Delphinothérapie : dangereuse pour votre enfant ?

D’après un article de Tiggerdolphin

Lire aussi :
La brucellose est transmissible du dauphin à l’homme

le dossier en anglais

Une gamine mordue par un dauphin à SeaWorld (2012)

Barboter avec les dauphins n’est pas sans risques (2011) 

Un dauphin de SeaWorld mord le bras d’un enfant (2006)

Les maladies transmissibles homme-dauphin


 

La Delphinothérapie (Dolphin Assisted Therapy ou DAT) constitue désormais un business hors de tout contrôle qui concerne davantage le pur profit que la science.

Il n’existe pas de preuves scientifiques qui pourraient confirmer les prétendus avantages médicaux de DAT, mais tout tend à démontrer par contre qu’’il s’agit bien là d’une sorte d’’escroquerie médicale dont les conséquences peuvent être très dangereuses.

Comme avec n’importe quelle thérapie médicale alternative, et la DAT tout particulièrement, une formule très simple devrait nous servir de fil rouge :  que le consommateur se tienne sur ses gardes !

La delphinothérapie est aujourd’’hui devenue la dernière coqueluche de la médecine alternative.
Elle se pratique le plus souvent dans le bassin ou le lagon clos d’un delphinarium, où des gens payent des centaines de dollars pour patauger quelques heures en compagnie de dauphins captifs.
Certains établissements proposent des séjours d’une semaine, qui coûtent quant à eux des milliers de dollars.

La plupart des clients sont à la recherche d’une connexion magique avec la nature et de cette fameuse «expérience qu’on doit faire au moins une fois dans sa vie : nager avec des dauphins» !
Mais d’autres viennent y chercher le remède miracle pour les maux dont ils souffrent ou dont souffre leur famille.

Les enfants autistes, les enfants atteints de Trisomie 21, les personnes qui souffrent de douleurs chroniques, de cancer et d’autres innombrables pathologies rejoignent en masse ces établissements avec l’espoir que les dauphins pourront faire un miracle.

Des gens de tous les âges et de toutes tailles viennent pour nager avec des dauphins en pensant qu’ils seront guéris sur le plan médical….

Les faits nous prouvent, hélas, que la delphinothérapie n’est rien d’autre qu’’une escroquerie.
Pire encore, cette pratique peut non seulement s’’avérer dangereuse mais aussi, un jour prochain, carrément mortelle.

Delphinothérapie au Japon. Ici, les dauphins « soignent » plutôt les allergies !

Depuis quelques années maintenant, des histoires circulent à propos de personnes malades qui ont nagé avec des dauphins et seraient revenues «guéries» au terme de cette expérience.
Sont-ce là des faits scientifiques ou bien juste de faux espoirs ? Ce n’est que tout récemment que des études sérieuses ont été menées sur les effets réels de la nage avec les dauphins.

Parmi toutes les entreprises commerciales qui vendent ce produit, la Fondation AquaThought insiste particulièrement sur les avantages médicaux de la delphinothérapie.

Cette firme a utilisé des systèmes de monitoring captant les ondes cérébrales pour analyser ce qui se passe lorsqu’on nage avec des dauphins.

Les données qu’AquaThought a rassemblées, prouvent que lorsque l’’on ressort du bassin, le cerveau humain est effectivement très détendu. Les chercheurs reconnaissent cependant qu’un effet semblable, sinon identique, est suscité lors de l’interaction avec des animaux domestiques, tels que des chiens ou des chats, ou simplement, lorsqu’on prend un bon bain chaud.

Ceci pose la question de savoir « pourquoi faudrait-il payer des milliers de dollars pour obtenir l’effet d’un bon bain chaud? ».
La réponse est évidente : des gens désespérés recherchent un remède miracle et d’autres font en sorte de profiter d’eux.

Certaines des histoires les plus remarquables proviennent de parents d’’enfants mongoliens ou autistes, qui ont plongé leur bambin dans la piscine avec les dauphins et les en ont retiré guéris de leur handicap de manière miraculeuse.

Les statistiques nous disent cependant que 30 % seulement de ces petits patients  montrent des signes d’amélioration de leur état de santé et que même s’il y a amélioration, importante ou légère, celle-ci dure rarement plus de quelques jours.

D’’autres études plus impressionnantes encore prouveraient que les programmes d’interaction avec des humains  et les méthodes positives de renforcement (child empowerment) donnent de meilleurs résultats, avec un taux de succès de 65%.

Pourquoi dès lors certains parents choisissent-ils un programme de nage avec les dauphins d’une durée d’une  semaine qui leur coûte des milliers de dollars, plutôt que d’’autres méthodes moins chères et plus efficaces ?

Parce que ces parents sont des victimes d’affirmations mensongères et de fausses promesses.

Le dauphin ne « soigne » que sous la contrainte de la faim. Il s’agit là d’un pur dressage.

Souvent, des individus sans aucune compétence médicale ou scientifique feront une  promotion active des bénéfices de la «nage thérapeutique avec les dauphins».

Ces mêmes personnes défendront souvent leur pratique de manière agressive, expédiant partout dans le monde de superbes brochures sur papier glacé qui donnent enfin de «l’espoir aux désespérés » mais négligent de fournir la moindre preuve de leurs assertions.

Le Dolphin Research Center au sud de la Floride, l’’un des établissements parmi les connus qui fournit des programmes de «swim-with-dolphins» et de delphinothérapie, est à cet égard réputé pour «jouer avec la vérité » de manière intensive.

Le DRC dispose des services d’un «docteur» autoproclamé (mais sans aucun diplôme ni antécédents médicaux) qui fournit des programmes d’une semaine de delphinothérapie pour la modique somme de 2.500 dollars.

Quiconque souffre d’une maladie, depuis la migraine jusqu’au cancer, peut participer à ce programme.
Plusieurs plaintes ont été déposées auprès de la justice américaine par des parents qui ont du s’’endetter gravement et hypothéquer leur maison afin de permettre à l’un des membres de leur famille de bénéficier de ces soins coûteux de la dernière chance, avant de se rendre compte qu’ils avaient été escroqués.
Aucune garantie de succès, aucun remboursement par la Mutuelle n’’est ne effet prévu pour ces charlataneries.

Certes, quelques parents ont pu constater certains progrès chez leurs enfants handicapés ou chez des personnes souffrant de douleurs chroniques, mais il n’existe aucune preuve scientifique tangible qui permette d’affirmer que le fait de nager avec des dauphins a réellement provoqué leur guérison complète et miraculeuse.

Au contraire, tout tend à démontrer que d’’autres thérapeutiques plus classiques auraient été plus efficaces, ou même qu’’elles ont en fait directement contribué au rétablissement du malade, bien plus que les dauphins.

Est-ce que la delphinothérapie offre vraiment de l’espoir au désespéré ? Oui, sans doute, sauf qu’’il s’agit de faux espoirs.

Est-ce que la delphinothérapie peut s’avérer dangereuse, voire mortelle ? Oui, sans doute.

La plupart des gens envisagent les dauphins comme d’’amicaux et charmants petits «Flippers», qui passent leur temps à sauver les humains de la noyade, jouent en toute innocence dans le vaste océan et sont les meilleurs amis de tout le monde !

La réalité est un peu différente : les dauphins sont des animaux marins de grande taille, puissants, souvent agressifs à l’’égard d’autres espèces que la leur et susceptibles d’’infliger d’aussi violentes blessures à un Humain que pourrait le faire un lion !

Depuis que les premiers cétacés – des bélougas gardés dans un bassin d’eau douce ! – ont été capturés par P.T. Barnum à la fin du 19ième siècle, les dauphins captifs ont régulièrement attaqué des gens, avec pour conséquence d’’innombrables blessés et même des morts.

Fort heureusement, jusqu’à ce jour, aucun spectateur n’a encore été tué par un dauphin. Néanmoins avec cette mode croissante de nager avec les dauphins et les programmes de DAT, des accidents pourraient survenir à terme.  Les dauphins sauvages sont naturellement agressifs.

On sait depuis longtemps que les dauphins peuvent se tuer entre eux, tuer leurs propres enfants et que les gangs de mâles traquent puis violent ensemble des femelles non consentantes.

Une célèbre tribu de dauphins vivant en Ecosse dans la baie de Moray Firth est bien connue pour massacrer tous les marsouins qui passent dans son territoire, mais aussi des bébés !

Chaque année, les cadavres d’’environ 15 marsouins et de 5 enfants Tursiops sont rejetés sur les plages avec des signes évidents de blessures mortelles infligées par d’’autres dauphins.

Ce comportement n’est pas limité à cette seule région.

Des dauphins tuent d’’autres dauphins tout le temps, et les scientifiques considèrent qu’il s’agit là d’un comportement normal.

Que peut-il se produire dès lors que des humains interagissent avec des dauphins, particulièrement quand ces contacts se font sous la contrainte et dans le contexte promiscuitaire de la captivité ?
Eh bien, des gens sont blessés…

 

Voici quelques rapports à propos d’accidents survenus dans le cadre de programmes de «swim-with–dolphins» et de delphinothérapie aux USA :

Dolphin Quest, 8 mars 1993

Le rapport affirme que l’énervement apparent d’un nageur a provoqué un «coup de dents» agressif de la part d’un dauphin captif. La sécurité de ce nageur relevait pourtant de la responsabilité de l’équipe du delphinarium. Le personnel avait bien observé que le jeune homme descendu dans la piscine ne se comportait pas normalement, qu’il s’agitait de manière excessive, mais on lui a tout de même permis de participer à la session, dans la mesure où il payait. C’était là une attitude inadéquate de la part du personnel.

Théâtre de la mer, 17 novembre 1992 

Le rapport décrit un nageur qui est sort de l’’eau avec le sternum meurtri.  Cette attaque eut lieu lors d’’une interaction dont le personnel ne fut pas témoin, puisqu’elle eut lieu sous l’’eau.
Selon la presse locale, les dommages ont été bien plus graves qu’annoncé (un sternum brisé).
Le nageur affirme pour sa part qu’il n’a fait rien d’autre que d’encourager l’action du dauphin, qui le titillait avec son rostre.
Le Théâtre de la Mer prétend de son côté que le nageur a saisi de manière inadéquate l’aileron dorsal du dauphin.
Une action judiciaire a été adressée par cette personne blessée à l’égard du National Marine Fisheries Service (NMFS) qui tolérait  à l’époque ce type de pratiques.

Dolphins Plus, Inc, mars 1992 :

Il semble qu’’il y ait débat quant à ce qui s’est réellement passé ici.

Les rapports varient et divergent de façon remarquable selon les sources, à savoir celles de la compagnie commerciale ou le témoignage de la victime.

Tandis que celle-ci nageait sous l’eau, un dauphin l’’a frappée en pleine face, pulvérisant son masque de plongée et lui infligeant des lacérations faciales ainsi qu’’un nez brisé.

Rappelons qu’il faut déjà dégager une force considérable pour parvenir à briser le verre d’un masque protecteur. Pourtant le rapport de Dolphin Plus ne parle que d’’une «sorte de choc».
Si une collision frontale avec un dauphin fut bien la cause de cet accident, celle-ci ne pouvait être qu’intentionnelle.

Il est extrêmement improbable qu’un dauphin puisse heurter de front une personne humaine de manière accidentelle, en y mettant assez de puissance que pour casser du verre.
Souvenons-nous que, mêmes captifs, les dauphins bénéficient d’’un appareil perceptif très sophistiqué pour guider leurs mouvements sous l’eau, tel que le sonar, notamment.

Le second incident a également eu pour conséquence l’explosion d’un masque de plongée. Le rapport officiel affirme que le personnel ne pouvait pas prévoir un tel accident.

Cependant, le « bain en groupe » au cours duquel l’accident s’est produit (plusieurs nageurs nageant ensemble créent une vague de pression que les dauphins chevauchent) réclame une grande énergie : n’importe quel animal impliqué dans une telle activité pourrait facilement s’’exciter au-delà de toute raison. Imaginons par exemple que nous courrions à toute vitesse à côté d’un grand chien. Quel pourrait être son état d’esprit ?

 Dolphin Quest, le 16 février 1992

Ici encore, le nageur blessé avait exprimé son excitation de manière verbale tout à fait évidente avant de descendre dans le bassin. Ce visiteur aurait du être empêché de poursuivre l’’expérience.

Les dommages qu’’il a subi se résument à des lacérations mineures, mais ce qu’il faut noter  dans ce cas, c’est que les cétacés perçoivent l’énervement des gens et peuvent à leur tour devenir agressifs en présence d’un nageur agité. On rapporte que la victime a reconnu avoir une part de responsabilité dans cet incident, ce qui exonèrerait donc la société Dolphin Quest.

On pourrait dire aussi que le programme vendu par Dolphin Quest l’a trompé en lui faisant croire que si les choses se passaient mal, c’était de toutes façons de la faute du nageur. Les clients de ce type de pratique veulent désespérément croire que les dauphins sont des êtres doux et gentils. Ils ne veulent pas admettre que de telles créatures puissent vouloir leur nuire. Rien d’étonnant donc à ce qu’ils prennent sur eux la pleine responsabilité d’une interaction ratée. Plus gênante est l’’attitude du personnel de cet établissement de soins qui encourage les visiteurs à voir les choses de cette manière

De plus, le manque de surveillance sérieuse est l’’une des failles fondamentales dans la sécurité de ce genre de programmes.

Dolphin Research Center, 5 mars 1990

Cet incident est le plus gênant de tous. Ce contact n’’a pas été accidentel.  On a vu le dauphin en train de nager entre deux personnes, tentant d’’éviter leurs mouvements soudains (et fautifs, donc, selon la logique de la société commerciale) puis heurtant l’’un des deux avec assez de violence que pour lui casser le bras, et puis l’’autre, en lui brisant une côte !

Il est vraiment peu probable qu’un dauphin puisse casser une côte et un bras par accident. Il est déjà difficile d’imaginer qu’’il puisse simplement heurter « par hasard» un nageur, mais si en plus, il parvient à lui briser un membre avec la force nécessaire, tout porte croire qu’’une telle attaque a été délibérément voulue par le dauphin.

Les nageurs ont refusé de recevoir un traitement médical immédiat, assurant que cela n’’était pas utile.
Ceci indique presque certainement que ces gens souffraient en fait d’’un choc post-traumatique. On venait, après tout, de leur briser les os !
Il est extrêmement troublant de constater que le personnel de la piscine n’a pas jugé bon d’examiner les victimes sur place. On suppose pourtant que ce personnel est formé pour intervenir lors des premiers soins.
Pourtant, il a attendu que la séance se termine pour se résoudre à envoyer leurs clients vers l’’hôpital le plus proche, où les fractures osseuses ont été diagnostiquées.  (….)

La delphinothérapie peut tuer votre enfant

Ce sont là des rapports relativement anciens et qui ne constituent qu’’une infime partie des incidents réellement advenus. Ils prouvent néanmoins que la sécurité lors des séances de «nage-avec-les-dauphins» ou des programmes de delphinothérapie n’est pas assurée.

Bien que la plupart des delphinariums concernés tentent de prendre le maximum de précautions pour garantir la sécurité de leurs clients, il n’en demeure pas moins que les accidents restent encore fréquents et que les mesures prises ne vont pas assez loin pour régler le problème.

En 1985, le National Marine Fisheries Service– l’’instance gouvernementale responsable de la protection des dauphins aux USA – a d’abord approuvé la démarche commerciale des premiers delphinariums qui ont vendu des programmes de contacts rapprochés entre humains et dauphins.

Depuis lors, le NMFS n’a plus la compétence pour surveiller ces établissements ni les programmes de nage avec des dauphins captifs. Son autorité a été remise pour une part aux mains d’un service déjà surchargé de l’’USDA (United States Departement of Agriculture) nommé l’’APHIS (Animal and Plant Health Inspection Service). Plus récemment, en avril 1999, tout contrôle des programmes d’interaction avec les dauphins a été supprimé. Plus rien ni personne ne garantit la régulation de ces activités commerciales, ce qui risque bien de mener à davantage d’accidents.

Avec la disparition de tout contrôle sur ce type de programmes, le problème deviendra probablement de plus en plus préoccupant aux Etats-Unis.
La delphinothérapie est devenu un nouveau souci pour les responsables de la santé publique qui pensent que les programmes d’interaction homme/dauphin posent un vrai danger.
Leur inquiétude est partagée par nombre de gens.

Les dauphins sont-ils potentiellement dangereux ? Oui.

Les dauphins peuvent-ils nuire à des humains ? Oui.

Un dauphin peut-il tuer un humain ? Oui.

Combien de temps se passera-t-il avant qu’un client d’un programme de delphinothérapie soit mortellement blessé par un dauphin ?
Nul ne le sait encore….


 

Femmes enceintes et dauphins thérapeutes

N’oubliez jamais que ces malheureux cétacés font semblant de vous aimer pour gagner leur bout de poisson quotidien

Pour en savoir plus

Retour Thérapie