé) dans le nord-ouest du Pacifique, de tels incidents ont toujours été généralement modérés par rapport aux débauches de violence rencontrées en milieu captif.

Un autre exemple de l’incompatibilité entre deux des orques mâles est celui de Kotar et Kanduke au Sea World de Floride. Kotar était une petite orque de sexe mâle, capturée au large de l’Islande en 1978.

Kanduke, lui est arrivé de Marineland Canada en 1987.
Il s’agissait précisément d’une
«orque voyageuse» (transient orca) initialement capturée en Colombie britannique en 1975. Ces deux types d’orques ne se seraient jamais retrouvé ensemble dans le cadre de la vie libre. Rapidement, les deux mâles ont commencé à s’agresser l’un l’autre, sans aucune possibilité d’échapper à la confrontation. Un ancien entraîneur a rapporté que Kotar venait fréquemment s’échouer hors du bassin en poussant des sons déchirants. Kanduke émettait également des vocalisations continuelles parfois même, se frappait la tête sur la porte de son bassin jusqu’à ce que le sang coule.

En janvier 1987, Kotar a délibérément mordu le pénis de Kanduke, rendant l’eau du bassin rouge de sang et causant
suffisamment de dommages que pour faire interrompre le show durant deux jours. (Mazzoil, transmission personnelle).
Brad Andrews (1991) a expliqué que  » Kotar était le plus jeune au Sea World en Floride » et que dès lors, son comportement s’explique face à un autre étalon plus mûr et en bonne santé. Kotar a été déplacé au Texas en 1988. Quand Kanduke est mort en 1990, son autopsie (Walsh, 1990) a révélé une cicatrice sur le pénis d’au moins 10 centimètres de long ».

Quand l’orque mâle, Ulysse, est arrivé au Sea World de San Diego en provenance de Barcelone, les rapports indiquent qu’il était destiné à la reproduction.
Cinq mois après son arrivée, il n’avait cependant
toujours pas été présenté à la seule femelle de l’établissement susceptible de mettre des enfants au monde ni n’avait même pu pénétrer dans son bassin. Celle-ci était l’orque dominante Kasatka, qui s’inquiétait toujours pour son dernier-né âgé de 3 ans. L’entraîneur Mike Scarpuzzi a déclaré « qu’il était crucial qu’Ulysse comprenne l’attitude de Kasatka. S’il n’y parvenait pas, les conséquences pourraient être violentes. Voire même mortelles » (cité par Kutcher, 1994).

Les rapports d’inventaire relatifs aux mammifères marins captifs laissent deviner qu’un nombre important de décès résultent directement des dommages traumatiques ou d’une incompatibilité éventuelle :
« hémorragie », « blessures infligées par un dauphin mâle », « hémorragie cérébrale traumatique « , « tué par un autre animal « , « décès associé à la rupture de la mâchoire », « sauté hors du bassin » ou « rupture de la colonne vertébrale» sont des mentions fréquentes dans ce type de document.

Parfois les rapports d’autopsie offrent davantage de précisions. Naturellement, les parcs marins n’annoncent pas publiquement chaque décès au sein de leur établissement. Mais de temps en temps, ces morts sont largement médiatisées, particulièrement celles qui ont pu être saisies en vidéo et qui attirent une attention publique toute particulière sur l’incident.

Mais il n’y a jamais eu d’explication satisfaisante au fait que des animaux disposant d’un système d’écholocation hautement sophistiquée aient pu brisé des fenêtres d’observation épaisses de plusieurs centimètres ou qu’ils se soient frappés la tête contre les murs, alors qu’ils connaissent parfaitement – les limites de leur bassin.
On ne peut que se demander si ces attitudes sont celles de la fuite ou bien de l’attaque….
Bien que la Loi de Protection des Animaux des États-Unis exige que  » les mammifères marins qui ne sont pas compatibles ne doivent pas être accueillis aux côtés d’autres animaux qui leur causeraient du stress ou de la peur ou qui interférerait avec leur santé « , il est admis qu’aucun delphinarium n’a jamais été poursuivi sur base de cet article.

Jamieson a noté que « même les meilleurs zoos ont des problèmes avec la mortalité prévisible et la morbidité dues aux accidents ou à la maltraitance mais tous, trop souvent, considèrent qu’un bon animal de zoo est celui qui permet de faire un profit rapide ». (cité par Norton et al. 1995)

Avant que la Loi sur la Protection des Mammifère Marins (MMPA) ait été amendée en 1994, des règlements avaient été envisagé qui requéraient notamment que : « Puisque ce comportement est reconnu au sein des unités sociales chez les mammifères marins en milieu naturel, ceux-ci
doivent être maintenus en captivité dans des conditions similaires, c’est à dire en compagnie d’individus de la même espèce qu’eux et dans le cadre d’une organisation sociale telle que le nombre d’individus, le taux de mâles et de femelles et les pyramides d’âge répondent au plus près aux structures sociales propres aux mammifères marins en milieu naturel». (NOAA, 1993).

On ne s’étonnera pas que l’industrie des delphinariums ait fourni tant d’efforts pour que ces règlements ne soient pas acceptés. Les parcs marins ne détiennent pas en effet leur orques selon les recommandations évoquées ci-dessous, c’est à dire en tenant compte du nombre d’individus ou du taux mâle-femelle.

Après vingt ans de recherches et d’observations approfondie auprès des orques du nord-ouest du Pacifique, Olesiuk (et autres, 1990) ont estimé que les populations les plus stables comptaient 56, 4 % de femelles et 43, 6 % de mâles. En outre, la composition du groupe était de 50, 3 % de juvéniles, 18, 7 % de mâles adultes et 31% de femelles adultes.

Par contraste, Sea World détient le plus grand nombre d’orques captives au monde (18, en avril 1996). Celles-ci sont cependant réparties parmi ses quatre parcs. Si elles se trouvaient réunies tous ensemble, on aurait la proportion de 61% de femelles, et de 39% de mâles. De façon générale, les juvéniles représentent 56% de cette population
carcérale, les mâles adultes 11% et les femelles adultes 33%.

D’autres parcs marins ne sont pas si proches des taux naturels. Marine World ne détient que deux femelles adultes. Le Aquarium de Miami détient une femelle adulte solitaire. Le Vancouver Aquarium détient une femelle adulte et un mâle adulte.
Marineland Canada détient deux femelles adultes, un mâle adulte et deux juvéniles.

Bien plus épouvantable encore est le maintien de plusieurs espèces différentes dans le même bassin alors qu’elles ne se fréquentent nullement en milieu naturel. Plusieurs établissements organisent ainsi des shows qui impliquent deux espèces ou plus, dont certaines proviennent des zones
géographiques terriblement éloignées : dauphins des zones tropicales, dauphins à flanc blanc du Pacifique vivant dans les eaux tempérées et bélougas provenant des mers arctiques !
Ces regroupements artificiels trompent évidemment le public quant aux rapport réels entre les espèces.

Shouka et Merlin

 

Quand des cétacés sont emprisonnés et privés des stimulations visuelles, acoustiques ou autres qu’ils trouvent en mer, alors les prémisses fondamentales du Marine Mammal Protection Act sont foulés aux pieds puisque ce texte indique :

« Les mammifères marins font partie intégrante des écosystèmes marins ».

La Loi ne se rapporte jamais aux mammifères marins en dehors de cet environnement normal.
Afin de répondre aux buts réels de cette Loi, les parcs marins devraient exposer leurs animaux de manière telle que soit mise en valeur les rapports entre ces espèces et leur habitat naturel. Lorsque les cétacés sont retirés de ce contexte, peu de
connaissances ou d’informations pertinentes sont obtenues de leur observation. L’ornithologiste Robert Loftin expliqué: « Quand un animal est ainsi retiré de son biotope d’origine, il se dégrade immédiatement. L’essentiel de sa valeur disparaît». (cité par Norton et autres, 1995).

Les parcs marins peuvent construire de petits aquariums reproduisant plus ou moins les conditions naturelles où vivent certains poissons mais jamais ils ne pourront reproduire la Nature de manière telle que cette simulation nous apporte une information quelconque en ce qui concerne la vie réelle des cétacés.

Copyright JP Von der Becke.

Ferdi, le bélouga de la prison de Duisburg : où est passé le biotope ? 
Pour toute information complémentaire sur les sources des citations et sur les développements actuels de cette problématique, merci de prendre directement contact avec la direction du Whale and Dolphins Conservation Society. (Département : captivité). 

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Ce texte, daté du début des années 2000, est une adaptation française aussi fidèle que possible d’un dossier qui fut disponible en anglais sur le site du WDCS, (section : Captivity) sous le titre « Impact of confinement ». Cette section a été remplacée depuis la mise à jour du site de la WDC. Nombre de ossiers importants ont aujourd’hui disparu.

Dolphin Assisted Therapy: Can you put your faith in DAT? (2007)
Driven by Demand (2006)
Biting the Hand that Feeds – the case against petting pools (2003)
Captive Cetaceans: A Handbook for Campaigners (1998)
Free Corky Campaign Factsheet (2006)
Captive Orcas – ‘Dying to Entertain You’ (2001)