Orangs-outans torturés à Bornéo

21 décembre 2005

Orangs-outans torturés à Bornéo

D’après un article de Sally Williams

Iolo Williams est sur le point de diffuser des documents révélant les horreurs que subissent les derniers orang-outans au fin fond de la jungle indonésienne.
Cet expert irlandais de la faune sauvage revient d’un séjour de deux semaines sur l’île de Bornéo, où il a tourné un film pour le compte de l’’émission «Illegal Nature» (Natur Anghyfreithlon).
Il y a notamment visité un centre d’’aide et de réhabilitation dans la forêt pluvieuse de Kalimantan où il a pu voir près de 400 orangs-outans – pour la plupart des bébés – qui ont été torturés au-delà de toute imagination.

Certaines de ses images nous montrent que l’’un de ces grands singes a été totalement rasé et abusé sexuellement. D’’autres nous font voir un orang-outan mâle adulte inondé de pétrole et brûlé vivant devant une foule hilare battant des mains qui s’amuse de cette agonie atroce.

Williams a également pu filmer un nombre considérable de bébés singes dont l’une des mains avait été coupée, après s’être accroché en vain et jusqu’au bout au cadavre de leur mère massacrée à coups de machettes.
Iolo Williams a déclaré : « “Ce que j’’ai vu était si abominable que cela m’’a privé de tout espoir quant à la nature humaine’. …”

Les bûcherons locaux tuent tous les orangs-outans qu’ils croisent.
Bien qu’’ils soient parmi nos parents les plus proches au niveau génétique, on les considère ici comme une pure nuisance, une « peste ».  Pourtant, le mot malais qui les désigne – orang-outan – signifie bien «l’’homme de la forêt».

Ces gens voudraient que les grands singes quittent la forêt une fois pour toutes et c’est pourquoi ils massacrent les adultes, ne gardant que les bébés afin de les revendre aux zoos de Thaïlande et d’’Europe.

Ces trafiquants détruisent aussi la forêt, à raison de l’’équivalent de la superficie du pays de Galles chaque mois, pour mieux répondre à la demande des marchés internationaux en matière d’huile de palme, laquelle sera transformée ensuite en savon ou en crème glacé pour les Occidentaux !

« Ils détruisent également des zones entières secteurs de la jungle pour en faire des champs à l’’intention de cultivateurs venus d’’Indonésie. Toute faune sauvage est systématiquement décimée »

Bébé boxeurs en Thaïlande...

Williams reconnaît qu’il s’est senti vraiment mal face aux abominations que les commercants illégaux font subir à la faune hautement menacée de ce pays et à son habitat naturel, au nom du seul profit à court terme.

« Ce reportage fut l’un des plus horribles sur lequel j’ai jamais travaillé durant mes 22 années d’’expérience ».
Ce père de deux jeunes fils nourrit désormais les pires craintes quant au futur de la faune sauvage sur cette planète, que détruit aujourd’hui avec autant de rage et d’’inconscience l’’espèce humaine dans son ensemble.

1.000 orangs-outans disparaissent en moyenne chaque année dans la région et il ne reste plus aujourd’hui que 7.000 représentants de ces paisibles et émouvants «grands singes des canopées » dans les provinces du nord de Sumatra, alors que dans les années 80, plusieurs dizaines de milliers d’entre eux vivaient encore dans les forêts tropicales de Bornéo et de Sumatra.

L’’espèce est donc en voie d’’extinction rapide.
Selon les experts, et au vu des prises incessantes faites pour les zoos du monde entier, et autres trafics plus ou moins légaux, les orangs-outans de Sumatra sont l’’une des prochaines races de singes destinées à s’’éteindre à très court terme, comme mourut le Dodo ou le Tigre de Tasmanie.

Le reportage d’’Iolo Williams sera diffusé dès l’’automne 2006, sans doute sur toutes les télévisions du monde.
Du moins, on le souhaite…


Rapport CITES 2005

« On trouve souvent des orangs-outans (Pongo pygmaeus, Annexe I) dans le commerce illégal. De graves incendies de forêts ont dégradé les habitats importants pour cette espèce, les adultes sont abattus illégalement et les orphelins commercialisés illégalement comme animaux de compagnie. On ignore le nombre précis de spécimens mis sur le marché chaque année mais l’’on pense q’u’’ils sont passé en contrebande par la mer sur des bateaux de pêche.
L’’an dernier, le Gouvernement thaïlandais a confisqué dans un zoo plus de 100 animaux dont l’origine pouvait être illégale, et récemment, les autorités cambodgiennes ont saisi plus de 30 orangs-outans« .


WWF
Des centaines d’’orangs-outans tués ou capturés chaque année


200 à 500 orangs-outangs de Bornéo, originaires de Kalimantan, font l’’objet d’un commerce, chaque année, pour les seules îles de Java et Bali et à Kalimantan. Ce sont pour la plupart des jeunes individus capturés et destinés à devenir des animaux de compagnie.

Pour une majorité d’’orangs-outans que l’’on trouve dans le commerce, le rapport met en évidence qu’au moins un autre meurt (habituellement la mère), ce qui signifie qu’en réalité, le nombre total d’’individus capturés ou tués annuellement est vraisemblablement beaucoup plus élevé.
La population totale d’’orangs-outans à Kalimantan est estimée à moins de 40.000 individus. Le fait de prélever chaque année, dans la nature, un nombre aussi important d’orangs-outans pourrait signifier, à terme, la condamnation à mort de cette population.

Selon le rapport, le commerce des orangs-outans sur Kalimantan n’a pas diminué ces quinze dernières années. Il indique également que même si de nombreux gibbons et orangs-outans ont été confisqués par les autorités durant la dernière décennie à Kalimantan, aucun contrevenant n’a été poursuivi à ce jour. Le prix moyen pour un orang-outan, à Java, est de 300 EUR, soit 2 à 3 fois le prix de base payé aux chasseurs à Kalimantan.

Des Orang-outans à paris

Aidez les derniers orangs-outans !

Singes boxeurs en Thaïlande

grands singes du zoo d’anvers

Dossier grands singes