Iris et Ivo : terminus Duisburg !

Iris. Elle fut jadis un dauphin libre…

 

Iris et Ivo :
Terminus Duisburg !

sommaire

Duke est mort


Il faut sauver Ivo, Pepina et les autres !


Avril 2003
I
ls ont tué Iris


 Février 2003

Hors de l’eau depuis des années, l’aileron d’Iris se dessèche


Août 2002
 Ivo malade des reins ?


 Juillet 2002
Duke va bien, il joue parfois avec Iris


Mars 2002
Dernières nouvelles d’Iris et du delphineau Duke


Nouvelles pétitions pour sauver Iris


Le dernier rêve d’Iris


Novembre 2001
Iris : état stationnaire


Octobre 2001
Iris se laisse mourir !


Janvier 2001
Iris en isolement complet


Septembre 2000 
Deux nouveaux dauphins meurent
Le bilan du massacre depuis Mars 99


 Juillet 2000 
Iris et Ivo, maîtres de la Piscine ?


 Juin 2000
Iris et Ivo toujours vivants !


8 avril 2000
L
e bébé d’Iris est mort


29 mars 2000
Playboy est mort


 27 mars 2000
Daisy attend son Papa


 Mi-mars 2000
la Télévision attend…


 4 Janvier 2000
Iris est enceinte !


 14 Décembre 99


25 septembre 1999


28 Juin 1999


 30 mai 1999


 Avril 1999
L’arrivée à Duisburg !

delphinarium-Duisburg-zoochat-copyright

Le nouveau très petit univers des dauphins Iris et Ivo en 1999



Il faut sauver Ivo, Pepina et les autres…

Ivo, avril 2002
Daisy écoute son papa en train de mourir dans le bassin voisin, en mars 2000.

Mai 2003

Il nous revient de source très sûre que la mort d’Iris ne peut être raisonnablement attribuée à une leucémie, cette maladie étant inconnue de la littérature scientifique pour ce qui est des dauphins captifs.
J’espère obtenir bientôt de plus amples informations à propos de cette question très spécialisée mais qui a évidemment son importance. On aimerait par exemple pouvoir disposer des analyses vétérinaires complètes qui ont permis de poser ce diagnostic.
De toutes façons, il semble plus que jamais évident qu’Iris est morte de désespoir, comme tous les autres dauphins captifs.

Son décès, nous l’avons vu, a suscité une vague de réactions profondément émouvantes, venues du monde entier. Mais aussi, de nombreux messages me parviennent aujourd’hui qui me demandent ce qu’il advient d’Ivo, le fils d’Iris et actuel mâle dominant du bassin.

Je n’ai aucune nouvelle. Mon informateur allemand semble avoir changé de camp depuis la mort
d’Iris – sans doute traumatisante pour lui aussi – et s’être définitivement rangé aux thèses du Zoo de Duisburg, avec lequel il entretenait des rapports étroits.

Nous savons cependant qu’Ivo souffre toujours d’une maladie rénale chronique, ce qui l’oblige à absorber quatre litres d’eau par jour, au moyen d’un tube enfoncé dans sa gorge.

Il faudrait se soucier aussi de la situation des autres dauphins.
Rappelons qu’à l’arrivée d’iris et d’Ivo, en 1999, le bassin était occupé par Play-boy, le mâle dominant d’alors et
Pepina sa compagne. Tous deux avaient été capturés en mer libre en 1975 et 1980. Leurs trois enfants, Duphi, Delphi et Daisy sont nés captifs, respectivement en 1988, 1992 et 1996.

Duphi est mort à 11 ans d’un abcès au poumon, fin 1999. Son père, Playboy, est mort le 29 mars 2000, au terme de 19 ans de captivité continue.
En 2000, Iris accouchait d’un dernier enfant mort-né.
Delphy et Pepina furent à leur tour enceintes des oeuvres d’Ivo, devenu le maître incontesté du bassin, mais seul le petit Duke put naître encore en vie et survivre jusqu’à aujourd’hui.

Pour le groupe des dauphins survivants, et pour son fils en particulier – déjà fort éprouvés par ces décès à répétition sur d’aussi brèves années – l’interminable agonie d’Iris n’a pas du être sans conséquence. Comme nous, les cétacés ressentent pleinement la douleur d’un deuil familial et tentent d’aider ceux qui souffrent.

Iris s’était sans doute isolée dans son petit bassin latéral mais tous les autres l’aimaient bien et la respectaient.
Son fils, Daisy et bébé Duke la visitaient fréquemment, afin sans doute de la soutenir dans sa terrible dépression.

Aujourd’hui, le petit bassin latéral est vide. La « matriarche » n’est plus là.

Lorsqu’on sait la place qu’occupent les femelles d’un certain âge dans la société dauphin, quand on se souvient qu’Iris avait tout de même vécue libre pendant douze ans en pleine mer et qu’elle racontait peut-être  aux enfants nés captifs comment c’était là-bas, au pays de la liberté, on imagine à quel point sa disparition doit constituer aujourd’hui une souffrance majeure pour les derniers dauphins qui restent confinés dans ce trou d’eau sinistre, au fin fond de l’Allemagne.

Pour ces raisons et plus que que jamais, nous exigeons leur libération immédiate et la fermeture progressive de tous les delphinariums en Europe.

 

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Février 2003

Hors de l’eau depuis des années, l’aileron d’Iris se dessèche…

Au Zoo de Duisburg, Iris et Ivo, les deux derniers dauphins d’Anvers, sont toujours vivants.
Ils connaissent cependant d’importants problèmes de santé.
Tous deux semblent avoir eu froid cet hiver et attrapé un rhume, mais leur état est revenu à la normale, en tous cas à ce niveau.
Il n’empêche qu’Ivo doit encore absorber tous les jours ses quatre litres d’eau douce, au cours de deux séances d’intubation quotidiennes sans doute pénibles pour lui. En principe les dauphins ne boivent pas mais comme on le sait, Ivo soufre d’un grave problème de reins depuis le temps du Zoo d’Anvers.

Iris, elle aussi, reçoit des soins spéciaux mais pour d’autres raisons.
Chaque jour, deux fois par jour, il faut enduire son aileron dorsal et son dos avec une pommade à base de vaseline, sans doute parce que cette malheureuse ne plonge plus sous la surface depuis trop longtemps.

Flottant en permanence à la surface de son bassin minuscule à la façon d’une bûche, elle expose forcément le haut de son corps à l’air libre de manière excessive. De ce fait, sa peau se dessèche, exactement comme celle d’un dauphin échoué. Il suffit de regarder la photo que nous avions prise d’elle dès 1999 pour comprendre l’origine de ce « problème cutané ».

D’après un tout récent message de Ric O’Barry, le spécialiste mondial de la captivité, très inquiet lui aussi de l’état de santé de cette delphine qu’il a tenté de libérer avec nous en 1998, Iris souffrirait aujourd’hui du très classique « Captive Dolphin Depression Syndrome » (CDDS), ou « syndrome de dépression du dauphin captif », comportement qu’il a pu observer à de multiples reprises tout au long de sa carrière de défenseur des dauphins libres.

Iris est toujours là, pourtant, à plus de trente ans d’âge, et toujours plus ou moins vivante.
On connaît peu de dauphins dépressifs qui poursuivent aussi loin leur parcours et se transforment ainsi en
épaves immobiles : la plupart meurent avant d’avoir atteint ce stade.
Mais Iris tient.
Elle s’accroche. Elle résiste. Elle continue sa grève des shows. Choquant exemple de ce qu’un dauphin ne devrait
jamais devenir, elle expose son aileron et sa déchéance depuis de longues années aux yeux de tous dans ce mini-bassin.

Est-ce un bien pour elle de vivre dans de telles conditions ?
Oui, sans doute, puisque c’est son choix.
Comme pour Keiko, respectons les décisions de ces êtres intelligents et autonomes que sont les dauphins Tursiops.
Peut-être est-ce le petit Duke, si joyeux, si comique, qui lui apporte un peu de lumière, peut-être est-ce son amour pour son fils Ivo…
Quoiqu’il en soit, Iris semble avoir décidé de tenir jusqu’au bout. C’est que la vie garde encore un infime sens pour elle…

Les quatre autres dauphins – Pepina, ses deux filles et Duke, le dernier né – se portent apparemment bien.
(Note 2015 : Duke est mort quelques mois après la rédaction de cet article)

Le petit Duke totalise aujourd’hui seize mois de vie captive. Comme tous les delphineaux du monde, sexuellement très précoce, il est déjà en train de lutiner les femelles de façon explicite.
Sauf qu’ici, ses compagnons de jeu seront toujours les mêmes, sa mère, ses deux sœurs, sa vieille « grand mère » qui ne bouge plus jamais de son trou et le grand mâle dominant Ivo, dont il doit avoir peur. Un jour, bien sûr, s’il survit, Duke devra quitter ce lieu pour un autre delphinarium, où il sera à jamais séparé de sa mère et des siens.
En mer libre, les dauphins retrouvent régulièrement leur famille une fois qu’ils ont atteint l’âge adulte.
Ce ne sera pas le cas de Petit Duke.

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Ivo malade des reins !

Ivo en avril 2002

Selon nos plus récente informations- datées du 19/8/02 – il semblerait qu’une pathologie rénale vienne d’être découverte chez Ivo, fils d’Iris, père de Duke et actuel dauphin dominant du bassin de Duisburg.

Chaque jour, près de quatre litres d’eau fraîche sont administrées à Ivo par intubation. Le processus s’assimile à la dialyse que l’on pratique sur patients humains souffrent de troubles rénaux. En temps normal, rappelons-le, les cétacés ne boivent jamais. Ils absorbent l’eau qui leur est nécessaire à partir de la chair des poissons.

Cette pathologie n’avait pu  être décelée par le Zoo d’Anvers, pour la simple raison que les examens médicaux ne se faisaient pas à l’époque avec la collaboration des dauphins eux-mêmes. Ces « animaux » n’avaient pas été dressés à présenter volontairement leurs nageoire pectorale ou caudale au dresseur en vue d’une prise de sang, par exemple. On suppose que le bassin d’Anvers était vidé et les dauphins échoués chaque fois qu’il fallait procéder à de tels examens.

D’après notre correspondant à Duisburg qui, pour d’évidentes raisons, préfère rester anonyme, Ivo semble néanmoins toujours en bonne forme : son comportement quotidien ne s’est en rien modifié jusqu’à présent.

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24 Novembre 2001

Iris : état stationnaire…

Iris mourante

Est-ce une bonne nouvelle ?
Deux témoignages d’origine différentes nous assurent que notre amie Iris est toujours vivante.
D’un côté, une correspondante belge vient de se rendre à Duisburg à la fin du moins d’octobre et de l’autre, le groupe allemand Gesellschaft zur Rettung der Delphine a eu la gentillesse de mener son enquête, à la demande de Natacha Zana. Voici ce qu’ils écrivent :

 » Hallo Natacha,
vielen Dank für Ihre Email. Iris und Ivo leben noch. Nach neuesten uns vorliegenden Informationen geht es den beiden den Umständen entsprechend gut, wobei sich Iris allerdings nach wie vor nicht in die Gruppe integriert und eher für sich allein bleiben möchte. Unser Sitz ist in München, wir sind daher nicht oft in Duisburg.

Viele Grüße
Ulrike Kirsch
Projekte & Öffentlichkeitsarbeit  »

Ce qui signifie en gros, me traduit Natacha :  » Iris et Ivo vivent toujours… aux dernières nouvelles leur état est satisfaisant, Iris est toujours seule, pas intégrée dans le groupe et semble souhaiter cette solitude. Leur bureau est à Münich, ils ne sont pas souvent à Duisburg « .

On le voit, de nouveaux acteurs se mobilisent aujourd’hui pour la sauvegarde de notre chère delphine et c’est sur cette nouvelle solidarité que je voudrais particulièrement insister.

En Belgique, la dernière conférence sur les delphinariums a marqué la fin de la campagne « Iris et Ivo », telle qu’elle fut conjointement menée par les divers groupes belges.
C’est pourquoi il est si important que chacun d’entre nous continue à maintenir la pression sur le Zoo de Duisburg, afin de permettre à Iris de survivre.

Sans nos courriers incessants, sans nos enquêtes continuelles, sans ce regard que nous portons sur ce petit
delphinarium d’Allemagne, niché au cœur de la Ruhr industrielle, il est clair qu’Iris aurait été euthanasiée depuis belle lurette.

On insistera dès lors sur l’utilité d’une nouvelle – et ultime – pétition qui circule en faveur des dauphins de Duisburg et tout particulièrement d’Iris, que l’on pourra soutenir ci-dessous.

Certains diront qu’il est cruel de la maintenir en vie dans de telles conditions.
Nous reviendrons d’ici peu sur cette question terrible en termes psycho-éthologiques. Force est de constater, néanmoins et d’admettre, qu’Iris est aujourd’hui en compagnie de son fils, que ses compagnes de bassin la respectent et que depuis quelques temps, la situation est relativement stable dans le bassin de Duisburg : aucune naissance programmée, aucun décès corollaire, aucun combat entre mâles.

Iris bénéficie donc pour l’instant de ce calme minimal auquel elle a droit. Elle ne doit plus exécuter ses deux ou trois shows quotidiens, elle peut dormir le temps qu’elle veut, et peut-être, en effet, n’aspire-t-elle qu’à prendre un peu de repos au sein de cet univers, certes cauchemardesque, mais qui est le seul qu’elle ait connu durant ces vingt dernières années…

Un grand merci au groupe Gesellschaft zur Rettung der Delphine pour ces informations.
Toute personne qui visiterait le Zoo de Duisburg dans les semaines à venir est chaleureusement invitée à me faire parvenir ses observations:
http://www.dauphinlibre.be/contactez-nous/

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17 avril 2000

Le bébé d’iris vient de mourir

Lundi dernier, le 10 avril, le bébé d’Iris s’est éteint après 33 heures de vie aérienne. L’enfant refusait de s’alimenter.

Malgré nos nombreuses demandes, le Zoo de Duisburg se refuse à tout commentaire. Des informations devraient cependant nous parvenir d’ici peu sur cette nouvelle victime de la Boucherie de Duisburg, troisième dauphin à mourir en un an et 47ième depuis l’ouverture de ce Zoo meurtrier.

Nous exprimons par ailleurs nos plus vives inquiétudes quant à l’état de santé de la maman, âgée de près de 32 ans
aujourd’hui.

Le transfert d’Iris et d’Ivo, qui devaient signifier pour eux le bonheur et l’apaisement après 18 ans de captivité au Zoo
d’Anvers, tourne décidément au cauchemar…

Merci d’adresser un petit message d’encouragement à nos dauphins de Duisburg et de demander de leurs nouvelles à leur responsable direct :

Duisburg Zoo Director
Dr Frese
Mülheimerstrasse 273
47058 Duisburg
Tel 0049 203/305590
Fax /3055922

 

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29 mars 2000

Playboy est mort

Exit Play Boy

Atteint par une grave hépatite, le dauphin Playboy est mort le 29 mars 2000 au Zoo de Duisburg, à l’âge de 25 ans, sans jamais avoir revu l’océan.
Rappelons que cet établissement a déjà perdu plus de 45 cétacés captifs depuis son ouverture.
Il y a quelques semaines, le jeune Duphy, âgé de 11 ans, s’était éteint dans le même delphinarium.
En Allemagne, il existe encore quatre établissements qui exhibent des dauphins prisonniers.
Le WDCS Allemagne, dont nous tenons cette information, exige leur fermeture et la fin de toute captivité pour les
cétacés.

Par ailleurs, nous nourrissons les plus grandes inquiétudes quant à l’état actuel de notre amie Iris. Aucune nouvelle ne nous est encore parvenue de son accouchement pourtant programmé en mars, nous savons seulement qu’elle vient d’être déplacée. Mais où ?
Iris sera-t-elle la prochaine victime de la Grande Boucherie du Duisburg Zoo ?

Intubage inutile…Playboy est à l’agonie…

 

 

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La télévision attend la naissance du bébé d’Iris

L’enfant d’Iris n’est pas encore né, ni celui de la jeune Delphy, qu’Ivo a engrossé. La télévision allemande est sur le pied de guerre : si le bébé de Delphy survit, ce sera une grande « victoire symbolique » aux yeux des delphinariums. Cas rares dans les annales, il s’agira en effet de la deuxième génération de dauphins nés en captivité.
En revanche, l’enfant d’Iris risque bien de mourir à la naissance ou de causer des problèmes, du fait du grand âge de sa maman…

Ivo va bien, il est devenu le leader de la bande depuis que Duphi est mort et que Play Boy est malade (de quoi ? ). Chaque jour, il assure le show en compagnie de Pepina, l’ex-compagne de Play Boy.

L’équipe vétérinaire et les soigneurs semblent faire le maximum mais néanmoins, il faut s’attendre à ce que Ivo soit
déplacé très vite aux quatre coins de l’Europe, en tant qu’étalon reproducteur.

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4 janvier 2000

Iris est enceinte, Duphi est mort

Photo Jean Pierre Von der Becke

Iris fin 99 : déjà enceinte, mais de qui ?

Suite à notre demande de renseignements à propos de la grossesse d’Iris et de la mort du jeune Duphi, nous
venons de recevoir un courrier date du 28 décembre 1999 de la part du Dr R. Frese, Directeur du Zoo de Duisburg.

Ce message du Dr Frese nous confirme que :

– Le jeune Duphi (né en captivité, âgé de 11 ans) est mort d’un abcès au poumon. Cet abcès était trop proche du
coeœur et donc inguérissable. Un « choc aux antibiotiques » l’aurait emporté.

– Iris est bien enceinte. Deux autres femelles le sont également.
Cependant, contrairement à ce qui a été dit dans la presse sur base d’informations fournies par le Zoo d’Anvers, le père de l’enfant à venir ne serait pas Ivo, mais Duphi, le dauphin décédé. Il entretenait, semble-t-il, des relations très étroites avec la « vieille » delphine Iris.
Celle-ci continue à vivre dans son « petit bassin personnel » un peu, nous dit le Dr Frese, comme une grand
mère qui recevrait ses invités dans son rocking chair. Ce fait a pu être vérifié lorsque nous nous sommes
rendu récemment à Duisburg. Son état psychologique est bon et elle voyage parfois d’un bassin à l’autre.

Commentaires

Même si nous pouvons nous réjouir de ce que le Dr Frese nous réponde et ouvre le dialogue avec les opposants à la captivité, les questions à lui poser restent cependant toujours les mêmes :

* Lorsque les trois bébés naîtront, le delphinarium comprendra alors 9 dauphins. Comment ce surcroît de population sera-t-il géré ? A quel moment les delphineaux seront-ils enlevés à leurs mères pour être vendus à d’autres Zoos ?
Où déplacera-t-on Ivo et Play Boy, les deux grands mâles du bassin, pour éviter qu’ils ne blessent ou n’agressent les fragiles nouveaux-nés ?

* La maladie et la mort de Duphi est la preuve que la captivité ne rencontre en aucune façon les besoins des cétacés. Du fait de leur faiblesse native et des conditions médiocres dans lesquels ils ont grandi, la plupart des delphineaux nés en bassin n’atteignent JAMAIS l’âge adulte.

Pour mémoire, un dauphin libre vit en moyenne de 40 (pour les mâles) à 60 ans (pour les femelles).
Duphi n’était qu’un jeune adolescent à peine pubère dont toute la vie s’est passée entre les quatre murs d’une prison.
On peut donc se demander quel est le sens de ces tentatives de reproduction contrôlée en bassin, dès lors que le Grand Dauphin (Tursiops Truncatus), pour menacé qu’il soit, est loin d’être une espèce en voie de disparition. Le Zoo de Duisburg envisage-t-il la réintroduction de ces jeunes en milieu naturel pour reconstituer des stocks de populations défaillantes ou s’agit-il tout simplement d’alimenter la Dolphin Industry avec des individus « auto-produits », dociles, privés de leur environnement naturel, dépendants de l’être humain et n’ayant donc plus rien à voir avec un véritable dauphin libre ?

Iris à Anvers en 1998. Photo YG

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25 Septembre 1999

La delphine Iris à Duisburg

Ce 25 septembre 1999, nous nous sommes rendus pour la troisième fois au Zoo de Duisburg afin de nous informer de   l’état de santé des deux anciens dauphins d’Anvers, la femelle Iris (30) et son fils Ivo (20).

Les nouvelles sont relativement bonnes :

Lors du show de l’après–midi auquel nous avons assisté, Ivo tenait la vedette et suscitait d’’enthousiastes applaudissements de la part d’’une foule hélas trop nombreuse et majoritairement composée d’’enfants, en apparente bonne forme physique. Pleinement mêlé au cinq autres dauphins, (le mâle dominant Play Boy y compris), Ivo manifeste des talents de «clown» que les responsables du shows paraissent mettre à profit. Il éclabousse la foule, lance le ballon à la volée et ses pirouettes en plein air sont tout à fait impressionnantes et désormais rendues possibles par la profondeur du bassin.

Iris, de son côté, n’’en démord pas. Elle se tient toujours au même endroit depuis le mois de mars dernier, dans le petit bassin latéral gauche (par rapport au public). Pendant le spectacle, elle continue à simuler mollement les gestes des autres, esquissant les gestes qu’elle aperçoit de loin mais on voit bien qu’elle n’’y met pas beaucoup de coeœur, qu’elle se sent fatiguée. Une seule fois, son nom a été lancé par
l’animateur au micro et lourdement, elle s’est redressée comme autrefois, face à la foule puis elle est retombée dans sa léthargie de manière pathétique.

La plupart du temps, Iris se contente de regarder les autres depuis le « seuil »  de son petit bassin ou bien encore, elle s’’approche du
bord et vient placer son rostre avec tendresse tout près de la joue de la dresseuse qui s’’occupe d’’elle.
Pendant qu’Ivo sautait presque jusqu’au plafond sous des tonnerres d’applaudissements, Iris poussait une minuscule hélice placée au bout de son rostre, pour le seul usage de la soigneuse qui l’encourageait… Ce n’était pas un spectacle, juste de l’exercice lié à son nourrissage.

Cependant, des progrès ont eu lieu :

Les grilles de séparation des bassins ont disparues et tout le monde nage où bon lui semble. A la fin du show, nous avons ainsi pu constater qu’’Iris recevait de la visite dans sa petite retraite. Ivo, bien sûr, est venu la rejoindre un moment mais aussi deux des plus jeunes delphines, qui voient sans doute en elle une sorte de grand mère ou de tante, comme dans le monde des dauphins libres.

Tout n’’est donc pas gagné pour notre chère « vieille » Iris mais il y
a fort à parier que si les choses évoluent dans le même sens et que le Zoo continue à s’’appliquer à cette tâche, Iris finira bien par s’’intégrer de quelque manière – distante sans doute – au petit groupe du bassin
central.

Notons qu’’un troisième bassin est disponible à l’’arrière et que les dauphins circulent désormais librement de l’’un à l’’autre.
Face à un tel spectacle, il est difficile de ne pas admettre que dans les limites d’’un strict confinement, nos deux dauphins semblent avoir atteint un certain équilibre.
Une vie sociale leur a été rendue ainsi qu’une plus grande liberté de
mouvement, plus de lumière et de stimulations.

Ceux qui les ont connu dans le bassin d’Anvers, ceux qui les ont vu tourner et tourner encore dans la semi-obscurité glauque de ce couloir de la mort réniforme, ceux-là ne peuvent que se sentir soulagés de voir Iris et Ivo entourés de nouveaux amis, dans une piscine relativement large et profonde selon les critères habituels et confiés aux soins d’’une équipe d’e dresseurs apparemment plus  compétents qu’en Belgique.

Cela dit, à Duisburg comme à Anvers, ces deux dauphins restent des prisonniers, à la merci des fantaisies de leurs « propriétaires ».
Iris reste une vieille delphine bonne pour la casse, condamnée à vivoter jusqu’à ce qu’on se lasse de son inactivité lors des shows et qu’on la pique comme un vieux chien…

Ivo, c’est vrai, semble plus heureux. Mais pour combien de temps ? Ne perdons pas de vue qu’il reste  un « reproducteur » en puissance, dont les jeunes seront séparés de leur mère les uns après les autres et qui, lui-même, se retrouvera sans doute un jour, une nouvelle fois, expédié vers quelque lointain delphinarium où tout sera à recommencer….

Dès lors, si jamais une réhabilitation doit aujourd’hui être exigée, que ce soit celle des sept dauphins d’un coup. Que ce soit celle du béluga et du dauphin de Commerson, celle aussi des deux dauphins de l’Amazone qui survivent à Duisburg.

Que ce soit celle de TOUS les cétacés captifs, nés captifs ou nés libres, sans exception ni exclusive, par le biais de vastes structures de réhabilitation fiables à mettre en place et sur la base d’une loi
européenne interdisant pour toujours cette pratique barbare.

Les dauphins sont nés pour être libres, et non pour vivre en aquarium !

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28 Juin 1999

Suite aux lettres et fax envoyés des quatre coins du monde, il semble que le Zoo de Duisburg réagisse.

Voici les dernières nouvelles qui viennent de nous être envoyées par un observateur allemand infiltré :

 » Dimanche 27 juin 1999 20:15

La santé d’Ivo est excellente. Quant à Iris, elle n’était très en forme au moment de son arrivée mais sa santé paraît s’améliorer.  Ivo a déjà rejoint Duphi et Delphi, les deux delphineaux, depuis plusieurs semaines et peut désormais accéder aux deux bassins d’isolement et au bassin de reproduction (situé dans l’ancien dolphinarium) durant presque toute la journée.

Iris ne montre pas beaucoup d’intérêt aux interactions sociales mais le Zoo est sûr qu’il parviendra à gérer cette situation sans contrainte. Durant les prochaines semaines, le Zoo entend également faire en sorte que Playboy, Pepina, sa compagne et leur enfant Daisy rejoignent les nouveaux arrivants. »

Cela dit, le conflit entre Ivo et Play Boy ne semble pas être résolu ni la surpopulation évidente de ce bassin, ni moins encore le problème fondamental qui nous préoccupe : que faire des vieux dauphins lorsqu’il sont inutiles, sinon les entasser dans un autre bassin ?

Ne peut-on VRAIMENT pas envisager leur retour en mer, ne serait-ce que dans une baie close ? Et-ce là VRAIMENT une chose impossible ?

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Dimanche 30 mai 1999

Lorsque M. Fred Daman a décidé d’envoyer les deux derniers dauphins d’Anvers, Iris et Ivo, au delphinarium du Zoo de Duisburg, plutôt que d’accepter d’envisager le plan de réhabilitation que les associations belges et françaises lui proposaient, il a déclaré à la presse : « Cette solution est la seule qui convienne. Iris et Ivo seront heureux dans ce nouvel environnement et s’intégreront sans difficulté au groupe de dauphins local ».

Ce dimanche 30 mai 1999, nous nous sommes rendu pour la seconde fois au Zoo de Duisburg. Et nous avons le regret de faire savoir à tous les amis d’Iris et Ivo que la situation de nos deux dauphins est devenue dramatique.

Isolés depuis plus de deux mois dans un minuscule bassin latéral (5X5X3 mètres au jugé), Iris et Ivo sont totalement abandonnés à eux-mêmes. Juste à côté, dans un bassin de grande taille et de belle profondeur, vivent Play-Boy, le mâle dominant, Pepina, sa compagne et leurs trois enfants, Duphi, Delphi et Daisy.

Le rostre de Ivo est sanglant à force de frapper la grille métallique de son enclos (ou de se battre avec Play Boy ?) et les deux dauphins présentent une dangereuse flaccidité de l’aileron, indicative d’un état dépressif.

Pendant que le show se déroule dans le grand bassin, Iris et Ivo le miment maladroitement en parallèle dans leur petit coin en tentant désespérément d’attirer l’attention des dresseurs.
De temps en temps, une soigneuse songe à leur jeter un poisson
ou à leur faire exécuter une danse grotesque dans cet espace encore beaucoup plus petit que celui qu’ils connaissaient en Belgique !

C’est le coeur brisé que nous avons laissé nos deux amis seuls dans leur petite prison sombre, au sein d’un zoo qui ne soucie guère de leur sort.

Rappelons que le Zoo de Duisburg détient également deux malheureux dauphins d’Amazonie dans un aquarium à poisson crasseux, deux bélugas astreints aux pires clowneries et un dernier petit dauphin de Commerson. Par ailleurs, plus de quatorze dauphins sont morts dans le bassin du Zoo de Duisburg.
(Note 2015 : plus de 60, en fait…)

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Avril 1999
Première visite à Duisburg

Le mardi 30 mars 1999, Iris et Ivo, les deux derniers dauphins d’Anvers, sont arrivés en bonne santé au Tierenpark de Duisburg (Allemagne).

– Cette solution aurait été choisie du fait que le Zoo d’Anvers ne disposait pas des fonds nécessaires pour leur construire une nouvelle piscine aux normes américaines de l’an 2000, a déclaré Ilse Segers, porte-parole du Zoo d’Anvers, négligeant d’indiquer que plusieurs autres scénarios avaient d’abord été élaboré par le Zoo et chaque fois dénoncé par les activistes, à savoir :
– Laisser mourir sur place Iris et Ivo (1er option)
– Séparer la mère et le fils en expédiant l’une à Harderwijk et l’autre à Duisburg. (2ième option).

Au terme de 18 années de confinement continu dans cet espace étroit, les dauphins ont été retirés en douceur.
La piscine du Zoo a été progressivement vidée et les deux
captifs placés sur des civières dessinées à leur taille.

Tous leurs petits jouets et objets personnels ont été emmenés avec eux, balles, cerceaux, etc. Leur dresseuse personnelle, Annelise, les a accompagné durant les 3 heures de voyage en camion vers l’Allemagne.
Les dauphins, qui avaient reçu un tranquillisant, se sont montrés détendus et ont fait honneur au menu de poissons gelés « Spécial Anvers » qui leur a été réservé à leur arrivée.

Fidèle à sa vision réductrice de la réhabilitation, M. Philippe Jouk, ancien responsable des dauphins au Zoo d’Anvers, a déclaré :

– « Bien entendu, il était ridicule d’imaginer que nous puisions jamais libérer ces deux dauphins-là. Les jeter en pleine mer les aurait aussitôt tué ».

Désormais, lorsque le visiteur du Zoo achète un billet combiné, il peut se rendre à Duisburg gratuitement et assister au nouveau show de « onze Flippers » !


 

L’arrivée à Duisburg en 1999

Selon un premier témoignage d’une délégation de Delphus qui s’est rendu sur place dès le début du mois d’avril, Iris et Ivo sont là, bien vivants, tels qu’en eux-mêmes et placés dans un petit bassin latéral, à côté du grand bassin principal.

Un entraîneur personnel tente de leur enseigner les mouvements du show en même temps que celui-ci a lieu.

Ceux-ci sont au nombre de cinq, deux adultes – mâle et femelle – et trois enfants dont l’un d’eux en bas âge. Le groupe paraît constituer une famille très unie, relativement joyeuse et en très bonne santé.

Comment Iris et Ivo vont-ils s’intégrer à ce micro-pod soudé depuis longtemps ? Pour l’instant, ils semblent terrifiés et n’osent pas pénétrer dans le « grand bassin » qui pourtant leur est accessible.

Selon le Dr Manuel Hartmann, vétérinaire au Zoo de Duisburg, Iris et Ivo sont manifestement plus heureux à Duisburg qu’à Anvers, ce qui n’est pas difficile à se représenter :

Le fait est que le Delphinarium de Duisburg est plus vaste et que ses eaux sont filtrées à l’ozone et non au chlore, ce qui doit grandement soulager les yeux de nos deux « vétérans ».
Plus vaste ? Pour le moment, l’espace est infiniment plus réduit qu’Anvers …

Pour nous, il semble évident que la solution choisie par le Zoo d’Anvers n’en est pas vraiment une.
Sur la base des dizaines de réhabilitations réussies même au
terme de vingt ans de captivité, nous SAVONS que Iris et Ivo
pourraient recevoir infiniment plus et mieux encore que ce qu’on
leur propose aujourd’hui.

Iris a été capturée à l’âge de douze ans : sa mémoire de l’océan libre doit être restée vive dans son esprit et souvent douloureuse.
Ivo a vécu un an en liberté, mais les bébés dauphins sont
précoces et prennent conscience de leur environnement avant
même que d’être né.

En conséquence, il semble évident que si Iris et Ivo étaient amenés au Centre de Réhabilitation et de Soins pour Mammifères Marins de Port Saint Père en France, ils s’en réjouiraient de la même manière, et plus encore de trouver autour d’eux des poisons vivants et de l’eau de mer.

A terme, ils retrouveraient les eaux tièdes et salées des côtes d’une petite île en Méditerranée où, à défaut de retrouver leurs familles d’origine, ils pourraient fraterniser avec les dauphins locaux et retrouver un jour une véritable vie de dauphin libre, incommensurablement plus diverse, variée, et passionnante que tout ce que le Zoo de Duisburg pourra jamais leur offrir.
Plus loin dans le futur encore – et dans l’imaginaire, hélas –
s’ils s’avéraient que leur adaptation au monde réel se confirme, rien n’empêche de les ramener enfin dans les eaux de la Mer des Caraïbes, non loin de leur lieu de naissance.  Pour Iris et Ivo, la liberté reste toujours possible et nous tenterons d’en convaincre les responsables du Zoo de Duisburg.

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