Jeux de dauphins et de baleines

Une baleine à bosse et un dauphin jouent ensemble

Jeux de dauphins et de baleines

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 2004-2006

On savait que lors des massacres menées par des baleiniers japonais, des dauphins protestaient violement quand une baleine était hissée à bord.
On savait que les dauphins accompagnaient ou précédaient souvent en troupes joyeuses les mastodontes de l’océan.
On savait que les dauphins venaient en aide à d’autres cétacés lorsque ceux-ci étaient coincés dans quelque baie dont ils ne pouvaient sortir.  Ou bien que certains d’entre eux vivaient en compagnie des immenses cachalots.
Et bien sûr, on savait que les dauphins sauvaient des humains en difficulté.
Mais cela, on ne l’avait encore jamais vu !
Il y a entre ces deux espèces de cétacés (les mysticètes et les odontocètes) des liens d’amitiés et de respect d’origine culturelle qui nous échappent encore largement…

Rappelons que le cerveau des baleines n’a rien à envier à celui des dauphins, des orques, des bélugas, des globicéphales ou des cachalots.
Et moins encore celui des baleines à bosse, dont le chant se révèle aussi complexe qu’un chapitre de l’Iliade et de l’Odyssée…
Le type de jeu décrit dans l’article ci-dessous implique sans doute un échange verbal préalable entre la baleine et le dauphin, que les observateurs n’ont pu enregistrer. Qu’en est-il de cet étrange « esperanto » qui permet aux cétacés d’espèces différentes de se comprendre entre elles ?
Nous ignorons tant de choses sur ces créatures exceptionnelles !
Et ce ne sont certes pas les delphinariums qui pourront jamais nous en apprendre plus à ce niveau.


 

Deux interactions inhabituelles entre un dauphin souffleur et une baleine à bosse dans les eaux hawaïennes

Mark H. Deakos,  Brian K. Branstetter,  Lori Mazzuca, Dagmar Fertl, et Joseph R. Mobley, Jr.

Aquatic Mammals 2010, 36(2), 121-128, DOI 10.1578/AM.36.2.2010.121

Les interactions entre deux espèces partageant un même habitat peuvent être classées comme positives ou négatives. Les interactions positives bénéficient aux deux espèces quand elles sont mutuelles ou bien à lorsqu’elles sont commensales. Les interactions négatives sont bénéfiques à une seule espèce tout en affectant l’autre (prédation, parasitisme).

Les interactions interspécifiques sont régulièrement  rapportées chez de nombreux cétacés et varient dans leur fonction. Par exemple, différentes espèces de dauphins interagissent pour des raisons alimentaires, sexuelles ou compassionnelles (l’’une donne des soins à l’‘autre).

Les Grands Dauphins (Tursiops truncatus) sont particulièrement réputés pour la variété de leurs interactions interspécifiques.

Une passage en revue préliminaire des observations  révèle ainsi que le Grand Dauphin peut interagir avec au moins 16 espèces différentes de mammifères marins, parmi lesquels les baleines (mysticètes), d’autres espèces de dauphins, des marsouins, des pinnipèdes et des siréniens (dugongs, lamantins).

Certaines des caractéristiques fonctionnelles de ces interactions sont décrites comme étant :

– la recherche de nourriture en commun,

– l’’agression

– l’’aide apportée à des individus d’une autre espèce

– le jeu.

Les interactions spécifiques des dauphins Tursiops avec les baleines à bosse (Megaptera novaeangliae) sont courantes et ont pu être décrites comme fondées sur l’’association pure et simple, la recherche de nourriture en commun ou impliquant l’’usage de la lame d’’étrave que provoquent en se déplaçant les baleines pour se faire pousser devant la tête du grand cétacé, soit afin d’’économiser de l’énergie soit simplement pour le plaisir.

Dans cet article, nos rapportons deux cas distincts où une baleine à bosse soulève complètement hors de l’eau un grand dauphin aux  alentours de l’’île d’’Hawaï.

 Le rôle respectif de l’agression, du comportement d’entraide ou de celui du simple jeu ont été envisagés comme explications possibles de ces interactions uniques et encore jamais observées.


Matériels et méthodes

Les deux observations ont été faites par hasard dans les eaux des îles principales d’Hawaï qu’’une grande partie de la population de baleines du Nord Pacifique visitent chaque hiver afin de s’’y reproduire.

La première interaction eut lieu le 25 janvier 2004 fut observée par trois des auteurs du présent article (MHD, BKB, and LM) alors qu’’ils menaient une recherche sur les baleines à bosse au large de la côte nord-ouest de  Kauai. L’observation fut faite à partir du hors-bord Hobie Hunter.
L’état de la mer était de 2 Beaufort 2 (vents de 6 à 10 km/h) avec une bonne visibilité, tant pour l’œil nu que pour les appareils photo.

La seconde observation eut lieu le 25 janvier  2006. Le capitaine d’un bateau de whale-watching nous avait averti de la présence d’une baleine à bosse en train de soulever hors de l’eau un grand dauphin Tursiops au large de la côte nord-ouest de Maui. MHD et un autre observateur  (CAV) se dirigèrent aussitôt vers l’endroit indiqué sur un bateau gonflable et retrouvèrent rapidement les animaux. L’état de la mer était de 2 Beaufort (vents de 6 à 10 km/h) avec une bonne visibilité, tant pour l’œil nu que pour les appareils photo.

 

Kauai

 


L’’observation de Kauai

A 14.12 h, à 1.8 km de distance de la côte de Kekaha, Kauai (21.960 N, 159.745 W), un couple de baleines à bosse fut suivi tandis qu’’elles se déplaçaient lentement côte à côte à moins de 5 m l’’un de l’’autre en suivant la ligne de côte en direction du sud-est.

Les baleines furent observées durant 1 heure et  53 minutes à une distance de 50 à 150 m.
Les fonds marins se situaient en cet endroit à 40 m de profondeur au début du contact visuel jusqu’à 18 m à la fin de la rencontre.

A 14.21 h, un groupe de 8 dauphins Tursiops fut remarqué, qui voyageait également  vers le Sud Est, à une centaine de mètres au-devant des deux baleines.

Le bateau s’’approcha d’’une quinzaine de mètres afin de pouvoir procéder à la photo identification des ailerons des dauphins.

A 14.27 h, deux dauphins de taille adulte (environ 3 m de long) revinrent en arrière et s’’approchèrent des baleines à bosse.

Les dauphins se sont positionnés directement en face de l’une des baleines toujours en surface et se laissèrent d’abord pousser par la vague d’étrave que celle-ci provoquait en nageant.

Les deux dauphins pouvaient être distingué facilement : le premier portait sur le flanc droit la trace d’’une morsure de “requin « cookie cutter» (Isistius brasiliensis) et était doté d’un aileron courbé. Durant les deux prises de souffle suivantes de l’une des deux baleines, chaque dauphin a été aperçu à tour de rôle en train de se coucher de façon perpendiculaire en travers du rostre du mysticète, au moment où celui-ci faisait surface.

A 1430 h, la baleine s’’arrêta et releva lentement son rostre en soulevant le dauphin hors de l’’eau. (Figure 1a). Une fois complètement émergé, le dauphin demeura le corps en arche, sur le flanc, en équilibre sur l’extrémité du rostre de la baleine. Ce dauphin paraissait coopérer, sans montrer le moindre signe d’une tentative de fuite.

Lorsque la baleine fut presque totalement en position verticale, ses yeux dépassant la surface de l’’eau, le dauphin glissa du côté dorsal du rostre tout en agitant ses nageoires vers le haut.

Cet épisode ne dura que 3 secondes environ, et s’acheva lorsque le Tursiops retourna dans ‘l’eau, caudale la première.

Aussitôt après, le dauphin qui avait été ainsi soulevé rejoignit son compagnon et tous deux marsouinèrent en direction de leur groupe situé à quelque 400 m au-devant des baleines.

Le couple de baleines, quant à elles, fut suivi par nos observateurs durant 35 min pendant qu’’elles poursuivaient leur progression vers le sud-est. Leur sexe respectif ne put être déterminé.

 

Maui

 

L’’observation de Maui

A 17.42 h, un bébé baleine à bosse fut aperçu en train de se reposer à quelque 800 m au large des côtes de Mala Wharf, du côté nord-ouest  de l’île de Maui, Hawaï (20.887 N, 156.694 W).

Les observations furent menées durant les 29 minutes suivantes à une distance de 100 à 150 m. Les fonds descendaient à 18 mètres durant toute la rencontre.

 En quelques secondes, un dauphin Tursiops adulte d’’environ 2.5 mètres de long fit surface à 15 mètres du baleineau.

Le dauphin s’’était placé en position verticale, en n’’exposant que son rostre et sa tête hors de l’’eau.
A 17.47 h, une baleine adulte fit surface à son tour près de l’’enfant, à environ 5 mètres du dauphin. Celui-ci plongea et réapparut à 17.48 h, reposant toute sa face ventrale sur le sommet du rostre de la mère baleine. Le baleineau plongea.

A 17.49 heures, une autre baleine “escorte” apparut, reprenant deux fois son souffle puis replongeant 20 secondes plus tard, tandis que la mère restait en surface et soulevait le dauphin hors de l’eau. (Figure 2).

Le dauphin fut élevé dans les airs à six reprises durant les 8.5 minutes suivantes. (de 17.49 à 17. 57 h).

Au cours des quatre premiers “levers”, le dauphin resta couché sur le flanc droit sur le rostre de la baleine.

Au cours des deux derniers soulèvements, le dauphin avait changé de position et se trouvait désormais étendu sur le ventre. Chaque élévation dura de 4 à 45 secondes.

A 17.52 h, juste avant les deux derniers levers, la mère baleine frappa l’eau de sa pectorale gauche à deux reprises  puis roula sur elle-même en exposant ses fentes génitales durant près d’une minute.

La dernière élévation survint à 17.53 h. Ensuite, le dauphin s’’en alla et ne revint plus auprès des baleines. Les observateurs cessèrent de s’intéresser aux baleines un bref moment pour essayer de localiser le dauphin. Celui-ci fut aperçu en train de filer rapidement vers le nord à quelques 600 mètres des baleines. Aucun autre dauphin ne fut aperçu dans les environs.

A 17.58 h, la baleine se plaça en position verticale, n’’exposant que la pointe de son rostre au-dessus des flots. Quelques secondes plus tard, son baleineau fit surface tout auprès d’’elle, dans une position similaire, son corps touchant par moment celui de sa mère. Tous deux demeurèrent dans cette position verticale durant 11 minutes, jusqu’à 18.09 h. A ce moment, le baleineau roula sur le sommet du rostre de sa mère. A 18.10 h, celle-ci souleva lentement son enfant hors de l’’eau avec sa tête, suffisamment haut que pour que le baleineau roule ensuite sur le côté droit du rostre maternel.

A 18.11 h, la maman se retourna sur le dos, exposant ses fentes génitales, et fut observée dans cette position jusqu’à ce que  les observateurs décident de retourner au port. Le soleil s’était couché à 18. 13 h.

Le dauphin Tursiops impliqué dans cette rencontre était une femelle, à en juger par les photos qui montrent clairement ses fentes mammaires disposées de part et d’autre d’une longue et unique fente génitale  (Figure 2e).
Une étude comparative de photos d’ailerons put confirmer que le dauphin et la baleine qui interagissaient à Kauai étaient tous deux différents de ceux qui s’’étaient rencontrés à Maui.

Pod de dauphins à Kauai

 

Discussion

Cet article présente pour la première fois deux interactions documentées mettant en scène une baleine à bosse soulevant un dauphin Tursiops hors de l’’eau. Trois explications possibles peuvent expliquer ce type de comportement unique en son genre :

(1) la baleine répondait de façon agressive à un dauphin antagoniste;

(2) la baleine tentait de venir en aide à un dauphin en difficulté ;

(3) la baleine, le dauphin ou les deux, étaient engagés dans une interaction ludique.

Baleine à bosse

 

Réponse agressive de la baleine à un dauphin antagoniste ?

Les dauphins Tursiops sont connus pour interagir avec une variété de grandes baleines, en ce compris les baleines grises (Eschrichtius robustus), les baleines franches australes (Eubalaena australis) et les baleines à bosse.
Ces contacts consistent typiquement à se laisser pousser par la pression de la vague d’étrave que crée le front des mysticètes en se déplaçant.

A Hawaï, les dauphins sont communément observés en train de surfer sur de telles vagues produites par des baleines à bosse en voyage. Ce comportement réduit l’’effort de nage du dauphin mais peut aussi représenter une forme de jeu.

Telle est sans doute la raison pour laquelle le dauphin de Kauai s’était placé devant la baleine avant d’être soulevée par elle.
L’’extrême proximité du dauphin avec la tête de la baleine pourrait dans ce cas être considérée comme gênante par le mysticète, ce qui l’aurait amenée à projeter vers avant l’’odontocète lors d’’une prise de souffle, tout en le soulevant hors de l’eau lors de cette action.

Des baleines franches australes ont ainsi été observées en train de s’’élancer en direction de dauphins qui croisaient leur passage.

Le fait de soulever la tête est un comportement agressif habituel auquel se livre principalement les « mâles escortes » au sein d’un groupe de baleines  bosse en compétition. Dès lors, ce geste aurait pu être une réaction agressive à l’égard du dauphin.

Pourtant, la lenteur avec laquelle il fut effectué dans le cas des deux rencontres et le manque de réaction de fuite de la part du dauphin face à une attitude qu’il aurait pu juger hostile infirme cette hypothèse.

Comportement épimélétique de la baleine à l’’égard du dauphin ?

Le comportement épimétélique implique le fait de prendre soin ou de prêter attention à un autre individu.
On le qualifie de «succorant» (altruiste) lorsqu’il s’adresse à des individus adultes en difficulté et de « nurturant » («offrir des soins ou de la nourriture ») lorsqu’’il est dirigé vers des jeunes.

Des comportements altruistes ont té relevés chez au moins 8 genres d’’odontocètes, incluant des membres d’’au moins 10 différentes espèces. Parmi 7 de ces genres, à savoir le globicéphale, le lagenorhynque, le dauphin boto (Inia), le dauphin de la Plata (Pontoporia), le dauphin Steno, le dauphin commun à bec court et le dauphin souffleur (Tursiops
truncatus), le comportement altruiste comprenait le fait de maintenir en surface un congénère en détresse ou décédé.

Inia ou boto

 

Les observations concernant de tels comportements chez les mysticètes sont beaucoup plus rares.
Slijper (1962) a néanmoins pu voir une baleine à bosse soutenir une compagne blessée pendant 40 minutes avant qu’elle ne soit à son tour frappée par le harpon des baleiniers.

Tomilin (1957) a rapporté en quatre occasions les cas de baleines à bosse dans leurs espaces de reproduction du Pacifique Nord entourer leur congénère blessé par un harpon.

Après qu’’une baleine à bosse mâle ait péri lors d’’un combat avec d’’autres adversaires de son espèce,à Hawaï, trois individus du groupe sont restés près du cadavre,  parmi lesquels un autre mâle qui n’’a pas quitté le corps pendant plus de 4 heures.

Si la baleine impliquée dans chacune des deux rencontres que nous rapportons avait considéré le dauphin comme étant en difficulté, le fait de le soulever hors de l’eau aurait pu être qualifié de comportement altruiste.

Pourtant, aucun signe de blessure ou de maigreur excessive n’’a pu être mis en évidence sur les photos, qui puisse suggérer que ce dauphin était en mauvaise santé.

La rapidité de déplacement des deux dauphins observés et la vive énergie avec laquelle marsouinait celui de Kauai attestent tout au contraire que ces deux Tursiops étaient en excellente santé, de façon si évidente qu’une baleine n’aurait pu s’y tromper.

A Hawaï, un comportement d’’aide aux petits est parfois observé lorsque des mères baleines à bosse élèvent leur enfant à la surface de l’eau à l’aide de leur rostre.

Amener un nouveau-né à l’’air libre immédiatement après l’accouchement est d’ailleurs un acte commun à tous les cétacés.

Parfois, ce comportement d’aide maternelle s’applique à des jeunes d’’une autre espèce.
On a ainsi pu voir deux dauphins du Pacifique à flancs blancs (Lagenorhynchus obliquidens) se charger tout à tour de maintenir hors de l’’eau un nouveau-né marsouin (Phoceana phoceana).

Pour les deux cas observés, le comportement épimétélique semble expliquer le mieux les actions des baleines mais ne répond pas aux questions posées par l’évidente coopération du dauphin, que l’hypothèse du jeu semble rendre plus plausible.

Comportement de jeu de la baleine et/ou du dauphin ?

Le jeu est une composante importante du développement social et physique aussi bien chez les mammifères que chez les oiseaux. Néanmoins, la définition de ce que c’est qu’un « jeu » fait l’objet de débats considérables.

Burghardt (2005) a identifié 5 critères pour  caractériser ce comportement (lire aussi : “Le jeu chez l’’animal ») :

(1) Action inachevée dans le contexte considéré et ne produisant pas les effets habituellement escomptés.
Par exemple : simulacres de combats.

(2) Action volontaire, spontanée, menée sans contraire ou dans le but d’obtenir une récompense évidente.

(3) Les divers éléments qui composent un comportement sérieux ne sont pas tous exécutés ou le sont de manière exagérée, incomplète ou de manière précautionneuse.

 (4) Le comportement est répété au moins durant une partie de la vie de l’’animal mais n’’est pas assimilable à la rigidité d’une stéréotypie.

(5) Le jeu survient lorsque l’’animal n’est soumis à aucune pression particulière, c’est à dire lorsqu’il est bien nourri, en bonne santé, et dépourvu de stress.

Le comportement du lors de chacune des deux rencontres semble correspondre tout à fait à ces cinq critères.

Le dauphin joue avec une algue

Le jeu chez l’’animal peut encore être différencié en 3 types :

(1) Jeu locomoteur (courir, courir en cercle, sauter, rebondir, ruer, rouler, glisser, etc.)

(2) Jeu avec les objets  (manipuler, tirer, pousser, mâcher. etc.)

(3) Jeu social (pourchasser, se battre, fuir.)

Le jeu social est dirigé vers les congénères ou vers d’’autres animaux prenant ce rôle.
Burghardt note que le jeu social, souvent considéré comme dyadique et réciproque, peut aussi être effectué par un seul individu, qui est le seul à trouver le jeu amusant (comme, par exemple, taquiner ou harceler son « compagnon de jeu »).

Bien que le jeu avec des objets ait été rapporté souvent en ce qui concerne les dauphins libres, qui s’amusent avec du kelp, des algues, des poisons, des tortues ou même des oiseaux, il est beaucoup moins fréquent d’observer de semblables comportements chez les baleines.

 

Baleine boréale

 

Les baleines boréales (Balaena mysticetus) en Mer de Beaufort ont pourtant été vues en train de manipuler des bûches d’une taille de 10 à 20 m avec leurs nageoires pectorales et leur caudale. On les a également observées qui portaient en équilibre sur leur dos ces mêmes troncs d’arbre puis qui les lançaient en arrière à 3 ou 5m au-dessus de l’eau durant de brèves périodes de 1 à 2 secondes.

Une baleine à bosse juvénile a été vue sous l’eau en train de manipuler un grand morceau de filet de cargo dans les eaux au large de Maui, Hawaii (M. H. Deakos, observation personnelle, 2002). Pendant presque 1 heure, elle joua avec ce filet, le faisant passer de sa nageoire pectorale jusqu’à son rostre puis de son rostre à la nageoire.
Une femelle se comporta de la même façon peu de temps après, en utilisant cette fois une large corde qui flottait.

Dans la Baie de Hervey Bay, Queensland, Australie, une baleine à  bosse, apparemment en train de jouer, faisait usage de ses pectorales pour basculer ventre en l’air une tortue de mer Caretta Caretta.

Ces constats de jeux de baleines suggèrent que la baleine à bosse soulevant un dauphin hors de l’’eau pourrait être en train de jouer avec un objet, en l’occurrence un dauphin.

Le dauphin Tursiops impliqué dans chacune des deux rencontres semblait lui aussi se livrer à un jeu social puisqu’’il permettait  la baleine de le porter de façon répétée hors de l’’eau.

Ces jeux sociaux consentis ont été observés chez deux dauphins captifs, qui tournaient en rond dans leur bassin, l’’un poussant l’autre.

Herzing & Johnson (1997) ont rapporté une autre jeu interspécifique mené par deux femelles Tursiops qui propulsaient deux jeunes dauphins tachetés mâles (Stenella frontalis) en les poussant avec le rostre au niveau de leurs rostres.

En conclusion, ces observations suggèrent que les deux rencontres décrites ci-dessus constituent bien des jeux interspécifiques entre dauphins et baleines. Les dauphins semblaient dans les deux cas en bonne santé et parfaitement capables de s’’enfuir loin des baleines à bosse à tout moment.
En outre, ils ont probablement entamé eux-mêmes ce qui apparaît comme un jeu social avec des mysticètes.


Lire l’article complet en langue anglaise avec photos associées

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