Delphinarium au Zoo de Granby, Québec


Au terme de 21 ans de captivité,
voilà à quoi on a réduit ce malheureux dauphin


 

 Delphinarium au Zoo de Granby
Un formidable « pas en arrière » pour le Québec !


Victoire : Le Zoo de Granby renonce à son projet !

Lettre au Zoo de Granby


Réponse du Zoo


Dernières nouvelles


Dossier Delphinarium Granby


Lettres de protestation


Vancouver Aquarium : ça continue !


 

6 décembre 2001

VICTOIRE !
Le Zoo de Granby renonce temporairement
a son scandaleux projet de delphinarium !

Youpiiiiiiiiiiiiie ! Plus de captures à craindre, plus de bébés mort-nés ou enlevés à leurs mères dans des bassins sinistres !

Youpiiiiiiiiiiiiie ! Plus de captures à craindre, plus de bébés mort-nés ou enlevés à leurs mères dans des bassins sinistres !

1. Le Communiqué de Réseau Action globale

La coalition « Non aux Dauphins à Granby » félicite le Zoo de Granby.

Le Zoo de Granby a annoncé hier, le 6 décembre 2001, qu’il suspendait son projet de construction de delphinarium.
Le projet de 12 millions prévoyait la construction d’une nouvelle unité afin de mettre au moins 6 dauphins en captivité. Ce projet était contesté par une coalition de plus de cinquante groupes locaux nationaux et internationaux. La coalition formée par le Réseau Action globale, groupe environnementale de défense des droits des animaux, à été très active à dénoncer les graves conséquences pour la santé des dauphins qui sont mis en captivité. Les dauphins souffrent physiquement, psychologiquement et socialement quand ils sont mis en captivité et cette pratique est contestée partout dans le monde.

La campagne du Réseau Action globale aura, au cours des sept mois qu’elle a duré, fait témoigner de nombreux experts du milieu scientifique, éducatif et politique.

« Nous considérons cela comme une victoire » nous dit Franck Tieman, « C’est un petit moment pour le zoo de Granby mais c’est un grand moment pour le monde des cétacés mis en captivité »

Brian McHattie, de Zoocheck Canada note que le zoo de Granby a décidé de se concentrer sur de véritables priorités en investissant dans l’amélioration des structures existantes car elles en ont bien besoin.

« Le Zoo de Granby doit absolument revoir toutes ses pratiques car ils n’atteignent même pas les standards les plus basiques qui doivent prévaloir dans ce type d’institution ». Il affirme encore : « Le zoo ne doit pas investir un sou dans un nouveau projet avant d’avoir démontré qu’il peut maintenir ceux qui existent déjà ».

Le zoo de Granby affirme que le projet est remis pour manque de fonds gouvernementaux. Il se trompe totalement. C’est la controverse, qui ne va que grandir avec le temps, qui a fait plier le zoo car les gens sont de plus en plus informés et sensibles à la souffrance incontournable que la captivité sous toutes ses formes inflige à ces magnifiques créatures. Il existe déjà au Québec un secteur écotouristique qui promeut l’observation des cétacés en milieu naturel et qui font un excellent travail d’éducation et de sensibilisation.

En conclusion Mr Franck Tieman affirme :
« Je crois que nous venons d’assister à la fin du projet de delphinarium du zoo de Granby ! »

2. Le message de Julie Hébert (SOS Dauphins)

Delphinarium à Granby : une loi s’impose au Québec

December 8 2001 at 11:23 AM
Julie Hébert de SOS Dauphins

Bonjour à vous tous,

Oui, effectivement, c’est une très bonne nouvelle, mais je reste sceptique malgré tout.
Je crois qu’il faut poursuivre notre lutte contre la captivité.
Prochainement, il y aura sur mon site une pétition concernant une demande de loi qui interdirait tout projet de captivité fait envers les cétacés au Québec.
Si j’arrive encore une fois à regrouper des centaines et des centaines de pétition comme j’en ai eu pour Granby grâce à
vous tous, nous arriverons peut-être tous ensembles à faire passer cette loi, tout comme l’Angleterre l’a fait !

Restons prêts au cas où M B. Ricard change d’avis.

Merci.

Julie Hébert
SOS dauphins


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Lettre ouverte à Messieurs Bernard Ricard, Directeur Général, Clément Lanthier, Directeur de la santé animale, et Yvan Vaillancourt, Président du Conseil d’Administration du Jardin zoologique de Granby à Montréal- Québec.

Messieurs,

En tant qu’amoureux du Québec, c’est avec une infinie tristesse que j’apprends votre décision de créer un delphinarium au sein du Zoo de Granby. Pour un pays aussi moderne, aussi sympathique, aussi ouvert aux cultures et aux sciences que peut l’être le vôtre, ce projet constitue sans nul doute un terrifiant  » pas en arrière  » et un sujet de honte pour vos concitoyens.

Alors que la situation des autres dauphins captifs est déjà désastreuse dans le reste du Canada – voyez l’histoire tragique de l’orque Bjossa du Vancouver Aquarium, décédée récemment et l’importation récente d’un dauphin rescapé des massacres japonais dans les piscines du même établissement, voyez la liste effrayante des dauphins et autres cétacés morts ou en train de mourir au Marineland du Canada ou au scandaleux West Edmonton Mall;

Alors que les études éthologiques se multiplient qui nous prouvent aujourd’hui l’existence de cultures et de langages cétacéens et nous révèlent l’étonnante richesse de la vie sociale et cognitive des cétacés en liberté;

Alors qu’un congrès de scientifiques réuni en juillet dernier à l’initiative de l’association Zoocheck Canada et Global Action Network vient de vous rappeler haut et fort à quel point les delphinariums ne répondent en rien aux besoins vitaux les plus élémentaires des cétacés et que dans le monde entier, de plus en plus de voix s’élèvent pour qu’il soit mis fin à ces pratiques aussi cruelles qu’obsolètes en terme d’éducation;

Votre brillante idée ne semble, hélas, que répondre à des impératifs budgétaires immédiats. Il m’est difficile de croire en effet que des personnes aussi éduquées et dûment informées que vous l’êtes puissent réellement ne pas être pleinement avertis de ces réalités.

Oui, sans doute, 90% cent de la population du Québec se réjouit par avance de disposer de dauphins devant sa propre porte et de pouvoir les toucher quand bon lui semblera. Et certainement, ils viendront nombreux à faire tinter vos tiroirs-caisse !
Mais ces 90% de Québécois sont également maintenus – il faut le dire – dans l’ignorance la plus totale, dans  le silence média le plus absolu, quant à ce qui se passe vraiment derrière les portes des delphinariums, comment les dauphins y souffrent et comment ils y meurent.

En Europe, sachez-le, des activistes belges se sont battus pendant des années pour obtenir la fermeture des deux delphinariums du pays et libérer leurs dauphins captifs. Le Zoo d’Anvers a fini par céder mais ses derniers locataires – la delphine iris et son fils Ivo, survivants de 18 années d’un formidable massacre – ont malheureusement été transportés au Zoo de Duisburg, où, là encore, plusieurs décès ont émaillé leur séjour.

Et c’est d’Iris surtout dont je voudrais vous parler, Messieurs les Responsables du Zoo de Granby, car son destin vous ouvrira peut-être les yeux sur ce que vous êtes en train de faire…
Iris – de son nom de clown, puisqu’on ignore sa « signature sifflée » – était une jeune delphine de 12 ans lorsqu’elle fut capturée. Elle vivait jusqu’alors libre et heureuse parmi les siens dans les eaux poissonneuses du Golfe du Mexique, le jeune Ivo collé contre son flanc, le dos chauffé par le soleil, plongeant sous 100 mètres de fond quand l’envie l’en prenait. Mais elle aurait pu naître aussi bien en prison, car son sort aurait été le même : la sénilité avant l’âge.

Aujourd’hui, à 31 ans, dans un bassin grand comme un mouchoir de poche, Iris est en train de mourir « de vieillesse » selon ses propres gardiens. A 31 ans…

A cet âge-là, en liberté, elle aurait eu encore d’autres enfants, elle serait la doyenne de sa tribu, celle qui sait et qui guide. On connaît le rôle que jouent les Anciennes au sein des groupes de dauphins libres : respectées et savantes, elles sont l’âme de la tribu et se chargent d’enseigner aux plus jeunes les merveilles et les dangers du monde marin qui les entoure, jusqu’à ce que la mort les emporte vers 55 ou 60 ans.

Rien de tout cela en captivité : les shows stupides et quotidiens répétés sans faillir durant de longues années l’ont usé avant l’âge et aujourd’hui, elle ne bouge plus. Elle flotte. Elle nie.
Immobile du soir au matin et du matin au soir, elle tourne le dos à son public et ne réagit plus que lorsqu’on la nourrit.

Une épave, Messieurs les Responsables du Zoo, voilà ce que ce malheureux dauphin est devenu au terme de 21 années de confinement continu, un spectacle sinistre offert aux enfants des écoles allemandes et dont on peut, jour après jour, suivre l’inéluctable évolution. Mais c’est un spectacle banal aussi, sachez-le.

Car tous les dauphins captifs meurent de la même manière quand ils ont, comme Iris, la « chance » de survivre aussi longtemps.
Depuis le début des années 90, aucune réhabilitation, aucun retour à l’océan n’a plus été autorisé par la puissante Industrie des Delphinariums qui, certainement, encourage et conseille en sous main votre initiative.
TOUS les dauphins captifs, y compris ceux que vous importerez pour le Zoo de Granby, crèveront donc un jour, oubliés des leurs, oubliés du public, irrémédiablement seuls et désespérés au fond de leur ridicule fosse en béton, comme l’est aujourd’hui la delphine Iris. Tous termineront chez l’équarrisseur, le ventre ouvert pour une ultime autopsie « au service de la science ».

Est-ce vraiment là le sort que vous souhaitez à vos futurs pensionnaires ?

Est-ce vraiment cela, le rôle d’un Zoo : faire mourir à petit feu des créatures libres, belles, bonnes et intelligentes, et livrer en spectacle au public leur interminable agonie ?

Pour tous les amoureux du Québec qui aiment aussi les dauphins libres, l’ouverture d’un delphinarium serait une terrible déception.
Croyez bien qu’ils ne mettront plus jamais les pieds dans votre région tant que des cétacés captifs souffriront de cette manière à l’ombre du Mont Royal.

Bien cordialement

Yvon Godefroid
Dauphins Libres et dauphins captifs
Bruxelles


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La réponse du Zoo de Granby

Octobre 2001

Bonjour,

J’’aimerais répondre brièvement à votre courrier électronique concernant notre projet de «Delphinarium», et surtout la fausse perception, encouragée par quelques groupuscules écologistes, quant à la position de notre société zoologique dans ce dossier.
La principale mission du Zoo de Granby, et ce depuis 47 ans, est la conservation des animaux; à ce titre, nous sommes extrêmement critique par rapport à toute capture d’animaux sauvages. En effet, presque tous les animaux du zoo proviennent de reproduction en captivité. Les seules exceptions sont les animaux blessés et les orphelins.

Dans cette perspective, les dauphins sont vus par notre société comme les autres animaux exotiques; qu’il soit question de rhinocéros, de gorille ou de muntjacs, ces animaux nés en captivité ne peuvent pas être retourné en nature. Ils ne connaissent rien de l’environnement sauvage, et ne seraient aucunement capable d’y survivre.

C’est donc le rôle d’une société zoologique d’héberger ces animaux, dans les meilleures conditions possibles, et de les rendre disponibles au public, à des fins éducatives et écologiques. Si le Delphinarium de Granby voit le jour, ce sera avec des dauphins nés en captivité, et ceux-ci seront traités avec le plus grand des respect et les meilleurs soins possible.

Nous demandons donc aux organismes écologistes de cesser d’’associer malhonnêtement notre nom aux captures sauvages, contre lesquelles nous nous élevons depuis plusieurs décennies.

J’ »espère que ces renseignements vous permettront de contribuer personnellement à une meilleure information sur notre société.

Bernard Ricard
Directeur général
Zoo de Granby

Réponse à la réponse, envoyée ce 26 octobre 2001

Mr Ricard,

Je vous remercie de votre réponse. Malheureusement, les arguments que vous avancez sont des plus classiques et ne me convainquent nullement. Permettez-moi dès lors d’isoler quelques phrases de votre aimable lettre et de les commenter :

« La principale mission du Zoo de Granby est la conservation des animaux »
Voire ! De plus en plus de critiques s’élèvent contre l’existence même des zoos et s’interrogent sur leur utilité réelle.
Ces structures commerciales nous offrent en effet le spectacle de « corps » d’animaux rares et en danger, mais nullement celui de leur modes de vie et de leurs cultures.
On peut dire à cet égard que les zoos perpétuent le plus grand génocide culturel de l’histoire, en isolant des animaux, en les faisant se reproduire et en les rendant, en effet, incapables de jamais retrouver la vie libre.

Quel est le sens d’un éléphant sans sa savane, d’un singe sans sa forêt, d’une panthère sans sa proie ou d’un dauphin sans océan ni poisson vivant ? A quoi bon nous les montrer dans d’aussi pitoyables conditions, alors qu’un film documentaire nous informerait bien davantage ?

Les Zoos sont une survivance des grandes collections « naturalistes » des siècles passées, de ces alignements d’insectes sous verre embrochés sur du liège : un animal en cage est psychiquement mort. Il ne fait que survivre et se consumer d’ennui. L’argent des zoos serait bien mieux utilisé s’il servait à créer des réserves in situ et autres « sanctuaires » pour la vie sauvage.

« Les dauphins sont vus par notre société comme les autres animaux exotiques »
Bien à tort, hélas : les exigences éthologiques des mammifères marins sont très différentes de celle des mammifères terrestres et infiniment plus difficiles à « imiter ».
En captivité, il faut reproduire pour eux un milieu marin de substitut et les dimensions des bassins qu’on leur impartit ne sont jamais, en aucun cas, suffisante pour qu’ils puissent pleinement exercer leurs compétences physiques.

De même, les normes éthologiques élémentaires ne peuvent jamais être respectées, à moins de disposer de bassins de taille kilométriques : le cadre social normal d’un dauphin est en effet d’environ cent individus.
En captivité, cinq , six voire dix dauphins partagent un espace réduit. La promiscuité et le manque d’espace de fuite pulvérisent tous les usages sociaux.
Quant aux « nés captifs », rappelons-le, il ne sont plus que des sortes de gros « toutous » aquatiques, juste bons à obéir et à faire les clowns. Sans cesse, il faut leur administrer des antibiotiques, des vitamines,
corriger le pH de l’eau, prendre garde aux mycoses et autres champignons, toutes difficultés que vous ne rencontrez sans doute pas, Mr Ricard avec vos placides rhinos ou vos malheureux singes.

Enfin – et là je m’étonne que jamais un directeur de Zoo ne semble lire cette littérature – dois-je vous rappeler les innombrables études menées principalement sur le terrain, c’est à dire en mer en observant les dauphins libres, qui nous prouvent à suffisance que les cétacés se distinguent largement des autres mammifères par l’étonnante complexité de leur vie sociale et cognitive.

Je vous invite à découvrir notamment les quelques ouvrages suivants qui vous éclaireront davantage sur cet aspect du problème de la captivité, car ils mettent précisément en exergue la fantastique richesse d’une vie de cétacé libre et par contraste, toute l’horreur d’une vie de captif, né en prison ou pas, dans un environnement radicalement appauvri.

* « Culture in whales and dolphins L. & Whitehead, H. (2001) . Behavioral and Brain Sciences 24 (2)

* « Dolphin Days» de Kenneth S.Norris .WW Norton & Company New York London.

*«Among Whales» de Roger Payne, Published by Scribner Editions. New York.

* «Dolphin Cognition & Behaviour, A comparative Approach » by Ronald J. Schusterman, California State University, Hayward
and University of California Lawrence Erlbaum associates, publishers New Jersey 1986.

* « Dolphin Societies Discoveries & Puzzle » Edited by Karen Pryor and Kenneth S. Noris University of California Press. Berkeley/Los Angeles/Oxford 1991

* «The Lives of Whales and dolphins » Richard 0’Connor and Dawn Micklethwaite Peterson Henry Holt & Compagny Publishers, New York 1994.

* «Sensory Abilities of Cetaceans, Laboratory and Field Evidence » Edited by Jeanette A. Thomas and Ronald Kastelein Harderwijck Dolfinarium/NATO ASI Series /Series A : Life sciences Vol.196 (Including Markov’s Dolphin Language article).

* « Orca, a whale called Killer » de Eric Hoyt, Camden House.1984.

* »Cetacean Societies » de Janette Mann, R.C.Connor, Hal Whitehead and al. University Chicago Press 2000

« Ces animaux nés en captivité ne peuvent pas être retournés en nature »
Faux. On peut imaginer de faire usage de la fameuse « méthode russe » : les dauphins nés captifs sont amenés dans un lagon en compagnie d’autres dauphins capturés en pleine mer et sur le point d’être eux-mêmes réhabilités (tels qu’Ariel et Turbo ) ou progressivement mis au contact de population sauvages au travers d’un filet. Il ne fait aucun doute que rapidement, ces animaux d’une extrême intelligence et d’une grande adaptabilité apprendront
les gestes de la vie naturelle auprès de leurs aînés et qu’ils seront capables de s’adapter à la vie libre.

« C’est donc le rôle d’une société zoologique d’héberger ces animaux et de les rendre disponibles au public, à des fins éducatives et écologiques. Si le Delphinarium de Granby voit le jour, ce sera avec des dauphins nés en captivité, et ceux-ci seront traités avec le plus grand des respect et les meilleurs soins possible ».

Le spectacle de dauphins captifs n’apprend rien, ni au niveau pédagogique ni au niveau scientifique.
Il est regrettable que soient montrés aux enfants ces spectacles de zombis malades et mécanisés par les shows, en espérant qu’il se fasse une idée correcte de la vie libre des vrais dauphins.

Au Zoo d’Anvers – il m’en souvient – le show consistait à faire lancer aux dauphins des bouteilles en plastique vides hors du bassin, tandis que le dolphin-trainer annonçait :
« Voyez ! les dauphins eux non plus n’aiment pas la pollution » ! Sans doute. Mais 29 dauphins morts dans ce terrible trou d’eau pour faire comprendre ce seul message au public… c’est beaucoup !

Et même si les dauphins du Zoo de Granby seront (peut-être ? ) un peu moins mal accueillis qu’ailleurs, le simple fait de mettre sur pied ce genre d’établissement est un encouragement lancé à toutes les
petting -pools pourries
des Caraïbes ou d’ailleurs. Dès lors qu’un pays aussi moderne et évolué que le Québec se lance dans ce genre d’aventures, alors c’est que c’est bien et qu’on peut y aller !

C’est pourquoi nous nous battons ici aussi avec la dernière vigueur contre le maintien d’un delphinarium à Bruges (Belgique) : ces contre-exemples sont désastreux et si, Mr Ricard, vous affirmez ne faire usage que de dauphins nés captifs – sans descendance, donc, souvenez-vous en ! – sachez que les Cubains, les Japonais, les Américains, les Russes et tant d’autres nations n’ont pas vos admirables scrupules.
Jamais on n’a autant capturé de dauphins qu’aujourd’hui, alors s’il vous plaît, ce n’est pas vraiment pas le moment de donner le mauvais exemple !

Pour terminer, Mr Ricard, croyez-bien qu’à mon âge, ce ne sont pas des groupuscules d’activistes qui vont m’influencer !
Journaliste attaché à un organisme de Protection de la Petite Enfance en Belgique depuis plus de vingt ans, je me suis simplement renseigné au cours de toutes les longues années qui ont suivi l’incarcération de deux dauphins du Golfe du Mexique dans les bassins d’Anvers en 1981.
J’ai suivi leur parcours heure par heure, j’ai assisté aux deuils et aux souffrances qu’ils ont du endurer et sur cette base, j’ai acquis la ferme et inébranlable conviction qu’en aucun cas, jamais, sous quelque prétexte que ce soit, un delphinarium ne devrait exister.

Bien cordialement et merci encore de votre réponse.

Yvon Godefroid
Bruxelles

 

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Faire des shows puis mourir : le seul destin pour les dauphins captifs. Phot Douchka sonifan@multimania.com

Photo Douchka


 

Dernières nouvelles

14 octobre 2001

Ric O’Barry, Brigitte Bardot et le sénateur Roland Gillet, pionnier de la défense animale en Belgique, viennent simultanément d’interpeller le directeur du Zoo de Granby pour qu’il renonce à cette idée folle de construire un delphinarium dans l’enceinte de son entreprise.

Montréal, 27 septembre 2001

Une conférence de prese s’est tenue ce 27 septembre à propos de la modernisation du Zoo de Granby.
Messieurs Bernard Ricard, directeur général, Clément Lanthier, directeur de la santé animale, et Yvan Vaillancourt, Président du conseil d’administration du Jardin zoologique, dévoileront les détails de leur projet de modernisation pour le Zoo de Granby en présence des médias lors d’une conférence de presse à 11 h au Zoo de Granby. La révision et l’ajout d’infrastructures et d’activités font partie des travaux prévus qui totaliseront plus de 47 M $.

D’après un témoin de cette intervention :

« Je viens d’entendre à la radio une interview avec Bernard Ricard et il a dit qu’il était soutenu par 90% de la population sur l’ouverture d’un delphinarium. Il a précisé que le delphinarium faisait partie des 47 millions prévus pour les rénovations et que donc, il y aura bien un delphinarium au Zoo de Granby.
J’en pleurais de rage quand j’ai écouté ça !!! IL FAUT RÉAGIR!!!!!!!
Je vais écrire encore et encore à cet osti de pourri et je vais contacter la spa de l’Estrie afin de voir si il est encore possible de mettre un terme à ce maudit projet ! Je pense sans cesse à cette pauvre Iris et ça m’enrage encore 2 fois plus!! IL FAUT VRAIMENT FAIRE QUELQUE CHOSE MAIS QUOI???????????? »

Message de  Karine sur la liste de discussion « La Rage au Coeur
Merci à Frank Michel et à la liste Agir pour les Animaux, qui m’ont transmis cette information )


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Delphinarium au Zoo de Granby
Le dossier

Montréal

Montréal, septembre 2001

Les activistes d’Animal Alliance dénoncent vigoureusement les projets du Zoo de Granby, à Montréal, qui veut créer le tout premier programme de « Nage avec les dauphins » du Canada.
Les activistes ont déclaré qu’à la différence des jolies images du film Flipper et des dessins animés, les vrais dauphins pouvaient se livrer à des attaques dangereuses dans le contexte d’une vie de confinement.

 » Ce sont les animaux sauvages «  a rappelé George Dupras de l’Alliance Animale. « Une fois en captivité, ils ne peuvent plus se livrer à des plongées profondes ni chasser ni nager au sein de leur communauté familiale. Les dauphins libres peuvent d’ailleurs être agressifs les uns envers les autres, mais lorsqu’ils sont confinés en prison, leur agressivité s’exacerbe et ils ne font pas de différence entre les dauphins et les hommes ! »

Bernard Ricard, le Directeur du Zoo de Granby, a annoncé que son programme de « Nage avec les dauphins » serait fonctionnel aux alentours de 2003 ou 2004.
Il s’est dit vivement étonné des déclarations des activistes d’Animal
Alliance. A ses yeux, les dauphins ne présentent aucun danger pour les visiteurs, et c’est une expérience rare que de pouvoir avoir un contact direct avec eux. « Notre projet ne vise qu’à l’éducation des gens et ne vise à aucun profit !  » a conclu le Directeur.

A l’instar de l’ Aquarium de Vancouver, qui vient d’envoyer son orque Bjossa  mourir au Sea World de San Diego, et importe dans la foulée un dauphin rescapé des massacres japonais, le Zoo de Granby se présente en effet comme une société sans but lucratif, chargée de présenter des animaux captifs.

Le delphinarium proposé par le Zoo de Granby est cependant toujours à l’étude et il est donc encore temps d’interrompre ce projet avant qu’il ne se concrétise.

Pourquoi ne pas suggérer au Zoo de Granby, qui s’apprête à fêter ses 50 ans en 2003, de renoncer à toute captivité et de plutôt mettre en place une spectacle multimédia du style IMAX, qui informerait le public des véritables compétences cognitives et sociales et de la richesse du monde sonore des dauphins libres dans leur vrai monde, l’océan ?

Pourquoi ne pas relier le Zoo de Grandby par satellite et Web-cams aux principales stations d’observation de cétacés en liberté et diffuser ces merveilleuses images sur grand écran ? Et pourquoi cette idée stupide de  » petting-pool ?  »

Zoo de Granby
Monsieur Bernard Ricard, Directeur
Zoo de Granby
525, rue St-Hubert
Pavillion Horace-Boivin
Granby, Quebec
J2G 5P3

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Lettres de protestation

1. Granby

Granby, le 11 octobre 2001

Monsieur Bernard Ricard
Directeur Général
Zoo de Granby
525, rue St-Hubert, Granby, Qc
J2G 5P3

Monsieur,

Votre projet de delphinarium me déçoit. Tout autant que sa couverture par les médias locaux, La Voix de 1′ Est et Samedi Express, couverture qui évite d’ aborder la situation réelle des dauphins.
Mis à part les économistes du spectacle, la plupart des spécialistes et des personnes informées déplorent le sort réservé par 1′ homme aux animaux d’intelligence supérieure. Les dauphins en particulier souffrent profondément d’ un emprisonnement auquel ils ne sont pas du tout adaptés.
La lettre ouverte que vous avez reçue de Monsieur Yvon Godefroid, correspondant du Cetacean Freedom Network en Belgique est révélatrice.
Et cette lettre contredit clairement les déclarations de votre collaborateur, monsieur Clément Lanthier, selon qui: « … les dauphins en captivité ne vivent pas moins longtemps que leur congénères en liberté » et  « … aucun dauphin n’est capturé dans la nature pour ensuite être mis en captivité. Ils naissent dans ces conditions ». ( Samedi Express, page 4, 29 septembre 2001)

Je souhaite qu’ à l’avenir la population de Granby ait droit à une information non biaisée dans TOUS les domaines.
Et j’espère qu’ un nouveau projet, style Imax (?), puisse prendre la relève de 1′ actuel et apporter aux Granbyennes et Granbyens la fierté de mener le bon combat.
Pour les dauphins.

Je vous présente, Monsieur, mes salutations distinguées.
Jacques Burnotte
Granby, Québec

Dont copie à la « Voix de l’Est » et à « Samedi Express » ainsi qu’à YG (merci!).

2. USA

Messieurs,
Je suis américain mais français de par ma mère. De ce fait, le Québec est pour moi une enclave de culture et de raffinement qui m’est chère sur le continent nord américain.
La nouvelle m’est parvenue que vous êtes en train de construire un delphinarium au zoo de Granby à Montréal. Etant président d’un centre d’éducation sur les dauphins sauvages, j’ai eu l’occasion non seulement de passer d’innombrables heures en leur compagnie, mais aussi de pouvoir réapprendre aux enfants et adultes visitant nos programmes à comprendre les dauphins sauvages. En effet, l’image qui est systématiquement donnée au public des delphinariums est celle d’un animal qui est toujours disponible pour satisfaire le désir de tendresse d’enfants (et d’adultes) qui n’ont pas retenu grand chose d’autre que les sauts à travers l’anneau, le « petting pool » et les séances publiques de nourrissage. D’où leur désire quasi-réflexe de vouloir les nourrir, les caresser ou de se faire promener, accrochés à leur dorsale.

Il est évident de par leurs réponses aux questions posées par notre staff au cours des programmes que personne, dans les delphinariums qu’ils ont tous visités, ne leur a parlé des besoins d’un dauphin sauvage, qui sont également de l’ordre psychologique et émotionnel comme vous devez le savoir si vous vous êtes éduqué
sur le sujet avant de vous lancer dans ce projet.
Nous en déduisons deux choses: La première est qu’il est impossible de garder des dauphins en espace artificiel
restreint tout en respectant leur nature. Comment pouvez-vous alors transmettre aux enfants de votre pays, un amour
et un respect pour la nature que vous n’avez pas vous-même. La deuxième est que si vous vous êtes effectivement éduqué sur la vie des dauphins, sur leurs sociétés, leur système de communications et sur les cultures animales en général, vous ne pouvez pas aller de l’avant avec votre projet sans saper votre but officiel qui est l’éducation du publique. Votre opération devient alors très évidemment une opération commerciale à but
purement lucratif et vous vous alignez avec ceux qui retardent le progrès de l’humanité. Il est encore temps pour vous de changer le cours de votre vie et surtout le cours de la vie de milliers d’enfants qui croient encore en vous.

Je vous envoie, Messieurs, mes salutations distinguées.

Denis Richard
Water Planet – Président

3. France

De : Elizabeth Zana [mailto:natzana@club-internet.fr]
Envoyé : jeudi 4 octobre 2001 13:56
À : bernard.ricard@zoogranby.qc.ca
Cc : julie123_@hotmail.com; Yvon Godefroid
Objet : DELPHINARIUM

Monsieur Ricard,

Journaliste écrivain, connue pour son engagement envers les cétacés tout autant que pour la probité de son travail, je vous adresse cette lettre aujourd’hui afin d’attirer votre attention sur les regards du monde entier dirigés sur votre zoo, pour de très mauvaises et tristes raisons.  Il n’est plus l’heure de savoir si la captivité a des raisons d’être, ses partisans sont de moins en moins nombreux, scientifiques comme néophytes conscients de la cruauté d’un tel acte et prêts à franchir des kilomètres pour aller à la rencontre de ces animaux dans leur milieu naturel. Si les zoos ont de plus en plus de mal à s’en sortir financièrement, cela devrait être l’occasion d’oeuvrer enfin REELLEMENT pour la protection des espèces, donc sauvegarder leur environnement et non se servir de son bouleversement pour justifier l’injustifiable : massacrer des familles pour prélever quelques spécimens et les conduire dans une prison aux dimensions aberrantes quand on sait ce qu’un dauphin, un orque ou un tigre peuvent parcourir comme trajet dans une seule journée.
Oui, le monde entier s’est tourné vers votre prison pour animaux car il ne veut plus être complice de la construction d’un nouveau mouroir pour dauphins. Si vous avancez des arguments tels que votre affection pour ces animaux, comment tolérer de les priver de leur liberté, de les plonger dans de l’eau chlorée après avoir été arrachés aux leurs et les précipiter vers une mort annoncée, couverts de plaies déclenchées par les maladies inhérentes à la captivité ou devenus fous à force de tourner en rond?
Nous sommes tous conscients de tous les animaux déjà en train de mourir dans les delphinariums ou ceux trop nombreux déjà partis pour un monde sans bassin : Iris et Ivo à Duisburg toujours en vie mais dans quelles conditions, Bjossa et Corky les orques de San Diego, Tanouk morte au Japon…
Pourquoi vouloir contribuer à plus de souffrance quand votre mission éducative devrait être la protection de la vie dans la plus grande éthique qui soit?
Le siècle passé a vu l’humanité passer à un progrès technologique foudroyant, peut-on parler de progrès quand on est capable de se rendre complice de tant de massacres d’animaux, les chasses aux cétacés au Japon par exemple permettant de capturer quelques animaux vivants pour les delphinariums dans le monde?
Peut-on parler d’évolution quand on est capable d’accepter ces bains de sang pour de l’argent?
Au nom de notre association SoS Dauphins, créée à Montréal avec Madame Julie Hebert, dévouée à la sauvegarde des cétacés, et de tous les amis des dauphins en liberté, nous vous demandons de ne pas poursuivre un projet destiné à maltraiter des créatures d’une rare intelligence sous le fallacieux prétexte de permettre à des enfants de guérir à leur contact.
Des animaux enfermés privés de leurs réflexes naturels ne peuvent être porteurs de l’image positive qu’on exige d’eux et laisser des gens nager avec eux peut se révéler aussi bien dangereux pour eux que pour les dauphins, ce qui n’est bien entendu pas votre priorité. Tout ce que vous espérez gagner avec quelques dauphins captifs ne souffre pas de comparaison
avec ce que nous gagnons à investir dans l’eco-tourisme respectueux de l’environnement car les rencontres en pleine mer sont d’une intensité inoubliable.
Savez-vous que la pression internationale a convaincu la ville de Virginia Beach de se passer de delphinarium? Que l’Angleterre n’a plus de dauphins captifs sur son sol? Savez-vous que Maui n’est pas loin de faire voter une loi dont tous les autres pays vont pouvoir se servir destinée à interdire l’installation de delphinariums sur sa terre quand les eaux autour sont parmi les plus accueillantes pour les cétacés.
Quant aux eaux canadiennes, ne trouvez-vous pas qu’elles sont assez riches naturellement en espèces marines différentes pour oeuvrer à les faire connaître en liberté plutôt qu’en tuer sur le passage pour en exposer quelques-uns aux désirs humains?
Croyez-vous, Monsieur Ricard, que vous supporteriez une heure ce que tous ces animaux doivent endurer à cause de notre égoïsme, de notre cupidité?
S’il vous plaît, entendez le message mondial cherchant la paix et devenez artisan d’une meilleure connaissance de notre nature en montrant l’exemple, travaillant pour réhabiliter des animaux captifs et non en amener sans cesse derrière les barreaux; vous pouvez compter sur notre vigilance constante et notre détermination à ce qu’aimer les dauphins ne signifie pas autre chose que de les admirer dans l’océan!

Bien sincèrement,

Natacha Zana
Paris, France
Co-présidente SoSDauphins

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