Intelligence des dauphins : comment les delphinariums vous mentent !

« Les delphinariums jouent un rôle unique et sans équivalent en termes de pédagogie à la vie marine et de conservation de l’espèce »
AMMPA Standardized Information: Bottlenose Dolphin

Il est frappant de constater à quel point l’’estimation des capacités cognitives réelles des cétacés – et des dauphins Tursiops en particulier – peut varier selon le camp où l’’on se trouve.  Pourtant, ce sont toujours des scientifiques qui s’’expriment, directement ou par le biais de références bibliographiques.

La seule différence, c’’est que certains d’entre eux n’’ont aucun lien avec quelque lobby que ce soit : il s’’agit de chercheurs indépendants, tels que Hal Whitehead, Naomi Rose ou Lori Marino, alors que les autres, tel Randy Wells ou – Louis Herman,  sont liés au monde de l’Industrie de la captivité et orientent leurs conclusions dans le sens qu’on leur demande.

Ainsi que le souligne avec justesse Véronique Servais, chargée de cours en Anthropologie de la Communication à l’Institut des Sciences Humaines et Sociales de l’Université de Liège :

« Le point de vue émis à partir du delphinarium sur «l’ esprit » des dauphins n’’est intéressant que parce que cette entreprise qui a nom delphinarium entend détruire cette entité mentale.

« L’’esprit » du dauphin est l’’ennemi des delphinariums. Il menace, en effet, leur activité commerciale. Car, comme le racontait si bien Robert Merle dans « Un animal doué de raison », une fois que les dauphins eurent démontré leur haut degré d’avancement intellectuel en répondant aux interrogations des journalistes, de nombreuses questions éthiques se posèrent.
Lilly (1961) prédit également que « lorsque nous pourrons vraiment communiquer avec les dauphins, de sérieuses questions d’’ordre moral se poseront ».

« Pourtant, s’’ils doivent détruire l’’«esprit» du dauphin ou, en tout cas, guerroyer contre l’’image du dauphin « merveilleux » qui résulte de la présence de cet « esprit » chez l’’animal,les delphinariums n’en sont pas moins obligés d’’entretenir autour de l’animal un certain enchantement ; après tout, ce sont des dauphins que le public vient admirer.
Pour répondre à ces exigences apparemment contradictoires, les delphinariums adoptent une stratégie reposant sur trois éléments : l’’infantilisation de l’animal (c’’est ainsi qu’on l’appelle « notre petit pensionnaire »), la création d’un faux «merveilleux» inhérent à tout numéro de cirque (l’’animal « donne un baiser », « dit au revoir », etc., et exécute des séries d’acrobaties
impressionnantes), la production d’’un discours confus relayant maladroitement l’’information scientifique dès lors que la question de l’’intelligence du dauphin est posée. Faute d’’avoir pu les observer, nous ne savons pas comment les dresseurs, qui ont en principe l’’occasion d’’expérimenter la « communication à double sens », construisent l’’esprit du dauphin dans ce contexte ».

Le fossé qui sépare les deux points de vue tend en effet à confirmer qu’’il n’’est pas de science neutre. Ni de vraie science sans conscience !
De la même manière que les chercheurs à la solde d’’EDF clament à qui veulent les entendre que les centrales nucléaires ne présentent aucun danger, ceux que payent les delphinariums sont catégoriques : le dauphin, malgré son gros cerveau et les circonvolutions innombrables qui le sillonnent, n’’est guère à peine plus malin qu’’un chien et un peu moins qu’un chimpanzé.

Citons par exemple ce texte mémorable extrait du site du Boudewijn Sea Park de Bruges  :
«Le cerveau des dauphins est aussi grand que celui de l’’homme. Il est complexe et possède de nombreuses circonvolutions, mais toutefois beaucoup moins que le cerveau humain. Le fait que les dauphins aient un grand cerveau ne signifie pas pour autant qu’ils sont très intelligents. Le dauphin a une bonne mémoire et est un excellent imitateur. Il peut observer d’autres animaux et imiter leur
comportement en très peu de temps. Il est également capable de résoudre des problèmes, ce que nous considérons comme un signe d’’intelligence ».

Outre le fait que le cerveau delphinien dispose objectivement de davantage de circonvolutions que celui de l’’être humain (erreur voulue),  les conclusions hâtives ont de quoi nous mettre la puce à l’oreille : «Ils ne sont pas très intelligents», «Ils imitent bien», «…un signe d’’intelligence».

Le fait est que si le delphinarium devait reconnaître les véritables capacités mentales de ses captifs, la situation deviendrait gênante, car ce serait là des «personnes» que l’’on enfermerait.

On notera également que sur la page du delphinarium,  les informations relatives à la vie sociale, aux langages articulés, aux cultures et à l’’usage d’’outils de ces odontocètes sont passées sous silence. Nous n’avons droit qu’à un très bref passage : «Les dauphins sont très sociables. Ils jouent et recherchent constamment le contact. Ils aiment vivre en groupe. Un groupe peut comporter jusqu’à 15 dauphins ».

C’’est oublier un peu vite que 10 à 15 dauphins constituent une unité clanique de base – composée de familles de 2 à 5 individus en moyenne – mais que la plupart des tribus libres comptent
généralement 150 dauphins, eux-mêmes associés à d’autres tribus, ce qui peut faire monter les chiffres d’’une nation dauphin côtière à
plusieurs centaines d’individus.

Bruges-2014-les-6-dauphins.jpg

Les dauphins de Bruges en 2014. En 2015, ils étaient 7.

Et encore ne parle-t-on ici que des Tursiops.
D’’autres dauphins constituent des regroupements bien plus importants encore….
On ne vous expliquera pas non plus leur structure familiale que le sexe divise en deux parts : le monde des femelles, dont la doyenne dicte la loi du clan, et celui des mâles, où les luttes font rage pour enlever les delphines d’une tribu voisine, mais aussi et surtout où se nouent d’étonnantes coalitions : duo, trio, quatuor, ces groupes d’’amis d’enfance unis pour le meilleur et pour le pire, (mais qui se disputent parfois aussi !), coopèrent (on parle alors de « super-alliances ») ou se battent avec d’autres trios.
Ces faits, pourtant bien connus depuis les années 90, ne sont nulle part évoqués par le Boudewijn Sea Park de Bruges.

Une telle omission permet dès lors de séparer allègrement et en toute bonne conscience des amies de toujours à des fins de «programme de reproduction», de séparer une mère de ses filles, de cloîtrer dans un même bassin une maman et son fils (Linda et Mateo à Gènes, Iris et Ivo à Anvers) ou deux mâles ennemis (Ivo et Play Boy à Duisburg) sans devoir tenir aucun compte de la souffrance psychique et des déchirements émotionnels que de telles situations engendrent chez les captifs.

Le sens de la famille est extrêmement développé chez les dauphins : mieux vaut donc que les delphinariums ne le mentionne pas !
Pas plus d’’ailleurs qu’’ils ne convient de parler de la signature sifflée ni du test du miroir, lesquels attestent que les orques, les dauphins, les bélougas et l’’ensemble des cétacés ont pleine conscience
d’’eux-mêmes mais aussi de l’’identité de leurs compagnons et qu’à ce titre, ils sont des « personnes » comme vous et moi.

En France, certains delphinariums ne se fatiguent même pas à parler d’’intelligence….
Pour Planète Sauvage (Port Saint Père), il ne s’’agit là que d’’anecdotes !
«Anecdote : Le grand dauphin vit généralement en groupe d’’une vingtaine d’individus. Parfois un dauphin solitaire peut s’’approcher des bateaux et des baigneurs ».
Et c’est tout !
C’est tout et c’’est fort peu pour un cirque aquatique qui a obtenu sa licence en se justifiant par de vagues recherches sur le langage des dauphins étudié à la lumière de celui des étourneaux !
Comment peut-on étudier les dialectes delphiniens en observant des nés-captifs, privés de toute culture, de toute racine clanique et familiale ? Mystère. De toutes façons, ce n’’était qu’’un prétexte, vite oublié depuis lors !

Au Marineland d’Antibes, l’’information sur l’’intelligence des dauphins se réduit…. à une attraction payante.
On descend dans l’’eau, on les TOUCHE (ah ! Toucher ! Comme l’’homme muni de mains a donc besoin de cela !), bref, «l’expérience tant attendue est proposée toute l’année. Il s’agit de découvrir la biologie et l’écologie des dauphins, puis d’approcher les dauphins en compagnie des soigneurs sur une plage immergée ».
Notez qu’on parle ici de biologie et d’écologie, et non pas d’éthologie et moins encore d’éthologie cognitive. La nuance vaut son poids de tickets d’’entrée…

Un bon point pour le Parc Astérix, qui a mis le paquet sur sa nouvelle page consacrée aux dauphins.  Aucun autre delphinarium francophone ne livre autant d’informations pertinentes, en ce compris à propos de l’âge des dauphins, qui se situe ici dans la moyenne de 40-50 ans, plutôt que les 25 ans (temps de vie moyen d’un captif,) imposé par le Bréviaire de San Diego à l’usage de tous les dresseurs du monde entier. (Lire ci-dessous)

Mais attention ! N’espérons pas trop de la part de ce qui n’est après tout qu’une prison pour dauphins.  Les recherches en mer de Denise Herzing ou de Lori Marino sont gommées  par le Parc Astérix : si quelques allusions sont faites aux observations «in situ», le parc continue à prétendre que «toutes ces études ont été réalisées dans des delphinariums où il est plus facile de suivre et d’étudier ces processus ». Faux, bien sûr, surtout lorsqu’on travaille sur des dauphins nés captifs, totalement privés de cultures et bien incapables de produire des comportements normaux propres à leur espèce dans le contexte de vie qu’on leur impose.

«L’’intelligence du dauphin est souvent citée en exemple. Cependant qu’en est-il exactement ? Plusieurs chercheurs travaillent à mieux connaître leurs capacités cognitives. Nous vous invitons à consulter les travaux des scientifiques suivant : L. Herman, A. Pack, D. Reiss, S. Kuczaj et F. Delfour. Pendant de nombreuses années le laboratoire hawaiien dirigé par le Dr L.Herman a été leader dans ce domaine.
Toutes ces études ont été réalisées dans des delphinariums où il est plus facile de suivre et d’’étudier ces processus. Cependant en milieu naturel, on a pu observer des dauphins enseigner des stratégies de chasse/pêche à leur progéniture, coopérer pour encercler des proies, utiliser une éponge pour aller débusquer des proies, etc. Ce sont autant d’illustrations de leurs capacités cognitives. Les scientifiques continuent de les explorer, on peut imaginer aisément qu’à l’avenir d’autres compétences vont être découvertes ».

Allez ! Ce n’’est pas si mal ! Encore un effort et on y arrivera !
On notera en passant que Diana Reiss (restée fidèle à la captivité) est citée, sa collègue le Dr Lori Marino ne l’est pas.
Et que si les travaux de Louis Herman ont pris fin, c’’est parce que tous ses sujets d’’expériences, Akeakamai en tête sont morts de désespoir.
Sauf deux d’entre eux, libérés par Ken Levasseur.
D’autre part, les travaux menées au Kewalo Basin n’avaient qu’un seul but : enseigner des langages humains (gestuelle, signaux visuels, etc.) aux captifs, sans se soucier nullement de savoir ce que ceux-ci avaient à nous dire ou comment se structurait leur langage. Le Dr Herman travaillant, faut-il le dire, avec le soutien de la US Navy, toujours soucieuse d’obtenir des dauphins soldats plus performants et capables de comprendre les ordres !

« Il existe une souffrance inhérente au fait d’être simplement emprisonné, laquelle réduit la société hautement évoluée des dauphins à un «pecking order», cette organisation primitive des poules de basse-cour, où les individus les plus forts et les plus agressifs se battent pour la suprématie et infligent aux plus faibles d’entre eux la soumission, la maladie ou la mort. A la tyrannie de leurs propres compagnons de bassin s’ajoute celle de leur dresseur humain, ainsi que le stress que constitue les shows exécutés de trois à cinq fois par jour devant une foule bruyante, les méthodes de dressage impliquant la privation de nourriture et les récompenses du même ordre, qui ont pour conséquence de démultiplier encore la jalousie et la compétition au sein du groupe restreint des captifs »

Par ailleurs, dans la liste des chercheurs cités, on ne trouve que de «bons scientifiques, ceux qui travaillent main dans la main avec les delphinariums. S.Kuczaj, par exemple, auteur d’un article « La recherche sur les dauphins captifs est importante », est aujourd’hui le principal pourfendeur des thèses « anti-captivité » de Lori Marino (voir plus bas) et l’auteur de nombreuses publications très orientées.

Il a rédigé notamment, avec Mobi Solangi, le célèbre ex-trafiquant de dauphins qui alimenta en captifs frais les bassins du Boudewijn Sea Park de Bruges : «Factors that influence voluntary regurgitation in captive bottlenose dolphins (Tursiops truncatus) »
Pas de pitié à attendre de cet homme-là, qui se plaît néanmoins à observer des cétacés libres sans que le contraste entre leur vie et celles des détenus ne le gêne le moins du monde…

Docteur ès éthologie cognitive, spécialisée en cétologie, Fabienne Delfour se voit citée à bon droit, puisqu’elle est directrice de projets scientifiques au Parc Astérix ! Elle est également membre de l’’European Cetacean Society – rien de condamnable jusque là – mais aussi de l’’European Association for Aquatic Mammals, cet organisme qui fixe les normes minimalistes des delphinariums européens.
Ce qui aggrave encore son cas, c’est  qu’elle a également rédigé des articles consacrés à la delphinothérapie infantile, dont par exemple : « L’ENFANT AVEC UN AUTISME ET L’ANIMAL DANS UN LIEN SIGNIFIANT : DES POSSIBILITÉS D’INTERVENTIONS THÉRAPEUTIQUES » La psychiatrie de l’enfant 2011/2 (Vol. 54)

Mais aussi bien d’autres dossiers, fort bien documentés, qui représentent sans doute ce que la cétologie française produit de plus audacieux en termes d’études sur la cognition du dauphin. En revanche, on l’aura compris, elle ne condamne nullement la captivité, même si elle travaille à l’occasion en mer libre avec Jacqueline Sauzier ou Denise Herzing, lesquelles sont opposées à toute forme de contention pour les dauphins, sans pour autant cesser de collaborer avec ceux qui la soutiennent.

Un show pédagogique au Sea World d’Orlando

Le Bréviaire des Dresseurs
Mais par-dessus chaque delphinarium dans le monde, il faut savoir que flotte le drapeau d’une vérité révélée : c’est le fameux « Bréviaire de San Diego » (AMMPA Standardized Information: Bottlenose Dolphin ), destiné à tous les dresseurs membres de l’IMATA.

Il s’agit d’une sorte d’aide-mémoire qui indique point par point là ce qu’il faut dire aux visiteurs et les réponses qu’il convient de donner à leurs questions. Ce document est fascinant dans la mesure où il repose sur des arguments de scientifiques directement liés à l’industrie du delphinarium qui déforment habilement leurs informations au profit de cette dernière.

L’’âge moyen des dauphins libres (de 40 à 60 ans) est ainsi présenté comme un âge extrême, tandis qu’’une durée de vie de 25 ans – – qui correspond généralement au temps de survie d’un dauphin captif – est considérée comme «normale».

Ceci permet de justifier toutes les morts précoces, tandis que sont généralement dissimulés au grand public le grand âge de prestigieux survivants, tels que Nelly né-captive morte à 61 ans en Floride, présentée comme un « cas exceptionnel ».

A propos du langage, les vocalisations du dauphin sont réduites aux clicks et aux sifflements, strictement distingués les uns des autres (alors qu’ils se combinent sans cesse, comme les recherches de Markov – menées sur des Tursiops ponticus libres momentanément capturés – l’ont démontré, en structures syntaxiques complexes).

La notion de signature sifflée est admise mais sans plus : elle ne servirait qu’à transmettre l’identité du dauphin, sa localisation et son état émotionnel. Sous certaines réserves, on peut supposer aussi qu’elle aiderait à maintenir la cohésion du groupe, à s’adresser à d’autres individus et à créer des alliances.
Quant aux clicks, ils ne servent qu’à l’écholocation et non à transmettre des informations visuelles aux autres membres du « pod ».
Aucune allusion aux autres types de vocalisations, à la gestuelle complexe des dauphins libres , ni moins encore au « langage des bulles » ou aux échanges visuels, des modes de communication généralement peu connus des non-spécialistes.

Clics et sifflements forment un tout dans le langage dauphin

 

Les méthodes de chasse sont apprises par les jeunes en observant leur mère – et non par le biais d’un quelconque langage, donc – ce qui suppose l’existence d’une certaine « culture », de la même manière qu’un bébé ours apprend à pêcher le saumon en imitant les gestes de sa génitrice. Guère plus.

Question intelligence ? Pas un mot ! Aucune allusion au cerveau du dauphin ni à ses capacités cognitives.
En revanche, « les dauphins fournissent aux delphinariums l’occasion de jouer un rôle unique et sans équivalent en termes de pédagogie à la vie marine et de conservation de l’espèce. Deux recherches « indépendantes » menées en 2009 concluent que les shows et les séances d’interaction avec les dauphins suscitent chez le client des parcs marins une augmentation de ses connaissances concernant la préservation des cétacés, ainsi qu’un changement positif de son attitude à leur égard. Un sondage conduit par la société Harris a mis en lumière le fait que le public est unanime à 95% pour acclamer le merveilleux impact éducatif des delphinariums ».
Et ainsi de suite…

On peut raisonnablement supposer que ce « catéchisme des esclavagistes » chantant la gloire de l’Industrie ô combien lucrative du Dauphin Clown existe dans toutes les langues européennes ou asiatiques, à la manière de certains livrets didactiques à l’usage des seuls membres de l’Eglise de Scientologie ou des Témoins de Jéhovah.

Dans le même ordre d’idée, l’organisation « Alliance of Marine Mammal Parks and Aquariums » nous apprend, la bouche en coeur que les dauphins captifs ne sont jamais stressés, qu’ils usent de leur sonar avec modération en bassin, voire pas du tout, de sorte que l’écho ne blesse pas leur ouïe (autrement dit, ils sont soumis à un silence permanent) et que, cerise sur le gâteau, « la durée de vie moyenne d’un dauphin captif est de 24.3 ans.

Ce n’est pas beaucoup ?
Ah ! Mais c’est que vous ne mesurez pas à quel point la vie sauvage est cruelle et pleine d’embûches !
Par exemple, des études menées sur les cadavres échoués de dauphins de l’Indian Banana River en Floride indique que 38 % d’entre eux meurent avant d’avoir atteint l’âge de deux ans et que 64 % décèdent avant 10 ans…

Outre que ces statistiques se fondent sur un échantillonnage géographiquement fort restreint, il faut savoir que la zone étudiée se trouve coincée, à quelque distance de l’Océan Atlantique, entre le Cap Canaveral (JFK Center) d’une part, d’où s’envolaient jusqu’en 2011de très bruyantes navettes spatiales et autres fusées, et l’île de Meritt d’autre part, où se trouvent nombre d’usines, un aéroport et des résidences, toutes structures hautement polluantes et peu propices à la vie sauvage.
On ne s’étonnera donc pas que la mortalité des dauphins y soit particulièrement élevée !
Quant à l’intelligence des dauphins, vous chercheriez en vain sur ce site le moindre chapitre la concernant…

 

Plus violent encore, on s’en doute, est le déni de réalité des tueurs de dauphins et de baleines ! Ceux-là ne prétendent ni protéger, ni éduquer.
Ici, on massacre ! Alors, pas besoin de prendre des gants pour exprimer ses convictions spécistes !
Malgré toutes les récentes recherches confirmant la haute intelligence des cétacés et leur capacité à manier des langues articulées, le site favori des baleiniers, High North Alliance, consacre de nombreuses pages à tourner en dérision les mythes et les croyances béates des gens qui pensent que de la
« viande avec des nageoires » pourrait être dotée du moindre intellect voire même d’une sensibilité !

L’’étude de l’’anatomie du cerveau est détournée grossièrement pour arriver à cette conclusion bien rassurante.
Il est en effet moins gênant de tuer de «stupides vaches marines» que des personnes aquatiques dotées de conscience de soi !
Même les comportements altruistes sont dénigrés au nom d’un behaviorisme basique digne de Skinner.

« Si les dauphins s’entraident, ce n’est là qu’un pur réflexe automatique ! ».
Et allez donc ! Pas de pitié pour les cétacés : ils ne disposent donc ni d’intelligence, ni de conscience, ni de cultures, ni de langage, oh non, surtout pas de langage !
Et High North Alliance de revenir au propre de l’’Homme, cette différence qui crée un fossé insondable entre le Chimpanzé commun (Pan Troglodytes) et le Grand Chimpanzé Tueur (Homo sapiens) dont la coïncidence entre les deux génomes est pourtant de 99.4 % !
Car enfin ! Chacun sait qu’une capacité unique et de nature divine fait de nous des êtres supérieurs, plus proches des anges que des animaux : le sacro-saint « langage ».

Alors, n’allez pas l’accorder à des poissons qui respirent !


 

Antibes et ses dauphins-clowns. Qui réagit parmi les cétologues professionnels ?

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