Dauphins et autres cétacés de la Côte Belge

Rudolf visite la plage de Knokke-Heist le 11 août 2010.


Dauphins de la Côte Belge
et autres cétacés

Le site de l’UGMM

Voir des cétacés libres au large d’Ostende !


 

8/2/2012

Un voyageur s’est éteint sur nos plages…

Un cachalot s’est échoué à proximité de la digue de Zeebrugge, le matin du 8 février 2012.
Le mammifère marin était toujours vivant sur la plage. Mais en fin de matinée, il a succombé à ses blessures. Selon les sauveteurs, le cachalot ne respirait plus depuis plus d’une demi-heure.

L’animal mesurait près de 13 mètres de long et présentait plusieurs blessures. Il s’agissait donc d’un jeune individu, non encore parvenu à sa taille maximale.

Au XXe siècle, des cachalots se sont échoués sur nos plages en 1954, en 1989 et en 1994, année au cours de laquelle ils furent 4 (3 à Coxyde et 1 à Nieuport). En 1991, un cachalot échoué est parvenu à s’en retourner dans les eaux tout seul.
Quelques années plus tard, un cétacé qui s’était déjà échoué à Norfolk, sur les côtes anglaises, a été retrouvé sur la plage de Coxyde, le 26 février 2004.

Selon l’UGMM, la mer du Nord n’est pas un environnement qui convient aux cachalots. L’UGMM indique que les cachalots mâles effectuent des migrations régulières.
« Alors que les femelles restent au sud, des groupes de mâles provenant de régions subtropicales du nord de l’océan
Atlantique se dirigent vers les mers plus froides du Nord avant de revenir vers le sud en automne ».

Sur le chemin du retour, certains de ces cachalots se trompent de direction – et sont distraits de leur route par le bruit des plates-formes pétrolières – et s’engagent alors dans la Mer du Nord, à l’Est de l’Ecosse, au lieu de continuer au large dans l’Atlantique.
Une fois en Mer du Nord, leur culture ancestrale leur dicte de garder cap au sud, là où la mer hélas est trop peu profonde et où les nombreux bancs de sable constituent autant de pièges.

Paix à l’âme de ce jeune « bachelor » qui retournait voir sa famille et ses petites copines. C’était une personne à part entière, quelqu’un qui portait un nom,et parlait un langage, un garçon qui avait une maman, des soeurs, des cousines, des frères, des amis, une histoire.
Personne ne saura jamais rien de tout cela…


 

15 avril 2011
Des orques en Mer du Nord !

Quatre orques ont été signalées à deux reprises dans les eaux françaises et britanniques de la mer du Nord à hauteur de Calais, vient de faire savoir Jan Haelters du Koninklijk Instituut voor Natuurwetenchappen (KBIN – Institut royal des Sciences naturelles).

« La présence d’orques dans le sud de la mer du Nord est rare mais possible. Ces observations doivent cependant être confirmées. »
Aucune orque n’a été aperçue dans la partie belge de la Mer du Nord durant les 20e et 21e siècles.
En effet, le dernier spécimen observé s’est échoué en 1850.
« Les orques sont parfois confondues avec des dauphins à nez blanc », souligne M.Haelters.

Comme les orques parcourent de grandes distances, il n’est pas possible de savoir si elles nageront dans les eaux belges.
« Actuellement, il faut d’abord déterminer s’il s’agit bien d’orques. Nous verrons si d’autres signalements sont recensés dans les jours à venir. »
Le fait que des orques se trouvent en mer du Nord ne signifie pas nécessairement qu’elles soient en difficulté, ajoute en substance Jan Haelters. Puisqu’il s’agit d’orques « transient », qui s’attaquent à d’autres mammifères marins – au contraire des « résidents », qui ne mangent que du saumon et vivent le long des côtes – il est assez logique qu’elles viennent chasser chez nous.  Les phoques et marsouins, leurs proies préférées, n’ont jamais été si abondants dans nos eaux.

Signalons tout de même que la très jeune orque Morgan s’est échouée récemment sur les côtes des Pays-Bas.
Aussitôt « acquise » par le Dolfinarium de Harderwijck, elle va finir ses jours à Loro Parque ou à SeaWorld, alors qu’il aurait été si facile de la remettre dans les nageoires de sa maman…
Etait-ce son « pod » qui recherchait son bébé ? Allez savoir ! Tout est possible avec les cétacés. On a bien vu un jour une orque libre se poster devant le delphinarium de Nagoya (Japon) où se mouraient nombre de ses semblables…..

A free orca in Nagoya. AFP photo Feb.2000

A free orca in Nagoya. AFP photo Feb.2000


août 2010

Un dauphin ambassadeur nommé Rudolf amuse les baigneurs le long de la côte belge

 

C’est tellement mieux de les voir libres

Lire nos dossiers

Depuis le 20 juillet 2010, un Grand Dauphin ambassadeur surnommé Rudolph – personne ne s’est soucié d’enregistrer sa signature sifflée,  c’est à dire son VRAI nom –  joue le long des côtes de Knokke en Belgique. Serait-ce notre ami Dony Randy Georges qui serait de retour ? Ou bien un nouveau venu ? L’’analyse de son aileron dorsal semble plaider pour cette dernière hypothèse.

Quoiqu’il en soit, il faut voir les yeux émerveillés des enfants !
Rien de plus magnifique que de regarder un dauphin bondir de joie en pleine mer (car ces sauts, c’est de la joie pure, exactement comme lorsque nous levons les bras en l’air en hurlant : »Wow ! Super ! » ) plutôt que dans un lavabo chloré, sous la contrainte d’une faim programmée.

Prions donc pour que le Boudewijn Sea Park de Bruges (qui inonde aujourd’hui la Belgique de ses scandaleuses publicités) ou le Dolfinarium de Harderwijck, ne se mettent pas en tête de tenter de capturer cet ambassadeur, comme il avaient déjà tenté de le faire avec Dony en 2002, au nom de sa prétendue protection !

Pour en savoir plus sur ce dauphin de Knokke, un article a été publié récemment.

Rappelons à ce propos que le phénomène « dauphin ambassadeur » reste à ce jour encore totalement  inexpliqué, même si ses causes sont vraisemblablement multiples : dauphin militaire déserteur, individu exclus de son groupe pour des raisons qui nous restent inconnues ou encore adolescent orphelin de son « pod » à la recherche de contacts avec une autre créature pensante du même niveau qu’elle. Car les dauphins solitaires ne se rapprochent que des humains. Jamais des phoques ou des oiseaux de mer …

Ce comportement indique clairement que les Grands Dauphins nous considèrent comme des « équivalents », susceptibles de devenir leurs amis et même des les aider. Ceci malgré tout le mal que nous leur faisons subir.

Comme le souligne avec justesse Jan Haelters, de l’’Institut Royal des Sciences naturelles, la situation de ce dauphin baladeur, qui s’’est enfoncé dans l’estuaire de l’’Escaut pour revenir en suite en face des côtes belges, à peu de distance des baigneurs, reste éminemment précaire : « “Les dauphins solitaires sont très sociables envers l’’homme, mais aussi très vulnérables: les bateaux doivent couper leur moteur à son approche. En août 2007, un autre dauphin a été blessé par des hélices sur nos côtes. Heureusement, il vit toujours. Nous l’’avons revu et reconnu à ses cicatrices” ».

Cela tient notamment au fait que les dauphins sont parfois fascinés par nos technologies… autant que par nos mains, d’ailleurs.
Il existe par exemple une étonnante vidéo ou l’on voit Jean-Floch, un dauphin ambassadeur français, scanner le moteur d’un hors-bord durant de longues minutes à l’aide de son puissant sonar, pour en étudier sans doute les mécanismes internes qu’il perçoit comme aux rayons X.

Certains jeux un peu violents peuvent également effrayer les nageurs. Le même Jean Floch, en France, a souvent la mauvaise idée de retenir par un pied le gosse avec lequel il nage, juste parce qu’il n’a pas envie que son compagnon de jeu retourne à terre.  Pire encore, il arrive que certains dauphins mâles s’éprennent de nageuses humaines et tentent de leur retirer leur maillot…


Novembre 2009

Collisions entre navires et baleines

Une baleine qui redescend du nord vers le sud prend un petit temps de repos. Elle n’’entend plus rien, elle dort, épuisée par sa longue migration. Un pétrolier la heurte, lancé à la vitesse de plus 10 milles nautiques et la tue sur le coup.
Impossible d’’éviter ce drame qui décime à intervalles trop réguliers nos derniers grands cétacés, tant en Méditerranée qu’’en Mer du Nord.
Impossible ?

Pas du tout !
Il existe en effet des solutions fiables dont nos responsables politiques belges et scientifiques feraient bien de s’‘inspirer :

– le RepCet, développé par une société basée à Toulon, dans le cadre des projets de recherche et de développement du Pôle Mer PACA, aurait permis par exemple d’éviter «l’’accident» récemment le 22 septembre 2009 survenu à Anvers.

Il s’’agit en fait d’un système informatique fondé sur le principe d’un échange en temps réel des observations de cétacés par des navires émetteurs, localisables par satellites au niveau d’un GPS et la transmission de ces informations à tous les navires abonnés au dispositif.

Quelques minutes après la collecte des données, sur les écrans des navires abonnés, surgit un cercle, un losange ou un carré qui symbolise non seulement la position du cétacé, mais aussi son espèce : rorqual, baleine à bosse ou autre mysticète.

La zone à risques de collisions peut alors être facilement contournée par les navires croisant dans la zone indiquée. Outre la sauvegarde qu’il assure à nos bons géants marins en grave danger d’extinction, ce système permet également de constituer une base de données très complète sur les populations et les déplacements des cétacés.

Il faut savoir aussi que depuis l’’an dernier (octobre 2008), la National Oceanic and Athmospheric Administration (USA) a réduit à 18, 5 km/h la vitesse maximale de navigation commerciale le long des côtes atlantiques des Etats-Unis.
Le but est de réduire le risque de collisions avec les baleines noires (Eubaleana glacialis) qui migre depuis le Cap Cod, au Nord, où elle se nourrit, jusqu’aux eaux plus chaudes de la Floride ou de la
Géorgie du Sud, où elle donne naissance à ses petits.

Son parcours multimillénaire croise en effet désormais l’’une des routes parmi les plus fréquentées de la planète, comme l’’est également la Mer du Nord, au large des côtes belges.
Même éveillées, les baleines nagent en effet souvent trop lentement que pour éviter un gros porteur lancé à toute allure et qui ne dévie de sa route que pour des raisons impérieuses…

Un exemple à suivre, donc, de même que la mise en place du système RepCet sur tous nos pétroliers et navires commerciaux qui encombrent le Channel….

Lire à ce propos la liste des échouages


octobre 2009

Une baleine tuée près d’Anvers

Que fait la Belgique pour empêcher ça ? 

baleine-anvers
« 
Une baleine a été retrouvée morte à l’entrée du port d’Anvers ce matin. L’animal mesure 12 mètres de long et a été tué suite à une collision avec un bateau.
De plus en plus de baleines entrent en collision avec des bateaux. La semaine dernière, une autre baleine à bosse avait été retrouvée dans la Tamise. C’était la première fois qu’une telle baleine était aperçue dans les eaux d’une rivière britannique.

Vers 2 heures du matin, un bateau a signalé être entré en contact avec une baleine à bosse et que l’animal avait été emporté vers le port d’Anvers. La police a du faire appel à un entrepreneur pour retirer l’animal de l’entrée du port.

Depuis 8h30, des hommes tentent d’extirper l’animal non sans difficultés. La baleine glisse des filets et continue de dériver. Les pompiers du port suivent l’animal de près à bord d’un bateau, de même que la police. Une fois qu’elle aura été attrapée, la baleine sera déposée sur la plage de Sint-Anna. Là, les analyses pourront commencer.

La baleine à bosse est l’une des plus grandes espèces de baleines avec une longueur maximale de 15 mètres. L’animal peut peser à l’âge adulte entre 25 et 30 tonnes. La baleine à bosse est protégée depuis 1996, on compte 80.000 spécimens à travers le monde ».
Selon l’UGMM, il s’agirait plutôt d’un rorqual commun

Video


19 mars 2004
Un marsouin s’échoue à La Panne


Février 2004
Un cachalot s’échoue à Oostduinkerke


Automne 2003

Un cachalot au large d’Ostende ?


14 février 2002
Nouvelles mesures pour la protection des espèces marines


Les cétacés de la Mer du Nord


Un marsouin s’échoue à La Panne

Au Dolfinarium de Harderwijk (Pays-Bas), des marsouins issus de la Mer du Nord sont régulièrement sauvés de l’échouage puis maintenus en captivité dans cette sorte de baignoire. Certains d’entre eux sont remis en mer. Photo P.Carzon

 

8/03/04

Sur la plage de Coxyde, dans la zone allant des dernières habitations belges à la frontière française, la mer a rejeté un petit marsouin mort.

Le jeune mammifère marin mesurait 1m10 de long et présentait plusieurs blessures à la tête et aux nageoires. Mort pendant la nuit, il semble que le malheureux ait été pris dans un filet de pêcheurs « récréatifs » posé lors de la marée basse et se soit noyé en se débattant…

Les marsouins s’échouent souvent sur nos plages. L’an dernier, pas moins de 37 cadavres de marsouins ont été découverts le long du littoral belge. Leur population était abondante jusqu’aux
années soixante mais la pollution des eaux (PCB, DDT, bruit), les « prises accidentelles » et le trafic incessant des navires qui croisent dans cette partie de la Mer du Nord les ont repoussé aujourd’hui plus au sud.

Il n’empêche : si ces faits ne manquent pas d’inquiéter, ils prouvent aussi que notre côte abrite un grand nombre de cétacés libres (et de phoques) qu’il conviendrait de protéger davantage.
Par ailleurs, au lieu de les mener au Delphinarium de Bruges, les parents et les éducateurs devraient plutôt songer à organiser des sorties en mer et à faire découvrir à nos enfants les charmes du « whale-watching » belge.

2013 : un nombre record de marsouins morts

2014 : densité inédite de marsouins en Mer du Nord

 

marsouin-mer-du-nord

Marsouins

 

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Automne 2003

Un cachalot au large d’Ostende ?

Le 16 septembre dernier, aux alentours de 16 h 45, un navire a aperçu un grand cétacé qui circulait dans la mer du Nord, à 10 km du port d’Ostende.
L’Unité de Gestion du Modèle Mathématique de la Mer du Nord  a été aussitôt avertie de la présence de cette « baleine » (mysticète), laquelle était sans doute plutôt un cachalot (odontocète).

L’avion de l’UGMM – cet organisme belge qui enregistre tous les échouages et les observations d’animaux marins en mer du Nord – survole plusieurs fois par jour la côte belge pour repérer d’éventuelles pollutions au pétrole mais il n’a pas revu la baleine.
Cependant, du fait que ces animaux ne prennent leur souffle que de manière peu fréquente en surface, ils sont forcément très difficiles à observer.

Les services d’aide à la navigation ont bien entendu averti aussitôt tous les navires des environs de la présence inhabituelle de cette « baleine ». Le risque de collision est cependant minime, tous les cétacés étant naturellement capables de repérer les bateaux de très loin, à moins qu’ils ne soient endormis.

L’UGMM a expliqué que pour le moment, rien n’indiquait que ce cétacé fut malade, fatigué ou qu’il risquait de s’échouer sur une plage.
Il s’agit probablement d’un individu qui s’est simplement égaré et qui a pénétré dans la mer du Nord au lieu de longer l’Angleterre du côté de l’océan atlantique lors de son voyage vers le sud.

Fin de l’automne, on le sait, les jeunes cachalots mâles – les « bachelors » – descendent rejoindre les femelles depuis le nord de l’Atlantique vers les mers du sud, région des Açores pour les cachalots pro-européens ou Golfe du Mexique pour les cachalots yankees. Au printemps, ils prennent la route inverse et remontent vers les pôles.

Il arrive que certains d’entre eux s’éloignent des pistes habituelles.
Plutôt que de passer à l’ouest des îles britanniques, les cachalots s’aventurent dans une fosse au large de la Norvège qui les mène tout droit vers les hauts-fonds sablonneux de la mer du Nord et dans l’enfer sonore des plate-formes de forage et des innombrables navires marchand qui encombrent cette région marine.

Même dans de telles conditions, notre ami n’est pas nécessairement en danger. Il s’est sans doute empressé de retrouver sa route habituelle et de fuir une Mer du Nord qui ne ne constitue pas pour lui le biotope idéal. Les profondeurs marines n’y dépassent pas en effet 30 ou 40 mètres alors que les cachalots doivent plonger bien plus bas pour aller chercher leur nourriture.

Puisque ces nouvelles datent déjà de plus d’un mois, et qu’aucun échouage de cachalot n’a été signalé le long des côtes françaises, tout porte à croire que le cachalot d’Ostende s’en est sorti sans encombres et qu’il a rejoint les siens.

Au cours des trois dernières années, cinq grands cétacés ont été signalés en Mer du Nord.
Le 27 mars dernier, un cachalot s’est échoué à Oye-Plage en France.
En juin 2002, un autre cachalot avait été aperçu dans le Westerschelde aux Pays-Bas et à Zeebruges.
En novembre de la même année, deux globicéphales noirs égarés ont été identifiés en mer du nord.
Enfin, le 19 septembre 2001, le cadavre décomposé d’une baleine à bec de Sowerby a été retrouvé sur une plage de Dunkerque, sans doute assommée par les essais « super-sonar » de la US Navy.

Informations extraites du journal le Soir et du site de l’UGMM

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14 février 2002
Mesures draconiennes pour la protection des espèces marines

Le Gouvernement Fédéral Belge vient de prendre une série de mesures draconiennes pour une meilleure protection de la faune et de la flore de la mer du Nord : un arrêté royal est paru le 14/02/02 au Moniteur Belge, interdisant de capturer, déranger, transporter, détenir ou vendre des animaux sauvages de toutes les espèces de phoques, cétacés, tortues et oiseaux de mer fréquentant nos eaux ainsi que de plusieurs espèces de poissons.

Les infractions sont punies d’amendes pouvant aller de 495 Euros à 495000 Euros.
Les captures involontaires, notamment dans les filets de pêche, doivent être signalées aux autorités.

Beaucoup de ces mesures sont prises en application de conventions internationales et des directives européennes sur la protection des habitats naturels et des oiseaux, mais plusieurs vont considérablement plus loin que ce qu’exige le droit international. C’est tout un chapitre de la loi de 1999 sur la protection du milieu marin qui entre ainsi dans sa phase d’exécution concrète.

Pour en savoir plus :

UGMM
http://www.mumm.ac.be/FR/News/index.php

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Dossier

Les cétacés de la Mer du Nord

Dauphin commun solitaire en Hollande

Dauphin commun solitaire en Hollande

La Belgique dispose, comme chacun sait, d’une série de plages agrémentées de dunes face à la Mer du Nord, depuis la frontière française jusqu’aux Pays-Bas.

Ce que l’on sait moins en revanche, c’est que des cétacés passent et vivent le long de ces côtes. Leurs cadavres échoués attestent régulièrement de leur présence mais aussi des problèmes de plus en plus en plus aigus qu’ils se doivent d’affronter.

Le lundi 7 août 2000, par exemple, des promeneurs ont découvert le cadavre d’un marsouin, échoué sur la plage de Lombardsijde (Westende).  Selon Jan Halters, du Modèle Mathématique de la Mer, il s’agit d’un jeune spécimen mesurant quelque 90 cm de long, probablement malade. Le cadavre du cétacé a été transporté à la Faculté vétérinaire de l’Université de Liège pour autopsie.

Mi-juillet, un premier bébé marsouin s’était déjà échoué sur la plage de la Panne, ainsi qu’un dauphin Tursiops, le 25 juillet, retrouvé mort sur la plage du Coq.

Entre 1994 et 1998, 70 cachalots sont venus mourir sur les plages de la mer du Nord, toujours suivant un scénario dramatiquement identique.
Fin de l’automne, les gros cétacés migrent du nord de l’Atlantique vers les mers du Sud, les Açores du côté européen ou le Golfe du Mexique, à l’ouest. Au printemps, ils empruntent le chemin inverse. Il arrive que les animaux s’éloignent des routes habituelles. Plutôt que de passer à l’ouest des îles britanniques, les cachalots s’aventurent dans une fosse au large de la Norvège qui les mène tout droit vers les sables de la mer du Nord.

Les échouages ont de multiples causes :

* Erreurs de navigation de la part du cétacé, qui se guide en principe sur les champs magnétiques.

* Parasites ou virus qui peuvent expliquer les décès en grand nombre. Ainsi, le rorqual trouvé en 1997 à Raversijde (Ostende) était-il mort d’infections provoquées par le morbilli. Ce virus, qui affaiblit le système immunitaire, fut responsable de la disparition des deux tiers des phoques de la mer du Nord à la fin des années 80.

* Polluants (PCB, mercure) qui fragilisent les cétacés et les rendent plus sensibles aux maladies et aux parasites.

* Sur-pêche, qui prive les animaux d’une bonne partie de leur nourriture.

* Réchauffement climatique la réduction massive des éléments nutritifs indispensables aux mammifères marins.

A cet égard, des recherches rapportées par le magazine « New Scientist » puis par le journal « Le Soir » du mois de décembre 1999, confirment que la pollution de la Manche et de la mer du Nord par des substances chimiques organochlorées (PCB) et par le mercure constitue une menace grave pour les populations de mammifères marins tels que les marsouins, les dauphins ou les baleines.

Les chercheurs ont relevé les taux de PCBs (molécule de la famille des dioxines) dans 70 cadavres de marsouins ayant succombé à la suite de maladies infectieuses. Ils ont constaté que ces taux étaient trois fois plus importants que ceux relevés sur des marsouins morts asphyxiés dans des filets de pêche.

Or, a expliqué l’un des chercheurs, des recherches en laboratoire ont montré que les PCBs affaiblissaient le système immunitaire des mammifères. Il y aurait donc un lien de causalité plus ou moins direct entre l’exposition des animaux aux PCBs et leur décès par maladie infectieuse. Les chercheurs essayent maintenant de démontrer que l’exposition au mercure renforce la tendance.

Pour en savoir plus :

Réglementation et conservation des espèces

ASCOBANS
Agreement on the Conservation of Small Cetaceans of the Baltic and North Seas
Accord sur la Conservation des Petits Cétacés de la Mer Baltique et de la Mer du Nord

Avez-vous déjà aperçu un dauphin ou un autre cétacé le long de nos côtes ? Sans doute non. Nombreuses sont les personnes qui sont surprises d’apprendre que plusieurs espèces de cétacés sont tout à fait communs le long des côtes atlantiques européennes

En Baltique et dans la mer du Nord, les espèces les plus abondantes sont les « marsouin des ports » (Phocoena phocoena), et bien d’autres
espèces de dauphins et baleines qui apparaissent de manière régulière ou exceptionnellement le long de nos côtes.

Il sont aujourd’hui gravement menacé par la pollution, les prises accidentelles dans les filets de pêches et par le trafic de navires très abondant sur la Manche, par exemple.

L’accord ASCOBANS a été conclu afin de coordonner et d’imposer légalement des mesures de protection en faveur des petits cétacés de la mer du Nord et de la Baltique. Cet accord concerne toutes les espèces de « baleines à dents » (odontocètes) à l’exception majeure – et fort regrettable – du cachalot. (Physeter macrocephalon).

Recherches

Unité de Gestion du Modèle Mathématique de la Mer du Nord

 

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26 février 2004

Un cachalot s’est échoué sur la plage d’Oostduinkerke

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Un cachalot mâle adulte, mesurant près de 15 mètres et d’un poids estimé à 30 tonnes, s’est échoué sur la plage d’Oostduinkerke (Belgique) dans la nuit de mercredi à jeudi.
Il s’agit là du 21ième grand cétacé découvert sur une plage belge depuis 1403. Ce cachalot était déjà mort depuis plusieurs semaines à en juger par son état de décomposition avancé.

Sa carcasse sera enlevé de la plage ce vendredi et conduit à l’usine de destruction animalière de Denderleeuw. Des échantillons ont été prélevés qui seront transmis au département de pathologie vétérinaire de l’Université de Liège pour analyse.

En automne, des groupes de cachalots migrent du nord vers le sud de l’océan Atlantique pour y hiberner. Par accident, ils peuvent entrer dans la mer du Nord et comme la mer y est peu profonde, les animaux peuvent y rencontrer des difficultés, mourir ou s’échouer.

Fin novembre 2003, deux cachalots se sont par exemple échoués sur une île allemande. Trois autres animaux du même groupe de  » bachelors » ont continué leur voyage. Il est possible que le cachalot trouvé aujourd’hui appartienne à ce groupe.

Par ailleurs, rappelons que le 16 septembre 2003, aux alentours de 16 h 45, un navire avait aperçu un grand cachalot qui circulait dans la mer du Nord, à 10 km du port d’Ostende.

Pour en savoir plus :

http://www.mumm.ac.be/FR/News/index.php


   
3 mars 2004

Le mystère du cachalot éclairci

Le cachalot échoué sur la plage de Coxyde le 26/02/2004 s’’était probablement échoué précédemment à Thornham, UK. Le  mystère de la mâchoire disparue est ainsi éclairci.

Le mercredi 28 janvier, un cachalot mort s’’est échoué sur la plage de Thornham, Norfolk, UK. L’animal avait été signalé quelques jours auparavant dans les environs d’Holme. Ensuite, le cadavre a été transporté vers l’est par les courants en direction de Thornham.
Les deux endroits se situent à l’estuaire de la Wash, constitué de nombreux bancs de sable.

Quand l’animal s’est échoué, des chasseurs de  souvenirs  (ou d’ivoire ?) ont prélevé la mâchoire. L’animal est resté sur la plage durant tout le week-end. Des biologistes de l’UGMM, voyant une photo du cachalot anglais sans mâchoire, ont contacté le Natural History Museum à Londres, où sont rassemblées les informations des échouages sur les côtes du Royaume Uni.

Le responsable leur a confirmé que la mâchoire inférieure avait été enlevée sur la plage de Thornham. A cause du mauvais temps, le cadavre n’avait pas pu être enlevé et il a disparu dans la mer après quelques jours. Le cachalot était un mâle de 13 mètres de long, comme celui de Coxyde.
Il s’agit probablement d’un seul et même animal.

L’Université de Liège a autopsié le cachalot de Coxyde: la mâchoire a été sectionnée vraisemblablement à l’aide d’une tronçonneuse. Le fait que le cachalot ait dérivé du Royaume Uni vers la côte belge en quelques semaines nous fournit des informations intéressantes sur les courants qui prévalent dans la zone et sur le temps de décomposition d’une carcasse de cachalot.

Reçu de Franck Dupraz, Réseau Cétacés

Pour en savoir plus : 
http://www.mumm.ac.be/FR/News/index.php

La vie sociale des cachalots

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