Japon 
Delphinariums et boucherie 
même combat  

Un plongeur japonais achève une mère et son bébé. Trop abîmés, sans doute, que pour pouvoir participer à des shows en aquariums ! Photo Sea Shepherd

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Le texte qui suit est une adaptation d'un dossier publié par l'association WDCS vers le début de l'an 2000. 
Depuis lors, hélas, le nombre de delphinariums n'a encore cessé d'augmenter au Japon ainsi que le nombre d'orques mortes en captivité. 
Les "pêches au rabattage" continuent également de plus belle, tout au service d'une industrie du loisir qui se prétend "pédagogique", à savoir le Consortium International des Esclavagistes Cétacéens, au rang desquels le Boudewijn Park de Bruges en Belgique fait figure de modèle !  On attend d'aileurs toujours que celui-ci proteste contre ces massacres japonais, ne serait-ce qu'au nom de ces dauphins dont, paraît-il, les delphinariums se soucient tant...  





mais l'envers du décor est moins réjouissant....
(Cliquer sur l'image pour la vidéo quick time)


Le Japon est actuellement l'un des plus farouches défenseurs des delphinariums. 
Dès 1930, des dauphins vivants y ont été exhibés en public mais la période de développement la plus intense de ces structures commerciales se situe entre 1960 et 1982. 
Durant ces douze années, le nombre d'aquariums gardant des mammifères marins en captivité est passé de 2 à 27.  En 2004, ce chiffre atteint sans doute le seuil de la quarantaine. 
(International Whaling Commission Report No. 34, 1984).  


Méthodes de capture  
Le Japon agit de manière un peu différente des autres pays qui capturent eux aussi des dauphins. 
Aux Etats-Unis, par exemple, la méthode la plus commune était de procéder à une capture directe. 
Au Japon, cette méthode est également employée mais il existe deux autres façons de fournir le delphinariums en cétacés vivants : 

* La prise fortuite des cétacés dans les filets dérivants est la première de ces méthodes, utilisée parfois par d'autres pays.  

*
La seconde méthode, en revanche, est beaucoup plus interpellante : il s'agit des «pêches au rabattage» (drive fisheries), qui constitue de loin la manière la plus utilisée pour alimenter les bassins en dauphins captifs au Japon.   

Des tribus entières de dauphins ou d'autres petits cétacés sont encerclés au large puis rabattus en direction du rivage. Une fois que les dauphins sont emprisonnés par des filets au fond d'une baie, la plupart d'entre eux sont tués pour leur viande. Quelques-uns uns sont gardés en vie et vendus aux différents aquariums du pays. 
Ces pêches annuelles sont donc organisées de concert  par les pêcheurs et les responsables de delphinariums. 

Sans l'incitation financière que représente le prix de vente d'un dauphin vivant à ces établissements, ces massacres n'auraient pas lieu, car ils ne seraient pas suffisamment rentables au seul niveau de la  vente en boucherie.

Ce fait est facilement démontré par le fait que le nombre de cétacés capturés par les  «pêches au rabattage», a augmenté de façon exponentielle en même temps que le nombre de delphinariums au Japon.  Entre 1968 et 1972, près de 166 cétacés ont été déportés vers des aquariums par le biais des pêches côtières. Entre 1977 et 1980, le chiffre de ces prises vivantes est  passé à 322 !



Le massacre de Futo de 1997 a été entièrement suivi par l'association Elsa Nature Conservancy, l'un des rares groupes d'activistes japonais qui se soucient de mettre un terme à ces pratiques.

(Lire : "A Report on the 1996 Dolphin Catch-Quota Violation at Futo Fishing Harbour, Shizuoka Prefecture", 1997. ) 

Au cours de cette pêche, plus de 200 dauphins Tursiops et 50 fausse-orques ont été capturés.
Les pressions exercées par les activistes ont heureusement permis de remettre en mer près de 100 dauphins. 
Néanmoins, une fois que les meilleurs spécimens aient été sélectionnés par les pêcheurs à l'usage des delphinariums, tout le reste de la prise a été massacré à la  hache puis expédié sur les étals des boucheries.

Dix aquariums japonais ont été impliqués dans cette capture, bien que seuls six d'entre eux aient réceptionné des animaux. De manière extrêmement cruelle, les dauphins ont été arrachés à l'océan, drogués aux sédatifs et transportés sans ménagement vers leur nouvelle « demeure». Là encore, grâce à la pression internationale exercée par la WDCS et nombre d'autres associations, y compris japonaises, certains de ces dauphins ont pu être libérés et six fausses orques ont été rendues par les aquariums puis remises en mer.   

L'une des plus terribles «pêche au rabattage » a eu lieu dans le port de Futo, Préfecture de Shizuoka, en date du 13 octobre 1999. Durant cette opération, près de cent dauphins Tursiops sauvages ont été encerclés au large puis conduits vers le rivage et enfermés dans une baie minuscule. 
Le jour suivant, à la faveur d'une heureuse alliance entre les pêcheurs et l'Industrie de la Captivité, des représentants de deux aquariums japonais  bien connu, à savoir l'Izu-Mito Sea Paradise Aquarium et le Parc Marin de Keikyu Aburatsubo ont sélectionné six des dauphins emprisonnés afin de les faire servir à des shows publics. 
Les 69 autres dauphins ont été massacrés à coups de hache ou de  pics au prix des pires souffrances et revendus pour leur viande. Le surplus a été relâché, sans qu'on sache ce qu'il leur est advenu au terme de ces deux jours de terreur sanglante et absolue..  


La situation aujourd'hui  

Dans les années 80, des pays comme les Etats-Unis avait coutume d'aller chercher ses « dauphins de spectacle» au Japon à des prix défiant toute concurrence. Ces achats internationaux suscitèrent une nouvelle expansion des pêches locales au rabattage.  De très nombreux dauphins ont ainsi été exportés du Japon, au prétexte que ces animaux avaient été « sauvés » du massacre. En réalité, les aquariums des USA encourageaient largement ce type de pratique. 

Cependant, l'opinion publique et de nouvelles législations au sein des pays occidentaux ont rendu ce type de trafic plus difficile, ou à tout le moins plus discret. Depuis un certain temps, il semble que peu de delphinariums européens ou américains aient encore tenté de s'approvisionner au Japon au terme d'une « pêche au rabattage». 

Au Japon même, il semble que personne n'estime cruel de maintenir des dauphins en captivité. Bien au contraire, le marché ne cesse de prendre de l'expansion. 

En 1997, cinq orques furent capturés. 
Deux d'entre eux moururent 4 mois plus tard. Les trois autres survivent encore dans différents delphinariums du Japon. Un nouvel aquarium s'est ouvert à Nagoya, qui entend bien détenir à son tour des orques et aménage à leur intention des bassins géants.  Divers rapports confirment aujourd'hui que les delphinariums chinois s'approvisionnent  massivement auprès des pêcheurs de Taiji et Futo.

  Jusqu'ici, aucun parc marin étranger n'a acheté d'orque prise dans les eaux japonaises. Les captures effectuées pour les delphinariums ont été en grande partie menées hors de tout contrôle par des pêcheurs locaux inexpérimentés qui utilisent deux méthodes principales : le harpon et le rabattage des cétacés dans un filet.  

Les méthodes de capture peuvent être très brutales, impliquant notamment des tentatives de briser la résistance des orques en les chevauchant comme au rodéo. 

Trois orques qui furent capturées au Japon dans de telles conditions en 1979 sont mortes dans les trois mois qui ont suivi leur prise. Les "meilleurs" parcs marins japonais, qui n'aiment pas trop qu'on leur rappelle leur association avec « l'iruka no oikomi ryo», la pêche annuelle qui cause la mort de milliers de petits cétacés au Japon, préfèrent aujourd'hui se tourner vers des fournisseurs étrangers, tels que l'Islande ou l'Amérique du nord, quant il s'agit de renouveler leurs stocks d'orque de cirque promises à une mort rapide. 

Cependant, le 7 février 1997, un groupe de dix orques ont été capturées dans la Baie de Hatajiri, non loin de Taiji, Préfecture de Wakayama. Les pêcheurs de la Coopérative Isana ont repéré le groupe d'orques et les deux nouveau-nés qui en faisaient partie dans un premier temps, à quelques 50k m de la côte japonaise.

Dans un deuxième temps, huit bateaux rapides se sont dirigés vers ce groupe pour l'encercler. Lançant des explosifs dans l'eau et frappant  sur des barres de fer afin de créer un « mur de bruit », ils sont parvenus à mener la petite tribu d'orques vers la baie.  Cinq de ces orques ont été vendues aussitôt à l'industrie de captivité, tandis que les cinq autres étaient libérés. 


 

Quelques hauts lieux du tourisme japonais 

 Kamagowa SeaWorld est l'un des plus grands aquariums du japon.   
Il s'est ouvert en 1970. Selon nos rapports, le nombre total d'orques détenues au Kamagowa depuis cette date s'élève à sept. Quatre d'entre elles sont mortes, parmi lesquelles "Maggie", décédée en octobre 1997. Aujourd'hui, deux mâles (Thor AKA "Bingo" et Oscar AKA "Wolfie", respectivement capturés en Islande en 1984 et 1987) et deux femelles (Stella, capturée en Islande en 1987 et Lovey, née-captive des oeuvres de Stella en janvier 1998) seraient encore en vie dans ce parc marin.  
 

Le Monde d'Aventure de Nanki Shirahama (Safari du Monde)  
Ce parc détenait encore récemment quatre orques, à savoir : deux femelles (Ruka, capturée en Islande en octobre 1981, gardée au Tierpark en Allemagne jusqu'en février 1985 et qui s'est suicidée en 2000 et Ran, capturée en Islande en 1989, mort lui ausi peu de temps après) ainsi que deux mâles (Goro, capturé au Japon en octobre 1985 et gardé pendant un mois au Musée de la Baleine à Taiji, et un second mâle capturé à Taiji en février 1997).  

Musée de la Baleine à Taiji 
Deux orques femelles survivaient ici à l'époque où le rapport WDCS fut rédigé, à savoir Nami-Chan, capturée au Japon en octobre 1985 et une autre femelle, capturée à Taiji en février 1997.  

Paradis de la Mer Izu Mito 
 
Izu Mito détient une femelle orque du nom d'Asuka, capturée à Taiji en février 1997. Un mâle, Yamato, capturé en Islande en octobre 1989 est mort à l'aquarium en octobre 2000. Yamato a été gardé un temps par le Marineland d'Antibes en France. Jusqu'en novembre 1995, il était donc connu sous le nom de Tanouk
Maltraité durent son transfert vers le Japon en 1995 et déjà malade depuis longtemps, au point qu'on avait du le séparer des autres orques du bassin, Tanouk est mort dans la plus horrible solitude. Le parc Izu Mito, auquel M. Mike Ridell, ce grand ami des cétacés, a cru bon de confier son orque, est l'un des aquariums parmi les plus impliqués dans les pêches au rabattage dès 1999.

 Shimane Oceanarium 
Ce delphinarium de la préfecture de Shimane s'est ouvert au public en avril 2000.  Il a aussitôt importé quatre bélougas en provenance de Russie (un mâle et trois femelles) en septembre 1999. Le 26 mars 2000, une des femelles mourait déjà… 
  


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