Décembre 1998
Nouvel espoir pour les deux dauphins d'Anvers
Un Centre de Réhabilitation
à Port Saint Père ?

L'INTERVENTION DU PRINCE LAURENT

Depuis quelques semaines, les deux derniers dauphins du Zoo d'Anvers, Iris et Ivo semblaient avoir disparu de la scène médiatique. Nombreux se sont étonnés de ce qu'aucune manifestation publique n'avait encore été organisée devant les portes du Zoo.

Ce long silence s'explique par le fait que les organisations de défense des dauphins se sont réunies afin d'élaborer une stratégie efficace, fondée sur la négociation plutôt que sur la rupture de dialogue.
Le Prince Laurent de Belgique, qui avait déjà confié au journal "Le Matin" qu'il estimait que tous les animaux devraient jouir de la liberté, s'est rendu à deux reprises au Zoo d'Anvers en compagnie du Dr Gérard Lippert et d'autres intervenants pour discuter avec M. Frédéric Daman.

L'opération de persuasion n'a pas encore convaincu le directeur du Zoo, malheureusement soumis à des contraintes externes et qui n'a donc pas donné son feu vert à la réhabilitation d'iris et d'Ivo.
Jusqu'à nouvel ordre, les deux vétérans seront envoyés vers le Zoo de Duisburg où, rappelons, 19 dauphins sont morts et où cinq survivent encore dans un bassin trop petit.



RIC O'BARRY SE FÂCHE !

Lors d'une conférence de presse tenue en son hôtel à Bruxelles ce 17/12/98, en présence des représentants des quatre organisations impliquées dans la campagne 99 "Save Iris and Ivo !", M. Ric O'Barry, le spécialiste international de la réhabilitation des dauphins captifs, a déclaré :

"Envoyer ces dauphins à Duisburg est les condamner à une mort certaine. Le Zoo d'Anvers a déjà causé la mort de 29 dauphins innocents. Nous avons aujourd'hui la possibilité concrète de sauver les deux derniers survivants, à la seule condition que M. Fred Daman accepte de nous les confier. Je dispose aujourd'hui d'un endroit au bord de la mer des caraïbes "

En disant cela, Ric monter à la presse la photo d'une petite plage tropicale et d'une baie close où nage encore aujourd'hui la delphine Stephania.

"Bien entendu, Iris et Ivo ne retrouveraient pas la liberté tout de suite.
Mais après tant d'années de confinement dans un bassin nu, ils pourront enfin redécouvrir le goût de l'eau de mer et du plancton, le mouvement des vagues et des marées, la pluie, le vent, les algues, le sable, les poissons vivants et le soleil sur leur aileron. Plus tard, s'il apparaît qu'ils sont capables de reprendre le large, alors, nous relâcherons alors en toute sécurité. C'est la meilleure solution du point de vue des dauphins et j'espère que le directeur du Zoo en prend conscience !
"

Ric O'Barry n'est plus un inconnu en Belgique, c'est le moins que l'on puisse dire !
Il y a un mois, il s'était rendu en Belgique une première fois afin de défendre la cause d'Iris et d'Ivo.
Après avoir tenté en vain de rencontrer le Directeur du zoo, Ric O'Barry s'est rendu près du bassin de la mort et a pu constaté l'état de santé peu reluisant des deux derniers dauphins d'Anvers, dont la peau est aujourd'hui pâle comme du plâtre, faute de soleil dans leur bâtiment clos.

Fred Daman, de son côté, a réuni la presse peu de temps après et déclaré à cette occasion que Ric O'Barry n'était rien d'autre qu'un criminel.  Lorsque Ric s'est exprimé devant la presse le 17/12/98, il a voulu revenir sur ce point litigieux :

"Je tiens à affirmer solennellement, que je n'ai jamais commis de crime et qu'aucune charge judiciaire ne pèse ni n'a jamais pesé sur moi. Le vrai criminel, dans toute cette histoire, c'est le directeur du Zoo, qui a laissé mourir 29 dauphins sans réagir ! Si M.Daman ne s'excuse pas dans les prochaines 24 heures, je serai obligé de le poursuivre moi-même en justice pour diffamation. Néanmoins a ajouté Ric, je reste prête à rouvrir le dialogue dès que M. Daman le voudra, pour le bien des dauphins".



PORT SAINT PERE : LE DERNIER ESPOIR ?

Une information de dernière minute a également été rendue publique à l'occasion de la conférence de presse du 17/12/98.

On se souviendra qu'il y a un an à peine, un nouveau delphinarium avait été construit à Port saint Père, près de Nantes.
Suit à une féroce campagne d'opposition à son ouverture menée par des activistes français et belges, le Ministre de l'Environnement, Mme Voynet, lui avait refusé le droit d'importer des dauphins et les immenses structures de ce bassin d'eau de mer, peuplé de poisson vivant et ouvert à la lumière du soleil, restèrent donc inoccupées.

Aujourd'hui, le projet a changé : le premier centre européen de soins et de réhabilitation des mammifères marins s'ouvrira d'ici peu sur les lieux même de l'ancien delphinarium.

Véritable "plate-forme d'envol" vers les Caraïbes, ce premier centre permettra tout à la fois d'accueillir des dauphins échoués mais aussi de recueillir, pour un séjour de durée moyenne, des dauphins issus de la captivité.

Ceux-ci seront amenés de leur prison d'origine vers ce nouveau bassin, réduisant ainsi la première charge de stress mais permettant aux captifs de retourner progressivement (et non d'un seul coup, comme c'est trop souvent le cas) la violence des sensations d'une vie normale : profondeur, eau naturelle, soleil, poissons vivants".
Après ce premier stage de remise en forme, un second voyage pourra les amener, déjà bien reposés et détendus, pour un voyage plus long vers les côtes des Caraïbes.

Il est évident que les activités de ce nouveau centre de réhabilitation devront faire l'objet d'une vigilance sans faille mais si le projet reçoit cette fois l'accord des autorités françaises, on pourra dire avec fierté qu'il s'agit là de la première station permanente de réhabilitation en Europe.

A l'heure où ce genre de structures manquent cruellement, même aux Etats-Unis, nous avons tout lieu de nous en réjouir !

Pour en savoir plus :

Planète Vie - RNS


 

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