Dauphins captifs : une conférence au Parlement européen

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Compte-rendu WDC


Mardi 9 octobre 2012, une conférence co-organisée par la WDCS a eu lieu  au Parlement Européen sur le thème de la captivité des dauphins.

En présence d’un auditoire qui comptait sans doute plus de convaincus (parmi lesquels les sympathiques Dr Yvan Beck et Dos Winkel), que de parlementaires européens ou de journalistes, Karsten Brenzing y donna pourtant un exposé d’une qualité exceptionnelle. Par la magie d’un simple power point, il confronta les conditions de vie des dauphins captifs à celles des cétacés libres.

Entre autres exemples, il rappela qu’en milieu naturel, un delphineau nouveau-né et sa mère étaient entourés et pris en charge par quelques 75 autres individus. Et qu’il entretenait par la suite des relations avec un minimum de 250 personnes à nageoires.  On est bien loin des six dauphins maladifs de Bruges, qui ne connaissent que leurs dresseurs…

Plusieurs diagrammes nous firent (re)découvrir l’extraordinaire complexité de la société dauphins comparée à la pauvreté extrême des relations dont les captifs peuvent bénéficier.
Alors qu’au sein des tribus sauvages, les mâles vont par duo, trio, et s’allient jusqu’au troisième degré, ils sont réduits en bassin à n’être que des étalons solitaires, ou dominants des nés-captifs malmenés et interdits de reproduction du fait de leur consanguinité avec les femelles prisonnières.

La pauvreté dramatique de cette vie sociale contrôlée par l’Homme est l’une des causes de l’importante mortalité des jeunes.

Car tandis que les gérants des cirques aquatiques nous assènent fièrement les chiffres de l’augmentation de leurs naissances en bassin, ils négligent de mentionner l’augmentation concomitante de la précocité des décès.
La mort de quatre dauphins au Boudewijn Seapark en moins de deux ans en fournit la preuve, s’il en était besoin.
En conséquence, les delphinariums s’inquiètent.
Au rythme où vont les choses, il va falloir capturer ou faire capturer à nouveau des stocks d’esclaves frais, comme s’y préparent les USA avec leurs 18 bélugas russes.

Roxanne et Bruce ç Bruges. L’enfant est mort en moins d’une semaine. ce qui est incompréhensible dans le contexte surmédicalisé d’un delphinarium.

 

L’Industrie néglige aussi de mentionner l’importation incessante de dauphins capturés en mer mais « blanchis » comme de l’argent sale au terme d’un passage dans un delphinarium étranger. 285 cétacés captifs ont ainsi été importés dans l’’Union Européenne entre 1979 et 2008.

Revenant sur le fait que les dauphins disposaient de noms propres, d’une conscience de soi et d’une multitude d’autres capacités cognitives inconnues chez toute autre espèce que chez l’Homme,  Karsten Brenzing revint sur la
Déclaration d’Helsinki, réclament entre autres choses le droit à la liberté de ces « personnes non-humaines ».

Bref, son exposé aurait toute sa place au sein du Conseil du Bien-être des Animaux qui travaillerait, paraît-il, à une amélioration des conditions de vie de nos dauphins captifs en Belgique.
Tant il est vrai que face à l’argumentaire présenté aujourd’hui, on se demande vraiment comment les responsables du Boudewijn Seapark pourraient encore sérieusement défendre leur cause, si ce n’est  au nom de la sauvegarde de l’emploi et de leurs intérêts commerciaux. Aucun dauphin au monde n’a jamais choisi délibérément de vivre en prison.

Les enfants des écoles ne purent venir nous rejoindre : une manifestation de camionneurs les ont en effet empêchés d’atteindre le Parlement européen. En revanche, les milliers de petits origamis en forme de dauphins qu’ils avaient fabriqués étaient bien là, témoignage de manière émouvante du fait que fondamentalement, les enfants sont parfaitement conscients de la souffrance qu’engendre la captivité.

En renforçant en Belgique francophone et néerlandophone les actions de sensibilisation dans les écoles, nous frapperons à coup sûr l’Industrie du Dauphin Clown là où cela lui fera le plus mal : en plein dans son coeur de
cible, les gosses désinformés et leurs instituteurs.

Emouvants petits témoignages de l’amour que les enfants portent aux dauphins libres

Rappelons que c’est grâce à Karsten Brenzing, plongeur émérite, navigateur, scientifique de haut niveau et passionné de la mer, que le delphinarium de Nuremberg s’est vu légalement contraint de rendre publiques ses archives vétérinaires, révélant que les dauphins de ce « zoo » étaient drogués jusqu’à l’os au Valium depuis des décennies…
Entre autres médications suspectes !

On aimerait bien sûr que le delphinarium de Bruges livrent spontanément ses propres dossiers vétérinaires au Conseil du Bien-être animal, ce qui nous permettrait de savoir de quoi est morte, par exemple, Flo en janvier dernier. Chose curieuse, ces documents ne sont jamais communiqués au grand public.
Il a fallu un procès en bonne et due forme pour obliger le delphinarium de Nuremberg à livrer ses vilains secrets.
On ne cache que ce dont on a honte.

Regrettons une fois encore que les Commissaires et Députés européens (parmi lesquels Mme Isabelle Durant, que j’avais personnellement invité) aient quelque peu brillé par leur absence Mais qui se soucie vraiment du
« bien-être animal » dans ce temple babylonien d’un luxe inouï que sont les bâtiments de l’Union Européenne ?

Qui accorde ne serait-ce qu’un regard à ces « poissons qui respirent » et qui pourtant, jettent à la figure de l’Humanité la plus fantastique révolution paradigmatique depuis Copernic, Darwin ou  Einstein : oui, il existe sur cette planète des consciences non-humaines dont la puissance cognitive égale ou qui surpasse la nôtre ! 
Et ces gens-là se doivent d’être protégés !

Le site de la WDC publie ce 10/12 le compte-rendu de cette journée, qui accueillit tout de même deux Parlementaires européens.

 

Linda capturée en Floride, vivait depui 1988 au delphinarium de Bruges. Elle en a été retirée puis envoyée dans un aquarium sub-standard à Gènes pour faire de place, en même temps que son fils Mateo, dont elle a été séparé à jamais en 2012. Elle fut rendue au delphinarium de Bruges en 2014 Elle vit aujourd’hui avec un seul compagnon, ce qui est illégal.


 

Texte d’introduction

Les dauphins et autres cétacés captifs dans l’’Union Européenne

Ce que vous devez savoir :

L’’Union Européenne compte 35 delphinariums, qui détiennent plus de 300 cétacés captifs, principalement des dauphins. Tous les delphinariums, à l’exception d’un seul, sont titulaires d’une licence de « jardin zoologique ».
A ce titre, ils sont soumis aux règlementations de la Directive 1999/22/CE du Conseil de l’(Europe et tenus de participer à des activités de conservation, de recherche et d’éducation.

15 des 27 Etats membres de l’‘UE, parmi lesquels la Belgique, possèdent des delphinariums. Ceux-ci exhibent leurs cétacés à un public payant, lors de spectacles standards. Certains établissements proposent également des séances de delphinothérapie, de nage avec les dauphins ou des séances-photos aux côtés de « l’’animal ».

«L’’Enquête sur les delphinariums de l’Union Européenne » (2011/2014) réalisée sur base de l’’étude de 18 delphinariums, a révélé qu’’aucun delphinarium de l’Union européenne ne répondait aux exigences de la directive 1999/22/CE.

* Aucun des zoos passé en revue n’apporte de contribution significative à la conservation de la biodiversité.

* Aucune réintroduction en milieu naturel des cétacés nés dans ces delphinariums n’est jamais réalisée. En revanche, de plus en plus de dauphins et autres cétacés doivent être capturés afin de maintenir à niveau la population captive, en raison des décès prématurés et du faible taux de natalité en captivité.

* 285 cétacés captifs ont été importés dans l’Union Européenne entre 1979 et 2008.

* Moins de la moitié des zoos promeuvent activement des activités de recherche sur leurs sites Web.

* Tous les delphinariums de l’Union européenne exhibent leurs cétacés à un public payant lors de spectacles accompagnés d’une forte musique, laquelle exerce des effets négatifs sur les cétacés. Ces shows encouragent les comportements non naturels et souvent comiques chez les animaux, afin de divertir le public.

* La plupart des zoos passés en revue montrent peu d’empressement à éduquer leur public, que ce soit à propos de la biologie de l’espèce ou de la nécessité de sa protection en milieu naturel.

* Les contacts directs entre les cétacés captifs et le public exposent tant les personnes que les animaux à des risques importants de maladies et de blessures. 19 des zoos de l’UE proposent pourtant ce type de contacts.

• Les cétacés captifs n’ont aucune possibilité d’exprimer leurs comportements naturels. Il n’est donc pas rare d’’observer chez eux des signes de stress, telle que l’’automutilation.

La pédagogie au Boudewijn Seapark de Bruges

 

La WDC souhaiterait que :

– le Conseil des Ministres Européens et la Commission Européenne des Ministres et la Commission européenne prennent en urgence les mesures nécessaires pour protéger les dauphins et autres cétacés captifs de l’Union Européenne.

– l’’importation de cétacés capturés en milieu sauvage soit interdite dans l’’Union Européenne.

– les États Membres adoptent une législation stricte quant au maintien de ces animaux en captivité, planifient à terme la disparition progressive de ces établissements au niveau national et interdisent la construction de tout nouveau delphinarium.
(Traduction YG pour la WDC)

Qui se soucie des dauphins parmi ces travailleurs acharnés à défendre nos intérêts ?

Pour une Europe sans delphinarium

Belgique et captivité