Valentin et Inouk vont en Espagne
Valentin. Photo Pamela Carzon
d'après un article de Julian Aranguren
«Plus d’un an après la vente du Marineland d’Antibes à la compagnie Parque reunidos - un concurrent du groupe Compagnie des Alpes (Asterix, Port Saint Père, Harderwijck, Musée Grévin…) et du holding Aspro Ocio (Bruges + d’innombrables delphinariums espagnols et autres « amusement parks» …) , et peu de temps après les malheureux événements qui ont précédé cette vente (l’exportation de l’orque Shouka et la mort de Kim II), quelques menues réformes ont déjà été apportées à la gestion du parc, qui vont du paiement obligatoire du parking à de nouveaux spectacles de fauconnerie.
Aujourd’hui, le Marineland est fier de nous annoncer que deux orques de leur parc allaient être exportées vers l'un des plus importants établissements du groupe, à savoir le célèbre Oceanografico de Valences, sans doute le plus vaste delphinarium d’Europe, où se meurent pourtant deux pauvres bélougas nageant parmi les canettes de bière et les mégots de cigarettes...
L’identité de ces deux orques est désormais connue : il s’agit de Valentin et d’Inouk, deux jeunes mâles nées de deux mères différentes, Freya et Sharkane, toutes deux issues de tribus islandaises (le pod A5, notamment ?) lesquelles furent détruites au terme de captures violentes le long des côtes de cette île.
On sait en effet que ce genre d’opérations laissent en mer des enfants en bas âge ou des adolescents sans défense qui finissent par s’égarer et mourir, sans la présence de matriarches pleines de sagesse pour les guider et les éduquer.
Selon les informations fournies par Marineland, les deux orques seront accompagnées d’un dauphin pendant leurs premières années de captivité en Espagne.
On leur adjoindra d’autres orques plus tard, sans aucun doute des femelles afin d’obtenir d’adorables bébés orques qui feront tripler les entrées avant de mourir, sans que l’on sache pour autant d’où et quand elles arriveront.
Shouka et Inouk. Copyright Pier-orca
Cela soulève évidemment le même problème que lors du départ de la petite Shouka.La séparation brutale d’une jeune orque loin de sa seule famille, son déplacement vers un lieu inconnu avec des congénères inconnus peuvent être extrêmement traumatisante, voire mortelle.
Tex le dauphin belge ne l’a en tout cas pas supporté lorsqu’il est arrivé à Antibes…
De même, certains affirment que lorsque Shouka fut exportée vers les Etats-unis, Kim II, son père, finit par tomber dans une sorte de léthargie dépressive si profonde qu’il finit par en mourir. La chute consécutive de ses défenses immunitaires ouvrit ensuite la porte à une pneumonie qui l’emporta.
Il est donc malheureusement envisageable que l’exportation vers l’étranger d’Inouk et de Valentin plonge à nouveau dans un état de dépression l’un ou plusieurs des membres de cette malheureuse famille, deux fois éclatée. Sharkane verra ainsi son fils partir pour toujours, après avoir vu sa fille disparaître...
Depuis 1970, cinq orques sont déjà mortes à Antibes ou, comme Tanouk, au Japon en provenance d’Antibes, rappelons-le, et ce nouveau départ risque d’allonger encore la liste des décès…
![]()
La famille de Valentin et d'Inouk...
Photo Pier-Orca
Mais quand comprendra-t-on enfin que la déportation et la mise en captivité de ces créatures majestueuses et intelligentes, dotées d’émotions et d’extraordinaires capacités cognitives ne constituent qu’une forme d’esclavage à seule fin lucrative ? Quand comprendra t-on qu’il est grand temps de mettre fin à ces lieux de confinement et de désespoir, et que le Marineland n’est pas «l’établissement modèle» dont les médias chantent sans cesse les vertus ? Quand comprendra t-on que ce parc n’est autre qu’un mouroir qui a déjà mis six pieds sous terre 19 dauphins, 5 orques et un nombre incalculable de pinnipèdes, de requins et d’autres créatures à des âges le plus souvent prématurés et dans des conditions inacceptables ?