Delphinothérapie et nage avec les dauphins

Sommaire

Delphinothérapie :
Une escroquerie scientifique

Même les foetus bénéficieraient des « ondes magiques » des dauphins esclaves. Ici, au Pérou.

La revue mensuelle Anthrozoos vient de publier un nouvel article de Lori Marino et de Scott Lilienfeld, chercheurs à l’université d’Emory, Atlanta, intitulée « La delphinothérapie : plus de données fausses et plus de conclusions erronées»
Il s’agit là d’une remise à jour d’’un premier document publié en 1998. Presque dix ans plus tard, les conclusions sont de plus en plus évidentes : la delphinothérapie est ’une arnaque médicale de grande ampleur.
Pire encore, comme le rappelle la WDC, cette pseudo thérapie encourage l’’ouverture d’’une multitude de delphinariums en Europe et dans le monde.
Pourtant, impertubablement, les médias continuent à nouschanter la gloire du prétendu «pouvoir de guérison»… des dauphins et à répandre les mensonges d’individus peu scrupuleux qui font commerce de ces fables.


Delphinothérapie : une arnaque qui peut tuer votre enfant

Thérapie et enfance

Le projet auti-dauphins à Bruges
Article intégral de Véronique Servais

Le delphinarium de Bruges vers 2002

 

A propos du Boudewijn SeaPark de Bruges
Swim with dolphins et big business
Les petting pools
Le projet jonathan

Enfant handicapé et dauphin "thérapeute" en Espagne. Photo Manuel

Enfant handicapé et dauphin « thérapeute » en Espagne. Photo Manuel

Eïlat, dolphin quest et les lagons de semi-liberté

Mélissa danse avec les dauphins !

Miracle à Cancun

Japon : allergie et autisme dans un même bassin !

Dauphins militaires russes :  de nouveaux thérapeutes !

Pour en savoir plus

Shows et thérapie au même endroit et en même temps... Est-ce vraiment sérieux ?

Shows, nages et thérapies au même endroit et en même temps… Est-ce que ce monde est sérieux ?

 

Dolphin-Assisted Therapy: Flawed Data, Flawed Conclusions
Delphinothérapie :données défectueuses, conclusions fausses
en anglais
human  HEALTH SIGNIFICANCE OF MARINE MAMMAL DISEASES
les Maladies transmissibles entre les hommes et les dauphins

 

L’association britannique WDCS l’affirme
la delphinothérapie est une pratique inutile et dangereuse
en anglais

Attention, danger !

Toni Frohoff
Risks to people, risks to dolphins

What’s wrong with DAT?
Qu’est-ce qui cloche avec la delphinothérapie ?
en anglais

captive dolphin Agression


Ceux qui vous vendent du « dauphin-médicament »

Le nombre d’entreprises qui se livrent au commerce de la delphinothérapie est proprement ahurissant.
Que l’on tape simplement « Therapy with dolphins » sur le moteur de recherche Google et l’on verra surgir des eaux du Web une véritable armée de marchand du temples, prêts à tous les mensonges pour vendre les services de leurs esclaves à nageoires.
Voici quelques pages choisies, particulièrement écoeurantes,
que le lecteur voudra bien inonder de ses e-mails de protestation…

DRC Child therapy

Doctors of the Soul in Israël

Xcaret et ses dauphins captifs !

Le marché juteux de la delphinothérapie

 

retour

Thérapie et Big Business

Cuba : dès leur capture, les dauphins peuvent servir à des fins thérapeutiques ou de loisirs : ici, à Varadero... Mais leur cauchemar ne fait que commencer...

New Age et dauphin-outil
Dans un monde livré aux appétits des grands holdings internationaux et au culte du Dieu Dollar, certains ont bien compris que le dauphin pouvait « se vendre». Les dérives New Age les plus farfelues ont notamment donné naissance au concept fort juteux de « Dolphin Therapy », dont les conséquences sont aujourd’hui désastreuses.

Le terme « New Age » prête à confusion et nous l’utilisons faute de mieux. Qu’il soit bien clair que nous ne condamnons en rien ici les audaces intellectuelles d’un John Lily ou d’un Jim Nollman, car ces
hypothèses de travail s’appuient une connaissance très réelle des cétacés, tout en permettant d’aller plus loin dans le débat et de s’ouvrir à de nouvelles perspectives.

En revanche, il se développe aujourd’hui un courant anti-scientiste des plus dangereux qui remet en cause les faits d’observation courante et tend à justifier la captivité des dauphins elle-même. Ces groupes quasi-sectaires, se réclamant toujours de l’un ou l’autre Grand Initié de pacotille ou Chaman autoproclamé, s’adressent surtout à des publics peu cultivés. Ils ont donc beau jeu de fouler aux pieds tous les acquis de la science contemporaine, tout en lui empruntant de manière maladroite des éléments de vocabulaire.

Les dauphins aiment être captifs !
On vous enseignera ainsi que les dauphins ont l’habitude de vivre dans des dimensions plus élevées et que leur rôle est de nous guider et de nous venir en aide, à la manière de stewards dans un avion de ligne !
Bien qu’ils aient perdu une partie de leur « puissant code génétique » en arrivant de l’étoile Sirius, ils n’en créent pas moins de « l’éther positif  » lors des shows en delphinarium. Les baleines, quant à elles, mémoire de l’ancien monde, sont apparues sur Terre depuis plus de 300 millions d’années – soit bien avant l’apparition des grands dinosaures…

«Pendant la dernière guerre mondiale, affirmait ainsi l’un de ces guides éclairés, lors d’une conférence publique prononcée en janvier 1999, on constata que le monde atteignait un niveau de vibration tel qu’il fallait plus de dauphins pour la préparation. Il y avait quelques « hommes-dauphins » dispersés sur la terre mais pas assez pour faire le travail.
Alors est née l’idée d’amener les dauphins sur la terre ferme au sein de delphinariums. Les humains  étaient ainsi plus ouverts au jeu, à la joie. Le message des dauphins est :  » Jouez le plan divin :  have fun !  » donc il fallait des delphinariums partout sur la terre. Une première partie du
plan était de mettre les humains en contact avec les dauphins « stewards « . Par exemple, ici en Belgique, il y en a un seul à Bruges, malheureusement celui d’Anvers à disparu, c’est à espérer qu’il pourra revenir.
Ils travaillent très intensément avec la force de la Mère marie (Bruges et Anvers sont des villes
sous la protection de la mère) (…) Quand ces dauphins sont venus dans nos régions, nous n’avions aucune idée de ce qu’était un dauphin, car il n’y en a pas dans la Mer du Nord.
Aussi a-t-on ouvert des delphinariums pour nous les faire connaître, c’est une partie du Plan Divin, ne plaignez pas ces êtres, au contraire, remerciez-les.

(…) Au début, je pensais
aussi que c’était triste pour eux, mais ils me disaient : nous adorons être ici, parce que tous ceux que nous touchons ici pourront passer dans une dimension plus élevée plus tard. Les dauphins sont donc nos guides sur terre mais cela s’avérait insuffisant. Nous pouvons être heureux d’avoir deux delphinariums dans ce petit pays, alors qu’aux Pays bas, il n’y en a qu’un « .

Guérir à tous prix
L’idée de base réside donc dans le fait que les dauphins disposent naturellement d’un pouvoir de
guérison sur les pauvres humains que nous sommes.

« Par son charisme naturel, déclarait récemment un « dolphin-therapist » bien connu sur la place, l’Animal parvient souvent à franchir la barrière d’isolement que l’être handicapé a construit pour se protéger. On observe alors une amélioration significative de l’état des enfants. Les fonctions cognitives sont améliorées, la coordination cérébrale se renforce et le pouvoir de concentration augmente. Parmi les autres effets miraculeux
attribués aux dauphins, l’effet du à la transmission sonore ou écholocation que le mammifère marin exerce lors de son passage. Il induit un état de profonde relaxation chez ceux qui y sont exposés, etc. »

Ce pouvoir, cependant, ne se transmet généralement pas de manière automatique : on ne l’obtient que par l’intermédiaire éclairé de spécialistes, dont certains sont supposés capables d’entrer en contact avec l’âme de tous les animaux ou les autres, réputés détenir quelque antique sagesse chinoise ou amérindienne…

Dans le « meilleur » des cas, ces spécialistes sont des psychologues ou des logopèdes et «l’outil de travail», une tribu de dauphins libres.
Ceux-ci sont évidement sensés interagir aussi souvent que possible avec les bambins autistes ou handicapés que l’on emmène à leur rencontre.
Le grand danger est évidemment que dans de telles conditions, la préoccupation première de l’organisateur soit de multiplier les rencontres au forcing, afin que les parents, qui ont déboursé gros, ne repartent pas frustrés et furieux.

Il n’est pas rare, en effet, que certains jours, aucun dauphin ne se présente ou que le temps soit mauvais durant toute une semaine. Le voyagiste n’hésitera pas à nourrir subrepticement ses « animaux  » ou à forcer les mères et leurs bébés dans leurs dernières retraites pour augmenter son quota de rencontres.

Dès lors, le harassement des dauphins semble donc presque obligatoirement aller de pair avec ce genre d’exploitation commerciale. Seul un encadrement sévère et le contingentement très strict des sorties en mer permettraient de maintenir certaines de ces pratiques parmi les moins intrusives.

D’autres soucis pour les dauphins
En soi, bien sûr, on ne saurait nier que l’expérience soit positive pour l’enfant lui-même. Nul ne sort psychiquement indemne d’une rencontre avec un cétacé libre, pas plus un adulte qu’un enfant.
Mais sans doute l’expérience est-elle beaucoup moins excitante pour certains des dauphins visités, lesquels, quoique affirment certains, ne nous vouent pas nécessairement un amour inconditionnel.

Si par exemple, on donnait  la parole aux « dauphins thérapeutes » que furent et sont encore parfois ceux de Panama City Beach, ils nous
demanderaient sûrement que les touristes les laissent un peu tranquilles et que les usines à papier locales cessent de déverser des déchets chlorés dans les eaux du Golfe.
Ils nous demanderaient aussi que l’on cesse les expériences ultra-soniques menées par l’armée américaine non loin de là, qui les rendent sourds et les font mourir par bancs entiers sur les rivages voisins. Ils demanderaient enfin que l’on éloigne d’eux les milliers de jets-skis, hors-bord et autres pontoon boats qui envahissent la baie de St Andrews et le front de mer dès les premiers beaux jours et leur rend la vie impossible.

Mais plus encore que ces menaces qui affectent la tranquillité des dauphins libres, les rencontres thérapeutiques ont pour défaut de rendre légitimes, aux yeux du grand public, la démarche d’autres groupes moins scrupuleux et vraiment prêts à tout : ces firmes avides d’argent n’hésitent pas à offrir, à prix cassé sur les îles du tiers-monde, un contact presque intime avec de vrais dauphins, pour le même type de traitement, suivant la même logique, mais dans le cadre de piscines closes !

C’est le cas de Dolphin Plus , Dolphin Therapy ou
Dolphin Quest et de quantité d’autres « petting pools » offrant un service complet de « dolphin therapy ».
Dans ces structures, longuement vantées par des guides touristiques tels que Lonely Planet ou Le Guide du Routard, les dauphins « thérapeutes » sont enfermés avec leurs malades et obligés de guérir de force, selon les horaires prévus et si possible entre deux shows.
Ceci est épuisant pour les dauphins, qui ne disposent d’aucune lignes de fuite et peuvent se montrer agressifs et dangereux,  mais également néfaste à leur santé : des maladies peuvent se
transmettre dans les deux sens et aucun visiteur n’est soumis à un examen médical préalable.

Il est clair que ces entreprises se basent tout à la fois sur un courant de mode (le dauphin a la cote) et le désarroi de certains parents à bout de ressources (parents d’autistes ou d’enfants cancéreux, notamment) pour s’enrichir sans scrupules.

Nous ne pouvons dès lors que condamner vivement ces dérives commerciales d’autant plus dangereuses qu’elles amènent à considérer le dauphin comme un simple instrument, une sorte de « machine à guérir » dont on se soucie finalement assez peu et dont les prodigieuses capacités sociales et cognitives mais surtout les difficultés qu’il affronte face à un whale watching débridé, se voient occultées
par une mythologie fadasse et quelques lieux communs angéliques.

En matière de thérapie animale, nous conseillons donc plutôt aux parents concernés de s’adresser à un hippothérapeute.

Cette technique éprouvée donne de bons résultats, notamment au niveau de l’équilibre et du contrôle psychomoteur. En outre, elle ne nuit en aucune manière aux chevaux concernés qui portent des cavaliers sur leur dos depuis quelques bons millénaires.

Si néanmoins, certains parents estiment – sans garantie, cependant – que l’impact des dauphins est le seul susceptible de guérir leur enfant, qu’ils rejoignent alors un vrai voyage de qualité, dont les bénéfices reviendront directement à la conservation de l’environnement.
Les rencontres doivent rester magiques, c’est à dire spontanément décidées par les
dauphins eux-mêmes.
Dans ce cas, et s’ils se trouvent des enfants handicapés à bord du bateau, rien ne s’oppose, bien au contraire, à leur faire découvrir la beauté pure d’un corps de dauphin ou les ébats joyeux des cétacés libres dans une mer d’azur.
Mais ceci doit rester une exception, et jamais un marché….

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Eïlat en Israël, Varradero à Cuba,
Dolphin Plus en Floride…
La delphinothérapie et les swim programs


Photo OC :  dauphins fraîchement capturés de Varradero, Cuba, dans leur "lagon naturel"...

Le texte qui suit est extrait de l’ouvrage de Mme Murielle Teyssier,
« Des dauphins et des Hommes » paru aux édition Amrita en 1996, et malheureusement non réédité depuis.
Du fait de sa remarquable actualité et de la finesse de ses analyses,
nous avons cru utile d’en  reproduire quelques passages ci-dessous.

La delphinothérapie et les swim programs

« A l’aube du 21ième siècle, les dauphins payent plus que jamais leur popularité à l’égard d’un public de tous âges, classes sociales et nationalités confondues.

L’industrie du dauphin exploite les petits cétacés dans la plus grande allégresse, avec le soutien de comédiens, mannequins ou champions sportifs prêts à tout pour entretenir leur notoriété.
Elle a su saisir au vol le courant New Age médiocrement inspiré des philosophies orientales pour étendre ses champs d’action.
La delphinothérapie et les swim programs contentent d’illusions judicieusement calculées l’ego surdimensionné de l’homme et redonnent un second souffle au trafic des cétacés.

On a trouvé un nouveau fantasme aux femmes enceintes pour accoucher de leur progéniture : partager leur douleur et leur sang avec des dauphins captifs, alors que l’ensemble des femelles du règne animal s’isolent pour donner naissance à leurs petits !
Les secteurs touristiques gravitant autour de l’Industrie suivent le mouvement sans rechigner, escomptant des gains considérables qui d’ailleurs ne se font pas attendre.

Des Bahamas à la Polynésie française, en passant par Las Vegas, des centres commerciaux et
l’hôtellerie de luxe ont réduit les dauphins à l’état de simples objets de décoration.
Cette dernière a même poussé le vice jusqu’à aménager ses lagons privés en delphinariums «naturels »

Swim programs

 Les interactions programmées avec des dauphins captifs procèdent de deux façons :

* Dans un premier temps, les swim programs sont organisés dans des criques ou des lagons naturels aménagés à cet effet.
Ils sont souvent accompagnés d’une infrastructure touristique ultra-sophistiquée. Les dauphins «bénéficient» d’une semi-liberté plus effective sur les plaquettes publicitaires que sur le terrain.

Faveur accordée en tout état de cause après plusieurs mois de conditionnement et sous l’œoeil vigilant d’un dresseur.
Rendu à ce stade de dépendance, aucun dauphin arraché à sa famille et privé de ses capacités naturelles ne peut surmonter seul sa peur de quitter l’enclos.
Son milieu d’origine est devenu pour lui synonyme d’inconnu et de danger. C’est la raison pour laquelle libérer un dauphin captif sans prendre le temps de le réadapter revient à le condamner à une mort certaine.

A Eïlat, un centre de « swim program » a été crée en 1990 par deux anciens dresseurs au bord de la Mer Rouge afin d’y étudier la communication homme-dauphin.
Les dauphins d’origine ont été offerts par l’Académie des Sciences de Russie et l’un d’eux ramené des îles Iki (Japon).
Ce centre à vocation scientifique a rencontré les difficultés financières habituelles et le tourisme a fait office de bouée de sauvetage au point de lui valoir aujourd’hui une renommée internationale.

Des filets séparent les sept Tursiops, dont un bébé né en captivité, de la liberté. Le bassin fait une surface totale de 10.000 hectares sur dix-huit mètres de profondeur.

Dans une lettre du 5 septembre 1993, le Directeur du Centre me confirme que les dauphins du centre subissent un entraînement quotidien au cours duquel ils sont nourris.
Le reste du temps, ils contentent les touristes au tarif de 3000 FF
la journée. Ce centre a crée un département de thérapie par les dauphins destinés à soigner le déséquilibre psychologique des enfants autistes, des handicapés, des adultes dépressifs, par un contact direct avec les dauphins.
Des femmes enceintes à la recherche d’un accouchement à sensation sembleraient également y avoir trouvé leur bonheur. …

Cette nouvelle forme d’exploitation des dauphins a été rapidement copiée à travers le monde.
Les Keys en Floride, les Bahamas et les Caraïbes regorgent aujourd’hui de ces centres qui poussent comme de véritables champignons. Leur activité lucrative connaît un succès indéniable.
Les listes d’attente ne désemplissent pas. Les recettes varient en moyenne de 800 à 1200 dollars par jour… »

« Lagon » fermé pour séances de nage

 

A propos d’un centre dans les Bahamas
(Témoignage de Nina 1994) :

« L’infrastructure est énorme, managée comme les américains savent si bien le faire. La publicité est omniprésente et j’ai du réserver trois heures à l’avance mes heures de plongée.
Le centre possède une dizaine de Tursiops capturés jeunes à Cuba.
Lorsque je suis arrivée les dauphins venaient d’être transférés dans une autre baie. Auparavant, ils avaient passé quatre années dans la base du centre, petit port dans lequel les bateaux viennent régulièrement démazouter !!

Trois programmes sont proposé aux touristes :
Le premier vous offre pour 150FF la possibilité de caresser les dauphins au centre d’une plate forme aménagée au milieu d’un enclos.
Les dresseurs les attirent avec du poisson et les nourrissent en permanence.
Le deuxième vous permet pour 250 FF les 45 minutes de nager avec l’une des deux dauphines dressées à cet effet.
Le dresseur lui donne l’ordre d’aller nager vers cette personne. Elle s’exécute. Coup de sifflet. Elle revient chercher son poisson. Il n’y a aucun contact, aucun échange avec les dauphines.
J’ai eu l’impression d’être avec des robots. Bref, c’est le grand show dont vous êtes l’un des acteurs. Les dauphins sont conditionnés et ils en recherchent que le poisson.

Le troisième programme, le plus prestigieux, ne s’adresse qu’au plongeurs confirmés. Il propose une « Dolphin Experience  » en pleine mer pour 500FF avec les deux dauphins vedettes, dressés eux aussi (…)  »

* Dans le deuxième cas, les swim programs sont organisés au large des côtes avec des groupes de dauphins sauvages habitués à rencontrer l’homme.
L’intérêt de l’interaction est de ne dépendre ici que du bon vouloir des dauphins. Le new Age fait partie intégrante de l’événement.
Des séances de méditation  ont lieu avant la plongée et sur le bateau. Certains groupes organisent même des séminaires de préparation mentale à penser et à respirer comme des dauphins.
Or, vous ne serez jamais comme eux, pas plus qu’ils ne sont des extra-terrestres ou des dieux !  »
(….)


Sur les dommages causés aux dauphins par ces rencontres en plein mer, voir plus haut ainsi que notre article sur Panama City Beach

Cuba. Varadero.  Une eau sale, des dauphins terrifiés : le lagon semi-naturel à Varadero... Photo Odette Collon.


DelphinoThérapie et enfants :
quand l’industrie de la captivité se fait
oeuvre de bienfaisance

Cet article a été publié en français et en néerlandais par la revue de l’Association Veeweyde en décembre 2004. Que Veeweyde et son Président, M. Roger Arnhem, soient ici vivement remerciés de nous avoir permis d’informer le grand public sur les coulisses des delphinariums, et ceci pour la seconde fois. On notera cependant que le Dr Gérard Lippert, dont le fond de commerce est la delphinothérapie, a exigé par la suite un droit de réponse dans ce journal et que plus jamais Veeweyde ne m’a demandé d’article  par la suite. 

La delphinothérapie : une souffrance justifiée ?

Quoi de plus exaltant à regarder qu’un dauphin qui fend les vagues et plonge dans les eaux bleues de l’océan sans limites ? Depuis toujours, ce spectacle a enthousiasmé le coeur des marins, qui ont fait de ce cétacé le symbole même de la joie de vivre, le messager du Dieu Soleil.

Quelques siècles plus tard, dans les années 70, le Dr Horace Dobbs s’est aperçu à son tour que le contact rapproché avec un dauphin dissipait comme par miracle les humeurs les plus sombres.
Il fonda dans cet esprit le projet «Tournesol», dans le but d’emmener ses patients dépressifs en Cornouailles et de les mettre en présence de dauphins souriants. A la même époque, Betsy Smith en Floride et Estelle Myers en Australie, entamaient des expériences similaires auprès d’enfants autistes.

La valeur de ces thérapies reste cependant très relative, puisqu’elles n’ont jamais été cautionnées par aucune autorité médicale officielle.
Selon Véronique Servais, une éthologue qui s’est longuement penchée sur la question, rien ne permet d’affirmer que les cétacés disposent de quelque pouvoir de guérison que ce soit.
Par contre, la seule proximité avec des créatures marines intelligentes et belles, à la peau douce et souple, à laquelle s’ajoutent le soleil et les embruns, joue bien évidemment un rôle positif sur notre état émotionnel.

Le succès de ces rencontres en mer a malheureusement provoqué un afflux excessif d’humains en quête de bien-être, qui perturbent la vie des mammifères marins.
C’est pourquoi le Dr Dobbs a choisi de lancer par la suite son projet Dolphin Dome, un espace multimédia simulant le face à face avec des dauphins libres sans déranger ceux-ci.

Le Dolphin Dome d’Horace Dobbs

Tout le monde n’a cependant pas les mêmes scrupules que ce bon docteur…

Conscients de ce que leur public se lassait de leurs shows de cirque, les delphinariums ont créé des attractions nouvelles, «petting pool», «swimming pool», exhibitions d’orques ou de bélougas, destinées à réveiller l’intérêt faiblissant des visiteurs, en leur permettant notamment de nourrir les animaux ou de les serrer dans leurs bras.
Les touristes n’ont pas toujours le temps d’attendre que les dauphins se présentent à eux et il est donc beaucoup plus simple de descendre dans un bassin afin d’y ressentir le grand frisson au contact de cétacés captifs dûment dressés pour faire semblant d’être heureux.

Mais ce n’était pas encore assez. Il fallait aussi gagner une caution morale. La recherche scientifique et la préservation de l’espèce furent les premiers arguments avancés mais ils n’étaient guère convaincants au vu des résultats obtenus.
Par contre, si vous prétendez pouvoir aider des enfants malades, qui vous contredira ? Qui osera prétendre que le bien-être d’un dauphin vaut plus que celui d’un bambin ?

Le coup d’envoi de cette campagne publicitaire fut donné dès les années 80 par le Dr Nathanson.
Celui-ci élabora tout un protocole pseudo-scientifique pour justifier ses interventions «médicales» coûteuses auprès d’enfants handicapés moteurs à  Xcaret au Yucatan, une sorte de Disney Land doté d’un trou d’eau où tournent quelques dauphins dans une ambiance de fête foraine.

Une multitude de delphinariums s’engouffrèrent aussitôt dans la brèche ouverte par le Dr Nathanson et proposèrent à leur tour des thérapies à prix cassé, puisque in fine, le but n’est autre que de fidéliser le public et de redorer l’image de l’industrie de la captivité.

Ainsi, à Benidorm, le Parc Mundomar – un « parc au grand coeur » mais pas pour les dauphins – offre aujourd’hui à ses visiteurs :
«ses six  hectares de parc plein d’oiseaux exotiques, de ouistitis et de ratons laveurs» ainsi que des «shows mettant en scène avec brio et humour des otaries et des dauphins». «Mais attention !» précise le Parc, «ici, les dauphins ne se contentent pas de satisfaire la curiosité des visiteurs : ils participent aussi à un programme ambitieux de thérapie des enfants autistes.

Soulignons avec force cette initiative de Mundomar car la mise à disposition de ses dauphins et le travail de son thérapeute spécialiste sont un service gratuit proposé aux parents de ces enfants malades. On peut vous dire que le petit bout de chou, aux côtés des dauphins, a l’air d’être heureux comme un poisson dans l’eau.

Les parents sont catégoriques : les enfants s’en trouvent transformés ! Nous souhaitons vivement que les 400.000 visiteurs qu’accueille chaque année le parc soient plus nombreux encore afin de développer cette belle mission thérapeutique».

Et le tour est joué ! A Bénidorm comme à Cancun, aux Caraïbes comme au Japon, des milliers de touristes impatients, luisants d’huile solaire, ticket et pop-corn en main, font désormais la file le long de la piscine en attendant leur tour de manipuler des cétacés captifs et terrifiés, arrachés depuis peu à leur monde naturel.
Ceux-ci ne disposent d’aucun temps de repos, d’aucun espace de fuite.

Du matin jusqu’au soir, ils seront palpés, chatouillés, pincés, caressés, voire molestés  parfois, jusqu’à ce qu’ils en meurent quelques
mois plus tard, les yeux rongés par le chlore, le coeœur dévoré de chagrin et d’ennui.

Le plaisir d’un enfant vaut-il toutes ces souffrances ?
Ne serait-il pas plus éthique d’en revenir aux formes traditionnelles de la zoothérapie, à l’aide d’animaux domestiqués depuis des millénaires, tels que le chien, l’âne ou le cheval ?

La question vaut d’être posée…

Copyright ECO (Thanks Doug !)

Dolphin-Assisted Therapy: Flawed Data, Flawed Conclusions

Maladies transmissibles entre les hommes et les dauphins

 La delphinothérapie est une pratique inutile et dangereuse

Attention, danger !

Risks to people, risks to dolphins

What’s wrong with DAT?

Captive dolphin Agression

Ceux qui vous vendent du « dauphin-médicament »

Le nombre d’entreprises qui se livrent au commerce de la delphinothérapie est proprement ahurissant. Que l’on tape simplement « Therapy with dolphins » sur le moteur de recherche Google et l’on verra surgir des eaux du Web une véritable armée de marchand du temples, prêts à tous les mensonges pour vendre les services de leurs esclaves à nageoires.
Voici quelques pages choisies, particulièrement écoeurantes,
que le lecteur voudra bien inonder de ses e-mails de protestation…

DRC Child therapy

Doctors of the Soul in Israël

 Xcaret et ses dauphins captifs !
Le marché juteux de la delphinothérapie fleurit partout dans le monde !

La situation à Cuba

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