Dauphins torturés en Italie

gardaland

Le delphinarium de Gardaland

2 Juillet 2000
Dauphins torturés en Italie
Un « dolphin trainer » entendu pour actes de cruauté par la justice

Gardaland

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Italie 2014

 


 

Propulsé par deux dauphins femelles qui poussent leur rostre sous la plante de ses pieds, Simon Ede, leur entraîneur britannique, traverse à toute allure le bassin ellipsoïde. A son coup de sifflet, les créatures marines donnent une poussée supplémentaire et l’envoient par-dessus une corde. C’est là le clou du spectacle marin que propose Gardaland, le plus grand parc à thème d’Italie,  et qui soulève des cris perçants d’admiration dans la foule massée sur les gradins.

Mais Ede, 39 ans, n’est pas d’humeur à goûter la saveur du succès qu’il estime avoir apporté au delphinarium – l’attraction la plus populaire pour les 3 millions de personnes qui visitent annuellement le parc sur les rives
du lac Garda en Italie du Nord.

Tout au contraire, l’entraîneur se voit aujourd’hui soumis à une enquête judiciaire. Les magistrats le soupçonnent en effet d’avoir formé les dauphins avec des méthodes primitives, impliquant notamment une sous-alimentation systématique et la mise en isolement de certains dauphins trop rétifs à l’apprentissage, le tout sans surveillance vétérinaire adéquate.

Depuis que Simon Ede a été nommé au poste d’entraîneur en chef du delphinarium, deux dauphins sont déjà morts à Gardaland, le mâle Hector en septembre dernier et Violetta un mois plus tard. Un troisième Tursiops, Amado, est actuellement malade (et sans doute mort depuis…) .

La semaine dernière, certaines sources juridiques affirmaient que Enrico Ghinato, le Président de Gardaland, qui a la responsabilité légale des animaux mais qui nie toute maltraitance à leur égard, serait impliqué à son tour. Il n’est pas certain que le reste de l’équipe ait à se présenter devant la justice.
Pour Gardaland, de telles allégations de maltraitance ont un parfum de déjà vu.

En août 1997 un autre dauphin, Roméo, est mort de l’affection hépatique. La police a déclaré alors que le dauphin avait été soumis à un régime de famine, isolé et drogué – mais le cas n’a pas été amené devant un tribunal.

L’enquête actuelle s’est surtout concentrée sur la mort de Violetta, qui était enceinte de sept semaines.
Au mois d’octobre, la delphine a commencé par refuser de lancer des ballons et le personnel a remarqué une bosse sur son aileron dorsal. Les jours suivants, elle a graduellement cessé de manger puis son corps s’est paralysé. Un matin, on l’a retrouvée ventre en l’air, flottant au milieu de la piscine.

Andrew Greenwood, un vétérinaire britannique notamment chargé de veiller à la bonne santé de nos neuf dauphins de Bruges, (nombre réduit à 6 en novembre 2010 puis à 7 en 2015) a effectué une autopsie et découvert que Violetta avait la colonne vertébrale brisée.
Bien qu’il n’ait jamais entendu parler de ce genre de blessure auparavant, le vétérinaire n’en a pas moins déclaré que rien de spécial ni d’inhabituel n’avait eu lieu dans l’enceinte du delphinarium.

Les magistrats sont moins convaincus du fait. Ils ont saisi les documents vétérinaires et les carnets de bord du dolphin trainer et ont interrogé toute l’équipe.
Ils ont également obtenu des journaux de bord appartenant à Simon Ede lorsqu’il était employé au delphinarium de Brighton en 1980, qui décrivent de façon évidente comment priver un dauphin de nourriture pour le faire obéir.

Ede nie toutes ces accusations de maltraitance à Gardaland.
Il affirme que Hector était simplement un dauphin d’un certain âge, qui a souffert d’une attaque cardiaque, ce qui est tout à fait normal.

Quant à la mort de Violetta, elle reste pour lui un mystère. «Je ne l’ai certainement jamais battue, affirme-t-il, puisqu’il n’y a aucune trace de dommage musculaire ou au niveau de la peau. Elle ne peut donc avoir été battue ni par moi ni par d’autres dauphins. De plus, si les dauphins sont aussi intelligents et sensibles qu’on le dit, croyez-vous qu’ils m’entoureraient et me donneraient des baisers comme ils le font si j’étais un mauvais type ? »

Article de John Follain, Vérone
in Sunday Times  EUROPE

La situation désastreuse du parc Gardaland été déjà dénoncée à de nombreuses reprises par les activistes italiens. L’association Animal & nature Conservation Fund ajoute à ce propos les précisions suivantes :

En 1997, le dolphin trainer était Oscar Carini. Suite à ses tentatives d’aider les dauphins et d’améliorer leur situation, Oscar a perdu son emploi. Il est devenu aujourd’hui un farouche adversaire de la captivité. Ce sont Simon Ede, Tom Jones et Gugliemo Lopez qui l’ont remplacé.

Ede a immédiatement rencontré des problèmes avec le mâle dominant, Roméo, de plus en plus désobéissant. Pour le punir, Ede l’a isolé presque tout un mois. Roméo est mort peu de temps après d’une complication au foie. (Voir plus haut).

Début 1998, suite à des travaux de rénovation, Gardaland a importé une delphine du nom de Betti, en provenance de Kolmarden Suède. Ensuite, ce furent quatre autre dauphins qui furent amenés de l’Octopus Park à Ténériffe et s’ajoutèrent aux deux captifs déjà présents depuis le début.

A ceux qui s’imagineraient encore que les dauphins sont HEUREUX en delphinarium, ce fait-divers sordide rappelle la triste réalité et remet en lumière des pratiques bien connues et largement pratiquées. Pour ces êtres libres et fiers que sont les dauphins, vivre dans un trou d’eau est une torture quotidienne et ils n’obéissent de toutes façons que sous la contrainte. Celle qu’imposait Simon Ede dépassait certes la mesure mais, peu ou prou, tous les dolphin-trainers se doivent dominer totalement leurs esclaves. Les sévices physiques sont monnaie courante, mais soigneusement tus. Il en est de même pour l’usage massif de drogues psychotropes, d’hormones féminines pour calmer les mâles rétifs.

Pour en savoir plus sur cette pénible affaire et ses suites éventuelles  :

Ilaria Ferri
http://www.enpa.it/it/english.html


 

 En 2015, les delphinarium de Gardaland ( propriété de Sea Life) et de Rimini ont été fermés pour actes de maltraitance et usage massif de psychotropes sur les dauphins. Ceux-ci ont tous été déplacés vers l’Aquarium de Gènes.


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Dolphin trainer is accused of cruelty

Al captive dolphins are mistreated...

July 2000. Italy.

Propelled by two female dolphins that press their noses against the soles of his feet, Simon Ede, their British trainer, darts across a bean-shaped pool. At his whistle, the creatures give an extra push and hurl him over a rope.

It is the climax to the marine show at Gardaland, Italy’s biggest theme park, and draws screams of delight from the audience. But Ede, 39, is unable to savour the success he believes he has brought to the dolphinarium – the most popular attraction for the 3m people who visit the park on the shores of Lake Garda
in northern Italy each year.

Instead, he is embroiled in an investigation by magistrates
into allegations that Gardaland’s dolphins are trained with primitive methods involving starvation diets and solitary confinement, and that there is inadequate veterinary supervision.
Since his appointment as chief trainer early last year, two of Ede’s dolphins have died – Hector last September and Violetta a month later. A third, Amado, is now ill.
Judicial sources said last week that they expect Enrico Ghinato, Gardaland’s chairman, who has legal responsibility for the animals but who has denied any wrongdoing, to go on trial. It is unclear whether other staff face charges.

For Gardaland, the allegations have an uncomfortably familiar ring. In August 1997 another dolphin, Romeo, died from liver disease. Police claimed he had been kept on a starvation diet, isolated and drugged – but the case was settled out of court.

The present investigation has focused on the death of Violetta when she was seven weeks’ pregnant. In October she refused to perform ball jumps and staff spotted a lump in front of her dorsal fin. Over the next few days she gradually stopped eating and became paralysed; one morning she was found drowned, floating belly up in the pool.
Andrew Greenwood, a British vet, carried out an autopsy and found Violetta had a broken spine. Although he had never heard of such an injury before, he said nothing « unreasonable or unusual » was going on at
the park.
Magistrates are unconvinced. They have seized veterinary records and training schedules and have questioned staff, in-cluding Ede. They have also obtained copies of diaries purportedly kept by Ede when he worked at a dolphinarium in Brighton in the 1980s which allegedly describe withholding food from a female dolphin to discipline her.

Ede denies there has been mistreatment at Gardaland. Hector had been middle-aged, he said, and suffered a heart attack, which was quite normal. « Violetta’s death is a mystery. I certainly did not beat her. There was no damage to her muscles or her skin, so she wasn’t hit by somebody or by another dolphin, » he said.

« If dolphins are so intelligent and perceptive, and I’m a bad guy, would they come up to me like this and kiss me? »

John Follain, Verona
Sunday Times July 2 2000 EUROPE

Italian animals rights activists insist that the animals in the park are suffering.

Giulia Cordara, the head of Italy’s Animal & nature Conservation Fund, said:
« The dolphin pool cost a fortune and yet it  is incapable of guaranteeing the survival of the creatures. Everywhere else in the world these parks are being closed – but in Italy we’re doing the opposite. »

If you need more information don’t hesitate to contact :

Ilaria Ferri
Anticaptive campaigner
http://www.enpa.it/it/english.html


 

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