Japon : delphinariums, boucherie, même combat !

Les dauphins japonais sont désormais exportés partout, car ils sont les moins chers.

 

Japon : delphinariums, boucherie, même combat !

Archives 2006

 

Le dossier qui suit est une adaptation d’un dossier publié par l’association WDCS en 2006.
Depuis lors, hélas, le nombre de delphinariums n’a encore cessé d’augmenter au Japon ainsi que le nombre d’orques en captivité.
Les « pêches au rabattage » continuent également de plus belle. 

Kagoshima

Le Japon est actuellement l’un des plus farouches défenseurs des delphinariums.
Dès 1930, des dauphins vivants y ont été exhibés en public mais la période de développement la plus intense de ces structures commerciales se situe entre 1960 et 1982.  Depuis lors, le nombre d’aquariums gardant des mammifères marins en captivité est passé à près d’une cinquantaine !  Citons-en quelques uns…

Asamushi Aquarium

Aqua World OaraiEchizen Matsushima Aquarium

Dolphin Fantasy

Enoshima Aquarium

Epson Aqua ParkNanki Shirahama AW

Kujukushima Aquarium

Marinepia Matsushima Aquarium

Marine World Uminonakamichi

Minamichita Beach Land

Misaki Amusement Park

Miyajima Public Aquarium

New Yashima Aquarium

Niigata City Aquarium

Noboribetsu Marine Park Nixe

Notojima Aquarium

Okinawa Churaumi Aquarium

Okinawa Marine Research Ctr

Osaka Kaiyukan Aquarium

Otaru Aquarium

Port of Nagoya Aquarium

Shimoda Floating Aquarium

Shimonoseki Municipal Aq.

Shinagawa Aquarium

Suma Aqualife Park

Sunshine Int’l Aquarium

Taiji Whale Museum

Toba Aquarium

Umitago Aquarium

Yokohama Hakkeijima Sea Paradise

Kujukushima Aquarium

Marinepia Matsushima Aquarium

Marine World Uminonakamichi

Minamichita Beach Land

Misaki Amusement Park

Miyajima Public Aquarium

World Dolphin Resort

Kinosaki Marine World

Kamogama Sea World

Oarai aquarium (video)

Fukuoaka Marine World (video)

Etc…


Une famille de globicéphales enfermée dans les filets et promise au massacre, sans capture.

Méthodes de capture

Le Japon agit de manière un peu différente des autres pays qui capturent eux aussi des dauphins.
Aux Etats-Unis, par exemple, la méthode la plus commune était de procéder à une capture directe.
Au Japon, cette méthode est également employée mais il existe deux autres façons de fournir le delphinariums en cétacés vivants :

 * La prise fortuite des cétacés dans les filets dérivants est la première de ces méthodes, utilisée parfois par d’autres pays.

* La seconde méthode, en revanche, est beaucoup plus sanglante : il s’agit des «pêches au rabattage» (drive fisheries), qui constitue de loin la manière la plus utilisée pour alimenter les bassins en dauphins captifs au Japon.

Des tribus entières de dauphins ou d’autres petits cétacés sont encerclés au large puis rabattus en direction du rivage.
Une fois que les dauphins sont emprisonnés par des filets au fond d’une baie, la plupart d’entre eux sont tués pour leur viande. Quelques-uns uns sont gardés en vie et vendus aux différents aquariums du pays.
Ces pêches annuelles sont donc organisées de concert  par les pêcheurs et les responsables de delphinariums.

Sans l’incitation financière que représente le prix de vente d’un dauphin vivant à ces établissements, ces massacres n’auraient pas lieu, car ils ne seraient pas suffisamment rentables au seul niveau de la  vente en boucherie.

Ce fait est facilement démontré par le fait que le nombre de cétacés capturés par les  «pêches au rabattage», a augmenté de façon exponentielle en même temps que le nombre de delphinariums au Japon.
Entre 1968 et 1972, près de 166 cétacés ont été déportés vers des aquariums par le biais des pêches côtières.
Entre 1977 et 1980, le chiffre de ces prises vivantes est passé à 322 !


Futo 1997

Le massacre de Futo de 1997 a été entièrement documenté par l’association Elsa Nature Conservancy, l’un des rares groupes d’activistes japonais qui se soucient de mettre un terme à ces pratiques.
(Lire : « A Report on the 1996 Dolphin Catch-Quota Violation at Futo Fishing Harbour, Shizuoka Prefecture », 1997.)

Au cours de cette pêche, plus de 200 dauphins Tursiops et 50 fausse-orques ont été capturés.
Les pressions exercées par les activistes ont heureusement permis de remettre en mer près de 100 dauphins.
Néanmoins, une fois que les meilleurs spécimens aient été sélectionnés par les pêcheurs à l’usage des delphinariums, tout le reste de la prise a été massacré à la  hache puis expédié sur les étals des boucheries.

Dix aquariums japonais ont été impliqués dans cette capture, bien que seuls six d’entre eux aient réceptionné des animaux. De manière extrêmement cruelle, les dauphins ont été arrachés à l’océan, drogués aux sédatifs et transportés sans ménagement vers leur nouvelle «demeure».
Là encore, grâce à la pression internationale exercée par la WDCS et nombre d’autres associations, y compris japonaises, certains de ces dauphins ont pu être libérés et six fausses orques ont été rendues par les aquariums puis remises en mer.

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Futo. Photo Blue Voice

 

L’une des plus terribles «pêche au rabattage» a eu lieu dans le port de Futo, Préfecture de Shizuoka, en date du 13 octobre 1999.
Durant cette opération, près de cent dauphins Tursiops sauvages ont été encerclés au large puis conduits vers le rivage et enfermés dans une baie minuscule.
Le jour suivant, à la faveur d’une heureuse alliance entre les pêcheurs et l’Industrie de la Captivité, des représentants de deux aquariums japonais  bien connu, à savoir l’Izu-Mito Sea Paradise Aquarium et le Parc Marin de Keikyu Aburatsubo ont sélectionné six des dauphins emprisonnés afin de les faire servir à des shows publics.
Les 69 autres dauphins ont été massacrés à coups de hache ou de  pics au prix des pires souffrances et revendus pour leur viande. Le surplus a été relâché, sans qu’on sache ce qu’il leur est advenu au terme de ces deux jours de terreur sanglante et absolue..

 

Toujours le même business

Dans les années 80, des pays comme les Etats-Unis avait coutume d’aller chercher ses « dauphins de spectacle» au Japon à des prix défiant toute concurrence.
SeaWorld reconnaît en posséder encore plus de 15 en vie, directement amenés des côtes nipponnes !

Ces achats internationaux suscitèrent une nouvelle expansion des pêches locales au rabattage. De très nombreux dauphins, dauphins de Risso, globicéphales, orques ou pseudorques ont ainsi été exportés du Japon, au prétexte que ces animaux avaient été «sauvés» du massacre. En réalité, les aquariums des USA encourageaient largement ce type de pratique. Aujourd’hui, ce sont les grandes puissances asiatiques, comme la Chine, qui ont pris le relais en termes de demandes.

Cependant, l’opinion publique et de nouvelles législations au sein des pays occidentaux ont rendu ce type de trafic plus difficile, ou à tout le moins plus discret. Depuis un certain temps, il semble que peu de delphinariums européens, canadiens, ou américains aient encore tenté de s’approvisionner au Japon au terme d’une « pêche au rabattage». Mais de nombreuses orques ont transitées par le Dolfinarium de Harderwijk et certaines y sont morts.

Il est également frappant de constater qu’aucune condamnation ferme n’a jamais été adressé par les delphinariums occidentaux de l’IMATA à leurs chers collègues de la JAZA, que la Turquie et nombre d’états péri-européens (Turquie, notamment) continuent à se fournir largement à Taiji, et que, fondamentalement, la logique même de la captivité, qui supposera, à terme, de nouvelles captures, faute de « fondateurs » encore en vie et de nés-captifs viables, est la même pour tout le monde : il s’agit de se faire de l’argent sur le dos des cétacés esclaves.

A défaut de pouvoir en chasser soi-même, on fait alors comme pour Beachie à Bruges (venu de SeaWorld) ou Morgan à Loro Parque : on les « échoue » accidentellement, on les « soigne »…. et on les garde !
En outre, les techniques de dressages sont les mêmes et les « tours » identiques !

Pas de pitié pour les orques (projet de delphinarium chinois)

Nagoya, ce cimetière


 

Au Japon même, il semble que personne n’estime cruel de maintenir des cétacés en captivité.
Bien au contraire, le marché ne cesse de prendre de l’expansion.

Les méthodes de capture peuvent être très brutales, impliquant notamment des tentatives de briser la résistance des orques en les chevauchant comme au rodéo.

Trois orques qui furent capturées au Japon dans de telles conditions en 1979 sont mortes dans les trois mois qui ont suivi leur prise. Les « meilleurs » parcs marins japonais, qui n’aiment pas trop qu’on leur rappelle leur association avec « l’iruka no oikomi ryo», la pêche annuelle qui cause la mort de milliers de petits cétacés au Japon, préfèrent aujourd’hui se tourner vers des fournisseurs étrangers, tels que l’Islande ou l’Amérique du nord, quant il s’agit de renouveler leurs stocks d’orque de cirque promises à une mort rapide.

Cependant, le 7 février 1997, un groupe de dix orques ont été capturées dans la Baie de Hatajiri, non loin de Taiji, Préfecture de Wakayama. Les pêcheurs de la Coopérative Isana ont repéré le groupe d’orques et les deux nouveau-nés qui en faisaient partie dans un premier temps, à quelques 50k m de la côte japonaise.

Dans un deuxième temps, huit bateaux rapides se sont dirigés vers ce groupe pour l’encercler. Lançant des explosifs dans l’eau et frappant  sur des barres de fer afin de créer un « mur de bruit », ils sont parvenus à mener la petite tribu d’orques vers la baie.  Cinq de ces orques ont été vendues aussitôt à l’industrie de captivité, tandis que les cinq autres étaient libérés.

1997


 

Entre la capture et le premier show. Dressage intensif à Taiji

Après le massacre, juste avant les shows, on stocke et désensibilise les captifs dans des enclos ou des bassins crasseux et minuscules de la Dolphin Base de Taiji, avant de les dresser sommairement . Un grand nombre n’y survivent pas.
Ceux qui comprennent que leur vie est à nouveau en jeu parviennent à atteindre le deuxième cercle de l’enfer : le Taiji Whale Museum, où les visiteurs assistent à leurs shows encore maladroits puis achètent de la viande de dauphins en boîte dans le magasin de souvenirs à la sortie..

Les enclos de désensibilisation

L’enclos vu sous l’eau par un dauphin

Un bassin de stockage à la Base de Taiji

Misty se meurt à la base de Taiji

D’autres commencent à comprendre comment survivre encore un peu.

En ce compris les orques

Et puis l’on teste le spectacle devant un public clairsemé  (admirez la aille du bassin et le niveau sonore )

Et c’est parti !

Le spectacle peut commencer !

Delphinarium au Japon

         Leur famille massacrée à Taiji, ces « rescapés » d’Otaru sont sans doute déjà morts…

  

       Et recyclés en pâté de dauphin

Une fois dûment « brisés », les dauphins qui ont survécu aux camps de « redressement » sont expédiés à prix fort vers les delphinariums japonais, canadiens, chinois, singapouriens, mais aussi en Egypte, à Dubai, aux Caraïbes, en Ukraine, en Corée du Sud, bref, partout dans le monde et sans doute en Europe.  

Cétacés nippons, russes ou islandais enfermés au Japon (infos 2000-2006)


Kamagowa SeaWorld est l’un des plus grands aquariums du Japon.
Il s’est ouvert en 1970. Selon nos rapports, le nombre total d’orques détenues au Kamagowa depuis cette date s’élève à sept. Quatre d’entre elles sont mortes, parmi lesquelles « Maggie », décédée en octobre 1997. Aujourd’hui, deux mâles (Thor AKA « Bingo » et Oscar AKA « Wolfie », respectivement capturés en Islande en 1984 et 1987) et deux femelles (Stella, capturée en Islande en 1987 et Lovey, née-captive des oeuvres de Stella en janvier 1998) seraient encore en vie dans ce parc marin.

Des bélugas y sont également soumis à des shows ridicules.


Le Monde d’Aventure de Nanki Shirahama (Safari du Monde)
video

Ce parc détenait encore récemment quatre orques, à savoir : deux femelles (Ruka, capturée en Islande en octobre 1981, gardée au Tierpark en Allemagne jusqu’en février 1985 et qui s’est suicidée en 2000 et Ran, capturée en Islande en 1989, mort lui ausi peu de temps après) ainsi que deux mâles (Goro, capturé au Japon en octobre 1985 et gardé pendant un mois au Musée de la Baleine à
Taiji, et un second mâle capturé à Taiji en février 1997).

 


 

 Musée de la Baleine à Taiji 
video

Deux orques femelles survivaient encore ici en 2006, à savoir Nami-Chan, capturée au Japon en octobre 1985 et une autre femelle, capturée à Taiji en février 1997. C’est là que sont stockées les plus belles prises de la Baie Sanglante, avant d’être expédiés ailleurs ou de mourir rapidement sur place.


Paradis de la Mer Izu Mito
Izu Mito détient une femelle orque du nom d’Asuka, capturée à Taiji en février 1997.  Un mâle, Yamato, capturé en Islande en octobre 1989 est mort à l’aquarium en octobre 2000. Yamato a été gardé un temps par le Marineland d’Antibes en France. Jusqu’en novembre 1995, il était donc connu sous le nom de Tanouk.

Maltraité durent son transfert vers le Japon en 1995 et déjà malade depuis longtemps, au point qu’on avait du le séparer des autres orques du bassin, Tanouk est mort dans la plus horrible solitude. Le parc Izu Mito, auquel M. Mike Ridell, ce grand ami des cétacés, a cru bon de confier son orque, est l’un des aquariums parmi les plus impliqués dans les pêches au rabattage dès 1999.


Shimane Oceanarium
Ce delphinarium de la préfecture de Shimane s’est ouvert au public en avril 2000.  Il a aussitôt importé quatre bélougas en provenance de Russie (un mâle et trois femelles) en septembre 1999. Le 26 mars 2000, une des femelles mourait déjà….


Nouveau delphinarium géant à Nagoya (2001)

Nager avec les dauphins de Taiji à l’Aquarium Kaiyukan d’Osaka