Gempa l’orang-outan est arrivé à Pairi Daiza

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Un peu sonné par les tranquilisants, Gempa assis dans son camion en route pour la Belgique

Gempa l’orang-outan est arrivé à Pairi Daiza

Le parc Pari Daiza accueille aujourd’hui ses deux nouvelles vedette, un jeune orang-outan de Sumatra nommé Gempa et une femelle plus âgée, Sinta, arrivée en fin d’après-midi du Zoo de Stuttgart.
Né au Durrell Wildlife Park sur l’île de Jersey le 24 mai 2005, Gempa a été déplacé avec sa mère Mawar jusqu’au  Zoo de Prague en date du 16 septembre 2011.
C’était  le baby-boom au zoo de Prague, paraît-il. Il fallait faire de la place.
Peu avant son départ annoncé, le 7 mai dernier, le zoo avait organisé une fête d’adieu pour son orang-outan voyageur. Les visiteurs étaient accueillis tout au long d’une journée spéciale dont le clou du spectacle étaient les adieux à Gempa. Il avait même reçu un beau cadeau.
Mais il semble que du côté belge, les travaux n’étaient pas encore tout à fait achevés. Et de manière assez ridicule, Gempa est resté encore quelques semaines dans la même cage, sous les yeux des visiteurs fort surpris de le voir encore téter son biberon de jus d’orange d’un air sombre, une couverture jetée sur les épaules pour se protéger des courants d’air.

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Gempa au Zoo de Prague


Le voici donc arrivé.
Gempa a du se sentir bien seul, aujourd’hui, loin de ses gardiens familiers et de sa mère mais au moins, il sera au sec : des inondations ont récemment détruit le zoo de Prague à deux reprises
Sa vie sera celle de tous les orang-outans captifs, faite de somnolence et d’ennui, dans un monde clos où il n’y a rien à faire qu’à rêver d’évasion.

Mais il n’est pas resté seul longtemps.
Sa compagne obligée, Sinta, l’a rejoint en fin de journée et d’autres peut-être, à la suite. 
Il s’agit en effet de produire au plus vite le prétexte miracle à tous les enfermements, à toutes les séparations, à tous les abus les plus cruels : le programme de REPRODUCTION ! Même si celui-ci n’aidera en rien à sauver les derniers orang-outans d’Indonésie et moins encore leurs cultures si subtiles et si méconnues.
En forêt, les mâles ne vivent jamais aux côtés des femelles. Celles-ci se déplacent avec leur enfant d’arbres en arbres et reçoivent la visite -parfois musclée – de leurs soupirants.  Mais comme pour les dauphins, enfermer Monsieur et Madame ensemble parce que ça se fait chez les humains, n’a évidemment aucun sens.
Gempa est âgé de 11 ans mais il a toujours l’allure d’un adolescent, pas du tout celle d’un mâle triomphant avec d’énormes bajoues et une gigantesque crinière. Cet aspect physique pourra se modifier dans quelque temps, si aucun mâle dominant ne vient entraver par sa présence la maturation complète de Gempa.

 

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Sinta venue d’Allemagne

Et ce n’est certes pas le nouvel environnement que l’on fournit à ces grands singes des canopées qui leur permettront de retrouver les gestes anciens de leur peuple. Quelques agrès, des arbres morts, une pelouse, un fossé rempli d’eau pour sortir en été quand il fait beau et chaud, ce qui arrive parfois en Wallonie, mais surtout un vaste bâtiment vitré dans lequel Gempa et Sinta passeront le plus clair de son temps, à regarder la pluie froide frapper les carreaux de leur véranda…

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L’installation des orangs-outans en construction à Pairi Daiza


Alors qu’un gorille vient de se faire abattre au Zoo de Cincinnati, jetant un nouvelle ombre sur la détention des grands singes, alors que des gorilles sont encore attendus au parc Pairi Daiza, il serait temps que l’on se pose cette question à propos des grands singes : est-il éthique de les enfermer, même au nom de leur prétendue sauvegarde  « ex situ » ?

Dans son ouvrage « Un autre regard sur les zoos« , Code Animal utilisait une parabole frappante :
Imaginons qu’un petit peuple humain en grave danger d’extinction, comme celui des Jarawas aux Iles Andaman, soit pris en charge par les zoos. Plutôt que de protéger leur île, les gérants des zoos les emmènerait de force en Europe, les cloîtreraient dans un enclos et attendraient qu’ils se reproduisent.

Rien à voir ?
Les orang-outans peuvent pêcher au javelot, il leur arrive de voler du feu ou d’en allumer une fois captifs, ils tissent des nids extrêmement complexes, il se protègent de la pluie avec des parapluies en feuilles, ils voyagent au sommet des arbres en utilisant une carte mentale précise modifie au fil des saisons, ils apprennent les langages signés et sont dotés d’une conscience de soi. Leur génome est identique au nôtre à quelques pourcents près, même s’il s’agit de pongidés et non d’hominidés.  Bref, ce sont des gens, des personnes à part entière !

Posons-nous la question :
S’il advenait que l’on découvre par miracle des australopithèques encore en vie, les enfermerait-on dans un zoo pour les protéger ?
Et des Homo ergaster ? Des Homo erectus ? Des Néandertaliens ? Les gorilles, bonobos, chimpanzés et orang-outans ne sont pas plus éloignés de nous, intellectuellement, émotionnellement, culturellement, que ne l’étaient ces espèces de préhominiens et d’hominiens. Où est la limite entre l’homme et « la bête » que l’on peut s’autoriser à exhiber sans lui demander son avis ?
Avons-nous le droit d’enfermer nos (presque) semblables au prétexte de leur venir en aide ?

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Gempa à Prague avant son départ.

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L’enclos des orang-outans à Stuttgart

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Oserions-nous enfermer Lucy l’australopithèque dans un Zoo ?

 Sauvez vraiment les orang-outans !

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Orang-outan pêcheur


Des bélugas en Wallonie ?

Pairi Daïza, le paradis des éléphants ?