Les Japonais défendent les dauphins au Japon !

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A Taiji, en 2013, aux côtés de Ric O’Barry : la courageuse jeune génération

Défendre les dauphins au Japon

Entre activiste au Japon n’est pas une sinécure, surtout lorsqu’on se bat contre la chasse à la baleine et les massacres de Taiji. Et pourtant, deux organisations s’acharnent à défendre les cétacés, l’une depuis 1976 (ENC), l’autre depuis 1995 (IKAN).

A cette époque, en Occident, peu de  gens parlait des dauphins atrocement massacrées à Katsumoto sur l’île d’Iki, à Futo, Taiji ou Ito. Les tueries à ciel ouvert offraient pourtant un spectacle dantesque d’une cruauté inouïe, qu’aucun média n’acceptait de diffuser.

 

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Dauphin égorgé à Futo

A côté de ces deux associations, saluons le travail de Izumi Ishii, ancien tueur de dauphins, devenu opérateur de whale-watching et grand opposant à la chasse au rabattage. Il est en outre doyen des pêcheurs de Futo, ce qui donne un poids certain à sa parole. Sa gentillesse fait le reste.

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Izumi Ishii

 

Aujourd’hui, d’autres groupes de citoyens japonais se lèvent contre l’horreur des captures et des meurtres à Taiji. Ils ne sont pas encore très nombreux ni très forts mais ils travaillent en bonne entente avec Ric O’Barry ou l’association Blue Voice. Elsa Nature Conservancy et IKAN restent cependant à la pointe d’un combat devenu d’autant plus difficile que le gouvernement japonais d’aujourd’hui (2015) est d’ultra-droite nationaliste.

Lire aussi :
Japanese activists fight against the tide to save whales and dolphins

Dolphins hunts, dying practices (WDC)

 

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Satoshi Komiyama le 1er septembre 2013, avec Ric O’barry

 


Elsa Nature Conservancy

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Le combat de ENC pour les dauphins libres et heureux de Toshima

 

Elsa Nature Conservancy a été créé en 1976 par la redoutable Sakae Hemmi dans le but de « protéger globalement la nature et l’environnement à travers un large spectre d’actions, menées depuis le seuil de sa porte jusqu’au ciel.
Elsa cherche toujours les angles morts du mouvement de conservation – des choses que les autres ont oublié – et a ainsi fait campagne pour la protection d’animaux peu connus en voie de disparition, comme le bruant des roseaux japonais (Embriza de yessoensis).
En outre, l’organisation a fait campagne pour la protection des dauphins et des éléphants avant que les médias n’évoquent ces questions. Il s’est également engagé contre la vivisection, les parcs animaliers, les zoos, les aquariums, etc.
Depuis sa fondation, Elsa Nature Conservancy s’est soucié d’utiliser du papier recyclé pour ses publications à partir de déchets d’impression informatiques, afin d’économiser autant d’arbres que possible. L’approche fondamentale de Elsa est que chaque personne peut agir pour la nature de manière personnelle.
Cela dit, bien que l’organisation énonce de grands idéaux, ses membres s’acquittent de leurs propres activités, modestes mais diligentes.

Elsa Nature Conservancy
Box2, Tsukuba Gakuen Post Office, Tsukuba 305-8691, Japan

 

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Sakae Hemmi

 


 

Iruka &Kujira (Dolphin & Whale)Action Network

Copyright IKAN

Dauphin vivant traîné par un camion vers la boucherie Futo en 1999. Photo Ikan

 

Depuis 1996, le but de l’association Dolphin & Whale Action Network est d’œoeuvrer à de meilleurs rapports entre la vie sauvage (tout spécialement les cétacés) et l’espèce humaine. L’une de ses premières activités fut de faire libérer des dauphins des filets des pêcheurs, pour la première fois au Japon.

Le 23 octobre 1996, 100 dauphins furent ainsi libérés au terme d’une pêche au rabattage.
Le 1er novembre 1996, 6 cétacés furent relâchés des delphinariums « Izumito Sea Paradise «  et « Shimoda Aquarium ».

L’association Dolphin & Whale Action Network gère un site toujours très actif en 2015 à propos de la situation des cétacés au Japon et dans le reste du monde. Elle lance également de nombreuses campagnes en vue de libérer d’autres dauphins et cétacés des delphinariums ou des filets des pêcheurs, et s’efforce d’informer largement le public japonais sur ce problème particulier.

Lire aussi le rapport rédigé par Karen Trevayne lors d’une visite au Japon en mai 2002.


 

Déclaration de l’IKAN (2000)

« Nous sommes un groupe de citoyens du Japon, dévolus à la défense des dauphins et des baleines. Nous nous opposons vigoureusement à toutes les activités liées à la chasse industrielle à la baleine au Japon et, tout particulièrement, à la prétendue « pêche scientifique » que l’Agence Japonaise de la Pêche et l’industrie baleinière ont exigé de poursuivre.
L’exploitation commerciale d’une espèce sauvage tels que les dauphins ou les baleines affecte sérieusement les populations sauvages mais touche également l’équilibre naturel des écosystèmes marins.

Lors de la 52ième Réunion de la CBI qui s’est tenue à Adélaïde en juillet 2000, un rapport rédigé par notre association et approuvé par 65 organismes japonais a été envoyé aux membres de la Commission, dénonçant la pêche à la baleine commerciale menée par le Japon. Ce rapport est disponible sur notre site.

Nous avons protesté lorsque, sous le prétexte de ces chasses scientifiques, une flotte de baleiniers est partie tuer des espèces protégées et rares, telles que le cachalot, ou la baleine de Bryde.
Ce type de chasses est peut-être profitable aux industriels de la pêche, mais sûrement pas au peuple japonais lui-même, qui souhaite préserver l’environnement au bénéfice des générations futures.

Nous avons appris que le gouvernement des États-Unis a réagi à cette chasse en menaçant d’imposer des sanctions économiques contre le Japon. Il nous semble, pour notre part, que le Japon devrait avoir le courage d’arrêter une activité aussi inacceptable sans devoir y être forcé par d’autres pays !

Par ailleurs, la contamination par divers organochlorés de la viande de baleine destinée à la consommation humaine est un grand problème au Japon. La viande des baleines du Pacifique Nord est devenue gravement toxique mais n’en est pas moins toujours vendue et avec l’approbation d’un institut de  » recherche  » officiel.
Qui rendra compte des dommages subis par la population humaine en ingérant cet aliment ?

L’argument principal du gouvernement japonais pour justifier de telles pêches est que les cétacés mangent le poisson des pêcheurs en quantité excessive.
Cette assertion est fausse. Les stocks de poisson diminuent partout dans les océans à cause de la sur-pêche  industrielle et dela pollution et sûrement pas à cause des cétacés. Tuer des baleines n’est sûrement une solution pour ce type de problème !

Certains Japonais affirment qu’il faut défendre la culture japonaise en ce compris ses usages culinaires contre les agressions de la culture occidentale et donc, continuer à consommer de la viande de cétacé.
Mais le fait d’exploiter à outrance les ressources naturelles et de détruire les biotopes n’est certainement pas un usage issu de la culture japonaise mais relève bien plutôt de pratiques coloniales et occidentales importées dans notre pays.

Pourtant, il faut admettre que le Japon est de plus en plus souvent dénoncé pour ce genre de pratiques d’exploitation des espèces protégées, éléphants pour l’ivoire, tortues pour les carapaces, tigre pour leurs os ou baleines pour leur viande…

Le Gouvernement japonais devrait immédiatement sa politique en la matière et se soucier davantage du bien-être des générations  futures.

Pour toutes ces raisons, au nom de 64 organismes japonais, nous demandons au Gouvernement de notre pays d’interrompre au plus vite les  » pêches scientifiques  » à la baleine dans le Pacifique Nord-ouest.

IKAN (Iruka and Kujira Action Network)

Kiyo Bld.205, 2-5-5 Hyakunin-cho, Shinjuku, Tokyo, 169-0073, Japan
TEL/FAX 81-3-3366-8122
Website in English :
http://ika-net.jp/en/

Lire aussi à ce propos le rapport rédigé par Karen Trevayne lors d’une visite au Japon en mai 2002.

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Les captures et massacres à Futo ont pris fin en 1999 sous la pression des activites japonais, aidés par Blue Voice

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http://www.dauphinlibre.be/japonlenfer-des-cetaces/