Enrichissement environnemental et dauphins captifs

Intérieur du laboratoire sub-aquatique du Projet Delphis

 

2004

Enrichissement environnemental et dauphins captifs

Le Projet Delphis

Mourir d’ennui

L’Environmental Enrichment

Le Projet Delphis

Vers une Nouvelle Alliance

Pour en savoir plus


 

 

Enrichissement environnemental :
est-ce possible au delphinarium ?

Copyright Elotouch

Dauphin pianotant sur un ordinateur tactile.

Le dauphin est un être intelligent, doté d’un cerveau de grande taille, d’un cortex cérébral riche en circonvolutions nombreuses. Sa vie sociale en milieu naturel est complexe, ses méthodes de chasses sont raffinées, ses modes de communication uniques dans le monde animal. On comprend pourquoi le manque de stimulations qu’il subit en captivité peut affecter gravement sa santé et l’amener à mourir bien avant l’âge.

Ce fait est reconnu par les professionnels de la captivité pour l’ensemble des animaux détenus dans les zoos, cirques et aquariums. Ainsi, l’Association Américaine des Zoos et Aquariums recommande vivement d’améliorer l’environnement des animaux captifs afin de prolonger leur existence et la leur rendre moins pénible.
La WAZA consacre d’ailleurs de nombreuses pages techniques à cet « Environmental Enrichment » (EE) et signale notamment qu’après avis du « Behavior and Husbandry Advisory Group », un tel critère de qualité sera ajouté aux standards nécessaires à l’accréditation des Zoos américains dès le printemps  2002.

La plupart du temps, ces techniques d’enrichissement environnemental se limitent à reproduire de manière grossière les conditions de vie supposées de animaux lorsqu’ils sont libres.
On donnera à l’Ours à Collier du Zoo de Londres des bûches à gratter artificielles, où se trouve dissimulé du miel, on fournira les singes en agrès verticaux spécialement étudiés pour eux, on permettra à l’éléphant de participer aux soins de son enclos ou de promener les visiteurs, etc.

Un pas plus loin, et le Zoo de Duisburg pratique ce type d’EE, les chimpanzés captifs recevront des pinceaux, des couleurs et du papier pour peindre. Cette activité artistique, inusitée en milieu libre, leur permet cependant d’occuper leurs interminables loisirs et de développer une créativité bien réelle – les oeuvres sont souvent très belles – qui les sauvent de la dépression.
Il en est de même pour les éléphants, qui aiment beaucoup dessiner, même si on les y dresse en Thaïlande. Mais l’on dit aussi que lorsqu’ils sont libres, ils tracent volontiers des signes étranges avec leur trompe sur le sable.

La pratique de l’aquarelle a rendu célèbres Koko la gorille et Siri l’éléphante, l’usage de la langue anglaise a fait du bonobo Kanzi ou d’Alex le perroquet des vedettes internationales mais surtout, ces animaux ont tous bénéficié d’une stimulation particulièrement intense, qui explique sans doute leur relative longévité.

Un dessin de Siri, l’éléphante

Améliorer l’environnement du dauphin captif apparaît dès l’abord comme un problème quasiment insoluble : comment reproduire en effet les milliers de kilomètres d’océan libre que les dauphins traversent chaque année, comment simuler la richesse inouïe de la vie des fonds marins, comment reconstituer les liens sociaux et politiques complexes qui unissent leurs vastes populations  ?
Impossible, bien sûr.
Aucun lieu de captivité ne pourra rendre un dauphin heureux ou satisfaire ses besoins psycho-éthologiques les plus élémentaires.
Néanmoins, certains chercheurs se sont rapidement aperçus que lorsque le dauphin bénéficiait d’exercices plus complexes, lorsqu’il faisait l’objet de tests cognitifs réguliers, sa santé s’améliorait aussitôt et qu’il vivait plus longtemps. Pour cet animal, toute activité stimulante au niveau intellectuel constitue un puissant antidote à l’ennui atroce qui le ronge en captivité.

Dans un ouvrage intitulé « Among Whales », le cétologue Roger Payne prend assez curieusement la défense des
delphinariums en tant qu’outils pédagogiques. A tort, très certainement, mais ce grand amoureux des cétacés n’est pas moins parfaitement conscient  du supplice de l’ennui qu’endurent les dauphins captifs. Shows insipides et répétitifs, trop longues périodes de « repos » et d’immobilisation, dressage fastidieux : leur vie se passe à attendre.

Roger Payne suggère donc de développer, par tous les moyens techniques actuellement disponibles les expériences de communication inter-espèce par le moyen d’un langage commun, mais aussi de munir les dauphins des outils nécessaires pour écouter et créer de la musique sous l’eau, ou visionner des cassettes.
Enfin, lors des shows, Payne propose que ce soit le dauphin lui-même qui pose des questions aux visiteurs, question de rappeler à ceux-ci à qui ils ont vraiment affaire !

Ce type d’expériences n’a rien de fantaisiste.
Elles sont régulièrement pratiquées dans certains laboratoires de recherche et pourraient être mises en
application dans tous les delphinariums du monde.
En milieu libre, ce sont les merveilleux Wade Doak et Jim Nollman qui ont poussé le plus loin ces interactions fascinantes et sans doute saisi le mieux à qui, précisément, « ils avaient affaire ».

En bassin, ces expériences de communication se sont souvent faites à sens unique : les dauphins ne sont pas écoutés, ils se contentent d’apprendre l’anglais. Elles sont également critiquées par nombre d’activistes qui n’acceptent
aucune « amélioration » de la captivité, sinon la fermeture totale de tous les établissements.

Cette opinion est juste, sans aucun doute, mais ce serait oublier que des expérience telles que celles du Project Delphis, qui sont conduites dans le cadre d’un bassin de contention, ont non seulement ouvert des perspectives nouvelles et largement insoupçonnées sur les capacités cognitives de nos amis dauphins et ainsi contribué à
les faire connaître en tant qu’individus hautement intelligents et sensibles, mais aussi fourni aux dauphins captifs – du moins temporairement – un viatique à leur ennui atroce.

TOP



Le Projet Delphis

Copyright Earthtrust http://www.earthtrust.org/delphis.html

L’art des bulles. Nous ne pouvons pas concevoir le plaisir intllectuel que ce maniement des fluides suscite chez le dauphin.

 

La Fondation Earthtrust est une association basée dans le Pacifique sud. Ses préoccupations sont la conservation des dauphins et baleines en milieu libre et la défense de l’environnement local, riche, comme on le sait, en nombreuses espèces de cétacés. Earthrust a également mis sur pied, sans grands moyens ni soutien officiel de la part du monde scientifique, une initiative extrêmement audacieuse et originale : le Projet Delphis.

Le Projet Delphis a été lancé dès 1985 par deux grands activistes défenseurs des dauphins : Dexter Cate et Don White. La construction du laboratoire d’observation sous-marin du Projet Delphis s’est achevée en juillet 1990 au Sealife Park d’Honolulu, Hawaï. Les dauphins captifs utilisés pour cette recherche étaient donc sous la responsabilité de cette firme commerciale, qui a simplement accepté de les « prêter » aux chercheurs.
Les buts du Projet Delphis sont les suivants :

1. Sauvegarder les dauphins libres de l’holocauste dont ils font l’objet actuellement par le moyen des nouvelles connaissances acquises à propos de leur intelligence. De vastes projets de conservation sont d’ailleurs entrepris en faveur d’autres cétacés par la Fondation.

2. Mener des recherches fiables sur le comportement et la cognition des dauphins, leur fonctionnement mental, etc. afin de livrer ces résultats au monde scientifique.

3. Enrichir l’environnement des dauphins d’ores et déjà captifs en leur offrant un moyen de se distraire de manière renouvelée et progressive.

Toutes ces recherches ont vivement suscité l’intérêt des médias anglo-saxons et japonais et ont même fait l’objet d’un reportage fascinant et drôle, animé par l’acteur Robin Williams en 1994. L’expérience prit fin avec la mort de ses deux membres fondateurs, au début des années 2000, tandis qu’Earthtrust commençait à s’intéresser au projet SETI et au dialogue avec les intelligences extraterrestres.

 

 

Silver-Rings-2

Dès le mois de juillet 1990, une première série d’expériences menées sous la direction du Dr Ken Marten ont permis de mettre en lumière divers aspects du monde cognitif des dauphins :

* Comment réagissent-ils devant l’image télévisée ?
Leurs réactions devant un écran vidéo submergé montrant l’image de leur propre bassin filmé de l’extérieur a été éclairante : les dauphins ont commencé à regarder leur entraîneur s’avancer sur l’écran avec un seau de poisson. Ils sont rapprochés de l’image, ont tenté de se saisir des petits poissons illusoires en pixels puis aussitôt, ils ont fait volte-face et ont filé vers la surface, à la rencontre du véritable dresseur et de ses vrais poissons !
En d’autres termes, les dauphins avaient parfaitement compris que l’image qu’ils voyaient n’étaient que le reflet d’une autre  réalité, extérieure, qu’ils se sont hâtés de rejoindre.

*Les dauphins ont-ils conscience d’eux-mêmes ?
L’expérience fut poursuivie avec des vidéos montrant les dauphins à eux-mêmes. La capacité de se reconnaître dans un miroir, d’y faire des grimaces ou d’inspecter des parties de son corps inaccessibles au regard en temps normal est
réputé prouver l’existence d’une conscience de soi.
Inutile de dire que les dauphins ont aussitôt franchi haut la nageoire ce fameux « Test de Gallup » et qu’il se sont même montrés capables de distinguer les images filmées « life » des images pré-enregistrées.

* L’art des bulles
Le Projet Delphis a également mis en lumière une forme d’art inconnue jusqu’alors en milieu  libre : la fameuse sculpture de bulles, sorte d’art qui tient tout à la fois de la danse et de la manipulation de vastes masses d’eau, invisibles pour nous.
En bassin, les dauphins captifs pratiquent cette discipline avec une extrême dextérité et l’enseignent à leurs enfants.
Ce comportement n’avait jamais été relevé jusqu’alors.

* Langage naturel et langage appris
Le Projet Delphis s’est bien entendu intéressé à la communication des cétacés. Il a ainsi mené des recherches intensives sur les dialogues échangés entre une delphine et son delphineau (test de Bastien) avec des résultats toujours à l’analyse.

 

robinwmsdelphs1640400

Robin William parle au dauphin.

Le Projet Delphis a mis au point un logiciel qui permet d’identifier de façon claire les sifflements des dauphins. Divers sifflements-type leur ont été enseigné pour désigner les objets autour d’eux. Ainsi, l’écran présente au dauphin l’image d’une feuille d’arbre accompagnée d’un sifflement caractéristique qu’il s’agit de mémoriser. Aucun problème pour le dauphin, dont la mémoire est meilleure que la nôtre.

Lors de la prochaine séance, la même image sera présentée en silence. Au dauphin de prononcer alors le nom commun de la chose, c’est à dire le mot « feuille » (ou balle, ou homme, ou cerceau, ou poisson) en langage sifflé commun. Mots par mots, concepts par concepts, un langage intermédiaire homme-dauphin est donc en train de s’élaborer. L’étape des adjectifs est en train d’être atteinte.

Grâce à l’écran sous-marin, les dauphins ont également la possibilité de déclencher des sons musicaux, de se visionner des séquences animées, d’observer l’extérieur de leur bassin via les caméras indiquées plus haut, etc.

De telles activités sont obtenues sans la moindre contrainte ni renforcement positif à l’aide de bouts de poisson : l’amusement est la meilleure des récompenses pour un dauphin captif !


Vers une nouvelle alliance homme-dauphin ?

Le dauphin ambassadeur Rampal et Wade Doak en train de converser

Force est de constater que la puissance des delphinariums est énorme.
Les attaques que leur portent les activistes, les critiques que certains scientifiques courageux leur adressent, les laissent  indifférents. Pourquoi s’en soucieraient -ils ?
Tous les jours, les gradins des parcs marins sont bondés, tous les jours, familles et petits enfants s’y pressent.
Les médias, les investisseurs, les pouvoirs politiques, tous ceux qui préfèrent l’argent et le pouvoir à la nature qui les entoure, soutiennent activement cette citadelle inexpugnable que représente aujourd’hui ‘Industrie du Cétacé Captif.

Sous l’égide de l’Association Américaine des Zoos et Aquariums, une propagande bien huilée suinte vers le grand public, un discours aussi fou et faux que celui d’une secte, partout semblable en tous points du monde, et qui ne fait état que d’heureuses naissances et jamais des agonies atroces et incessantes de milliers de dauphins, orques et  bélugas captifs.

A ce niveau, la démarche d’Earthtrust est extrêmement intéressante, tout comme celle défendue par Ken Levasseur.

Plutôt que de tenter – de manière peu réaliste – de mettre à bas d’un seul coup de baguette magique l’ensemble des delphinariums dans le monde ou de les priver d’un coup de tout public, pourquoi ne pas plutôt traiter directement avec l’adversaire, pénétrer ses défenses et le vaincre avec ses propres armes, englué qu’il sera dans ses propres contradictions ?

Du point de vue des dauphins eux-mêmes, ces expériences sont perçues comme amusantes et variées et sont recherchées par eux. Elle stimulent leur intelligence, rendent du sens à leur pauvres vies et permettent l’ouverture d’une communication de plus en plus subtile avec ceux qui les gardent.
On relira à ce propos le merveilleux récit de Roger Fouts « L’école des chimpanzés » qui montre à quel point ce type de dialogue direct est tout à la fois être salutaire pour le moral de la petite guenon captive, Washoe, et profondément troublant pour Roger Fouts, son instructeur.

Ce premier pas peut être fondamental : en démontrant, en Europe, même, que les dauphins sont capables de dialoguer avec nous et de se livrer à des activités intellectuelles de haut niveau, nos condamnons par là-même la débilité des shows existants et nous pointons du doigt les carences en stimulations dont ils souffrent chaque jour.
Le fait de priver de liberté des créatures hautement sensibles et intelligentes est plus difficile à admettre que de garder des poissons rouges en bocal. Et sans doute est-ce pour cela que si peu de Zoos et de delphinariums encouragent ces expériences et que celles-ci sont si peu connues….

D’enrichissement en enrichissement, des jeux vidéos sub-aquatiques aux dialogues directs, les dauphins captifs
ressembleront en effet de moins en moins à des robots passifs et l’on en viendra forcément à favoriser plus encore les rencontres en milieu libre par divers moyens, tels que :

* Bateaux-laboratoires spécialement équipés pour faciliter les contacts en pleine mer.

* Habitat semi-aquatique commun, tel que prôné par feu le Dr John Lilly et par l’équipe qui perpétue son oeuvre.
Il s’agit de maisons en bord de mer, comprenant plusieurs espaces contigus, du plus sec au plus mouillé. La piscine
de dialogue (d’environ 1, 50 mètre de profondeur, afin d’être confortable tant pour l’homme que pour le dauphin) se trouve au centre de l’installation.
Côté terre, les foyers d’habitation humains et le monde des routes et des villes.
Côté eau, une baie protégée et une ouverture sur l’océan libre, infini, plein de ses propres merveilles. Les dauphins vont et viennent en toute autonomie et restent auprès de l’homme quand cela leur plaît.

Rappelons que des recherches de ce type se poursuivent déjà activement aujourd’hui, mais sans moyens aussi sophistiqués, sous l’égide notamment de Jim Nollman (bélugas de la Mer Blanche) et Denise Herzing (Dauphins tachetés des Bahamas).

Ces solutions sont séduisantes.
Pourtant, nombre de personnes les considèrent encore comme fantaisistes ou trop proches des intérêts de l’industrie des delphinariums.
Pour les uns, toute amélioration significative des conditions de vie des dauphins en captivité profite d’abord…aux delphinariums eux-mêmes, qui ont beau jeu de se vanter de donner le meilleur accueil à leurs prisonniers.
C’est parfaitement exact.
Nous ne devrions encourager ces pratiques en aucune manière car la vie normale des dauphins libres ne nécessite aucun « enrichissement », soyons en sûr. Toute forme de captivité pour les dauphins est injustifiable et cruelle en soi.
Mais lorsque le destin d’un individu particulier est en jeu, comme dans le cas d’Iris, par exemple, les grandes théories sur ce qui devrait être fait ou non n’ont malheureusement plus cours : il faut agir tout de suite et par tous les
moyens.

Pour d’autres, et c’est là finalement la grande question centrale, qui court à travers tout le débat sur les delphinariums, le dauphin reste un animal, charmant, certes et digne de respect, mais qui ne saurait en rien être comparé à notre Espèce Humaine, bien séparée du reste du monde vivant.
Le simple fait de prêter au dauphin de capacités cognitives exceptionnelles équivalentes à celle de l’homme semble créer tant chez les dresseurs que chez certains activistes, une véritable terreur sacrée et la plus vive opposition.
Même ici, parmi les amis des cétacés, l’anthropocentrisme fait sentir ses effets…

Nous disons bien pourtant « capacités cognitives équivalentes » et non pas « semblables ».
Il faut relire à ce propos les pages magnifiques que Eric Hoyt ou Wade Doak consacrent à cette question : le dauphin est un être radicalement autre que nous, son système nerveux, son monde mental, son ego même n’ont rien à voir
avec les nôtres.

Et en même temps, sa curiosité, son ingéniosité, son altruisme, son organisation sociale nous semblent étrangement familiers. Y a-t-il d’autres animaux qui quittent les leurs et vivent parmi les hommes en tant qu' »ambassadeurs » ? Y a-t-il d’autres  d’animaux qui sauvent les nageurs en perdition ou collaborent avec les pêcheurs de leur propre initiative ? Y a-il d’autres d’animaux qui se laissent soigner sans protester quand ils sont pris dans les filets, bien conscients que l’on est en train de les tirer d’affaire ? Y a t-il d’autres animaux qui d’eux-mêmes, se rapprochent des bateaux et recherchent le contact avec ses passagers ? Ou qui se refusent à blesser quelque humain que ce soit, malgré leur puissance redoutable ?

Il y a deux Pics d’Intelligence dans le monde des mammifères, aimait à dire un cétologue japonais.
Le premier pic s’appelle le Mont Humain et le second, le Mont Cétacé.
Le jour où ces deux espèces dialogueront enfin d’égale à égale, le jour où une nouvelle alliance se conclura entre elles, nul doute qu’alors, les delphinariums ne seront plus qu’un honteux souvenir…

TOP


POUR EN SAVOIR PLUS

Projet Delphis

Communiquer avec les Peuples de l’Océan
Troisième Phase Alternative à la Captivité des Dauphins selon le Plan de Dexter Case 

Jim Nollman parle aux bélougas de la mer Blanche 
http://www.physics.helsinki.fi/whale/intersp/homepage.html

Wild Dolphin Project Bahamas
http://www.dolphincommunicationproject.org/bahamas.asp

Un habitat commun hommes-dauphins 
St Thomas Laboratory in the Caribbean Sea

The Ethics of Keeping Whales and Dolphins captive, by Eric Hoyt

Art Animal en captivité
http://www.abslogic.com/AnimalArt.htm

 

touchscreen3640400

Dauphin devant l’écran électronique tactile du Projet Delphis

 

TOP