Ethique et captivité

Arrivée d'un dauphin fraîchement capturé en Hollande. Que l'on imagine un instant son état d'esprit en la circonstance...
Ethique et captivité :
Est-il moralement acceptable de priver les dauphins de liberté ?

sommaire

Introduction

Ethique et Captivité

La Norvège condamne les delphinariums

L’Australie condamne les delphinariums

 


Introduction :
Trois dauphins dans l’Océan Pacifique

« Doug Cartlidge est aujourd’hui l’un des plus féroces adversaires de toute forme de captivité pour les cétacés. C’est sous son impulsion que les derniers delphinariums se sont fermés en Angleterre.

Pourtant, à l’instar de Ric O’Barry, Doug fut, lui aussi, un ancien dresseur de dauphins, il y a plus de deux décennies. Il exerça d’abord ses talents au Scarborough Marineland et au Flamingo Park Zoo dans le Yorkshire. En 1971, il devint le responsable des shows au Windsor Safari Park puis curateur du SeaWorld Australia en 1974.

C’est là que ses doutes, depuis toujours présents, quant à la manière dont on traitait les dauphins captifs, lui devinrent intolérables. Il mena un première action de grève pour réclamer de meilleures conditions de vie pour les cétacés mais l’expérience fondamentale qui lui fit quitter pour toujours le métier de dresseur eut lieu lors d’une opération de capture en mer.

Il s’agissait d’une expédition au large de la grande Barrière de Corail, commanditée par SeaWorld Australia.

« Nous avions attrapé trois dauphins dans notre filet et nous étions en train de les hisser lentement à bord «  se souvient Doug « Le premier était assez âgé et trop gros pour être intégré dans un show de dauphins. Le second dauphin avait été mordu par un requin et portait de ce fait de vilaines cicatrices. Lui aussi était trop gros et trop âgé pour supporter la captivité. Nous les avons donc fait repasser par-dessus bord et rendu à la mer ».

Le troisième, en revanche, était un magnifique exemplaire de 6 pieds de long, propre et blanc, sans aucune cicatrice.
« On va se garder celui-là ! » avons-nous décidé et nous avons commencé à remballer nos filets et à nous préparer au retour.

C’est alors que j’ai vu les deux dauphins que nous avions rejeté à la mer. Ils se tenaient à quelques mètres de nous et ils nous regardaient. Je ne
compris pas tout de suite pourquoi, mais je me sentis brusquement coupable.
Puis l’évidence me frappa : j’ai réalisé que ce beau spécimen que nous avions chargé à bord n’était autre que leur propre enfant, un delphineau de deux ans d’âge.

Pendant tout le voyage de retour vers le navire principal, les parents n’ont pas cessé de nous suivre.
J’étais au bord des larmes. C’était leur foutue manière de me regarder qui me rendait malade.
Ils ne se tenaient pas debout dans l’eau, ils ne criaient pas, non, ils se contentaient de filer en silence le long du bateau en nageant sur le flanc, juste un oeil hors des vagues, qui me fixait ».

Plus que toute autre expérience, assure Doug, c’est celle-ci qui l’a fait basculer et a fait de lui un adversaire de l’industrie de la captivité.

« Ce n’est pas une croisade« , insiste-t-il « Je me contente de faire connaître ce qui ne tourne pas rond dans cette industrie, de sorte que le public en soit pleinement informé.
Une chose est sûre, en tous cas, c’est que ces deux dauphins privés de leur enfant au fin fond de l’Océan Pacifique ont, eux, sûrement compris que quelque chose n’allait pas avec la captivité… »

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Ethique et Captivité
The ethics of keeping whales and orcas in Captivity

Mundo marino : les pires des delphinariums sont les cirques ambulants...

Extrait du chapitre 13 de l’ouvrage d’Eric Hoyt :
The Performing Orca, why the show must stop

En février 1984, un atelier de réflexion intitulé « Animaux en spectacle : impact éducatif et scientifique  » s’est tenu à l’Aquarium John G. Shedd de Chicago. A cette occasion, le groupe de travail  » Éthique et Loi  » de l’AAZPA (American Association of Zoological Parks and Aquariums) s’est penché sur les aspects éthiques de la détention d’animaux en captivité.

Ce groupe, qui réunissait des représentants des parcs marins et des scientifiques du Hubbs Sea World Research Institute a reconnu « qu’il
existait un responsabilité spéciale à préserver et respecter les animaux qui font partie intégrante de l’environnement naturel » ainsi qu’une « obligation morale » à faire preuve de « compassion » et  » à traiter humainement les animaux en captivité. »

Le Rapport affirme : « Les professionnels qui travaillent avec des animaux captifs au sein des delphinariums ou des zoos ont le devoir moral d’informer correctement le public à propos du monde naturel, d’interpréter le comportement des animaux de manière exacte, de les dépeindre tels qu’ils sont vraiment et de les montrer au public dans des conditions qui, autant que possible, permettent aux animaux de se comporter de manière naturelle et de bénéficier de contacts sociaux adéquats, idéalement avec d’autres individus de leur espèce. En outre, les règles éthiques applicables au
traitement des animaux captifs doivent prévoir un espace suffisant, une alimentation adéquate et le maintien d’un état de santé
optimale. »

Le groupe de travail a estimé que « si le fait de garder des animaux captifs provoque sans doute des effets nuisibles, de tels effets, tout bien pesé, sont moins importants que les avantages amenés par la captivité, à savoir : une meilleure sensibilisation du grand public à l’égard de la vie sauvage, la conservation des espèces et l’avancement des connaissances. »

Le groupe de réflexion a poussé plus loin encore ce raisonnement, comme s’il essayait par avance de répondre à tous les contre-arguments :
« Certains prétendent qu’il est moralement inacceptable d’enlever des animaux au monde sauvage qui est le leur afin de les maintenir en captivité. Les uns, parce qu’ils estiment que quelques uns de ces animaux ont évolué suffisamment pour acquérir des droits équivalents à ceux des êtres humains, les autres parce qu’ils estiment que les animaux souffrent de manière intense en captivité…
Ces croyances ne sont actuellement pas confortées par des preuves scientifiques suffisantes et de ce fait, ne fournissent pas une base solide pour une objection morale à l’exposition publique d’animaux captifs. »

La déclaration de l’AAZPA, néanmoins, passe à côté de tout l’aspect éthique de la question, qui relève de la conviction personnelle et non du fait scientifique. En l’occurrence, il ne s’agit pas ici de faits mais d’intime conviction.
Les membres de l’AAZPA et d’autres partisans des parcs marins ont droit, eux aussi, à leurs propres croyances mais ils n’ont pas autorité pour réfuter les opinions qui leur sont contraires.

En fait, l’atelier de l’AAZPA constituait en partie une réponse à une conférence antérieure, intitulée « Whales alive : Global Conference on the Non-Consumptive Utilisation of Cetacean Resources » qui s’était tenue à l’Aquarium de la Nouvelle Angleterre à Boston en juin 1983.

Whales Alive réunissait un ensemble de cétologues et d’écologistes, ainsi que des représentants des parcs marins et aquariums.
Aucun consensus ne put être atteint sur la question de la pertinence morale de la captivité, mais les participants ont proposé un certain nombre de recommandations, suggérant de meilleures normes d’accueil pour les cétacés captifs et davantage de recherches à propos des effets néfastes éventuels des opérations de capture en mer.

Le rapport de la conférence indiquait ainsi que « la captivité des cétacés se doit sans cesse d’être ré-envisagée à la lumière des futures découvertes scientifiques, de l’expérience acquise en delphinarium et des modifications de l’opinion publique à ce propos ».
Les résolutions finales de cette conférence sont encore plus explicites : « Des efforts devraient être consentis pour mettre fin, en temps opportun, à la captivité de cétacés ».

Depuis lors, il y eut encore un Colloque à l’occasion de la Semaine de la Terre à Ottawa, Canada, qui s’intitulait « Cétacés en captivité : est-ce un bien ou un mal ? ».
Les participants qui provenaient eux aussi tout à la fois du monde des parcs marins, du monde scientifique et de l’écologie militante ont tenté d’ouvrir un large dialogue sur cette question. Après une journée de discussions féroces, aucun consensus n’a pu être trouvé.

En juillet 1990, alors que le sujet de venait de plus en plus brûlant, le Symposium Bellerive sur les cétacés captifs s’est tenu dans la
ville de Genève.
Il n’y avait là cette fois aucun propriétaire de delphinarium ou dresseur de dauphins, donc personne pour plaider la cause de la captivité.
Les conclusions du président furent claires : « Les dauphins et autres cétacés sont des individus conscients d’eux-mêmes qui prennent
quotidiennement des décisions concernant les détails de leur propre vie. Ces créatures sont dotés de la liberté de choix. Elles ont donc droit à la liberté. Les maintenir en captivité est tout simplement un acte inapproprié »

Le plus grand écho à cette opinion – qui a ici changé les règles habituelles relatives aux dauphins captifs – a été donné par l’État de Victoria, en Australie.

En 1985, toute capture des dauphins y a été interdite.

Au niveau national, le Rapport du Comité Sénatorial sur le Bien-être
Animal
(Report of the Senate Select Committee on Animal Welfare) intitulé « Dauphins et cétacés en captivité » déclarait pour sa part :  « Beaucoup de personnes concernées par la protection animale doutent aujourd’hui du fait que les humains puissent être autorisés à exploiter des animaux et à poser des actes qui les font souffrir ».

Les auteurs du Rapport dénoncent le fait que les exploitants de delphinariums exercent essentiellement cette activité dans un but lucratif, et qu’il s’agit là d’une attitude moralement indéfendable, puisque cette activité crée de la souffrance chez les cétacés
qui, en tant qu’êtres intelligents et socialement complexes, ont droit à une plus grande considération de la part des humains.

Ils estiment également que les arguments avancés par les gestionnaires de parcs marins – sensibilisation du public à la vie sauvage, augmentation des connaissances scientifiques – sont contradictoires et subalternes par rapport à leurs motivations commerciales.
Les auteurs considèrent enfin que, même si le delphinarium parvenait à prouver que le bénéfice commercial et l’aspect récréatif n’étaient pas les motivations premières de ces propriétaires, l’utilisation de cétacés captifs à des fins d’éducation et de recherche est de toutes façons d’un intérêt douteux et moralement incertain.

Certaines personnes s’opposent certes au fait que l’on puisse faire de l’argent en exhibant des orques captives mais leurs critiques s’estompent dès lors que des activités scientifiques, pédagogiques ou de conservation pourraient justifier une telle pratique.

A cela, les philosophes Dale Jamieson et Tom Regan répondent que, bien que la recherche scientifique puisse fournir quelques avantages susceptibles de bénéficier aux cétacés eux-mêmes, la valeur morale de telles avancées dépend des moyens utilisés pour les atteindre.
Or « aucun bénéfice n’est acceptable s’il ne s’obtient qu’en violant les droits de l’individu« .

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SeaWorld Gold Coast en Australie.

Quelques années plus tôt, quand l’Australie commençait à abandonner progressivement la chasse à la baleine intensive qu’elle menait jusqu’alors, Sir Sydney Frost, dans son rapport sur les baleines et la pêche à la baleine, affirmait que toute interférence avec des cétacés devrait être justifié de manière sérieuse et menée pour des motifs valables.
Envisageant la question de savoir si les humains avait le droit d’utiliser ces mammifères marins, il demandait également que soit prise en compte leur intelligence supérieure, qui les rend plus sensibles encore au stress et à la douleur.
Sir Sydney Frost recommandait donc que « toute capture ou mise à
mort d’un cétacé, pour des raisons scientifiques, pédagogiques ou accidentelles, devait être préalablement analysée avec le plus grand soin afin de s’assurer qu’une telle opération était vraiment indispensable ou inévitable ».

Le rapport du Comité Sénatorial sur le Bien-être animal a également envisagé la question de la souffrance : « Le fait que les cétacés souffrent en captivité ne constitue pas, en lui-même, une objection valable pour interdire les delphinariums. Tous les animaux, y compris l’être humain, souffrent à des degrés variables dans sa vie quotidienne et leur environnement naturel et il serait donc inconcevable que les animaux ne souffrent pas de temps en temps en captivité. Mais c’est la nature et l’ampleur de la souffrance qui devrait être prise en compte lorsqu’on décide de priver de liberté certaines espèces animales ».

Le Comité australien a ainsi noté que les données empiriques prouvent que les cétacés éprouvent diverses formes de stress et de traumatismes lors des opérations de capture, mais que ce n’était pas le cas, par exemple, pour les dauphins Tursiops nés captifs de la troisième génération.
Après avoir pesé le pour et le contre de cette question, le Comité conclut en déclarant que  » les cétacés ne devraient pas être soumis aux souffrances que la privation de liberté et les conditions de vie en captivité sont susceptibles de provoquer chez eux ».

Les arguments moraux utilisés pour dénoncer la captivité des orques s’appuient également sur l’importance de la culture
transgénérationnelle et des liens de famille au sein de cette espèce.

Michael Biggs, dans son allocution prononcée lors du 3ième Symposium International sur les Orques en mars 1990, ainsi déclaré :

« Les cultures sont tout simplement un ensemble de comportements appris qui sont transmis de génération en génération. La durée de vie de l’orque, aussi longue que la nôtre, son intelligence, les liens permanents qu’entretiennent les adultes et leur progéniture, la localisation précise des populations, font de cet animal un excellent candidat à la possession d’une culture ».

Les considérations morales relatives au fait de garder des animaux en cage a déjà longuement été évoquée par divers auteurs, tel Peter Singer dans son ouvrage  » Libération Animale : une nouvelle éthique pour le traitement les animaux » (1977) ou bien encore par les philosophes Dale Jamieson et Tom Regan.

Sans doute est-ce Victor B. Scheffer, ancien biologiste attaché au Gouvernement fédéral des USA et Président de la Commission des mammifères marins qui a énoncé le plus clairement le problème moral que posait la captivité au fil de ses nombreux ouvrages.

Tentant de rendre compte des opinions opposées, il s’est attaché à analyser les sentiments que les gens éprouvent à propos des animaux en général et des cétacés en particulier.  Dans le chapitre final de son livre « Marine Mammals of Eastern North
Pacific and Arctic Waters »; il écrit qu’au cœoeur même du concept d’humanité se trouve celui de bonté, et l’idée que autres animaux et
nous-mêmes sommes fondamentalement solidaires.
« Nous faisons tous partie du monde animal vivant, cette sorte de biomasse spirituelle globale et de ce fait, nous sommes en droit d’exiger non seulement que les animaux soient préservés de la détresse (douleur et crainte) mais aussi qu’ils ne soient exploités que d’’une manière moralement acceptable »

Scheffer a admis son « incapacité à cerner de manière fiable la question de savoir ce que le public veut aujourd’’hui, tout particulièrement en ce qui concerne les cétacés, phoques et autres mammifères marins, » ajoutant: « je pense que les hommes et les femmes de notre temps disent aujourd’’hui à propos de ces animaux : laissez les libres ! Un mammifère marin n’est utile que lorsqu’il se trouve à l’extérieur, dans son milieu naturel : libre, vivant, filant sous les vagues, respirant et perpétuant sa lignée ancienne.
Mon seul véritable argument est émotionnel ou si vous voulez, sentimental. Je crois, tout simplement, de que le sentiment est précisément l’une des raisons majeures qui nous poussent à sauver, non pas quelques unes de ces créatures, mais toutes ! »

La discussion à propos de la captivité des orques est importante pour de nombreuses raisons. Nous sommes tous conscients que l’espèce humaine a mis le monde en péril en tentant de dominer aveuglément la nature.
Il est clair que le prélèvement de quelques cétacés en mer ne risque pas d’affecter la survie de l’espèce « orcinus orca ».
Il faut même reconnaître que certains éléments d’’information, acquis en observant des animaux captifs, ont pu s’avérer utiles pour la protection des populations libres.

Mais l’argument éthique ne peut être repoussé sous prétexte que quelques individus seulement sont concernés par ces captures.
«Que ces animaux aient oui ou non évolué de manière suffisante que pour acquérir des droits équivalents à ceux dévolus aux humains  » ou  » que ces animaux souffrent de se retrouver en captivité » ceci est un sujet qui concerne non seulement les quelques orques actuellement captives mais aussi les millions d’individus humains qui viennent les regarder chaque année dans les parcs marins aussi bien que ceux qui ont choisi de pas y mettre les pieds. L’opinion de ces personnes, leur point de vue éthique, est à ce niveau crucial.

Les sentiments ressentis à l’égard des animaux varient bien sûr de personnes à personne. Les différences sont partiellement d’origine culturelles, ou selon que l’on vive à la campagne ou en ville. Les psychologues qui étudient le développement psychique de l’individu nous explique que l’intérêt pour les animaux, acquis dès l’enfance ou lors de l’adolescence, sont directement liés à notre perception du monde naturel.

Ce sentiment d’attachement doit être développé par l’éducation car notre propre survie en tant qu’espèce dépend de notre attitude à l’égard du reste du monde animal vivant et du respect que nous leur accordons.

A terme, explique Paul Spong dans un article du Whalewatcher, « les baleines et autres cétacés ne seront sauvés que lorsque nous cesserons de les envisager en tant que ressources alimentaires à gérer et à exploiter, et que nous les verrons enfin comme des compagnons – des animaux organisés socialement de manière autonome doté de droits que nous reconnaîtrons, garantirons et
protégerons. Parmi ces droits, celui de vivre libre et de disposer d’un habitat préservé sont les plus essentiels « .

Cette liberté concerne aussi ceux qui en sont privés par la captivité. Le problème est que l’habitat naturel des orques, par exemple, a tendance à se rétrécir de plus en plus
face à l’accroissement de la présence humaine. Pour le meilleur ou pour le pire, les humains se devront de gérer l’environnement terrestre.
Plutôt que de plaider pour une non-ingérence humaine, il convient au contraire de l’accentuer, en utilisant la technique du  » hand-off « .

Nous devons intensifier les recherches non intrusives sur le terrain, afin de répondre à ceux qui déforment les recherches scientifiques pour justifier de nouvelles chasses à la baleine, par exemple. Nous avons besoin d’une base scientifique pour savoir si certaine populations de cétacés sont en difficulté et comment faire pour les aider.

Les Humains, en dépit de leur peu d’empressement à respecter les droits de leurs semblables, tout autant que ceux des cétacés et des orques en particulier, sont aujourd’hui à la croisée des chemins : soit aider soit détruire toute la vie sur Terre.
La question peut donc être posée autrement : pouvons-nous sérieusement être de bons gestionnaires si nous nous en tenons à notre rôle traditionnel d’exploiteur ?

Autres ouvrages d’Eric Hoyt

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The Council for Animal Ethics’ evaluation of dolphinariums in Norway

 

« Le Conseil Norvégien pour l’Ethique Animale a évalué la pertinence de l’installation possible d’un delphinarium en Norvège.
En Europe, l’évolution de ce secteur va dans le sens opposé : la plupart des delphinariums ferment aujourd’hui leurs portes.
70% des dauphins qui vivent dans les delphinariums du monde entier ont été capturés à cette fin en milieu naturel.

Le Conseil s’oppose fermement à la capture des dauphins pour des delphinariums.

Si le Conseil ne voit aucune différence fondamentale entre la présence de dauphins dans les aquariums et celle de mammifères dans les zoos, il admet que les dauphins ont une structure sociale particulièrement complexe et qu’ils se déplacent sur de très longues distances.

Ces éléments font qu’il est difficile de répondre aux besoins des dauphins captifs. On constate également une mortalité élevée et des problèmes de reproduction, même dans les meilleurs delphinariums.

La Norvège n’ayant aucune expérience antérieure avec cet animal, il est peu probable qu’elle fasse mieux que les autres pays en la matière.

En conséquence de tous ces faits, le Conseil n’approuve pas l’établissement d’un delphinarium en Norvège aujourd’hui ».

Texte disponible auprès de l’association NOAH :
http://www.noahonline.org/english/dolphin.htm

 

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Rapport du Comité Sénatorial
Australien sur le bien-être animal
Dauphins et autres cétacés captifs
1985

 

1. LISTE DES RECOMMANDATIONS

Le Comité recommande que plus aucune installation destinée à maintenir des cétacés en captivité ne soit autorisée à s’établir sur le territoire de l’Australie et qu’aucun nouveau permis ne soit accordé pour la capture de cétacés sauvages en Australie.

Le Comité recommande que toute importation de cétacés capturés en provenance d’outre mer soit également interdite.

Le Comité recommande que les delphinariums actuellement en activité soient autorisés à conserver leurs cétacés mais que la détention de ces cétacés soit finalement appelée à disparaître, à moins que de nouvelles recherches ne puissent prouver la nécessité de maintenir cette pratique.

Le Comité recommande que les delphinariums actuellement en activité soient invités à se soumettre à des plus rigoureuses évaluations quant à leurs fonctions pédagogiques et scientifiques en fournissant des informations détaillées sur leurs activités, similaires à celles qui sont requises de la part des candidats à des permis scientifiques et pédagogiques selon les règles en vigueur dans le
Commonwealth et d’être capable de démontrer que la recherche et l’éducation constituent réellement un élément significatif des activités des delphinariums.

En accord avec la politique généralement acceptée de présenter les animaux d’une manière qui améliore la prise de conscience du
public et sa compréhension des cétacés, le Comité recommande de ne présenter dans les delphinariums que des spectacles mettant en valeur les comportements naturels et de faire en sorte que ces établissements soient conçus de manière aussi proche que possible de l’environnement naturel des cétacés.

Le Comité recommande que les normes nationales pour le
maintien en captivité et les soins à donner aux cétacés captifs soient
déterminés par l’ANPWS (Australian National Parks & Wildlife Service) après consultation des autorités gouvernementales, des représentants de l’industrie des cétacés captifs et d’autres personnes disposant d’une connaissance des besoins des cétacés en matière de bien-être, afin d’être appliqué par les autorités responsables de chaque état.

Le Comité recommande que les normes nationales incluent aussi bien les standards permettant d’évaluer la viabilité financière de l’entreprise, les éléments scientifiques et éducatifs de ces exhibitions que la qualité naturelle de l’environnement et des soins fournis
aux cétacés captifs. Ces normes devraient remplacer les règles en vigueur pour les demandes de permis.

Le Comité soutient la proposition d’un système de licence pour les propriétaires et les gérants de delphinariums, et recommande qu’un tel système soit mis en œuvre en plus des règles d’autorisation actuelles.

Le Comité recommande que les autorités responsables des cétacés captifs au sein de chaque état obligent les delphinariums à se soumettre à ces nouveaux standards d’accueil. Si l’un de ces établissements se trouve dans l’incapacité de s’y soumettre, un temps donné lui soit accordé pour qu’il s’y conforme. Au-delà de cette période, et si cette adaptation n’est pas réalisée, le delphinarium devra être fermé.

Le Comité recommande qu’un organisme consultatif national soit établi, comportant des représentants des autorités fédérales et du Gouvernement, des organisations non gouvernementales et des représentants des delphinariums, qui conseilleront les pouvoirs fédéraux et gouvernementaux sur toutes les matières relatives aux cétacés libres et captifs et encourageront les recherches en ce domaine.

Le Comité, reconnaissant le rôle joué par les delphinariums dans le sauvetage et la réadaptation subséquente des animaux malades ou échoués, recommande que ces structures puissent continuer ce type d’activités à l’avenir, pourvu que les cétacés soient réellement rendus à leur environnement naturel normal dans la mesure du possible, et que les cétacés ne soient pas sauvés uniquement dans
l’intention de les conserver en captivité ou pour contourner les réglementations interdisant toute nouvelle capture.

2. CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS.

Un examen attentif de la situation a mené le Comité à la conclusion que les cétacés en captivité souffrent du stress, qu’ils présentent des comportements aberrants, qu’ils y meurent en nombre élevé, que
leur temps de vie est diminué, et qu’ils ne parviennent pas à s’y reproduire de façon satisfaisante.

Le Comité note qu’en Australie, le décompte global des décès dans les delphinariums est inférieur aux chiffres enregistrés dans les établissements d’outre-mer mais qu’en examinant l’ensemble des éléments d’information en sa possession, le Comité estime néanmoins que les cétacé paient d’un prix trop élevé les avantages douteux de la captivité.

En outre, le Comité précise que, à une exception près, les delphinariums australiens n’ont pas apporté de contribution substantielle à la préservation des cétacés, en ce sens que les dangers qui menacent réellement les animaux en liberté n’ont été pris que peu en compte dans les études menées par les delphinariums. Il apparaît ainsi que quatre delphinariums sur sept en Australie ne conduisent même aucune recherche sérieuse.

La plupart du temps, tout l’effort de ces structures a porté sur la mise en place de relations de dépendance du cétacé captif à l’égard de son entraîneur. Les spectacles proposés ne tentent même pas de faire connaître au public les mœurs des cétacés libres au sein de leur environnement naturel. Au contraire, les cétacés captifs sont
dressés se livrer à des comportements artificiels.

Le Comité estime que l’évidence tend à prouver que les cétacés sont probablement des animaux dotés d’une très haute intelligence, doté d’un comportement social complexe.
Même si la communauté scientifique n’est pas encore parvenue à un consensus sur la nature véritable des ces animaux, le Comité pense néanmoins qu’il est important de donner à ceux-ci le bénéfice de telles considérations à l’avenir, particulièrement là où la captivité s’est résumé à des spectacles élaborés dans le seul but de divertir.

Le Comité conclut donc que les bénéfices pour les humains à maintenir des delphinariums ne sont plus suffisants pour justifier les effets nuisibles de la capture pour les cétacés.

Par conséquent, le Comité recommande (comme indiqué plus haut) qu’aucun nouvel établissement destiné maintenir des cétacés captifs ne soit autorisé en Australie et qu’aucun nouveau permis ne soit délivré qui autoriserait la capture de cétacés dans les eaux australiennes dépendant du Commonwealth ou de chaque
état.
Il recommande enfin que plus aucune importation de cétacés en
provenance d’outre mer ne soit autorisée à l’avenir.

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Pet Porpoise Pool, la « Piscine du Marsouin de Compagnie », porte bien son nom.

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Malgré ces belles déclarations, l’Australie  possède toujours deux delphinariums sur son territoire en 2015.
Il s’agit du Pet Porpoise Pool et du Sea World Gold Coast, dont on peut sérieusement douter de la valeur pédagogique..


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