Les delphinariums en Europe

Le delphinarium de Varana, en Bulgarie, pays qui rejoindra l'Europe d'ici peu... Assez loin des normes officielles !

2014

Les delphinariums en Europe

Dossier complet de la Dolphin Connection disponible au format PDF 

Wikie poussant Keijo hors du bassin à Antibes


sommaire

Les parcs marins violent les lois européennes !

Dauphins captifs en europe et ailleurs

Pourquoi tous les delphinariums anglais ont-ils fermé leurs portes en 1993 ?

Opération Into the Blue

Un nouveau groupe d’enquête européen

Un seul article à amender !

La situation des delphinariums en Europe (2004)


France

Finlande

Espagne

Portugal

Allemagne

Italie

Norvège


2004
LA SITUATION EN EUROPE

Eeverti l'un des dauphins captifs le plus au Nord du monde (Finlande)

2014
Les delphinariums en Europe

2004
Les pays qui ont renoncé aux spectacles de delphinariums sont le Royaume Uni, la Croatie, la Norvège, l’Autriche, le Danemark et la Pologne.

Ceux qui persistent dans cette pratique d’inspiration américaine sont la France, l’Allemagne, la Suisse, la Belgique, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, la Finlande, la Lituanie, Malte, Chypres et la Suède.

Quant à la Bulgarie et la Roumanie qui devraient intégrer l’Union européenne en 2007 (aucune date n’a  encore été fixée pour la Turquie), rappelons d’ores et déjà que ces deux pays sont intimement concernés par le commerce des dauphins de la Mer Noire.

Les chiffres

Le dernier rapport disponible à propos de la situation des dauphins captifs en Europe a été rédigé par M. Manuel Hartman, vétérinaire au Zoo de Duisburg, qui s’intitule :  » The European studbook of bottlenose dolphins (Tursiops truncatus) : 1998 survey results. Aquatic Mammals 26(2): 95-100″. [publié par le Zoo de Duisburg, Meulheimer Str. 273, 47058 Duisburg, Germany).
Voici les chiffres qu’il nous donne :

* En  janvier 1998, 181 dauphins Tursiops étaient captifs dans l’enceinte de 30 établissements dans 11 pays d’Europe.  Le chiffre augmente puisqu’en 1991, il n’y avait que 91 dauphins
pour 25 établissements et 137 en 1993 pour 26 établissements.

* Sur ces 181 individus, 70 sont des mâles et 111 des femelles.
48, 6 % des mâles et 74,8 % des femelles ont été capturés en milieu naturel. Ils sont à ce titre qualifiés de « fondateurs».

* 35,4% de la population carcérale est née en captivité, soit 51,4% de tous les mâles et 25 ,8% de toutes les femelles.

* Les dauphins nés en captivité sont principalement âgés de moins de dix ans. La femelle née captive la plus âgée a 14 ans. Le mâle né captif le plus âgé a 16 ans. L’âge moyen des femelles nées captives est de 4,3 ans et celui des mâles de 6,4 ans.

* En 1998, parmi les dauphins capturés en mer (fondateurs), le plus vieux mâle survivant avait 41 ans et la plus vieille femelle 37. L’âge moyen des femelles « fondatrices » n’est cependant que de 19,2 ans et celui des mâles fondateurs de 20,2 ans.

*  Le rapport laisse entendre que la reproduction en bassin a commencé à se pratiquer de manière rentable seulement à partir des années 90 et que dès lors, un rapport ultérieur sera nécessaire. Il applaudit à la naissance de dauphins captifs de la troisième génération, c’est à dire dont les parents sont eux-mêmes nés captifs mais regrette que ce tour de force ne soit pas encore survenu en Europe… et pour cause ! On se demande en effet comment les dizaines de delphineaux morts depuis seront recensés par ce genre de rapport, essentiellement destiné à justifier l’Industrie du Delphinarium.

Chiffres récents (mars 2011) :
Naissances en bassin


bruges-dec2222

Dauphin à Bruges

Législation et normes minimales

Toutes les espèces de cétacés sont mentionnées en l’annexe A de la Directive No 338/97 DU CONSEIL européen du 9 décembre 1996 relatif à la protection des espèces de faune et de flore sauvages par le contrôle de leur commerce.

Tout échange à but strictement commercial de ces espèces mentionnées par cette annexe A est interdit.
Cependant, l’industrie de la captivité utilise les «exceptions» présentes dans cette directive pour continuer ses importations, tout particulièrement celles de dauphins Tursiops.

L’une des plus importantes et des plus utilisées de ces exceptions est celle qui permet l’importation de cétacés pour des raisons scientifiques, éducatives ou afin de participer à des programmes de reproduction, termes qui ne sont pas strictement ou suffisamment définis. Cette échappatoire légale a pour conséquence de permettre l’importation continue des dauphins sauvages capturés afin d’approvisionner les zoos et les parcs marins d’Europe.

Les principaux pays importateurs de l’Union européenne sont aujourd’hui l’Espagne et le Portugal.
La plupart des dauphins captifs en Europe proviennent des eaux cubaines.

L’association WDCS a rédigé un rapport dénonçant «Les Arguments scientifiques pour maintenir des cétacés dans la captivité» qui conclut que :

– Le confinement que suppose la vie en captivité, combiné avec le comportement altéré des animaux dans un environnement artificiel, le nombre restreint d’animaux dressés et les origines génétiques très mélangées des populations de cétacés captifs disqualifient d’emblée les recherches scientifiques menées en bassin, dont la raison d’être officielle est en principe de mieux connaître et d’aider les dauphins sauvages. Les études de plus en plus pointues qui sont menées actuellement en pleine mer sur des animaux libres sont à cet égard infiniment mieux à même de nous informer sur la vie des dauphins que ces pseudo-recherches menées sur des animaux stressés, malades, et confinés.

Se fondant sur le fait que la population des dauphins Tursiops en captivité ou toute autre espèce de cétacés maintenus en delphinarium en Europe ne peut se reproduire d’elle-même de manière suffisante et que la valeur éducative des shows n’est certainement pas évidente, le rapport conclut que toute importation des cétacés en vue de leur exposition publique devrait s’interrompre immédiatement.

Convention européenne sur la diversité biologique (CBD) 

La CBD définit clairement en son article 9 les critères relatifs à la conservation Ex-Situ (« Ex-Situ » signifie la « conservation des composants de la diversité biologique en dehors de leurs habitats normaux ».)

Article 9. Conservation ex situ
Chaque Partie contractante, dans la mesure du possible et selon qu’il conviendra, et au premier chef afin de compléter les mesures de conservation in situ :
a) Adopte des mesures pour conserver ex situ des éléments constitutifs de la diversité biologique, de préférence dans le pays d’origine de ces éléments;
b) Met en place et entretient des installations de conservation ex situ et de recherche pour les plantes, les animaux et les micro-organismes, de préférence dans le pays d’origine des ressources génétiques;
c) Adopte des mesures en vue d’assurer la reconstitution et la régénération des espèces menacées et la réintroduction de ces espèces dans leur habitat naturel dans de bonnes conditions;
d) Réglemente et gère la collecte des ressources biologiques dans les habitats naturels aux fins de la conservation ex situ de manière à éviter que soient menacés les écosystèmes et les populations d’espèces in situ, excepté
lorsque des mesures ex situ particulières sont temporairement nécessaires, conformément à l’alinéa c) ci-dessus;
e) Coopère à l’octroi d’un appui financier et autre pour la conservation ex situ visée aux alinéas a) à d) ci-dessus, et à la création et au maintien de moyens de conservation ex situ dans les pays en développement.

Les cétacés maintenus dans les delphinariums européens ne sont jamais capturés, à de très rares exceptions près, dans les eaux européennes. Ils ne sont donc pas conservés dans leur pays d’origine, comme l’impose la CBD.

Aucun delphinarium européen n’a par ailleurs jamais participé à la réhabilitation ni à la réintroduction de l’espèce la plus commune dans leurs bassins : le dauphin Tursiops ou Dauphin Nez en Bouteille dont les population sont par ailleurs abondantes dans le monde entier, au contraire d’autres espèces de cétacés infiniment plus menacés (dauphins de rivière, mésoplodons, etc. ) mais que l’on est incapable de garder vivants en captivité.

De manière générale, aucun delphinarium européen n’est parvenu à mettre en place un programme de reproduction réussi. On attend toujours la naissance de dauphins de la troisième génération, c’est à dire nés de parents captifs et engendrant à leur tour d’autres dauphins captifs. (Note 2015 : Cet objectif a été atteint depuis lors, dans quelques delphinariums occidentaux.)

Ces faits sont en contradiction flagrante avec les recommandations de la CBD, mais également avec celles de l’IUCN qui stipule : « La réintroduction en milieu naturel devrait constituer l’objectif final de tous les programmes de reproduction en captivité ».

Alors que les prétendus  » programmes de reproduction  » se révèlent un échec, l’industrie feint toujours d’ignorer le but final de ce type de programme, qui est le retour des animaux élevés captifs à la vie libre. En outre, puisque ce sont principalement des jeunes femelles que l’on capture, ces prises constituent un danger réel pour la perpétuation de l’espèce en liberté.

Dimensions minimum des bassins

Aucune directive globale sur les dimensions des bassins ou sur les conditions de captivité n’a été imposée par l’Union européenne pour maintenir des cétacés « ex-situ», en dehors de leur habitat normal. Lorsqu’il s’agit de captivité, parler de la taille plus ou moins grande des piscines n’a pas grand sens.

Les cétacés sont biologiquement adaptés à la vie dans les océans et aucune installation au monde ne pourra jamais fournir un accueil adapté aux besoins réels de ces créatures marines. Cependant, il est intéressant de connaître quelles sont les normes proposées par l’industrie de la captivité elle-même.

L’E.A.A.M. (association européenne pour les mammifères aquatiques) recommande ainsi les dimensions minimum suivantes des bassins destinés à accueillir des dauphins Tursiops :

L’espace total disponible en piscine (en ce compris les bassins sanitaires ou d’isolement) doit être calculé pour respecter les normes minimales suivantes en vue d’accueillir un ensemble de cinq animaux.
Superficie en surface : 275 mètres carrés + 75 mètres carrés par animal additionnel. Un secteur au moins de cette superficie devrait disposer d’une profondeur minimum de 3,5 m. Volume total de l’eau: 1000 mètres cubes + 200 mètres cubes par animal additionnel.  Tout établissement qui remplit les conditions requises au points 1et 2 mais ne répond qu’à 10% du point 3 est jugé acceptable.

Rappelons que selon toutes les sources scientifiques autorisées, un dauphin mâle juvénile peut effectuer des pointes de 54 km/h. Il se déplace plus généralement à la vitesse de 4 à 20 km/h. Si le même individu nage à cette vitesse en bassin, dont la longueur conseillée est d’une dizaine de mètres, il pourra foncer droit devant lui … pendant moins d’une seconde !

En ce qui concerne la profondeur (3.5 m. pour 80 % de la surface du bassin et 5 m. pour les 20 % qui restent) soulignons le fait que les dauphins Tursiops du Pacifique plongent parfois à 535 mètres de profondeur et que les dauphins Tursiops de l’Atlantique peuvent aisément descendre sous 390 mètres d’eau.

Enfin, alors qu’on nous montre en bassin des groupes sociaux étriqués (un mâle, quelques femelles et leurs bébés nés captifs), insistons sur le fait que les dauphins vivent au sein d’une société complexe, dont l’unité de base – le «clan » ou « pod » de Grand Dauphins de l’Atlantique compte en moyenne 10 à 15 individus et la structure élargie – la tribu – une bonne centaine d’individus, sans compter les « alliances politiques » de tribus à tribus qui mènent parfois à des concentrations de plusieurs milliers de dauphins culturellement apparentés.

Ces normes ne satisfont évidemment pas aux besoins des dauphins et ne correspondent pas aux projets de recommandation de l’UE soumis en 1990 mais jamais imposés.
Tandis que l’EAAM suggèrent que « la conception des bâtiments qui abritent des dauphins doit tenir compte de la biologie de ces mammifères », on constate qu’aucun delphinarium européen ne répond à cette norme.

À moins, naturellement, que le public admette qu’un réservoir en béton nu reproduit fidèlement le monde aquatique des dauphins libres.

D’après un document de synthèse de l’association WDCS

 

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Un nouveau groupe d’enquête européen ?

Prison pour dauphins au Portugal

Le fait que la captivité soit objectivement désastreuse pour les cétacés (dauphins, orques et bélougas) ne relève nullement d’une spéculation «anthropomorphique» : le taux de mortalité de ces mammifères marins est ahurissant, même lorsqu’on le compare aux décès de toutes les autres espèces détenues dans les zoos (30 Tursiops décédés en 30 ans à Anvers, plus de 46 à Duisburg pour la même période, 12 morts en 14 ans à Bruges ) tandis que la durée de vie moyenne des cétacés captifs est réduite de moitié dans le meilleur des cas.

La reproduction en bassin, prônée avec tant de fougue par les établissements actuels, ne produit que des êtres chétifs et souffreteux, à peine capable d’atteindre l’âge adulte.
Sait-on qu’il fait traiter aux antidépresseurs les mères privées de leurs delphineaux ? Sait-on que lorsque ceux-ci sont arrachés à leur mère pour se voir expédiés vers quelque lointain bassin, ils continuent à l’appeler plaintivement pendant des semaines ? La promiscuité atroce due à la surpopulation et au manque d’espace génère un climat e tension dont nous ne devinons la violence que par ses effets.

Ceux-ci sont dévastateurs si l’on en juge par la mort toute récente du dauphin dominant de Duisburg, PlayBoy ou d’autres nombreux décès qui, fort malheureusement, ne sont jamais signalés par les zoos eux-mêmes mais plutôt par le biais d’activistes attentifs.

Par ailleurs, rien dans l’environnement du delphinarium ne se rapproche, même de loin, des conditions de vie réelle, de sorte que les comportements observés, aussi bien que les pathologies, n’ont aucun sens en terme scientifique et encore moins en termes pédagogiques.

Il est clair que dans un tel contexte et compte tenu des dégâts que provoque la captivité à différents niveaux, la nécessité de mettre sur pied un nouveau Groupe d’Enquête, inspiré de celui de 1986 mais cette fois, à l’échelle de toute l’Europe, s’impose comme une évidence.

Un tel groupe prendrait compte les nouvelles avancées scientifiques dans le domaine de l’éthologie cognitive et concevrait sur cette base une nouvelle réglementation, laquelle serait fondée pour sa part sur un réexamen attentif de la situation de tous les delphinariums de l’Union Européenne, cas par cas.

Nul doute qu’un semblable examen à la lumière d’un tel article, n’aboutisse, presque nécessairement, à l’interdiction progressive de ces pratiques obsolètes, extrêmement coûteuses en termes de vies de dauphins et en souffrances individuelles.

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Un seul article à amender 

RÈGLEMENT (CE) No 338/97 DU CONSEIL du 9 décembre 1996 relatif à la protection des espèces de faune et de flore sauvages par le contrôle de leur commerce

Article 8
Dispositions relatives au contrôle des activités commerciales

1. Il est interdit d’acheter, de proposer d’acheter, d’acquérir à des fins commerciales, d’exposer à des fins commerciales, d’utiliser dans un but lucratif et de vendre, de détenir pour la vente, de mettre en vente ou de transporter pour la vente des spécimens d’espèces inscrites à l’annexe A.(entre autres, tous les cétacés)

2. Les États membres peuvent interdire la détention de spécimens, notamment, d’animaux vivants appartenant à des espèces de l’annexe A.

3. Conformément aux exigences des autres actes législatifs communautaires relatifs à la conservation de la faune et de la flore sauvages, il peut être dérogé aux interdictions prévues au paragraphe 1 à condition d’obtenir de l’organe de gestion de l’État membre dans lequel les spécimens se trouvent un certificat à cet effet, délivré cas par cas, lorsque les spécimens:

a) ont été acquis ou introduits dans la Communauté avant l’entrée en vigueur, pour les spécimens concernés, des dispositions relatives aux espèces inscrites à l’annexe I de la convention, à l’annexe C 1 du règlement (CEE)
n° 3626/82 ou à l’annexe A du présent règlement
ou
b) sont des spécimens travaillés ayant été acquis plus de cinquante ans auparavant
ou
c) ont été introduits dans la Communauté conformément aux dispositions du présent règlement et sont destinés à être utilisés à des fins ne nuisant pas à la survie de l’espèce concernée
ou
d) sont des spécimens nés et élevés en captivité d’une espèce animale ou des spécimens reproduits artificiellement d’une espèce végétale, ou une partie ou un produit obtenu à partir de tels spécimens
ou
e) sont nécessaires, dans des circonstances exceptionnelles, au progrès scientifique ou à des fins biomédicales essentielles dans le respect des dispositions de la directive 86/609/CEE du Conseil, du 24 novembre 1986, concernant le rapprochement des dispositions législatives, réglementaires et administratives des États membres relatives à la protection des animaux utilisés à des fins expérimentales ou à d’autres fins scientifiques, lorsqu’il s’avère que l’espèce en question est la seule répondant aux objectifs visés et que l’on ne dispose pas de spécimens de cette espèce nés et élevés en captivité
ou
f) sont destinés à l’élevage ou à la reproduction et contribueront de ce fait à la conservation des espèces concernées
ou
g) sont destinés à des activités de recherche ou d’enseignement visant à la sauvegarde ou à la conservation de l’espèce
ou
h) sont originaires d’un État membre et ont été prélevés dans leur milieu naturel conformément à la législation en vigueur dans ledit État membre.

Ne manquent donc plus que des juristes chevronnés pour prouver noir sur blanc ce que tout le monde sait déjà :

* Les recherches menées par les delphinariums sur leurs détenus n’ont aucune valeur scientifique, du fait des conditions de vie aberrantes qu’on leur impose et qui ‘ont strictement rien à voir avec leur vie sociale, affective et culturelle en milieu naturel.

* L’exhibition de cétacés artificiellement regroupés dans des piscines chlorées et contraints par la faim et l’ennui à se livrer à des tours de cirque n’ont aucune valeur pédagogique et constitue bien au contraire un contre-exemple et une désinformation manifeste pour les enfants qui
assistent à ces shows.

(Lire plus haut)

La détention des cétacés se doit donc d’être désormais interdite dans tout l’espace européen !


La fin des delphinariums anglais

Opération Into the Blue