Inky la pieuvre choisit la liberté

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Inky la pieuvre

Inky la pieuvre choisit la liberté

Un poulpe a réussi à s’échapper avec succès d’un aquarium de Nouvelle-Zélande. Il a rejoint la liberté dans l’océan Pacifique.
Inky le poulpe a saisi sa chance d’échapper à l’enfermement en filant au travers d’un petit trou dans son enclos à l’Aquarium national de Napier, sur la côte.
Après avoir réussi à se glisser à l’extérieur, Inky est tombé sur le sol. Heureusement pour lui, il a découvert un autre tuyau de vidange de 15 cm de large qui déversait directement les eaux sales dans la mer. Rob Yarrall, le gestionnaire de l’aquarium,  a expliqué que le couvercle du réservoir d’Inky avait été laissé légèrement entrouvert suite à des travaux de maintenance.
« Il est parvenu à se faufiler dans l’un des trous de drainage qui s’ouvrent sur l’océan et il est parti – sans même nous laisser un message ! ». Le personnel a trouvé plus tard la « piste du poulpe » qui a révélé la fuite de Inky. Cette évasion spectaculaire a eu lieu plus tôt dans l’année, mais l’aquarium ne l’a révélé qu’ajourd’hui.

Alors que le corps d’Inky est de la taille d’un ballon de rugby, il est si spongieux et si souple qu’il peut franchir des obstacles apparemment infranchissables.
« Même un grand poulpe est capable de s’insérer dans tout espace plus large que son bec, très semblable à celui d’un perroquet. C’est la seule partie dure de son corps qu’il n’est pas capble de déformer ».  Des deux poulpes de l’aquarium, seul Inky a décidé de prendre la poudre d’escampette, laissant sa compagne de bassin seule. M. Yarrell dit que c’est la première évasion auquel il assite dans cet aquarium et qui oui, un autre poulpe allait être capturé…

Et c’est bien ça le problème. Si cette pieuvre s’est enfuie, c’est que la captivité ne lui plaisait pas.
Pourtant, des dizaines de zoos dans le monde exhibe ces mollusques derrière leurs vitrines bleutées, sans espoir le plus souvent de les faire se reproduire. Au bout de deux ou trois ans, les pieuvres meurent et on les remplace par d’autres, capturées. A moins qu’elles ne parviennent à s’enfuir…

 

La pieuvre appartient à la même famille que l’escargot de Bourgogne ou la moule.
Pourtant son intelligence est prodigieuse.
Cet extraterrestre doté de trois coeurs et de neuf cerveaux est à même d’accomplir huit tâches différentes avec chacun de ses huit tentacules. Le poulpe imite ses congénères, il observe longuement les poissons qui passent, il accueille le plongeur avec enthousiasme car tout ce qui est nouveau l’amuse.
Le poulpe réussit tous les tests d’intelligence en laboratoire, déjoue tous les pièges, force toutes les serrures, comprend tous les casse-têtes et pour un peu, jouerait au rubik cube.
Enfin, la peau du poulpe perçoit la lumière et c’est avec un talent d’artiste qu’il fait défiler en quelques secondes, sur sa peau lisse ou hérissée,  des vagues changeantes de motifs colorés.  Polymorphe, polychrome, la pieuvre peut enfin de se transformer en serpent de mer, raie ou petit requin, pour mieux tromper ses ennemis et ses proies.


Dans un livre magnifique, « L’âme d’une pieuvre », Sy Montgomery nous raconte son amitié avec une pieuvre douce et sensible du nom d’Athena et comment son décès l’avait fait fondre en larmes.
Avec un cerveau central de la taille de celui d’un corbeau et des centres nerveux indépendants dans chacun de leur  huit bras, les pieuvres que l’auteur nous présente affichent toutes une personnalité différente et des capacités intellectuelles particulières qu’elles expriment de mille façons : en usant des ruses variées pour voler la nourriture ou s’échapper de leur bocal, en poussant leurs jouets comme des balles à coups de jets d’eau lancés par le siphon, s’encourant sur le sol en trottinant sur leurs huit bras ou encore en exprimant leur tendresse avec des baisers de tentacules. Mais avec leur bec tranchant comme celui d’un perroquet,  leur venin comme celui du serpent et leur langue couverte de dents, comment des êtres aussi étranges peuvent-ils avoir des émotions, se souvenir et penser ?

Et quelles sortes de pensées ont-ils ? 
C’est ce que l’auteur cherche à connaître au fi d’un ouvrage ahurissant, où la tendresse et la curiosité des pieuvres transparaissent dans des histoires émouvantes. C’est que les poulpes meurent très tôt.

 

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La pieuvre géante du Pacifique


La pieuvre géante, d’une couleur rougeâtre, possède quatre paires de bras de 3 m environ chacun.

Elle vit en moyenne de 3 à 5 ans et peut atteindre un poids de 180 kg. Ses bras atteignent parfois la taille exceptionnelle de 4,3 mètres. Quelques rares pieuvres de 9 mètres de long, tentacules compris, ont déjà été observées dans le Pacifique-Nord, mais rares sont les pieuvres qui atteignent l’âge adulte.
Ces grands mollusques vieillissent de façon très semblable aux humains. Leur système immunitaire devient inopérant, puis le système reproducteur se dégrade, elles deviennent séniles, « ne peuvent plus penser » ni se nourrir.

La reproduction raccourcit leur vie plus encore : le mâle place sa semence dans l’orifice de respiration de la femelle puis il meurt.
Après fécondation, la femelle accroche ses œufs, de la taille d’un grain de riz, en grappes, au plafond de sa cachette, elle pond à environ 18 mètres de profondeur. Elle les nettoie, les aère et les protège jusqu’à leur éclosion, pendant 150 jours, sans se nourrir, puis elle meurt. Les œufs sont ensuite emportés par le courant et finissent par descendre sur le fond, où les petits naissent et vivent avant de grandir à toute allure.

Mais c’est paresseusement qu’ils traversent la vie si scandaleusement brève et que l’on rêverait plus longue.
Imagine-t-on les capacités cognitives d’une pieuvre âgée ne serait-ce que de 20 ans ? Imagine-t-on la masse de mémoire, d’expériences et d’apprentissages qu’elle aurait accumulée ? Imagine-t-on les dialogues que nous pourrions avoir avec elles ?
Le jour où les pieuvres vieilliront, la mer tremblera…

Octopus

Après plusieurs tentatives d’évasion, l’aquarium de Seattle a libéré quelques pieuvres.