Cuba : super-marché du dauphin captif !

 

Touristes nageant avec des dauphins fraîchement capturés à Varadero, Cuba.

 

Cuba, supermarché du dauphin captif  !

sommaire


Situation des dauphins à Cuba en 2002

Trafic des dauphins vers l’Europe

Enquête sur le commerce illégal de dauphins cubains

Une commande de dix dauphins pour la Bulgarie




La situation des dauphins à Cuba en 2002

Photo O.Collon 2001

Captifs dans une eau glauque et sale à Varadero. Photo Odette Collon 2001

 

Actuellement, en 2002, il existe cinq grands delphinariums sur l’île de Cuba, à savoir :
L’Aquarium National de la Havane, l’Aquarium de Baconao, l’Aquarium de Bahia de Naranjo- Holguin et le lagon fermé de Varadero (Matanzas) et enfin le Delfinarium de Cayo Macho (Matanzas).
Tous ces hauts lieux touristiques, fort prisés de nos « tours-operators », organisent bien entendu des séances intensives de nage avec les dauphins, à la seule exception de l’Aquarium National.

Dans ces établissements, les captifs ne font pas long feu. On les voit débarquer de la mer toute proche, encore couverts de  blessures ou d’hématomes, puis rapidement expédiés vers un autre delphinarium, dans le pays même ou à l’étranger. Il apparaît en effet qu’aujourd’hui, Cuba est devenu le principal fournisseur en « dauphins fondateurs » pour l’ensemble des delphinariums d’Europe.
Le « dolphin breeding » ou « élevage en bassin » est, on le sait, une triste fable : les delphineaux nés captifs ne vivent
jamais longtemps et ne se reproduisent pas, de sorte qu’il est nécessaire, sans cesse, d’importer de nouvelles victimes depuis la Mer Noire, les Caraïbes ou les sanglantes plages japonaises.

Notons aussi que les 3 delphineaux de Bruges expédiés au Zoomarine du Portugal partagent aujourd’hui leur prison avec quatre dauphins directement arrachés aux eaux cubaines. Ce simple fait devrait nous donner quelques doutes sur la prétendue volonté des delphinariums européens de ne compter que sur la reproduction en bassin pour alimenter leurs « collections ». Il est clair que pour éviter de plus graves dégénérescences, des chromosomes
neufs doivent de toutes façons être injectés à ce cheptel maladif de temps en temps et c’est sans doute aux dauphins cubains d’assurer ce rôle !

Fondé il y a plus de 40 ans déjà, l’Aquarium de La  Havane vient d’agrandir ses installations durant l’été 2001.
Un virus avait malheureusement décimé d’un seul coup les cinq dauphins précédemment exhibés en public mais une nouvelle fournée de captifs est venue aussitôt combler le vide.

L’Aquarium de La  Havane est bien connu pour fournir en dauphins détenus des cirques itinérants tel que le Mundo Marino au Pérou, et pour vendre régulièrement ses dauphins à des pays étrangers, ce dont il ne fait d’ailleurs pas mystère. Le plus dramatique est qu’aucun suivi n’est maintenu après la vente, les dauphins étant parfois abandonnés sur place dans leurs bassins par leurs nouveaux propriétaires en faillite.

Le dolphin- trainer Rocky Colombo, attaché au delphinarium  italien Ocean World, un jour qu’il venait de perdre une nouvelle fois deux dauphins achetés à l’Aquarium de la Havane a déclaré : « Que les dauphins soient malades ou en bonne santé, peu importe à ces gens ! »

Les eaux tièdes environnant l’île de Cuba sont certes encore peuplées de nombreuses tribus de Tursiops en liberté.
Au rythme où se font les captures, pourtant, et compte tenu du fait que ce sont généralement les femelles et les enfants qui sont pris, il faut s’attendre à de graves complications au niveau du renouvellement des populations d’ici quelques années, comme c’est déjà le cas en Mer Noire, et pour les mêmes causes.

D’après les informations disponibles sur le site du WDCS et sur le site du CSI

 

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Trafic des dauphins cubains vers l’Europe

 (Traduction d’un article du WDCS)

Fin de parcours : un delphinarium en Europe ou ailleurs. Ici, Six Flags…

Une enquête du WDCS, conduite à la fin des années 90 a révélé qu’au moment de l’étude, 33 dauphins Tursiops avaient été capturés dans les eaux cubaines et exportés vers l’Europe aux fins d’y prester des shows.

* Espagne
2 femelles sont arrivées au Parc Zoologie de Barcelone en 1990.
2 dauphins mâles et 2 femelles sont arrivés à Cadaquès en 1993 et 6 individus à l’Octopus
Park aux Canaries en 1995.

* Allemagne
2 dauphins femelles ont été accueillies à Nuremberg. Elles avaient été capturés en 1989 à l’âge de 2 ans puis expédiées vers la Suisse en 1991. Leur transfert vers l’Allemagne s’est fait au départ du delphinarium de Connyland, en Suisse, la même année.

* France
4 dauphins femelles et 2 dauphins mâles sont arrivés au Parc Astérix en 1988, moins d’un an après leur capture en pleine mer. 2 dauphins femelles sont mortes en juin 1993, puis une autre en mars 1995.

* Italie
5 delphinariums italiens ont reçu des dauphins cubains entre 1982 et 1989.

Adriatic Sea World à Riccione a ainsi recueilli « Anay », une femelle dauphin en 1989. Celle-ci a rendu l’âme dès janvier 1996.
Aquatic World à Cattolica a fait l’acquisition du dauphin « Isa » en 1993, en provenance de Riccione, où cette femelle s’était retrouvée en 1989.
Un couple de dauphins est arrivé à Gênes en 1993. Le mâle venait de Cattolica et la femelle de Riccione, non sans un détour par Cattolica.
Le delphinarium de Fasano a reçu 2 dauphins femelles en 1993.
Ces individus provenaient de Connyland, en Suisse, où ils végétaient depuis 1982. Tous deux sont morts en 1994.
Guiletta et Violetta, un mâle et une femelle, ont été importés chez Gardaland en 1989.

* Suisse: En 1991, 2 dauphins femelles ont été importés vers l’Europe à l’usage du  » Knies Kinderzoo « .
L’une d’elle, Alpha, est morte en 1993. 2 dauphins mâles et une femelle ont été enfin importés de Cuba par Connyland en 1990.

 

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Les États-Unis enquêtent sur le commerce illégal
de dauphins cubains

Photo O.Collon

Dauphins fraîchement capturés en stage à Varadero (Cuba) avant le grand départ vers d’autres horizons…

 

Février 2002

Le Gouvernement des États-Unis mène actuellement une enquête afin de savoir si des citoyens américains sont oui ou non impliqués dans un commerce illégal de dauphins captifs en provenance de Cuba, et ceci principalement au profit de divers établissements d’attractions touristiques dans les Caraïbes.

L’investigation menée par le Bureau du Service du Trésor des États-Unis, qui se charge de contrôler les transferts de capitaux étrangers et les violations possibles de l’embargo économique décrété par les USA à l’égard du régime communiste cubain, s’est principalement concentrée sur deux « parcs à dauphins  » gérés par des Américains sur Antigua et Anguilla, deux îles situées au Nord-est des Caraïbes

« Une enquête est ouverte » a déclaré à la presse l’agent spécial des douanes, M. Robert Fernandez.
« S’il s’avère qu’un citoyen des États-Unis, un résident des États-Unis ou une entité commerciale quelconque installée aux États-Unis soit impliquée dans ce type de trafic, ce serait une violation pure et simple de l’embargo « .

Le « Herald Tribune » confirmait par ailleurs que le gouvernement cubain est l’un des principaux fournisseurs actuels en matière de dauphins pour les delphinariums, tout particulièrement ceux où les touristes peuvent directement toucher ces créatures marines si populaires et nager avec eux pour une somme d’environ 150 dollars.

Il y a plus de quarante ans que les États-Unis ont imposé un embargo économique contre l’état communiste cubain.
Suite à la chute de son allié soviétique, Cuba a du lutter de toutes les manières pour trouver de nouvelles sources de devises étrangères.

On sait que la capture de dauphins sauvages à l’usage des « parcs marins » constitue depuis longtemps, une cible privilégiée des défenseurs des droits des animaux.

Si les lois américaines  permettent en principe la capture de dauphins sauvages, les actions incessantes des activistes ont imposé un moratoire de fait sur cette situation, il y a plus de dix ans, aux États-Unis mêmes.
En revanche, le Ministère cubain de la Science et de la Technologie, qui gère le tristement célèbre Aquarium National de La Havane ont mis sur pied un marché extrêmement lucratif de dauphins captifs à l’usage des Caraïbes et de l’Europe.

Célia, 38 ans, vétérinaire responsable des mammifères marins à l’Aquario National n’est autre que la fille du guérillero Che Guevara ! Triste épilogue pour une nom synonyme pour beaucoup de lutte pour la liberté et contre le capitalisme !

Che Guevara

Che Guevara

A en croire les chiffres transmis une agence spécialisée des Nations Unies qui compile toutes les informations disponibles sur les commerces des animaux vivants, La Havane a vendu au moins 82 dauphins durant ces cinq dernières années, faisant de l’île de Cuba le premier exportateur mondial de dauphins captifs.
Il faut savoir aussi que les dauphins Tursiops de l’Atlantique nouvellement capturés apportent au trésor national entre $40.000 et $70.000 dollars une fois vendu sur le marché international.

L’enquête menée par les États-Unis se concentre aujourd’hui sur un citoyen bénéficiant de la double nationalité britannique et américaine du nom de Graham Simpson, ainsi que sur son épouse Pam.
Ce couple a mis sur pied diverses attractions impliquant de dauphins captifs dans les îles d’Antigua et d’Anguilla.
Les six dauphins achetés par le Dolphin Fantasea  ont pourtant bien été vendus par l’Aquarium National de Cuba et livré sur place par avion charter russe.

Trois d’entre eux se trouvent aujourd’hui à Anguilla, dans une piscine de 17 pieds, et les trois autres dans un bassin appartenant à une compagnie associée, sur l’île d’Antigua. De 25 à 30 touristes visitent chaque jour le centre d’Anguilla. Près de la moitié d’entre eux sont des Anglais qui payent jusqu’à 105 US $ pour une demi-heure de nage étroite avec les dauphins.

Se défendant de faire souffrir ses animaux – « mon épouse Pam les aime beaucoup ! » – Graham Simpson a
déclaré qu’en toute bonne foi, il se les était procuré par l’intermédiaire d’un courtier en République Dominicaine et qu’il ignorait que Cuba était le fournisseur réel, juste avant de recevoir sa  » livraison »…

A cet instant, rapporte le « Herald Tribune », Simpson a pensé qu’en tant que citoyen britannique résident depuis au moins trois ans à Anguilla, il n’était pas concerné par les lois sur l’embargo à l’égard de Cuba. Jamais il n’a pensé que
cela pourrait être un problème !
Sa compagnie, la Dolphin Fantaseas pourrait pourtant être obligé de payer des amendes énormes ou même – dans le
cas de Simpson, de subir une peine de prison.

 

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