| Une Mangouste à Bruxelles L'histoire de Shakti |
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Le soleil qui vous chauffe le
dos...
Qui d'entre nous, singe, dauphin ou mangouste, n'apprécie pas cette délicieuse
sensation ?
Afrique, 1997
Quelque part dans la forêt humide de l'Afrique centrale, entre le Cameroun,
le Congo et la Sierra Leone, une petite tribu de mangues brunes parcourt son
territoire à toute allure. Le mâle et sa femelle dominante mènent la course
et l'on se presse entre les lianes et les mousses dégoulinantes d'eau vers le refuge des terriers.
La petite Shakti suit sa mère : elle tète encore à l'occasion, son
sevrage vient juste de commencer. Le groupe échange mille petits cris,
vocabulaire pointu qui transmet sous forme codée toute une série
d'informations précieuses quant à la route à suivre et aux dangers qui
menacent.
Tout à coup, des cris, des coups de feu, des chiens qui aboient : les
chasseurs arrivent sans crier gare et massacrent tout le clan de mangoustes
éperdues.
Seul reste sur le carreau un petit jeune abandonné, qui piaille
dans la boue. Les cadavres fumés des adultes deviendront de la "bush
meat", offerte - dit-on - sous les
étals discrets du quartier Matongé à Bruxelles. Quant au dernier bébé survivant, eh bien, il y a de là
quoi faire
quelques dollars auprès d'un trafiquant d'animaux exotiques, comme il en rôde
tant dans la région. On ramasse l'animal et on le jette dans une caisse. Il
sera vendu sur un marché d'Abidjan dans une petite cage en osier puis expédié
vers l'Europe par quelque grossiste en promenade.
Bruxelles, fin 1997
Transportée par avion dans sa caisse étouffante, Shakti réussit
le tour de force d'arriver vivante en Belgique.
Quels chemins a-t-elle parcouru ? Quelles souffrances a-t-elle endurée ? Nul ne
le saura jamais.
On la livre au magasin Animal
Express, où d'autres animaux exotiques s'entassent dans des cages,
souvent en violation des règlements de la CITES. Nombreux aussi sont les captifs présents dans les cages qui
attrapent la
maladie de Carré ou qui souffrent d'autres affections. Enfermée dans un terrarium
minuscule, sous la lumière d'une ampoule nue, notre mangue brune attend la mort en courant en tous sens,
totalement terrifiée...
Et ce soir-là, précisément,
revenant de la Mer du Nord, je passe par là un peu par hasard. Les lumières de
la grande surface brillent dans la nuit, une activité intense semble se
poursuivre malgré l'heure déjà tardive et je me dis qu'il serait intéressant
de voir ce qui se passe dans cet endroit et de vérifier un peu si les lois
relatives à la protection animale sont bien respectées dans ce pays. C'est un hobby, un
réflexe de journaliste, à une époque où la Presse ne se presse pas de parler de ce genre de choses.
La promenade commence : chiens, chats, rats, oiseaux, animaux de toute
origine attendent patiemment dans leurs cages minuscules que l'un ou l'autre de
ces pères de familles ventripotents, affligées de leur marmaille, se décident
si oui ou non, ce genre de bestiole conviendrait pour l'anniversaire de Bobonne
....
Les espèces exotiques se succèdent et soudain, au bout d'un long couloir,
Shakti surgit sous mes yeux.
Une mangouste dans un terrarium ! Cet
animal n'a même pas de cachette, même pas d'abri sombre où se réfugier et
c'est pour elle aussi fondamental que pour un oiseau un espace pour voler. "Hide and
Run" pourrait être la devise de toutes les mangoustes du monde, courir et
se cacher, se cacher et courir...!
En pleine lumière sur du gravier, avec quelques croquettes pour chat jetées
dans un bol, elle tourne, éperdument, elle tourne jusqu'à en mourir.
Malheur
à moi, je croise son regard. Je reste trop longtemps devant cette
vitrine.
Allons ! Pas d'états d'âme !. Il y a d'autres animaux exotiques ici et tous
sont certainement aussi à plaindre qu'elle...
Mais ce regard !
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Que faire ? Impossible de faire du scandale : la mangouste n'est pas protégée
de manière particulière et ne figure pas jusqu'à présent sur la Liste Rouge
IUCN des animaux gravement menacés de disparition. |
Je l'achète donc, choisissant une fois de plus de sauver l'individu plutôt que
toute l'espèce.
Ce
qui est, je le concède, est peut-être un choix malheureux mais que je regrette
d'autant moins qu'il m'a permis de prendre toute la mesure du problème
!
Il doit s'agir ici d'un animal capturé récemment et donc sauvage et même
dangereux.
J'ignore tout des mangoustes captives, de ce qu'elle va pouvoir manger. Où
va-t-elle faire ses besoins ? Où va-t-elle dormir ? Aucune information ne m'a été fournie par le vendeur, sans doute
aussi ignorant que moi.
Arrivée à demeure, son premier réflexe est de se
cacher sous les meubles pendant de longs mois, à renverser tous les pots de
fleurs, à mordre férocement tout quiconque l'approcherait et à forer
frénétiquement des trous dans mes matelas...
Bruxelles, 2000
Aujourd'hui, Shakti va bien !
"Relativement"
apprivoisée - n'espérons jamais d'elle qu'elle obéisse à quiconque ! -
Shakti est aujourd'hui devenue très familière.
Son poil est beau, ébouriffé, luisant, son oeil tout
noir et très vif.
Elle accueille les visiteurs en pépiant de joie, elle leur saute sur
les genoux, visite leurs sacs à mains et leurs poches et adore
se trouver en présence de chats ou de petits chiens, qu'elle ne craint pas du
tout mais qu'au contraire, elle poursuit par jeu.
Les autres animaux sont
souvent interloqués par ce comparse velu et minuscule qui leur file entre les pattes !
Elle dispose désormais d'un beau et grand jardin - selon ses critères de
taille ! - de soleil, de vers de terre, de grosses bûches
à gratter et de gazon odorant.... Pas toujours facile de la convaincre d'y
aller, cependant : sa maman n'a pas eu le temps de lui apprendre à creuser la
terre pour trouver des insectes. Ce sera donc à moi qu'i reviendra de le lui
apprendre !
Durga, la petite chatte rayée, est sa nouvelle amie, ainsi que ses copains
chats qui viennent lui rendre visite.
Depuis l'incontournable ablation des ovaires que Shakti a du subir récemment pour ne pas mourir de septicémie - les grossesses nerveuses
sont fréquentes chez les vivérridés captifs - on sent que la vie de notre
mangouste s'équilibre
peu à peu, dans un contexte pleinement artificiel, certes, mais auquel elle s'est
faite et où elle se sent bien.
Bien sûr, sa vie
n'est pas une vraie vie de mangouste et sans doute, ce qui lui manque, ce sont des
compagnons de sa propre espèce. Mais les chats font de leur mieux...
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Lorsqu'elle est sortie dans un jardin la première fois, des merles sont venus
se poser près d'elle, d'autres oiseaux, des pigeons, pour voir de quelle
étrange bestiole il pouvait bien s'agir !
Extrêmement affectueuse, Shakti dispose aussi d'une vive intelligence et d'un
expressivité tout à fait singulière. Elle "parle" à l'aide
de dizaines de petites vocalisations différentes, scande ses déplacements en grognant de manière rythmique et peut parfois pousser des cris
rauques d'une grande puissance, tout à fait surprenants.
Son comportement oscille entre celui d'un chien et celui d'un chat, puisqu'elle
est l'ancêtre commun, de forme très archaïque, de ces deux espèces. Shakti
est à l'image même des tout premiers mammifères, ceux qui couraient entre les
pattes des dinosaures. A l'époque, sa forme était déjà si parfaite pour la
forêt pluvieuse, que comme le requin, elle n'en plus jamais changé depuis
lors.
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Lorsqu'elle joue, ce n'est nullement à la manière d'un félin ou d'un
canidé : elle gratte, se cache, attrape et tire vers elle des objets qu'on lui
glisse et n'aime rien tant que de fouiller boîtes et armoires ou mieux encore,
une grosse bûche pourrie.
Les jeux de cache-cache et de poursuite - avec gratouilles et chatouilles
finales qui la font rire avec un bruit de crécelle inimitable- sont également
très appréciés. Le soir, elle se tient sous le divan du salon, puis dans sa
grande armoire, où elle a son petit nid de tissu en boule qu'elle aménage à
sa guise selon la température. Et chaque matin, ce sont les mêmes
retrouvailles, les grands câlins, le petit déjeuner de vers de farine bien
juteux et croquants et les poursuites pour rire avec la chatte Durga.
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Durga fait de son mieux !
Bruxelles, 2002
Shakti va toujours bien et même de mieux en mieux !
Elle dévore aussi sans frémir des limaces, des cloportes et des perce-oreilles ou mieux encore des lombrics, qu'elle extrait du sol à longs coups de tête redressée. Et c'est un pur bonheur que de la voir "chasser" de cette manière, le nez fourré profond dans la mousse, car elle agit enfin comme une vraie mangouste !
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Avril 2004
Et comment va Shakti ?

Mais bien !
Très bien même, comme l'atteste cette toute récente photo de notre amie surprise en pleine chasse au lombric féroce et datée d'avril 2004.
La vie est devenue pour elle un tissu de petites habitudes, de rituels joyeux et quotidiens, en compagnie de ses chers amis humains et félidés, sans angoisse, sans tristesse, un chapelet de petits bonheurs et nombre d'entre nous pourraient lui envier son bonheur équanime : chaque jour qui se lève est une fête pour elle, vécue dans la bonne humeur et l'amitié.
Même si aujourd'hui, son rythme vital se ralentit clairement (elle dort énormément, court moins vite qu'autrefois et ne grimpe plus le long des tuyauteries comme au temps de sa folle jeunesse!), sa santé est parfaite, son poil luisant quoique de plus en plus ébouriffé, et son oeil aussi vif que par le passé. Sa gentillesse et son humour n'ont quant à eux cessé de s'accroître de manière exponentielle. Comme tous les non-humains qui commencent à vieillir, Shakti est devenue une perfection de mangouste amicale. Il n'est pas un visiteur qui ne craque instantanément lorsqu'elle vient se lover sur ses chaussures ou lui donner des bizous du bout de son museau pointu.
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Quelques notes rapidement dessinées dans un carnet à propos de Shakti
Par ailleurs et plus que jamais peut-être, l'observation attentive des comportements et des vocalisations complexes de cette petite mangouste kidnappée en Sierra Leone reste une source d'étonnements et de découvertes, car son découpage de la Réalité est très différent du nôtre.
Le singe hominidé, qu'il soit Humain ou Chimpanzé, est d'abord un animal fait pour vivre dans les arbres : sa vision binoculaire en couleurs et en relief lui permet de sauter de branche en branche et de choisir les bons fruits selon leur aspect.
De son côté, le cétacé s'est adapté à vivre dans un monde marin entièrement sombre et donc acoustique, tandis que le félin et le canidé ont développé l'agression et la violence comme moyen de survie.
La mangouste, petit omnivore tapi dans les broussailles, a choisi pour sa part l'odorat, la course, la vigilance et la fuite vers la bonne cachette comme les principaux éléments fondateurs du monde.
Mais au-delà de ces différences, que nous soyons singes, éléphants, dauphins, mangoustes, félins ou canidés, nous obéissons tous aux mêmes contraintes biologiques, aux mêmes mécanismes cognitifs et émotionnels fondamentaux.
Nous aimons nos enfants et nous leur transmettons nos cultures, nous sommes tristes, joyeux, jaloux, dépités ou fâchés tous de la même manière.
En tant que mammifères, en tant qu'êtres vivants, nous partageons tous des valeurs communes et c'est là que le monde prodigieux des relations inter-espèces se déploie devant nous comme une extension supplémentaire de notre intelligence et de nos valeurs morales.
Pour moi, Grand Singe Tueur des Savanes, ultime surgeon de l'arboricole Homo Habilis et du féroce Homo Erectus, la petite vivérridée qu'est Shakti, au lieu d'être une proie, est devenue au contraire une véritable amie, une personne proche que j'aime comme je peux aimer les humains.
Je ne suis d'ailleurs pas peu fier de l'avoir conduite, année après année, vers cet état de bien-être et de stabilité heureuse qui est le sien aujourd'hui. La chose n'était pas gagnée d'avance, comme a pu le lire plus haut, car une mangouste n'est pas un animal de compagnie convenable ni certainement facile.
Sa place n'est pas dans les salons mais dans la forêt pluvieuse pour laquelle son corps et son âme ont été balisés. Et pourtant, Shakti n'est pas morte dans son aquarium d'Animal Express et aujourd'hui encore, elle prend du bon temps. Que pourrait-on espérer de mieux en de telles circonstances ?
Si ce n'est qu'elle vive longtemps encore, au-delà des neuf ou dix ans fatidiques que lui assigne la Science ?
Ci-dessous, quelques images rares de Shakti...
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Faut-il encore songer à la libérer ?
Même si, à l'origine, cette page Web était avant tout destinée à lancer un
appel en vue de la réhabilitation de Shakti, mieux vaut sans doute oublier une
telle option aujourd'hui.
Après bientôt cinq ans de vie
commune en compagnie des humains - et des chats ! - le psychisme de Shakti s'est radicalement altéré. A
la manière des dauphins captifs, elle a mélangé son esprit aux nôtres et ne
fonctionne plus vraiment comme une mangouste authentique.
Relâchée en pleine nature, elle serait bien incapable de
chasser ou de trouver les vers qu'il faut, elle s'approcherait immédiatement
de tout humain, même si c'est un chasseur et il n'est pas certain que les autres mangoustes pourraient encore l'accepter parmi elles, tant
son comportement s'est transformé dès l'enfance. Il
est clair qu'en dépit de sa situation positive actuelle, cette mangue brune n'aurait du quitter sa forêt ni les siens.
Jamais elle n'aurait du être forcée de s'adapter à la vie citadine.
Car si les mangoustes ne sont pas encore une espèce gravement menacée (elles
ne figurent qu'en Annexe II de la Cites), il n'empêche que leur usage commercial n'a aucune raison d'être
et qu'il déstabilise gravement les populations naturelles, ainsi que nous le
rappelait récemment un reportage du Jardin Extraordinaire (RTBF) sur les
mangoustes indiennes importées en Hawaï. Remercions au passage la
charmante Claudine Brasseur d'avoir bien voulu interviewer notre amie Shakti et
son balbutiant "maître" dans le contexte de cette émission
remarquable, que trop d'éminences politiques voudraient voir
disparaître.

Vendredi 9 septembre 2005
C'est ainsi que meurent les mangoustes....

Les nouveaux animaux de compagnie
et la loi belge

Ecurueil de corée
La liste positive
En février 2002, le Gouvernement Fédéral Belge, à l'initiative de
l'ancienne Ministre chargée de la
Protection de l'Environnement, Mme Magda Alevoet, a publié une liste des
42 Animaux de Compagnie autorisés à la possession individuelle sur le territoire
belge.
Sont par exemple autorisés le lama, le tamia strié ou la gerbille, mais pas la mangouste ou la
"cusimance", fort heureusement non reprises sur cette "liste positive".
Celle-ci s'intègre désormais à la Loi relative à la
Protection et aux Bien-être des Animaux du 14 août 1986 et devrait limiter quelque peu le scandale des importations d'animaux non adaptés à
la vie domestique.
Car c'est finalement là que situe le problème, bien plus qu'au niveau d'une éventuelle dangerosité de ces animaux pour l'équilibre écologique européen ou en tant que vecteur de maladie. Certes, ces Nouveaux Animaux de Compagnie, une fois relâchés en pleine nature par leurs "propriétaires" inconséquents, peuvent envahir complètement nos forêts comme l'ont fait récemment les perruches de l'Himalaya ou les écureuils de corée.
Mais le drame majeur pour ces animaux exotiques, c'est surtout de ne plus pouvoir vivre dans le milieu naturel auquel leur corps, leur psychisme et leur organisation sociale s'étaient progressivement adaptés au cours de millénaires d'évolution continue.
A quoi bon, en effet, être un
"chien de prairie" si l'on n'a pas de prairie ? A quoi servent les
pattes fouisseuses d'un raton-laveur si ce dernier ne peut plus creuser que les fonds
de fauteuil ou les bas de plinthe ? A quoi bon être un mainate et posséder des ailes
et une conscience subtile si
c'est pour se retrouver dans une cage à manger de la pâtée universelle servie deux
fois par jour dans un gobelet en plastique ?
L'animal "familier" - tout comme celui qui survit au zoo - ne pourra
jamais plus déployer toutes ses
potentialités physiques ou mentales dans le milieu de vie appauvri que nous lui
proposons. Il ne pourra plus jamais décider librement de sa vie ni choisir ses
partenaires, ni se promener dehors quand l'envie lui prend et c'est ainsi que peu à peu, il devient obèse, paresseux,
dépressif.
Et c'et ainsi aussi que sa culture est assassinée.
Cyniquement , la plupart de ces animaux sont d'ailleurs choisis de manière
systématique parmi les espèces les plus sociales.
Perroquets, perruches, mainates, chiens de prairie, mangoustes, petits singes (et même dauphins
au zoo) ont
un besoin constant de la présence de leurs semblables. En l'absence de ceux-ci,
ils sont littéralement contraints de reporter leur affection sur l'humain qui
les soigne.
Ainsi, au lieu de socialiser jour et nuit avec une vingtaine de joyeuses
mangoustes et remettre sans cesse en jeu son statut social, au lieu de vivre une vraie vie
d'aventures et de surprises incessantes dans la forêt pluvieuse, Shakti s'est retrouvée en tête à tête
avec quelques humains pour le restant de sa vie dans un monde aseptisé où
finalement rien de très palpitant n'a lieu, du moins selon ses propres critères.
Au vu des considérations qui précèdent, la nouvelle liste des 42 espèces de mammifères autorisés à la vente aux particuliers est très certainement une excellente initiative, dont nous ne pouvons que nous réjouir et qui d'ailleurs, fait école dans le reste de l'Europe et suscite l'approbation de la plupart des associations de défense animale.
Néanmoins, plutôt que pénaliser
les clients, il serait également utile de renforcer les contrôles sur tous les
magasins d'animaux dans l'ensemble du pays et d'exiger d'eux qu'ils respectent
la loi.
Car chacun sait aussi que malgré les réglementations strictes et précises de
la CITES dont la Belgique est membre depuis 1984, trop d'animaux exotiques
continuent encore à traverser nos frontières, soit vivants,
soit morts.
Tout récemment encore, nous avons vu une tête de gorille momifiée exposée dans une boutique proche du Vieux Marché de Bruxelles et ce n'est un secret
pour personne qu'il suffit de chercher un peu pour trouver dans cette même
ville toute la viande de singe ou de pangolin qu'on veut.
Ceci vaut bien sûr pour les reptiles, poissons tropicaux d'abord assommés au
cyanure dans quelque récif d'Asie du sud-est, et autres tarentules qu'on
importe encore joyeusement par milliers chez nous et dont
aucune liste ne réglemente le commerce.
Dans un article du journal Le Soir daté
du 31/08/2002, Jean Philippe Freumont rappelait à ce propos toute l'importance
de ce trafic :
"Des milliers de ces tortues affluent ainsi vers l'Europe chaque année.
Pourtant, ces tortues, tout comme la précieuse tortue malgache (12.500 euros à l'achat), dont il ne subsiste
que 500 exemplaires au monde, sont protégées par la convention de Washington et la convention Européenne
sur le commerce d'animaux exotiques.
En Belgique, le commerce illicite d'espèces menacées augmente exponentiellement chaque année, selon
les responsables de l'ASBL CARAPACE. Estimé à 4 milliards d'euros par an, le trafic d'animaux serait l'un des cinq plus plantureux marchés illicites à
l'échelle mondiale après la drogue, les armes et la prostitution.
Chaque année, 100.000 reptiles sont importés en Belgique, dont 10.000 iguanes, la coqueluche du moment.
Environ 25 % (soit 25.000) seraient introduits clandestinement dans le pays.
Lorsque ces reptiles se retrouvent en liberté, les policiers ou les pompiers ne possèdent pas toujours les armes
adéquates pour les neutraliser. Au service environnement de la police fédérale, deux agents sont chargés de la protection de la faune et de la
flore. Ils peuvent fournir un appui technique à leurs collègues lors d'interventions délicates. Ils pratiquent, par
ailleurs, des saisies d'animaux dans des magasins spécialisés ou chez les
particuliers".
Même les chats et les chiens...
Il est piquant d'entendre un délégué de la grande surface "Animal Express" affirmer devant les caméras de télévision que c'est le public qui demande ces animaux et qu'il faut donc les lui fournir. Je défie pourtant quiconque de trouver un Belge qui sache ce que c'est qu'un
mara ou un dègue du
Chili avant d'en avoir eu un sous les yeux !
Il est clair que ce genre d'animaux, pas plus que la mangouste, le chien de
prairie ou la mérione, n'ont leur place dans un salon humain.
Mais au-delà même des ces animaux exotiques, trop de chiens, de chats, de
cochon d'inde ou d'autres animaux "d'usage courant" normalement
habitués à vivre à nos côtés depuis des millénaires, sont aujourd'hui vendus
sans aucun contrôle et à n'importe qui, selon les effets de mode.
A cet égard, les mesures récemment adoptées par certains gouvernements et
qui visent à diaboliser le Pit bull ou le Rotweiler,
n'ont strictement aucun sens.
Ce sont les propriétaires d'animaux domestiques
eux-mêmes qui devraient se soumettre à un examen - à la manière d'un permis
de conduire ou d'un permis de chasse - pour prouver leur capacité à détenir
un animal de compagnie et à s'en occuper correctement. Toute vente devrait être liée à la détention de ce certificat de capacité,
renouvelable régulièrement.
Le gros problème du commerce d'animaux vient de ce
que l'on y considère et que l'on y traite des être conscients comme de simples
objets.
D'ici à ce que notre vision de choses évolue dans un sens plus
civilisé, il serait à tout le moins urgent que de très sévères mesures soient prises
afin de réglementer sérieusement ce secteur d'activités commerciales et que
soient donnés
aux autorités compétentes les moyens humains et financiers nécessaires
pour faire respecter pleinement la loi en matière de protection animale, ce
qui est encore loin d'être le cas en Belgique.
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liste
Liste des nouveaux animaux de
compagnie (mammifères)
autorisés à la détention par des particuliers
L'arrêté
ministériel reprenant la liste positive des mammifères est paru en date du
14/02/02 au Moniteur Belge.
Désormais, seules 42 espèces de mammifères peuvent être détenues librement
(voir également le communiqué de presse du 20/09/01). Cette liste
positive a été établie par le Pr. E. Van der Straeten (RUCA)
http://minsoc.fgov.be/old/press_releases/fr/aelvoet/2002/2002_02_19_bienetre.pdf
http://www.gaia.be/fr/positieflijst.html
Adresses
et sites utiles
Protection
animale en Belgique
TRAFFIC EUROPE
"TRAFFIC
Europe, basé à Bruxelles, définit des priorités sur le plan régional :
commerce européen de reptiles et d'amphibiens vivants, commerce de bulbes
sauvages en Europe… Grâce à l'intervention de TRAFFIC - et notamment aux
renseignements fournis aux autorités - de nombreux cas de commerce illégal ont
pu être mis en évidence et combattus.
Des séminaires sont occasionnellement organisés, de même que des stages de
formation à l'intention des douaniers et d'autres agents chargés de
l'application de la CITES dans notre pays.
TRAFFIC Europe a des contacts réguliers avec l'autorité chargée de
l'application de la CITES en Belgique, c'est-à-dire le Service de l'inspection
vétérinaire et le Service de la protection des végétaux, deux départements
du Ministère de l'Agriculture.
TRAFFIC Europe est actif dans tout le continent européen, ce qui implique sa
prise de responsabilité dans plus de 50 pays.
Grâce au soutien financier actif du WWF-Belgium, à raison de minimum trois
millions de francs belges par an, soit à peu près le tiers de ses fonds,
TRAFFIC Europe peut être actif dans ses recherches scientifiques et dans ses
missions, veiller à être constamment informé de toute actualité, publier des
études sur le commerce des espèces sauvages (commerce des animaux vivants, le
commerce des peaux de reptiles dans l'industrie de la maroquinerie…).
Les autres subsides émanent de l'UICN aussi bien que de gouvernements, des
agences de développement internationales, des organismes privés, des
fondations ainsi que d'organisations non gouvernementales. TRAFFIC Europe a également
joué un rôle important dans la sensibilisation du public belge aux problèmes
liés au commerce international des espèces protégées (notamment par la réalisation
et la diffusion de brochures et de dépliants informatifs, des campagnes de
presse…). Vous pouvez, vous aussi, nous être d'une aide précieuse :
Si
vous souhaitez apporter votre contribution aux travaux de TRAFFIC Europe, n'hésitez
pas à contacter notre bureau local ou
TRAFFIC International
http://www.traffic.org/
http://www.traffic.org/help/contact.html
"
WWF
Belgium
http://www.wwf.be/fr/index.html
CITES
http://www.cites.org
Pour réclamer le classement de la mangouste sur la liste rouge des espèces
menacées
IUCN The World Conservation Union
http://www.iucn.org/
http://www.iucn.org/2000/about/content/weurope.html
IUCN En Belgique
IUCN Representative Office To The European Union
Avenue des Arts 50
Bruxelles
1000
Belgium
++32 (2) 551-1090 Voice
++32 (2) 551-1099 Fax
mail@iucneu.be
Shakti et mon fils
Michaël en 1999