Deux dauphins nés captifs libérés en Mer Noire



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Cétacés


2004

Deux dauphins nés captifs libérés en Mer Noire !

 Dolphin Reef sends two of its `children’ home

Dans un communiqué daté du 26 août 2004, la direction du Dolphin Reef à Eïlat confirme
que deux de ses dauphins nés captifs, du nom de Shandy et Pashosh viennent d’être relâchés ce même jour dans les eaux de la Mer Noire.
Les deux jeunes dauphins étaient accompagnés par une femelle Tursiops locale, dont on ne donne pas le nom mais qui a été associée avec les deux nés-captifs depuis leur arrivée à l’ Utrish Marine Station en Russie.
Il est apparu également que la petite Pashosh était enceinte et qu’elle donnera donc naissance à une nouvelle génération de dauphins, ce dont la Mer Noire a le plus grand besoin.

Free at Last: Born Captive Dolphins to be Released


« The transfer of the dolphins from the Reef to the Black Sea is one of the rehabilitation measures, carried out in cooperation between the Severtsov Russian Academy of Science and Dolphin Reef. Two dolphins, Shandy (10 year old male) and Pashosh (12 year old female), born at Dolphin Reef to parents originally from the Black Sea, are being transferred back to the Black Sea. Shandy and Pashosh will fly on Monday, July 26th, from Eilat to the Utrish Biological Research Station at the Black Sea, where they will meet a pair of local dolphins. After a stay of about one month at the Research Station, the four dolphins will be released into the Black Sea. This release project is backed and accompanied by local and international environmental groups, such as the Nature Reserves Authority in Israel and in Russia, and ACCOBAMS organization ».


Eilat_Dolphin_Bay

Dauphin captif à Eilat, Israël.

Ce communiqué nous apprend donc que les dauphins nés captifs peuvent être remis en liberté.

Cette information n’a cependant rien d’original pour les militaires de l’ex-Armée Soviétique qui, dit-on, se débarassaient régulièrement de leurs « surplus » de dauphins nés en bassin selon la même méthode.

Celle-ci consiste à capturer d’abord deux femelles adultes.
On la place ensuite dans le même bassin clos que les jeunes delphineaux sans expérience, on les laisse « mariner » ensemble quelques jours voire quelques semaines – ici un mois – puis on les relâche tous en même temps au même
endroit.
Les femelles expérimentées, qui ont noué des liens affectifs étroits avec les nés-captifs, prennent ceux-ci en charge et les guide dans leur nouvel environnement marin, comme le ferait n’importe quelle mère de famille à qui l’on
confierait deux orphelins nés en prison.
Telle fut bien la technique utilisée pour les deux jeunes dauphins mâle et femelle relâchés le 26 août 2004 en Mer Noire.


 

 

Dolphin reef-Eilat

Dolphin reef, Eilat

Pour être tout à fait honnête, reconnaissons que les conditions de vie au Dolphin Reef d’Eïlat ne sont pas du tout les mêmes que dans un bassin obscur du coeur de l’Europe, tel que celui de Bruges.

En Israël, les dauphins captifs vivent dans l’eau de mer naturelle d’une baie close et ils pouvaient jusqu’il y a peu circuler librement hors de leur enclos.
Même s’ils sont intégrés à des programmes commerciaux très contestables de « nage avec les dauphins » et de thérapie, le mode de vie de ces « prisonniers » est donc relativement plus agréable que celle de la plupart des autres cétacés en prison.
Il est clair surtout que leur connaissance du milieu marin est infiniment meilleure que celle des dauphins nés dans un trou de béton nu plein d’eau chlorée, qui n’ont jamais senti la caresse du soleil ni le souffle du vent sur leur aileron…

On peut néanmoins affirmer que Puck, Linda, Roxanne et Beachie, les quatre dauphins fondateurs de Bruges  (2015), ont gardé un souvenir précis de leur enfance libre, comme chacun d’entre nous.  A ce titre, ils pourraient parfaitement mener toute leur famille dans les eaux bleues du Golfe du Mexique et lui montrer comment on y vit, au terme d’un processus préalable de réadaptation progressive en baie fermée.

Les delphinariums présentent toujours leurs cétacés comme des animaux privés de conscience, des sortes de débiles
mentaux infantilisés tout juste capables d’être gentils, de recevoir du poisson à la main et de sauter dans un cerceau deux fois par jour au coup de sifflet.

Il n’en est rien : ce sont des êtres doués de mémoire, de cultures et d’intelligence qui communiquent entre eux, réfléchissent et s’adaptent à des situations nouvelles sans difficultés.
Autrement, d’ailleurs, ils ne pourraient pas survivre si longtemps à la détention cruelle qu’on leur impose.

Ce n’est donc pas pour rien que la libération de Shandy et Pashosh a eu lieu en Russie, un pays bien conscient de ces faits, puisqu’il a financé à des fins militaires d’importantes recherches sur le langage articulé des dauphins.
Or, devinez par qui ces recherches ont été menées ?
Par le Severtsov Institute of Evolutionary Morphology and Ecology of Animals, un organisme scientifique désormais basé à l’Utrish Marine Station, à 1.750 km au sud de Moscou, entre Novorossiisk et Anapa, à l’endroit même où nos deux nés-captifs viennent de retrouver la liberté…

Mais où aussi, faut-il le rappeler,  une orque capturée au Kamtchatka est morte de manière lamentable.


 

Lire aussi
Les dauphins de la mer noire

Le langage des dauphins

Les captures d’orques en russie



Communiqué publié en 
page news du site réseau cétacés

Deux dauphins d’Eilat prêts à être rendus à la liberté

Hier lundi 26 juillet 2004, deux dauphins nés captifs au Dolphin Reef d’Eilat en Israël ont été transportés par avion sur les bords de la Mer Noire, à la base marine russe d’Utrish.
Shandy, un mâle de 10 ans, et Pashosh, une femelle de 12 ans, font l’objet d’une tentative de remise en liberté définitive. A Utrish, ces deux dauphins ont été placés dans un enclos en bord de mer avec deux dauphins
locaux, et après un mois (peut-être un peu plus) d’acclimatation, les quatre cétacés devraient être rendus
à la vie sauvage.

Ce n’est pas la première fois que le Dolphin Reef procède à une remise en liberté d’un dauphin captif.
En 1996 déjà, ils avaient relâché avec succès le dauphin Dicky.
Toute l’originalité du nouveau programme est que Shandy et Pashosh sont des dauphins nés en captivité. Si cette réhabilitation est un succès, il s’agira là d’une première mondiale et cela démontrera à l’industrie de la captivité que des dauphins nés captifs peuvent être rendus avec succès à la vie sauvage.

Mais qu’est-ce qui a bien pu pousser les gérants du Dolphin Reef à vouloir relâcher ces animaux? En fait, le Dolphin Reef d’Eilat n’est pas un delphinarium comme les autres. Jusqu’à il y a moins d’un an, les dauphins avaient la possibilité de sortir de leur enclos pour aller en pleine mer. Mais des incidents et accidents répétés avec des baigneurs ont forcé la direction du Dolphin Reef a fermé définitivement l’enclos.

Or il s’est posé un problème: plusieurs jeunes mâles dont Shandy et Lemon sont arrivés à maturité sexuelle, et les
altercations avec le mâle dominant se faisaient de plus en plus nombreuses. Les dauphins n’étaient plus heureux aux
dires des directeurs du Dolphin Reef (surtout Lemon). De plus, cet établissement a perdu quatre dauphins l’an passé,
un taux de mortalité élevé attribué au stress et à l’impossibilité pour les animaux à sortir en pleine mer.

Les dauphins « fondateurs » du Dolphin Reef étant originaire de mer Noire, et la population de Tursiops
truncatus ponticus ayant été déclarée en danger par la CITES, il a donc été décidé de libérer trois dauphins
en Mer Noire, avec l’autorisation des autorités environnementales israëliennes, russes et en collaboration
avec l’organisation ACCOBAMS.
Malheureusement, Lemon est mort la semaine dernière d’une crise cardiaque. Mais malgré tout, le programme de réhabilitation va continuer.

Nous allons suivre avec grand intérêt ce programme de réhabilitation, et nous espérons qu’il sera une réussite.

Source: Israel News

Franck Dupraz
Réseau Cétacés