Les moustiques tuent deux orques en Floride

orque seaworld victime de moustiques et de maladies mortelles

Sans cesse, les orques de Sea World sont contraintes d’exposer leur corps entier à l’air libre. La nuit ou entre deux shows, elles flottent « en radeau », faute d’avoir autre chose à faire…

Avril 2012

Des moustiques tuent deux orques en Floride

 

Dans le vaste océan, les orques vivent en bonne santé sans aucun prédateur. Mais en captivité, même les plus petits insectes peuvent constituer une menace mortelle pour ces majestueux géants.

Selon la Whale and Dolphin Conservation Society, une nouvelle preuve suggère qu’au cours des dernières années, deux orques au moins ont péri dans les parcs marins de SeaWorld du seul fait du virus du Nil et de l’encéphalite de St Louis transmis par des moustiques.

Il s’agissait de Kanduke, une orque de 25 ans décédée de l’encéphalite de St Louis au SeaWorld d’Orlando en 1990, et de Taku, un mâle de 14 ans, mort après avoir été infecté par le
virus du Nil en 2007 au SeaWorld de San Antonio.

Cette découverte relance la question de la pertinence de maintenir prisonniers ces grands mammifères aquatiques dans des bassins étroits, lesquels, selon les experts, favorisent de tels drames.

Le moustique transmet le virus du Nil

Courtney Vail, directrice de campagne à la WDCS, déclare à ce propos que les orques captives sont contraintes de passer une trop grande part de leur temps à flotter en surface, du fait de la petitesse de leurs enclos.
Ces restrictions contre-nature et les comportements aberrants qu’elles provoquent rendent les orques vulnérables aux piqûres d’insectes et dès lors, aux menaces de maladies qui en
résultent.
“ »Nous continuons à nous étonner de ce que les informations scientifiquement fondées qui ont été révélées concernant les conditions de vie des orques en captivité n’aient jamais été relayées auprès d’un large public » a-t-elle ajouté. « Je pense qu’il faut admettre que personne n’avait songé jusqu’à présent que les moustiques puissent menacer la santé des orques. Mais, compte tenu du temps que ceux-ci passent à la surface dans des bassins peu profonds au sein de ces infrastructures, il s’agit bien là d’une nouvelle conséquence létale et désastreuse des conditions de vie inadéquates que l’on impose aux cétacés captifs” ».

Un ancien dresseur de SeaWorld, John Jett, précise :

« “Le fait de voir des orques flotter comme des bûches était courant lorsque je travaillais pour cette entreprise, particulièrement durant la nuit, ce qui permettait au moustiques de se poser sans problème sur la peau des cétacés. Les orques libres, à l’inverse, sont sans cesse en mouvement ou balayées par les vagues et ne s’exposent donc pas aux piqûres des insectes.
Elles ne demeurent jamais non plus aussi longtemps immobiles. Par ailleurs les moustiques ne sont pas capables de voler bien loin des côtes. 
Cette information est donc une importante occasion d’ouvrir les yeux sur le problème plus global de la captivité des orques ».

Si les experts ont bien confirmé que deux orques étaient mortes dans les installations de Sea World situées à Orlando et à Sand Antonio à cause de virus transmis par les moustiques, il n’en reste pas moins que 42 orques continuent à être gardées prisonnières dans différents delphinariums à travers le monde.
La WDCS espère sensibiliser l’opinion publique à propos des menaces qui pèsent sur leur vie et plaide pour la libération de toutes les orques captives.

Au Marineland d’Antibes, les orques désoeuvrées qui flottent ne sont pas moins exposées. Le virus du Nil a gagné le sud de la France et les moustiques y sont nombreux (photo A.K. 2012)

 

Nécropsie de Kanduke

 

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Kanduke était une orque transient, habitué à vivre au large. Il mourut à 15 ans, au terme d’une vie de cauchemar. Photo Ceta Base.