CUSIMANSE
CROSSARCHUS OBSCURUS
Mangue brune

Fr. Mangue brune. Ger. Dunkelkus,manse.
Mesures:
HB 30—37cm. 115—25cm. W 1-1.5kg.
Description générale
La mangue brune ou "cusimanse" en anglais, possède une tête et un museau particulièrement longs et étroits, le nez dépassant au delà de la lèvre inférieure.
Outre son museau étonnamment allongé, la mangue brune porte une fourrure
épaisse et pâle comme un duvet, sous une fourrure externe ébouriffée et
sombre. Les pattes et la queue portent une fourrure plus courte tandis que la tête
est couverte d'un poil lisse et très court, pâle autour de la bouche et
au-dessus des yeux.
Cet aspect
physique - longues soies sur un revêtement de poils chauds et épais -
suggère qu'il s'agit d'une adaptation au milieu humide des sous-bois
tropicaux et à ses incessantes averses. |
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Elle s'en prend également aux crabes, grenouilles, reptiles, petits mammifères et même oiseaux avec leurs oeufs. Afin d'en briser la coquille, la mangue se saisit des oeufs et les jette sur un souche ou une pierre à plusieurs reprises. Des fruits et les champignons font parfois partie du menu. Certains témoignages attestent de chasses collectives : les mangues brunes s'en prendraient au rat géant de Gambie, comme des loups s'attaquant à une brebis !
Lorsqu'elle mange, la mangue le fait toujours à toute vitesse, sur le qui-vive et sans jamais partager sa proie. En revanche, la solidarité est très intense entre les membres d'un même groupe familial qui se viennent mutuellement en aide.
Comme quelques autres mangoustes, le comportement de la mangue brune est en
effet social et grégaire : elle vit dans des groupes familiaux qui comptent
jusqu'à 12, voire 20 individus. Ceux-ci ne cessent de maintenir le contact
entre eux à l'aide de petits cris subtilement modulés et de pépiements, tandis qu'ils
rôdent en ordre dispersé à la recherche de nourriture. On pense que leur structure sociale pourrait ressembler à
celle de la mangouste rayée, à savoir : un "roi" et une
"reine" mène le groupe, composé le plus souvent d'enfants devenus
grands et attendant de se reproduire, tandis que les bébés du couple dominant
sont pris en charge par la collectivité. Les deux sexes pratiquent le marquage olfactif, à
l'aide de glandes péri-anales et d'autres se trouvant sur leurs joues.
Ce sont surtout les mâles qui marquent le plus abondamment leurs
territoires au moment de la reproduction.
Pourtant, à la différence des mangoustes de savanes, la mangue brune
semble peu attachée à une termitière ou à un terrier particulier
mais se comporte plutôt en nomade, se déplaçant sans cesse d'un bout
à l'autre de son territoire.
Au moment de la naissance des
petits, le groupe s'installe de manière plus permanente sous un tronc
mort ou dans l'enchevêtrement d'un nid de lianes.
Les mangues brunes sont diurnes : la nuit, elles se rassemblent dans des
terriers qu'elles creusent ou dans une termitière. Elles grimpent rarement aux
arbres à moins d'y être forcée afin d'échapper à un ennemi. La femelle
donne plusieurs portées par an, à raison de 2 à 4 jeunes à chaque fois.
La période de gestation est environ 70
jours ou dix semaines. les enfants deviennent adultes à l'âge de 9 mois. Les spécimens captifs
se multiplient trois fois par année. On estime leur temps de vie à
environ neuf ou dix ans, toujours en captivité. Très peu d'études ont été
menées en forêt et l'animal aura sans doute disparu avant qu'on ne les
fasse.
Les mangues "Crossarchus"
semblent avoir rayonné dans trois ou quatre directions distinctes :
La
mangue d'Ansorge ressemble beaucoup à la mangouste de gambie. Elle
occupe une forêt plus sèche au sud du bassin du Zaïre. Son museau est
plus court que celui du cusimanse d'Alexandre, qui occupe également le
bassin du Zaïre mais plus au nord. Le cusimanse d'Alexandre ressemble
à la mangouste du Libéria et partage sans doute avec elle une
ascendance commune.
La mangue brune occupe quant à elle la zone de forêts pluvieuse qui
subsiste encore au entre la Sierra Leone et Nigeria ou bien les zones de
broussaille dense. Bien qu'actuellement considérée comme non-menacée,
la mangue brune n'en est pas moins activement chassée à l'aide de
chiens et alimente notamment les marchés en "bush-meat" au
même titre que les chimpanzés qui partagent le même habitat.