La RTBF et les animaux captifs

Dauphins tachetés au Bahamas photo YG

Dauphin, un héros trop parfait

11/9/05

Un grand bravo à la RTBF d’avoir (enfin !) diffusé un film intelligent et bien documenté qui plaide clairement en faveur de la liberté pour les dauphins.

Ce documentaire de 50 minutes met en effet en exergue les capacités cognitives sans équivalent des cétacés et la subtilité de leurs cultures pacifiques. Une interview émouvante de Ric O’Barry racontant la mort par suicide de Cathy la delphine, de superbes images de Dauphins Tachetés libres nageant au Bahamas et des vidéos démontrant l’existence d’une conscience du soi chez les Tursiops, y dressent entre autres un portrait fidèle de cet  être pleinement évolué, contraint de partager la même petite planète que ces cinglés d’humains.

Comme le dit l’un des interviewés :
« En delphinarium, on ne vous montre qu’une infime partie de ce que sont vraiment les dauphins et de ce dont ils sont capables ».

Un seul regret : que cette émission ait été diffusé un dimanche à 16 heures plutôt qu’au plus fort des heures de « prime time ». A quand une rediffusion en deux ou trois épisodes dans le « Jardin Extraordinaire » ?

« Dauphin, un héros trop parfait.

Dès l’Antiquité, les dauphins, animaux sociables et sauveurs de marins, provoquent l’émerveillement.
Dans les années 60, la série télévisée « Flipper », diffusée dans le monde entier, suscite un véritable engouement planétaire pour cet animal. Depuis, notre relation avec les dauphins a pris des routes très diverses. Pour certains, ils sont des messagers porteurs d’une sagesse « naturelle » ; pour d’autres, des êtres « guérisseurs » ; pour les militaires, des guerriers potentiels. Or notre connaissance de cet animal, de ses facultés cognitives et de sa vie sociale est encore balbutiante. En attendant que les scientifiques nous aident à mieux le connaître, voire à communiquer avec lui, il serait sage de le laisser poursuivre son chemin sans intervenir violemment dans sa destinée ici-bas, comme on le fait en l’enfermant dans des delphinariums.

Production: Stéphane Tavenas
Production: Georges Bouboulis
Réalisation : Gilles Santantonio
Scénario : Jérôme Julienne »

Prochaine diffusion le : vendredi 16 septembre 2005

Retour belgique


lundi 29/11/04 en début de soirée
La RTBF chante la gloire 
des zoos et des delphinariums !

La Chine est un modèle économique pour toute la Belgique, Prince de Liège compris. Voici ce qu'elle fait de ses Pandas..

Réagir ?

«Pourquoi s’’intéresser aux animaux plutôt qu’’aux hommes ?
La question n’’est pas de savoir si c’’est l’’un ou l’’autre, c’’est l’’un ET l’’autre. Ce n’’est pas A ou B, c’’est A et B. Pour les gens qui nous font cette réflexion quotidienne, c’’est probablement, ni les hommes, ni les animaux, je le crains profondément »

in « Le siècle de Théodore Monod » Actes Sud page 141

Il fut un temps où la Télévision Belge avait pour mission de nous informer…
Il fut un temps où ses réalisateurs et ses cameramen étaient, non pas de tristes zombis politiques, mais bien des gens de métier farouchement convaincus de ce qu’il fallait élargir la conscience du Peuple et lui apporter sans cesse de nouveaux éléments de réflexion et d’information, ainsi que le fait encore aujourd’hui une télévision comme ARTE.

Mais voilà.
Les temps changent, la logique du marché prévaut et aujourd’hui, c’est l’Audimat qui décide des programmes bien plus que l’intelligence. Le souffle court, cette pauvre RTBF doit galoper sans cesse au train de sa grande soeur en Big Business, la chaîne privée RTL, dont elle duplique froidement le Journal Télévisé et tente en vain d’imiter les abrutissantes recettes.

De l’organisme de presse relativement indépendant qu’elle était à ses origines, la RTBF est devenue aujourd’hui un pur  instrument de propagande au service du Parti Socialiste et de ses protégés chrétiens du CDH, tous gens bien pensants et confits de certitudes anthropocentristes. Les conséquences pour le public en sont bien sûr immédiates :

Au moment des dauphins sont massacrés à la hache au Japon ou dans des filets dérivants partout dans le monde, au moment où les troupes rwandaises pénètrent à grands fracas sur le territoire sacré des gorilles des Monts Virunga, au moment donc où plus que jamais, une prise de conscience écologique quant aux menaces qui pèsent sur l’existence même de la vie sur notre planète se devrait d’être proposée au grand public, que croyez-vous que nous en dit la RTBF ?

Rien.

A de très rares exceptions près (telle que l’interview de Nicolas Hulot , par exemple), l’émission animalière bien connue, « Le Jardin extraordinaire  » nous parlera essentiellement des fouines, de hérissons, des chevaux de trait ou de l’étang de Virelles, tandis que les émissions « prime time » les plus regardées joueront quant à elle pleinement le jeu du Grand Capital et nous chanteront à intervalles réguliers la gloire des zoos, cirques et delphinariums !

Image scannée du journal "Le Soir"

Ce genre d’émissions pro-captivité bénéficient bien sûr d’un puissant soutien médiatique…

C’est ainsi que lundi soir, 29/11/04, dès 18 heures 55, notre chère, très chère chaîne publique diffusera à l’intention des petites têtes blondes et moins blondes de la Francophonie belge, deux émissions toutes à la gloire de « l’Animal Business ».

* depuis le 29/11/04 à 18 h 55, La RTBF chante la gloire des zoos !

Ici à Anvers : le désespoir de ceux qui vivent à jamais dans un monde social et affectif brisé, manipulé par l’Homme seul.

 

Zoo (1/5) En coulisses
Les héros de ces cinq documentaires de 25 minutes s’appellent Gamin, Katka, Babeth, Raya, Jenny, Cookie? Ils sont chimpanzé, éléphant, hippopotame, tapir, grizzli, otarie? et nous partageons leur vie au zoo de La Flèche, dans l’ouest de la France. Ici, les animaux semblent
faire partie d’une grande famille rassemblant hommes et bêtes. Alors, pourquoi ne pas les laisser en liberté ? C’est que certains pensionnaires, surtout les grands félins, mus par une invincible envie de jouer, se mettent alors à courir après un visiteur pour l’estourbir ou le croquer. Nous faisons connaissance avec quelques vedettes du zoo ainsi qu’avec le vétérinaire et les soigneurs. Ceux-ci nous aideront, tout au long des cinq épisodes, à décrypter les émotions de leurs pensionnaires. Aujourd’hui, une urgence : un bébé loutre fait une hypothermie. Mais c’est surtout la santé de Gamin, le vieux chimpanzé, qui inquiète toute l’équipe. Depuis un mois, il ne s’alimente presque plus. Une auscultation approfondie s’impose…

Réalisation : Christian Cascio, Constance Lagarde.


 

Il s’agit en fait ici d’une charmante série en cinq épisodes tournée au Zoo de la Flèche, qui met en scène toute une bande de malheureux animaux déportés de leur pays d’origine et désormais contraints à une privation de liberté atroce au fond de cages obscures….
Un pure obscénité, donc, avec des hippopotames stressés qui pataugent dans de la paille puante et des tapirs paniqués dont on se demande ce qu’ils font là…

Mais le message de la RTBF est clair : vive les nouveaux goulags pour animaux exotiques !
La théorie de l’Arche veut en effet que le seul endroit où nos enfants puissent encore voir des lions vivants ou des tigres ou des ours ou des loups ou d’ultimes éléphants (mais pas de dodos ni de mammouths, non, pas encore, mais on y travaille activement au niveau de l’ingéniérie génétique.. ), c’est au Jardin Zoologique et nulle part ailleurs !
Et merci de faire en sorte qu’ils paient leur droit d’entrée…

Ces gosses n’’y verront pourtant que de pauvres créatures vidées de toute leur dignité et de tous leurs savoirs culturellement transmis depuis des millénaires, mais qu’importe, du moment que le tiroir caisse tinte !

Question : qui tue les derniers non-humains pendant ce temps-là ? Qui réduit leur territoire à la tronçonneuse ?  Qui en fait de la bush meat ou des remèdes contre l’impuissance de vieilles crapules chinoises ? Les Extraterrestres ? Et si oui, ne peut-on entrer en contact avec eux et tenter de les convaincre d’arrêter ?

Un peu plus tard, en ouverture de la grande soirée cinéma dédiée au magnifique « Seigneur des Anneaux  » – c’est dire s’il y aura du monde devant le petit écran ! –  Baudouin Cartuyvels fera pleurer dans les chaumières en réalisant le rêve de petits aveugles qui pourront enfin rencontrer des dauphins.

20:15
C’est entre nous !
Les dauphins me voient-ils ?

Simon 9 ans et Antonia 38 ans sont non-voyants. Leur rêve depuis toujours, c’est nager avec les dauphins. L’équipe de « C’est entre nous ! » a fait en sorte que ce rêve se réalise.

Un reportage de: Baudouin Cartuyvels
Rien de plus émouvant, en effet, et rien de vraiment répréhensible à la base.
Nous savions depuis longtemps que ce type de rencontres avait lieu au Delphinarium de Bruges et nous n’en avions jamais parlé.
Tant qu’ils restent discrets, de tels contacts interespèces satisfont en effet les envies légitimes de ces enfants courageux mais défavorisés, tout en distrayant dans le même temps les dauphins prisonniers de leur vie affreusement monotone.
Un peu de contacts en plus fait du bien à tout le monde !

De la même manière, avant 1998, le Delphinarium du Zoo d’Anvers avait  accueilli plusieurs enfants
autistes qui purent toucher les dauphins depuis le bord du bassin.  Ces rencontres firent sans doute beaucoup de bien, tant à cette pauvre Iris et à son fils Ivo, si solitaires à l’époque, qu’aux enfants mis en leur présence.

Mais c’est une toute autre affaire et une sinistre dérive que d’en faire une émission télévisée «prime time» !

Car en rendant publique ce type de contacts en bassin, en laissant croire aux gens que les dauphins peuvent réellement guérir leurs problèmes de santé et ceux de nos enfants comme le ferait un cachet d’aspirine, on élargit de manière criminelle une brèche déjà trop largement ouverte partout ailleurs dans le monde des delphinariums.

A Bénidorm comme à Cancun, aux Caraïbes, au Japon, aux USA ou encore en Chine, les dauphins captifs sont aujourd’hui instrumentalisés de manière radicale et ne servent plus qu’à « faire de l’argent ».

Chaque jour de chaque année, des millions de touristes impatients, luisants d’huile solaire, ticket et pop-corn en main, font la file le long d’une quelconque piscine tropicale en attendant leur tour de se jetter à l’eau et de manipuler tout leur saoul des cétacés captifs, arrachés peu de semaines auparavant à leur monde naturel.  Ceux-ci ne disposent d’aucun temps de repos, d’aucun espace de fuite.

Du matin jusqu’au soir, ils sont palpés, chatouillés, pincés, caressés, voire molestés parfois jusqu’à ce qu’ils en meurent au bout de quelques semaines t qu’on les remplace aussitôt. Le plaisir d’un enfant vaut-il vraiment toutes ces souffrances  ? Ou n’est-ce pas plutôt là une nouvelle manoeuvre de l’Industrie pour rentabiliser son chiffre d’affaire ?

Jusqu’à ce jour, au nom de réglements qui prévalent dans les zoos, la plupart des  delphinariums européens s’étaient toujours abstenus de se livrer à ce genre de débordements commerciaux qui n’ont rien à voir avec la science ou la pédagogie.

En mettant de la sorte en exergue les pseudo-pouvoirs thérapeutiques des dauphins captifs, en vantant les mérites d’une « prison pour cétacés » bien connue au nord du pays, la RTBF engage désormais tous les Belges à reproduire ce genre d’expériences pendant leurs vacances en Espagne, à Cuba, aux Bahamas, aux Philippines ou ailleurs…

De manière indirecte, elle encourage tous les delphinariums à se livrer à d’autres captures, à d’autres inaugurations de « bassins géants » ou de « lagons fermés », afin de mieux répondre, contre monnaie sonnante et trébuchante, aux angoisses de parents déboussolés prêts à tout pour soigner leur enfant… même au prix de la souffrance d’autres familles, dotées de nageoires
plutôt que de mains.

Merci de protester auprès de la RTBF
en lui demandant de bien vouloir diffuser à l’avenir des informations utiles à la sauvegarde de l’environnement et de la biodiversité et non pas des « publicités rédactionnelles » en faveur des zoos, cirques et delphinariums ou des gurus pseudo-scientifiques qui les encouragent.

Merci de lui demander combien d’émissions cette chaîne publique a déjà consacré au massacre  des dauphins sur les plages japonaises, aux Iles Salomon  ou simplement à la question de la captivité des cétacés envisagée sous un angle critique non-commercial, comme l’a fait par exemple le journal de Floride Sun Sentinel ou tout récemment, la BBC ?

RTBF

 

Ours polaire à  Anvers. Cliché YG

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