La mangouste cusimanse ou mangue brune

 

CUSIMANSE CROSSARCHUS OBSCURUS ou Mangue brune

 

Description  générale
La mangue brune ou « cusimanse » en anglais, possède une tête et un museau particulièrement longs et étroits, le nez dépassant au delà de la lèvre inférieure. Outre son museau étonnamment allongé, la mangue brune porte une fourrure
épaisse et pâle comme un duvet, sous une fourrure externe ébouriffée et sombre. Les pattes et la queue portent une fourrure plus courte tandis que la tête est couverte d’un poil lisse et très court, pâle autour de la bouche et au-dessus des yeux.

Cet aspect physique – longues soies sur un revêtement de poils chauds et épais -suggère qu’il s’agit d’une adaptation au milieu humide des sous-bois tropicaux et à ses incessantes averses.
Les extrémités des pattes dépourvues de poils indique par ailleurs une adaptation au sol boueux et à la consommation de proies glissantes et visqueuses, car elles assurent une meilleure prise et se nettoient facilement par léchage.
Les griffes des pattes antérieures permettent par ailleurs de creuser aisément dans le bois mort et d’en ouvrir les galeries de larves.

De tous les membres de la famille « crossarchus », la mangue brune est donc la mieux préparée à vivre dans la forêt pluvieuse équatoriale : elle s’alimente sur la faune du « plancher forestier » et dans les arbres morts en décomposition. Les vers de terre tirés du sol, le larves de coléoptères dans une souche pourrie, les araignées, les escargots et les insectes font partie de son ordinaire.

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Shakti fouille les feuilles mortes

 

 Elle s’en prend également aux crabes, grenouilles, reptiles, petits mammifères et même oiseaux avec leurs oeufs. Afin d’en briser la coquille, la mangue se saisit des oeufs et les jette sur un souche ou une pierre à plusieurs reprises.
Des fruits et les champignons font parfois partie du menu.  Certains témoignages attestent de chasses collectives : les mangues brunes s’en prendraient au rat géant de Gambie, comme des loups s’attaquant à une brebis !

Lorsqu’elle mange, la mangue le fait toujours à toute vitesse, sur le qui-vive et sans jamais partager sa proie. En revanche, la solidarité est très intense entre les membres d’un même groupe familial qui se viennent mutuellement en aide.

Comme quelques autres mangoustes, le comportement de la mangue brune est en effet social et grégaire : elle vit dans des groupes familiaux qui comptent jusqu’à 12, voire 20 individus. Ceux-ci ne cessent de maintenir le contact
entre eux à l’aide de petits cris subtilement modulés et de pépiements, tandis qu’ils rôdent en ordre dispersé à la recherche de nourriture. On pense que leur structure sociale pourrait ressembler à celle de la mangouste rayée, à savoir : un « roi » et une « reine » mène le groupe, composé le plus souvent d’enfants devenus grands et attendant de se reproduire, tandis que les bébés du couple dominant sont pris en charge par la collectivité. Les deux sexes pratiquent le marquage olfactif, à l’aide de glandes péri-anales et d’autres se trouvant sur leurs joues.
Ce sont surtout les mâles qui marquent le plus abondamment leurs territoires  au moment de la reproduction.

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Pourtant, à la différence des mangoustes de savanes, la mangue brune semble peu attachée à une termitière ou à un terrier particulier mais se comporte plutôt en nomade, se déplaçant sans cesse d’un bout à l’autre de son territoire.
Au moment de la naissance des petits, le groupe s’installe de manière plus permanente sous un tronc
mort ou dans l’enchevêtrement d’un nid de lianes.

Les mangues brunes sont diurnes : la nuit, elles se rassemblent dans des terriers qu’elles creusent ou dans une termitière. Elles grimpent rarement aux arbres à moins d’y être forcée afin d’échapper à un ennemi. La femelle
donne plusieurs portées par an, à raison de 2 à 4 jeunes à chaque fois.
La période de gestation est environ 70 jours ou dix semaines. les enfants deviennent adultes à l’âge de 9 mois. Les spécimens captifs se multiplient trois fois par année. On estime leur temps de vie à environ neuf ou dix ans, toujours en captivité. Très peu d’études ont été menées en forêt et l’animal aura sans doute disparu avant qu’on ne les fasse.

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Les mangues « Crossarchus » semblent avoir rayonné dans trois ou quatre directions distinctes :
La mangue d’Ansorge ressemble beaucoup à la mangouste de Gambie. Elle occupe une forêt plus sèche au sud du bassin du Zaïre. Son museau est plus court que celui du cusimanse d’Alexandre, qui occupe également le bassin du Zaïre mais plus au nord.

Le cusimanse d’Alexandre ressemble à la mangouste du Libéria et partage sans doute avec elle une ascendance commune.

La mangue brune occupe quant à elle la zone de forêts pluvieuse qui subsiste encore au entre la Sierra Leone et Nigeria ou bien les zones de broussaille dense. Bien qu’actuellement considérée comme non-menacée, la mangue brune n’en est pas moins activement chassée à l’aide de chiens et alimente notamment les marchés en « bush-meat » au même titre que les chimpanzés qui partagent le même habitat.

La petite Shakti n’a pas eu la chance de vivre une vraie vie de mangouste…

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